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L’auteur de ces pages ne se prend ni pour ni Marc Aurèle, ni pour un philosophe, quoique partagé entre stoïcisme et épicurisme. Après trente années passées comme dirigeant de structures dans les domaines sportifs, éducatifs et culturels, il livre ici, une série d’écrits, plutôt de notes, ayant servi à construire sa pensée, sa réflexion. Elles lui servirent aussi à mieux comprendre l’environnement dans lequel il évoluait afin de découvrir de nouvelles perspectives et de mieux anticiper l’avenir, car pour prévoir le futur, il vaut mieux connaître le passé. Plutôt que de ne rien faire de ces notes, il a décidé de les mettre à disposition de tous. Vous y trouverez aussi de nombreux articles sur un certain art de vivre et les histoires qui s’y rapportent, puisque “tout a une histoire”.
Bonne visite et bonne lecture !

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25 janvier 2023Harry’s Bar de Rome est un bar et restaurant historique situé sur la Via Veneto à Rome. Il a acquis une renommée internationale lorsqu’il a été présenté dans le film de Federico Fellini « La Dolce Vita ». Depuis, c’est un bar restaurant qui attire une clientèle romaine et internationale haut de gamme. Il n’est pas lié aux Harry’s Bars de Venise, Florence, Paris ou Londres. Le salon de thé Le Harry’s Bar de Rome a ouvert ses portes en 1918 sous le nom de « Golden Gate ». La propriétaire, une Américaine qui vivait à Rome, a trouvé son inspiration pour le nom dans sa ville natale de San Francisco, en Californie. Le Golden Gate étant le détroit entre la baie de San Francisco et l’océan Pacifique, un endroit où depuis 1937 se trouve également le célèbre Golden Gate Bridge. La propriétaire, fatiguée de la vie sociale Romaine, avait décidé d’ouvrir un lieu où elle et ses amis pourraient passer les journées à converser entre eux. C’était un salon de thé très réputé et raffiné. La dolce vita En 1950, un nouveau propriétaire a acheté l’endroit et a décidé de rénover le lieu et de lui donner un nouveau souffle. Après l’avoir complètement rénové, en 1962, il change de nom et devient le Harry’s Bar Roma. Dans le même temps, le type de service proposé change également, ce n’est plus seulement un salon de thé, mais un bar, une pâtisserie et un petit restaurant. Pendant les années « Dolce Vita » (fin des années 1950 au début des années 1960), le Harry’s Bar a connu sa période la plus faste. À cette époque, Rome est plein boom économique et les studios de la Cinecittà ont attiré de nombreux réalisateurs, producteurs, acteurs et actrices, d’abord américains puis internationaux. Dès lors, le bar représente alors le point de rencontre de la Rome « by night ». De nombreuses célébrités ont investi ce bar à la mode dont : Jean-Paul Belmondo, Ava Gardner, Federico Fellini, Lana Turner, Marlon Brando, Alberto Sordi, Audrey Hepburn, Sophia Loren et Silvana Pampanini. Pendant cette période, il était habituel de voir Anita Ekberg assise à table en train de boire après avoir fait ses courses via Frattina. Frank Sinatra a joué avec le piano du bar. Les paparazzi se pressaient à la sortie du Harry’s Bar Rome afin de prendre des photos de célébrités, dont Rino Barillari, un photographe historique de la Dolce Vita. De la Dolce Vita au XXIᵉ siècle Dans les années 80, le Harry’s Bar Rome est racheté par le groupe Cremonini, célèbre groupe industriel italien spécialisé dans la production et la distribution de produits alimentaires. La rénovation entreprise met en œuvre une expansion volumétrique de la salle, optimisant les espaces à l’intérieur. Au début des années 2000, le Harry’s Bar Rome a été acheté et rénové par la famille Lepore. On passe donc d’une gestion de type corporate à une gestion familiale. La direction actuelle a immédiatement cherché à valoriser le lieu. Une nouvelle décoration s’ensuit avec un effort particulier pour la tapisserie et un réaménagement du bar et du restaurant. Aujourd’hui, le bar reflète l’ambiance des années Dolce Vita et le restaurant brille dans sa boiserie et ses stucs récemment restaurés, recréant la même atmosphère qu’il respirait dans ces années-là. Dès lors, comme au temps de la Dolce Vita, la Harry’s bar de Rome reçoit la visite de nombreuses célébrités qui s’assoient à ses tables, parmi lesquelles : Mel Gibson, Woody Allen, Katherine Kelly Lang, Romina Power, Carla Bruni, Antony Hopkins, Pamela Prati. En 2011, il a reçu la visite de la secrétaire d’État américaine Hillary Clinton. En 2013, il a servi de décor à une scène du film « La grande bellezza » (La Grande Beauté) de Paolo Sorrentino, qui a remporté l’Oscar du meilleur film étranger. Entrées similaires: Harry’s Bar – Venise Harry’s New York Bar – Paris Les pubs Le snack-bar Le Select L’Amaro Monténégro [...] Lire la suite…
25 janvier 2023Le Harry’s Bar est un bar et restaurant à Venise, créé en 1931 par Giuseppe Cipriani du nom de Harry Pickering de Boston aux États-Unis. Le bar est rapidement devenu populaire parmi les célébrités européennes de l’époque et fait toujours partie des bars les plus célèbres au monde. Son fils Arrigo (Harry en italien) Cipriani a repris l’entreprise en 1957. Le plat de carpaccio et les cocktails Bellini et Montgomery ont été créés au Harry’s Bar. La jeunesse de Giuseppe Cipriani Giuseppe Cipriani (1900–1980) a grandi en Allemagne, où sa famille a vécu à Schwenningen am Neckar de 1904 jusqu’à la Première Guerre mondiale. Après une courte période comme soldat en 1918, il devient serveur dans les hôtels de Vérone, puis dans la station de sports d’hiver Madonna di Campiglio dans le Trentin, à Bagnoles-de-l’Ornes en France et Palerme en Sicile. À Venise, il a travaillé au restaurant Monaco, dans le bâtiment à côté de plus tard Harry’s Bar, et à l’Hôtel Europa-Britannia. À cette époque, les bars étaient généralement situés dans les hôtels. La légende des origines Le Harry’s Bar à Venise fut fondé en 1931, soit vingt ans après le Harry’s New York Bar situé à Paris, par Giuseppe Cipriani tire son nom, comme le raconte son fondateur, de celui d’un jeune étudiant américain dont personne n’a retrouvé la trace, Harry Pickering. À l’été 1927, Harry Pickering de Boston séjourna à l’hôtel avec sa tante, son jeune amant et son chien. À l’ère de la prohibition de l’alcool aux USA, 1920-1933, un nombre croissant de jeunes hommes américains ont fait de plus longs voyages en Europe, mais Harry Pickering est venu avec l’intention de réduire sa consommation d’alcool. Après deux mois, une dispute a éclaté entre Harry et sa tante, et Harry a été laissé seul à l’hôtel. Sa consommation d’alcool s’est calmée après un certain temps et Cipriani a appris que c’était dû à un manque d’argent. Harry a emprunté 10 000 lires à Cipriani, a payé la note d’hôtel et est rentré aux États-Unis. Cipriani ne s’attendait pas à récupérer l’argent ; prêter de l’argent aux invités était quelque chose qu’il faisait de temps en temps, sans autre motivation que la bienveillance envers ceux qui avaient besoin d’un coup de main. Mais à l’hiver 1930, Pickering vint à Venise et donna à Cipriani 40 000 lires avec le souhait qu’ils puissent ouvrir un bar ensemble. Il avait décidé que le bar s’appellerait Harry’s Bar. Harry Pickering aurait fréquenté le bar, mais n’aurait pas participé à son fonctionnement et aurait vendu sa part à Cipriani après quelques années. Le lieu originel Quelques jours plus tard, l’épouse de Giuseppe, Giulietta, trouva un entrepôt vacant autrefois utilisé pour les cordages dans la Calle Vallaresso près de la place Saint-Marc, le long d’un canal latéral du Grand Canal. Le lieu, qui mesurait 45 mètres carrés, était situé au bout d’un cul-de-sac, et il n’y avait pas de pont reliant la rue à la place Saint-Marc à l’époque, les invités devaient donc décider activement chercher le bar. Cipriani était convaincu que l’emplacement excluait les passants occasionnels en tant qu’invités et ne se distinguait qu’en gravant le nom sur les vitres. Le baron Gianni Rubin de Cervin, futur directeur du Musée naval de Venise, y a contribué en élaborant un art déco-intérieur avec de nombreuses décorations peintes à la main avec des thèmes de la mer et de la navigation. Les petits fauteuils offraient une occasion pratique de manger des repas légers, tandis que les boissons étaient la chose la plus importante servie. Cipriani lui-même a conçu de petites tables à trois pieds, et les verres, couverts et couverts étaient de conception plus simple et plus légère que ce qui était habituel pour les restaurants coûteux de l’époque. Douze ouvriers ont travaillé pendant trois mois sur le remodelage et l’ameublement. Le bar a ouvert le 13 mai 1931. Un succès immédiat La salle, qui faisait fonction de bar et de restaurant, eut un succès immédiat, surtout auprès d’une clientèle d’intellectuels et d’aristocrates dont Venise était l’une des destinations privilégiées. Le bar est devenu connu pour son service de qualité et les clients rencontraient un personnel attentif tout en sourire et en simplicité. L’un des premiers clients a écrit critique élogieuse dans le journal londonien Daily Mail. Le premier (demeuré l’unique) livre d’or a recueilli les signatures de Guglielmo Marconi, Arturo Toscanini, Georges Braque, Charlie Chaplin, Barbara Hutton, Somerset Maugham ou encore Orson Welles. La cuisine Le restaurant se distingue également par sa cuisine simple de pêcheur et de paysan, à une époque où la gastronomie française était la norme. La nourriture servie dans les premières années, beaucoup de sandwichs, était faite par Giulietta Cipriani et le premier chef, Berto Toffolo. Pendant de nombreuses années après sa création, le bar n’avait pas de menu écrit, car Cipriani donnait le menu oralement aux clients sans rien dire sur les prix. Entre deux guerres et seconde guerre mondiale Giuseppe Cipriani a acheté une maison d’hôtes sur l’île de Torcello dans la lagune à l’extérieur de Venise en 1936 et pendant la Seconde Guerre mondiale, l’avait restauré et meublé six chambres d’hôtes et une salle à manger avec vue sur une Église du IXe siècle. Il y réalisa également un jardin de fleurs et un potager. Dans les années 1930, des groupes de fascistes avaient visité le bar et détruit l’intérieur. Le type de clientèle du Harrys’ Bar attira l’attention des autorités fascistes qui le considéraient comme un point de rencontre d’homosexuels et de Juifs fortunés. Quand le régime adopta les lois raciales de 1938, Cipriani reçut l’ordre d’afficher l’interdiction d’entrée aux juifs, par une pancarte disant « Les Juifs ne sont pas les bienvenus ». Ordre qu’il contourna en apposant le panonceau non pas à l’entrée du bar, mais à la porte des cuisines. Le panneau fut rapidement démonté par un habitué et jamais remis en place. Avec le début de la guerre, le bar a été contraint de changer son nom en Bar Arrigo. Après l’occupation allemande du nord de l’Italie en 1943, le bar a été transformé en mess pour la marine du régime de Mussolini. À compter de ce moment, Cipriani est resté dans la maison d’hôte et a y dirige les restaurations, jusqu’à ce qu’il soit arrêté en 1945. Il fut libéré le lendemain, sur l’insistance du consul allemand, qui admirait ses bonnes compétences en allemand. À la fin des hostilités, Harrys’ Bar retrouva son activité régulière. L’après-guerre Le bar a été rouvert quelques semaines après la libération. Les officiers britanniques et américains des forces stationnées à Venise sont rapidement devenus des clients fréquents. Dans les années 1950, le bar est découvert par la jet set internationale et rendue célèbre par les grands de la littérature et du cinéma. Non seulement Orson Welles ou Truman Capote buvaient leurs boissons au Harrys’ Bar et étaient des clients réguliers, Ernest Hemingway a même immortalisé le bar dans son roman « Au-delà du fleuve et sous les arbres ». En 1957, âgé de 25 ans, le fils de Giuseppe, Arrigo, a repris l’entreprise. Il maintient l’état d’esprit mise en place par son père selon lequel la tradition devait être maintenue et a rejeté la nouvelle cuisine, qu’il appelait les tendances de la mode des années 1970 et 80, car il estimait qu’elles négligeaient l’odeur et le goût au profit d’une présentation et d’une image glorifiées. Il estimait également que les formes modernes de gestion (gestion des services) détruisaient le bon service à l’ancienne, basé sur l’amour de ce que l’on fait et la civilité. Comme son père, Cipriani accorde une grande importance aux détails de la décoration, du placement des tables et de l’équipement ; par exemple, la nappe doit toujours être jaune ou ivoire. Dans les années 1960, le deuxième étage est devenu vacant, et il a été loué et aménagé en restaurant. Ici, il y a une vue sur la Giudecca, la place Saint-Marc et Santa Maria della Salute. À l’époque, Harry’s Bar était le restaurant le plus cher du pays. Traditionnellement, le Harry’s Bar est fermé chaque année du premier dimanche de janvier jusqu’au début du carnaval, soit environ le 20 janvier au plus tôt. Vers 1980, le bar a lancé la tradition d’inviter un groupe de retraités à un déjeuner gratuit le dimanche de fermeture du bar. Le Harry’s Bar a reçu une étoile Michelin en 1966 et deux en 1969, en tant que premier restaurant d’Italie. En 2001, le ministère italien de la Culture a accordé au Harry’s Bar le statut de patrimoine culturel national (patrimonio nazionale). Le bar est désigné dans les années 2000 comme l’un des plus célèbres au monde. Les célébrités du Harry’s Bar Le Harry’s Bar a longtemps été fréquenté par des célébrités, parmi elles figuraient le chef d’orchestre Arturo Toscanini, l’inventeur Guglielmo Marconi, les cinéastes Orson Welles, Charlie Chaplin, Alfred Hitchcock, Marcello Mastroianni, Humphrey Bogart, Lauren Bacall, James Stewart, Richard Burton, Woody Allen et George Clooney, l’auteur Truman Capote, la mécène américaine et collectionneuse d’art moderne Peggy Guggenheim, le propriétaire du vignoble et financier le baron Philippe de Rothschild, l’industriel chilien Arturo Lopez, la mondaine Barbara Hutton, la princesse Aspasie de Grèce et l’armateur Aristote Onassis. Mariani écrit qu’aucun autre restaurant dans les années 1950 n’avait une « clientèle plus brillante » que le Harry’s Bar. De nombreux nobles et membres de la royauté sont devenus des clients réguliers. Ceux-ci formaient une partie importante de la jet-set européenne dans l’entre-deux-guerres, après que nombre d’entre eux eurent perdu leurs positions et leurs rôles suite aux bouleversements qui suivirent la Première Guerre mondiale. Parmi eux se trouvaient la princesse Aspasie de Grèce et sa fille, la reine Alexandra de Yougoslavie. Dans ces mémoires, Cipriani raconte qu’un jour de 1934, quatre rois étaient clients ; l’espagnol, le danois, le norvégien et le grec et qu’à une autre occasion en 1935, quatre rois et une reine se sont retrouvés au Harry’s bar sans s’être concerté. La maison d’hôtes de Torcello est, selon le livre de Cipriani de 2011, le seul restaurant que la reine Elisabeth de Grande-Bretagne a visité en privé ; c’est arrivé en 1960. Son mari, le prince Philip, était un invité fréquent lorsqu’il servait dans la marine. Le bar a également été brièvement mentionné dans la deuxième édition et les éditions suivantes du roman Brideshead Revisited d’Evelyn Waugh (dans la première édition, Waugh appelait simplement le bar « le bar anglais ») comme le repaire de ses personnages principaux Charles Ryder et Sebastian Flyte pendant leur voyage à Venise. La mention est anachronique puisque leur visite a lieu en 1923. Ernest Hemingway, la guerre et Venise Lors de l’entrée en guerre des États-Unis le 6 avril 1917, Ernest Hemingway est reformé d’un œil défaillant. En avril 1918, il parvient cependant à incorporer la Croix-Rouge italienne et, après avoir traversé l’Atlantique sur le Chicago, il débarque à Bordeaux, gagne Paris, puis Milan, où il arrive le 6 juin. Il sera blessé près de Fossalta di Piave en Vénétie le 8 juillet 1918. Pendant sa convalescence dans un hôpital de Milan, il s’éprend d’une infirmière américaine, Agnes von Kurowsky, qui est plus âgée que lui de huit ans et qui lui inspirera le personnage de Catherine Barkley dans L’Adieu aux armes. Il fut journaliste durant la guerre d’Espagne, aux côtés des Républicains. Stationné à l’hôtel Florida comme beaucoup de ses confrères Correspondants de guerre, il écrit un recueil Paradis perdu, suivi de La Cinquième Colonne et commence une ébauche de Pour qui sonne le glas, roman qui le rendra d’autant plus célèbre, publié en 1940 après la victoire des Franquistes en Espagne. C’est pendant cette période qu’il s’éprend de Martha Gellhorn et qu’il rencontre Malraux. Il revint en Europe à la fin de la Seconde Guerre mondiale, comme reporter de guerre de juin à décembre 1944. Contrairement aux affirmations d’Hemingway, il ne participa pas au débarquement de Normandie, les responsables militaires qui le considéraient comme « une cargaison précieuse » le laissèrent sur une péniche de débarquement. Vers la fin du mois de juillet, il fut attaché au 22e régiment d’infanterie commandé par le colonel Charles Buck Lanaham, qui se dirigeait vers Paris, et il prit la tête d’un petit groupe de combattants à Rambouillet, dans la lointaine banlieue de Paris. Sur les exploits d’Hemingway, l’écrivain de la Seconde Guerre mondiale, l’historien Paul Fussell remarque : « Hemingway créa une gêne considérable en jouant les capitaines d’infanterie pour un groupe de résistants qu’il avait rassemblé, car un correspondant de guerre n’est pas censé diriger des troupes, même s’il le fait bien. » Il réussit à avoir une entrevue avec le général Philippe de Hauteclocque, dit Leclerc, au moment où celui-ci, pressé par le général de Gaulle, se demandait s’il investirait Paris malgré l’interdiction qui lui en était faite par sa hiérarchie américaine. Hemingway se présenta en tenue mi-militaire, mi-civile et demanda un blindé de reconnaissance, deux ou trois jeeps et une demi-douzaine d’hommes pour libérer le bar du Ritz. Hemingway garda une mauvaise image de ce général qui l’éjecta en le traitant de clown. Le 25 août, il fut présent à la libération de Paris, bien que les affirmations selon lesquelles il était entré en premier dans la ville, ou qu’il avait libéré le Ritz, soient considérées comme faisant partie de la légende. En 1948, Hemingway et son épouse Mary Welsh décident de se rendre sur la Côte d’Azur, mais doivent faire une escale à Gênes en raison d’une panne de leur bateau. Ils en profitent pour se rendre à Venise en 1949, où ils séjournent plusieurs mois. D’abord à l’hôtel Gritti, puis à la maison d’hôtes de Cipriani sur l’île de Torcello et fréquentent le Harry’s Bar. La maison d’hôtes lui offrait l’opportunité qu’il souhaitait de mener une vie tranquille d’écriture et de chasse au canard. Lors d’une invitation à une chasse au canard, il fait la connaissance de la comtesse Adriana Ivancich alors âgée de 19 ans et en tombe amoureux. Dans son roman « Across the River and into the Trees » (Au-delà du fleuve et sous les arbres) écrit à Cuba en 1950, il y évoque leur amour platonique, à travers les personnages de son roman : entre un général de brigade à la retraite et sa relation à Venise avec Renata une femme beaucoup plus jeune qu’il appelle sa fille. Le Harry’s Bar y est également mentionné. Les passages d’Hemingway au Harry’s bar sont évoqués dans la chanson « Hemingway » de Paolo Conte. Dans le morceau, l’écrivain américain, habitué du lieu, se livre à une série de souvenirs et de réflexions, interrompues seulement par le barman qui, dans le final de la chanson, lui demande simplement, en français : Et alors, Monsieur Hemingway… ça va ? – Et alors, Monsieur Hemingway, ça va mieux ? Les créations du Harry’s bar Le Bellini est un cocktail créé dans les années 1930 et baptisé officiellement en 1948, à base de purée de pêches blanches et de rosecco di Valdobbiadene (vin mousseux italien). Dans les premières années, le Bellini était une spécialité saisonnière du Harry’s Bar vendue pendant la saison des pêches, de juin à septembre. La boisson est rapidement devenue, l’une des favorites d’Ernest Hemingway, Gianni Agnelli, Sinclair Lewis et Orson Welles. Plus tard, de la purée de pêches congelée fut utilisée. Il doit son nom à Giovanni Bellini (1430-1516) (et non pas au compositeur sicilien du XIXe siècle Vincenzo Bellini, comme on le croit parfois), peintre vénitien de la Renaissance, dont Giuseppe Cipriani admirait l’œuvre et dont la couleur rose qui lui rappelait la couleur de la toge d’un ange dans l’un de ses tableaux. Giovanni Bellini était le frère de Gentile Bellini, qui était le tuteur de Vittore Carpaccio. Le Montgomery ou Montgomery Martini est une variante du Dry Martini qui a été créé au Harry’s Bar à Venise à la fin des années 1940 par l’écrivain Ernest Hemingway et constitué de 15 doses de gin pour une de vermouth (martini) et nommé en l’honneur du maréchal Montgomery qui avait pour principe de rencontrer de préférence l’ennemi au combat avec un rapport de force de quinze à un. Malgré cela, pour la plupart des clients du Harry’s bar, la recette traditionnelle du montgommery est constitué seulement de 10 doses de gin pour une de vermouth. Quoi qu’il en soit, c’est un martini très sec avec quinze ou dix parts de gin pour une part de vermouth par rapport au Dry Martini est généralement préparé avec un rapport de mélange de six pour un. Le carpaccio est inventé en 1950 ou 1963, selon les sources par le chef Giuseppe Cipriani, fondateur du Harry’s Bar sur le Grand Canal, près de la place Saint-Marc, de Venise, pour sa cliente, la comtesse Amalia Nani Mocenigo, à qui son médecin conseillait de manger de la viande crue. Le chef du Harry’s bar trancha en fine tranches un morceau de filet de bœuf qu’il assaisonna au goût adapté de sa clientèle anglo-saxonne, avec de la mayonnaise allongée de lait, relevée de moutarde et de sauce Worcestershire. C’est le carpaccio dit « Cipriani ». Le nom du plat est inspiré de l’œuvre du peintre italien de la Renaissance, Vittore Carpaccio, connu pour l’utilisation du blanc et du rouge dans ses peintures. Il fut l’objet d’une grande exposition au Palais des Doges de Venise à cette époque, que le chef du Harry’s bar visita et qu’il l’inspira pour baptiser le plat, les couleurs des fines tranches de bœuf et l’assaisonnement blanc cassé rappelant l’œuvre du peintre. Le carpaccio est devenu le plat le plus populaire du harry’s bar puis de l’Italie et est depuis devenu un terme utilisé pour les plats de tranches de viande crue ou de poisson cru. De nos jours, un carpaccio est une préparation culinaire typique de la cuisine italienne, à base de viande de bœuf crue, coupée en tranches très fines, assaisonnée traditionnellement d’un filet d’huile d’olive, jus de citron, sel, poivre et parsemé (ou non) de copeaux de parmesan ou de pecorino. Il peut être aussi agrémenté de pignons de pin grillés et de feuilles de roquette (rucola en italien). Au Piémont, ce plat est parfois agrémenté de truffe blanche d’Alba. Il porte alors le nom de carpaccio di carne cruda all’albese. Le carpaccio de Bresaola, qui se prépare aussi avec de la viande de bœuf, mais séchée, est également un classique de la cuisine italienne. Créations d’autres plats originaux Le chef Berto Toffolo et Giuseppe Cipriani ont également développé d’autres plats : Le filet de sole Casanova est filet de sole et ses artichauts juste poêlés avec une noisette de beurre, de la farine et un brin de persil. Les seiches à l’encre avec des harengs saurs marinés dans une sauce à base d’oignons braisés, de vinaigre, de pignons et de crevettes grises de Venise. Les Scampi alla Carlina, des langoustines associées à un mélange de câpres et de tomates, baptisées en hommage à sa fille Carla. Le homard ou les scampis à la sauce armoricaine. Le Croque Monsieur harry’s bar est une version du sandwich traditionnel français au fromage, composé ici 2 tranches de pain blanc, de fromage suisse à pâte dure, de jaune d’œuf, de sauce Worcestershire, de moutarde et de jambon fumé. Entrées similaires: Harry’s New York Bar – Paris Le snack-bar Les pubs Le Select L’Amaro Monténégro L’Aperol [...] Lire la suite…
25 janvier 2023Le Harry’s New York Bar est un bar célèbre situé 5 rue Daunou à Paris, entre l’avenue de l’Opéra et la rue de la Paix et ne doit pas être confondu avec le Harry’s Bar de Venise, de Rome ou d’autres. Depuis juin 2020, le Harry’s Bar a ouvert un nouvel établissement au cœur du Port Canto, le port de plaisance de la ville de Cannes. New York Bar Il fut créé le 26 novembre 1911, le jour de Thanksgiving, par un ancien jockey américain, Tod Sloan, qui avait transformé un bistro pour le rebaptiser en « New York Bar ». Tod Sloan s’était associé à un New-Yorkais nommé Clancy (prénom inconnu) qui possédait un bar dans la 7ᵉ avenue de Manhattan, qui, à l’approche de la prohibition aux États-Unis, décida de démonter les boiseries de son bar pour les transporter à Paris. Tod Sloan a ensuite engagé Harry Mac Elhone (1890-1958), un barman de Dundee, en Écosse, qui avait fait ses armes au Ciro’s Club de Londres. À cette époque, les touristes et les membres des communautés artistiques et littéraires américains commençaient à affluer à Paris et Tod Sloan comptait bien les attirer au New York Bar et faire de l’endroit un endroit où les expatriés se sentiraient chez eux en retrouvant l’ambiance du pays. C’est ainsi qu’il devint le premier bar à vendre du Coca-Cola en France, en 1919. Durant la Première Guerre mondiale, le New York Bar était est devenu un endroit familier pour les membres de l’American Field Service Ambulance Corps. Cependant, les problèmes financiers dus son train de vie dispendieux de Tod Sloan l’obligea bientôt à vendre son bar, qui fut racheté par Mac Elhone, son ancien barman, le 8 février 1923, jour de la naissance de son deuxième fils, Andy Mac Elhone. Harry’s Bar Harry Mac Elhone apposa son prénom au nom bar, le transformant en « Harry’s New York Bar » qui allait rapidement devenir l’endroit légendaire où se retrouvaient des expatriés célèbres et où furent inventés et mixés des cocktails éternels comme le Bloody Mary, Blue Lagoon, White Lady… dans un esprit joyeux et chaleureux. Pour cela, en 1924, Harry Mac Elhone fit apparaître dans le Herald Tribune ainsi que dans d’autres journaux anglo-saxons, un petit encadré stipulant : « Just tell the taxi driver : Sank Roo Doe Noo and get ready for the worst! ». Cette phrase devant permettre à tout anglophone de se faire acheminer au 5, rue Daunou… Il devint rapidement un refuge pour les expats, les expatriés américains et les écrivains de la génération perdue dans les années 1920, un terme inventé par Gertrude Stein pour des auteurs tels que F. Scott Fitzgerald et Ernest Hemingway. À la mort de Harry, en 1958, son fils Andrew a repris le bar et l’a dirigé jusqu’en 1989. Son fils, Duncan, a repris le bar et l’a dirigé jusqu’à sa mort en 1998, lorsque sa veuve, Isabelle MacElhone, l’a repris. Cocktails Le bar est connu pour avoir créé bons nombres de cocktails dont : le French 75 (1915), le White Lady (1919), le Monkey Gland (1920), le Bloody Mary (1921), le Harry Pick Me Up (1923), le Side Car (1931), le Coronation 1937 Cocktail (1937), le Blue Lagoon (1960), le James Bond (1963), le Black Mischief (1977), le Christina (1984), leLiberty Cocktail (1986)… le Web Spirit (réalisé pour l’ouverture de leur site internet). Le bar est réputé pour son cocktail « Le Pétrifiant » créé en 1964, dont il est prouvé qu’après en avoir bu plus de un à deux verres, on s’effondre. Ce cocktail contient plusieurs alcools, notamment vodka, cognac, gin, rhum blanc, Grand Marnier, Cointreau… Clientèle célèbre Au fil des années, le Harry’s New York Bar peut se targuer d’avoir été fréquenté par un certain nombre d’expatriés américains célèbres et de célébrités internationales telles que : Ernest Hemingway (illustre écrivain, journaliste et correspondant de guerre américain), le prince Serge Obolensky (aristocrate et mondain d’origine russe engagé dans les services spéciaux américains pendant la Seconde Guerre mondiale et qui a combattu aux côtés de la Résistance intérieure française), Coco Chanel (célèbre créatrice, modiste et styliste française), Jack Dempsey (champion de boxe américain), Aly Khan (diplomate pakistanais plus connu sous le nom de l’Aga Khan), des acteurs de Hollywood comme Rita Hayworth, Humphrey Bogart, Clint Eastwood et même, occasionnellement, le duc de Windsor le futur Édouard VIII. Le piano bar Au clavier du Piano Bar « Ivories » du Harry’s bar se sont succédé de grands noms du jazz comme Tommy Lyman, mais aussi Leo Deslys et Roy Barton, C’est aussi le lieu où George Gershwin a composé « An American in Paris » dans les années 20 et qui perturba la clientèle qui n’appréciaient pas du tout la cacophonie créatrice de Gershwin et priaient le Harry’bar de s’offrir les services d’un accordeur. Gershwin nota sa composition sur des serviettes en papier qui malheureusement furent brûlées pendant la guerre pour allumer le poêle. La musique accompagna, en 1951, le film « un Américain à Paris ». Dans la littérature Brendan Behan, écrivain irlandais qui y travailla vers 1948-49 selon ses mémoires Confessions of an Irish Rebel. Raymond Radiguet, dans le premier chapitre de son roman « Le Diable au corps », raconte donner « au chauffeur l’adresse d’un bar de la rue Daunou » afin d’y emmener Marthe qui « rêvait de connaître un bar américain ». Joseph Kessel, dans son roman « Le tour du Malheur », tome 3, chapitre VII, page 301, emmène ses personnages « rue Daunou, boire dans un bar américain ». L’action se situe en 1924. Ian Fleming, dans la nouvelle de 1960 de « From a View to a Kill », James Bond se souvient d’avoir visité le Harry’s Bar lors de sa première visite à Paris à l’âge de 16 ans. Il a suivi les instructions de la publicité de Harry dans le Continental Daily Mail et a dit à son chauffeur de taxi « Sank Roo Doe Noo ». Il se souvient « Cela avait commencé une des soirées mémorables de sa vie, aboutissant à la perte, presque simultanée, de sa virginité et de son porte-documents ». Sondage aux élections présidentielles américaines Le Harry’s Bar a institué dès 1924 un vote factice qui démarre un mois avant le jour officiel du vote aux États-Unis, permettant aux Américains à Paris, lors de la période électorale, de voter. Les clients qui fournissent une preuve de citoyenneté américaine peuvent voter dans le sondage. Les résultats provisoires sont affichés régulièrement. Ce vote est devenu une véritable institution, et les résultats ont, sauf 3 fois (1976 vote en faveur de Gerald Ford, 2004 vote en faveur de John Kerry et 2016 vote en faveur de Hillary Clinton) en 25 élections, reflété la réalité des suffrages. En 2016, straw poll (sondage) passa sans problème la barre des 500 votants, bien aidé en cela par la participation, pour la première fois de Madame l’ambassadrice des États-Unis à Paris qui fut la première, à glisser son bulletin dans l’urne. Au dépouillement final du vote fictif, Clinton arrivait largement en tête : la candidate démocrate comptait 404 voix, contre 150 pour Trump, son opposant républicain. Le jour de l’élection officielle, le bar fait une soirée spéciale avec le dépouillement définitif du « straw vote » et l’annonce des résultats. 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25 janvier 2023l’anisette, dérivée de « anis », avec le suffixe « -ette » et désigne deux types de boisson anisée aux caractéristiques différentes : Une liqueur à base d’anis vert et de diverses autres plantes, dont le degré d’alcool varie de 20 à 25°. En France, la Marie Brizzard est une anisette créée à Bordeaux en 1755, était une liqueur transportée dans les cales des navires négriers pour être échangée sur les côtes africaines contre des esclaves dans le cadre du commerce triangulaire. Il s’agissait d’une liqueur à base d’anis vert, de 10 plantes, dont le quinquina aux vertus anti-paludéenne, et d’épices. À cette époque du milieu du XVIIIᵉ siècle, la fabrication de l’anisette est une pratique courante à Bordeaux et cette boisson comme le rhum sont consommés abondamment par les marins. En Espagne, l’Anís del Mono (« l’anisette du singe ») est une liqueur d’anis créée en 1870, originaire de Badalona, en Catalogne. Il est utilisé dans la confiserie espagnole depuis le XIXe siècle et accompagne les desserts, les snacks ainsi que le chocolat. Très appréciée également avec le café, notamment en Italie. L’anisetta Meletti, créée en 1870 par Silvio Meletti, alors propriétaire du fameux caffè Meletti situé dans la ville d’Ascoli Piceno, dans la région des Marches en Italie et située à environ 25 km de la mer Adriatique. Traditionnellement, elle se consomme nature comme digestif ; accompagnée d’un grain de café torréfié, elle est dite con la mosca (avec la mouche) ou en petites doses, elle peut aussi rallonger un café. Un apéritif à base de badiane titrant en général plus de 40 % vol. d’alcool, qui se boit allongé d’eau comme le pastis ou l’ouzo. C’est l’apéritif emblématique des pieds noirs d’Afrique française du nord (AFN). Les marques les plus connues sont le phénix des anisettes (lancée par Kanoui et lachkar à Alger en 1860), l’anisette Gras ou anis gras (lancée à Alger en 1872), l’anisette Cristal et le Super Anis Galiana. Le plus souvent incolore, il est généralement plus sucré (jusqu’à 100 g/L) que le pastis. L’anisette Cristal L’anisette Cristal est une liqueur créée en 1884 à Alger (Algérie) par les frères Limiñana, originaires d’Alicante (Espagne). L’anisette Cristal reste pour beaucoup de Pieds-Noirs leur madeleine de Proust. Ils aiment à se retrouver autour d’un verre d’anisette Cristal pour parler de leurs souvenirs de jeunesse en Algérie. Fabriquée aujourd’hui à Marseille où se trouve le siège de l’entreprise et est consommée par les amateurs d’apéritifs anisés tout autour du bassin méditerranéen. Entrées similaires: Tout un pastis L’Absinthe et le Pernod Le Pastis de Marseille La saga du Pernod Le Ricard, le vrai Pastis de Marseille Le Martini [...] Lire la suite…
25 janvier 2023La société Ricard est une société anonyme française fondée le 17 juillet 1932 à Marseille par Paul Ricard. Elle appartient aujourd’hui au groupe Pernod Ricard et produit le pastis Ricard, boisson à base d’anis et de réglisse. Paul Ricard Paul Ricard, né à Marseille (quartier de Sainte-Marthe, 14e arrondissement) le 9 juillet 1909 et mort le 7 novembre 1997 à Signes, est un chef d’entreprise français, entrepreneur et maire de Signes dans le Var de 1972 à 1980. Il est le créateur du pastis Ricard. Jeunesse et études Le 16 mars 1915, sous la pression des ligues de vertu et viticole, l’absinthe est interdite au prétexte qu’elle rend « fou et criminel ». Les consommateurs se contentent alors de liqueurs anisées à 40° dont le taux de sucre et d’essence est trop bas pour une saveur satisfaisante : La Cressonnée, la Tommysette, l’Amourette, Berger et le déjà célèbre Pernod, dont les ventes sont autorisées depuis 1922. On leur donne alors le nom de pastis, mot occitan signifiant une situation trouble ou un mélange à Marseille et encore utilisé en Provence sous cette acception. Paul Ricard est issu d’une famille de boulangers et de négociants en vins. Il veut être peintre et, parallèlement à sa scolarité au lycée Thiers à Marseille, souhaite entrer à l’École supérieure des beaux-arts de Marseille, mais son père, marchand de vins, refuse. Aussi aide-t-il son père en le suivant dans ses tournées après le lycée. À 12 ans, il rencontre Monsieur Espanet, ancien coiffeur devenu bouilleur de cru qui lui confie le secret de sa recette de pastis à 60°. À l’âge de 17 ans, il quitte le lycée Thiers. Il tente avec son frère Pierre de fabriquer son propre pastis et en faire le plus apprécié des consommateurs. Dans un petit laboratoire de fortune qu’il a aménagé chez lui avec un alambic, il consacre son temps à faire des mélanges, à tester les arômes comme la réglisse et des plantes provençales. Il élabore finalement une recette incluant un mélange d’anis étoilé et d’anis vert teinté d’une pointe de réglisse. À la suite de cela, il distribue et fait tester cet alcool, pourtant interdit, dans les cafés de son quartier Sainte-Marthe, ce qui lui occasionne des problèmes avec les autorités de police et de douane. 1932, l’année de la libération Le 7 avril 1932, un décret libéralise la fabrication et la vente de boissons anisées à 40°. Paul Ricard, après un intense travail de lobbying, vient de créer la recette originale de son pastis auquel il donne son nom avec un slogan, « Ricard, le vrai pastis de Marseille » : c’est la première fois que le mot pastis apparaît sur l’étiquette d’un apéritif anisé. Il commence ainsi à faire le tour des bistrots et des cafés de la ville, pour se faire connaître et se faire une clientèle, car la concurrence est rude à Marseille. Il s’en différencie en vendant son pastis dans une bouteille d’un litre avec lequel on peut tirer cinquante verres. En huit mois, 250 000 bouteilles sont vendues. Paul Ricard s’occupe de tout : il conçoit lui-même le fameux broc à bec verseur, et dessine les affiches publicitaires qui ornent les premiers camions de livraison de l’entreprise. Très vite, la marque sort du seul territoire marseillais. Un très large réseau de distribution permet à ses ventes de décoller et il devient le premier vendeur de pastis au détriment de Pernod qui n’a pas vu le coup marketing de Ricard d’associer la boisson à Marseille et la Provence. En 1936, c’est Lyon, où est lancée la première grande campagne publicitaire « Buvez le pastis à la Marseillaise, à petites doses, avec cinq volumes d’eau », qui découvre le « vrai pastis de Marseille ». En 1938, un décret porte la teneur d’alcool du « pastaga » à 45° et permet ainsi de dissoudre plus d’essence d’anis, la saveur du pastis prenant alors toute son importance. Enfin, Paris est touché en 1939, à grand renfort de publicité. Cette année-là, des bouteilles font leur apparition en Espagne, en Italie et en Afrique du Nord. L’expansion se confirme, mais les événements vont la contrarier pendant quelques années. La parenthèse des années noires En 1940, c’est la défaite de l’armée française et la naissance du Régime de Vichy dans la zone libre. L’État français lance sa « Révolution nationale » et le pastis fait partie de ce qui devient interdit. Le coup est dur, mais Paul Ricard se reconvertit dans l’agriculture en prenant possession du domaine de Méjanes, en Camargue : on y pratique la riziculture et l’élevage. En employant son personnel, il leur évite le Service du travail obligatoire (STO). Pour compléter cette activité, il exploite l’eau minérale du Pestrin, une source acquise en Ardèche, produit des jus de fruits et les distille pour fournir une essence destinée aux véhicules de la Résistance. Il aimait répéter à ses proches interlocuteurs « J’emmerde le maréchal Pétain ». À la Libération, la déception va être d’autant plus grande que le nouveau gouvernement ne révoque que partiellement les dispositions de Vichy en n’autorisant que les apéritifs à 40°. L’après-guerre Après la guerre, Paul Ricard se rend aux États-Unis lors d’un voyage organisé pour des entreprises françaises. Il y découvre la recette du succès des firmes américaines : une organisation très professionnelle, une proximité des dirigeants et des employés, une concertation de tous les instants avec les syndicats et aussi la pratique du sponsoring. En revenant en France, Paul Ricard décide de prendre les devants et de lancer son entreprise dans une voie encore très peu connue dans le pays, celle du parrainage : en 1948, la caravane du Tour voit apparaître des véhicules insolites arborant le jaune et bleu Ricard. Le soir, des concerts gratuits réunissant les stars et les espoirs du moment (Darcelys, Tino Rossi, Charles Trenet, Annie Cordy) distraient les spectateurs. En mai 1951, le pastis est rétabli par décret (Pernod lance à cette occasion son Pernod 51). Revers de la médaille, la publicité des apéritifs anisés par affichage ou voie de presse est interdite par une loi du 6 janvier 1951. En 1956, en pleine crise de Suez et pénurie de pétrole, il organise la « caravane de la soif », avec une livraison de Ricard dans Paris à dos de chameau. En 1950, Paul Ricard rachète l’île de Bendor, propriété de la famille Ricard depuis. En 1961, il emmène tout son personnel en train à Rome et le pastis se voit béni par Jean XXIII. Les trente glorieuses Pour développer sa politique, Paul Ricard impose des structures sociales bien adaptées à ses projets. Jusqu’en 1960, à Marseille, il n’existe pas de comité d’entreprise. Sa fonction est assurée par une « Amicale » qui prend en charge et organise toutes les manifestations réservées au personnel, comme les concours de boules, les lotos… Elle gère les colonies de vacances situées à Sausset-les-Pins, Jausiers, Cavalière, La Voisine, Pont-de-Labeaume. Elle s’occupe de tout ce qui concerne le logement du personnel à La Margeray. Elle organise les voyages du personnel qui se multiplient tout au long des années 1960, date d’une croisière à l’île d’Elbe et en Corse sur le bateau Le Koutoubia. En janvier 1952, il embauche comme représentant un ancien résistant, titulaire d’une licence de droit nommé Charles Pasqua. Celui-ci grimpe rapidement les échelons : inspecteur des ventes en 1955, directeur régional en 1960, puis directeur général des ventes en 1962, et enfin directeur de l’exportation l’année suivante et lorsqu’il quitte le groupe Ricard en 1967, il est alors numéro deux. En 1961, c’est le voyage à Rome, avec visite du Vatican et entretien prévu avec le nouveau pape élu en 1958, Jean XXIII, que Paul Ricard avait connu en Camargue alors qu’il n’était que Monseigneur Roncalli, nonce apostolique en France. « Trois trains de wagons-lits aux couleurs de Ricard partaient l’un de Paris, le second de Bordeaux, le troisième de Marseille ; ils devaient se retrouver à Vintimille pour pénétrer sur le territoire italien et gagner, l’un derrière l’autre, la Ville Sainte. Les douaniers se posèrent quelques questions en constatant la présence, en dehors des douze cents personnes munies de papiers en règle, de trente chevaux et d’un petit agneau blanc Les Italiens allaient en voir d’autres : aussitôt débarqués, nous nous formâmes en procession derrière les tambourinaires, en blanc et taîole et les Arlésiennes costumées en croupe derrière leurs gardians trident en mains. Ils n’avaient rien à envier aux gardes suisses, quand nous débouchâmes sur la place Saint-Pierre, après un défilé triomphal ». Les extraits du récit de ce voyage faits par Paul Ricard lui-même (Ricard, op.cité, p. 191) montrent en tout état de cause que rien n’est laissé au hasard, que la mise en scène et la théâtralité pensées et voulues sont là pour donner plus d’éclat à l’événement. Mais au-delà, rien n’est gratuit. Tout est conçu pour, en dernier ressort, servir les intérêts de l’entreprise, faire connaître le produit, élargir les zones de sa diffusion. La démarche n’est pas isolée : elle s’insère dans un ensemble plus large mêlant publicité – on dit alors propagande –, mécénat, manifestations sportives… Paul Ricard innove aussi dans son entreprise : les salariés sont à la pointe du progrès social des Trente Glorieuses et même si ses détracteurs le taxèrent de « paternalisme », il n’empêche que les conditions de travail du personnel firent beaucoup d’envieux : participation aux bénéfices, intéressement, protection sociale, épargne retraite, le tout entraîné par un fort esprit d’équipe. En 1968, Paul Ricard décide de passer la main : Bernard Ricard prend la relève puis doit céder sa place en 1971, son père ayant été furieux qu’il ait acquis grâce à un emprunt une participation minoritaire (48 %) dans l’entreprise Champagne Lanson. Dans les années 1970, ayant besoin d’argent pour financer la construction du circuit du Castellet, Ricard fusionne avec son ennemi de toujours Pernod. Patrick Ricard, le fils cadet du fondateur, en devient le directeur en 1977. Marques produites et distribuées par la société Ricard en France En 2017, la société Ricard a deux fonctions : produire les marques Ricard, Pacific, Lillet afin de les commercialiser en France et les exporter partout dans le monde à travers les filiales de distribution du groupe Pernod Ricard ; commercialiser certains produits du groupe Pernod Ricard en France (Clan Campbell, Chivas Regal, Jameson, Absolut, Malibu, Champagne Perrier Jouet). Notoriété En 2017 et 2018, en termes de chiffre d’affaires, la bouteille d’un litre de Ricard est le produit le plus consommé devant le pack de 6 bouteilles d’1,5 litre de Cristaline. Pernod-Ricard Le groupe Pernod Ricard est créé à la suite de la fusion en décembre 1975 des deux sociétés françaises Pernod (créée en 1805 et dont le siège est actuellement à Créteil) et Ricard (créée en 1932 et dont le siège est à Marseille), deux marques d’apéritifs anisés. Le groupe connaît ensuite une forte croissance externe. En 2001, Pernod Ricard acquiert l’activité vins et spiritueux du groupe canadien Seagram, mise aux enchères par Vivendi Universal à la suite de la fusion Vivendi-Seagram en 2000, et se sépare de ses boissons non alcoolisées, parmi lesquelles Orangina (acquise en 1984) et Pampryl. Entrées similaires: Le Pastis de Marseille La saga du Pernod L’Absinthe et le Pernod L’anisette Tout un pastis Le Whisky Corse [...] Lire la suite…
25 janvier 2023Pernod est la plus ancienne des marques d’anisés français, appartenant à la société Pernod du groupe Pernod Ricard. Même s’il est souvent désigné comme tel, le Pernod n’est techniquement pas un pastis qui doit contenir une certaine quantité de réglisse. Le produit est élaboré par mélange d’huiles essentielles de plantes aromatiques (principalement l’anéthol extrait de l’anis étoilé, également appelé badiane chinoise, ainsi que celles de menthe, coriandre, fenouil etc) obtenues par distillation aqueuse, avec de l’alcool neutre, de l’eau, du sucre et un ou plusieurs colorants. Henri-Louis Pernod 1776 – 1851 Est un distilleur suisse qui propagea la consommation de la boisson alcoolisée absinthe. Sa société, la maison « Pernod Fils » créée à Pontarlier en 1805, Doubs, fusionna en 1928 avec « Pernod Père et Fils » fondée à Avignon par Jules-François Pernod et son fils Jules-Félix Pernod, dépositaire de la marque « Anis Pernod » depuis 1918. Daniel Henri Dubied Henri-Louis Pernod est le fils d’un bouilleur de cru local et gendre du major Daniel Henri Dubied, homme d’affaires suisse, négociant en dentelle d’origine huguenote et membre de la milice neuchâteloise (major en 1807), d’où son surnom de major Dubied. Il est connu pour avoir acheté, en 1797, la recette de l’absinthe aux demoiselles Henriod (qui la tenaient elles-mêmes de mademoiselle Grandpierre, gouvernante du Docteur Ordinaire, médecin franc-comtois exilé dans la principauté de Neuchâtel, qui avait obtenu cette recette d’une certaine « Mère Henriod », qui n’aurait rien à voir avec les « demoiselles » citées plus haut). Daniel Henri Dubied fonde ensuite la première fabrique d’absinthe à Couvet, commune suisse de Val-de-Travers du canton de Neuchâtel, avec son fils Marcelin et son gendre Henri-Louis Pernod, sous le nom de Dubied Père et Fils. Entreprise qui sera reprise plus tard par Fritz Duval, un cousin des Dubied, qui créera à la suite de l’interdiction de l’absinthe le pastis Duval. L’établissement de Pontarlier Henri-Louis Pernod prend ensuite ses distances avec son beau-père et monte rapidement sa propre distillerie appelée Pernod Fils. En 1805, il en ouvre une nouvelle à Pontarlier, pour répondre à la demande du marché français. Pernod contre Pernod Parallèlement au développement du marché de l’absinthe depuis Pontarlier, un certain Jules-François Pernod (sans aucun lien de parenté avec Henri-Louis Pernod) fonde en 1860 la société Jules Pernod, spécialisée dans l’extraction de plantes pour la teinture. Puis, an 1884, la société se lance dans la distillation de l’extrait d’absinthe dans son usine de Montfavet dans le Vaucluse, sous le nom de la Société Pernod Père et Fils. Les Pernod de Pontarlier et d’Avignon, vont alors entrer en concurrence sur l’absinthe et autres boissons anisées, jusqu’à ce qu’en 1926, Jules-Félix Pernod, fils de Jules-François, porte plainte contre l’entreprise de Pontarlier, ce qui occasionnera un procès, gagné par Jules-Félix en 1928, et la fusion des deux sociétés sous le nom des Établissements Pernod. Jules-François Pernod 1827 – 1916 Jules-François Pernod, était un homme d’affaires, travaillant d’abord dans le secteur de la teinturerie, puis dans le secteur de la production d’absinthe. Il a créé en 1888 la marque d’absinthe Jules Pernod. Origines familiales Son père Gaspard Pernod, né le 6 décembre 1781 à Lalleyriat (Ain) et mort le 12 octobre 1843 à Avignon, était issu d’une vieille famille de l’Ain implantée à Lalleyriat depuis au moins le XVIIe siècle. Gaspard Pernod était venu s’installer dans la préfecture du Vaucluse comme teinturier en soies et indiennes (tissu peint ou imprimé fabriqué en Europe entre le XVIIe siècle et le XIXe siècle). La famille de Jules-François Pernod n’a aucun lien de parenté avec la famille de Henri-Louis Pernod, le célèbre distillateur suisse inventeur du procédé de fabrication de l’absinthe. La production de garance (1860-1882) Jules-François Pernod commence sa carrière professionnelle chez « Thomas Frères » comme chef de fabrication de produits chimiques destinés à être employés comme engrais. Parallèlement, il mène des travaux sur l’extraction du rouge de la garance, plante abondamment cultivée dans la région et découvre, vers 1858, un procédé pratique. En 1860, il crée à Monfavet près d’Avignon (Vaucluse), avec deux financiers qui lui font confiance, la Maison Poncet, Picard et Cie, dont le but est « l’extraction de la couleur des racines de garance par le procédé Jules Pernod ». Avec pour principal débouché l’armée, qui arbore à cette époque des pantalons rouges garance, et dont un ancien ministre de la Guerre, Eugène Étienne déclara plus tard à la Chambre des députés en 1911 : « Éliminer le pantalon rouge ? Jamais ! Le pantalon rouge, c’est la France », lors d’un débat houleux sur la reforme des couleurs des uniformes de l’armée française. De ce fait, l’entreprise grandit rapidement. En 1876, après avoir réalisé des capitaux suffisants, Jules-François Pernod se sépare de ses deux financiers et fonde la Maison « Jules Pernod et Cie », toujours à Montfavet, dont le but est toujours la fabrication et le traitement d’extraits de garance, mais aussi la fabrication d’engrais chimiques. Mais bientôt en butte à des difficultés économiques et financières, liées notamment développement des colorants industriels, Jules-François Pernod décide d’abandonner la production d’extraits de garance et de se tourner vers la distillation d’alcools (liqueurs, kirsch, rhum, cognac), tout en conservant cependant jusqu’en 1910 la production d’engrais chimiques. Il n’est pas encore question à cette époque de produire de l’absinthe. La production d’absinthe (1882-1915) En 1882, Jules-François Pernod rebaptise la société Jules Pernod et Cie sous le nouveau nom plus simple et plus direct de Jules Pernod et, profitant d’une homonymie avec la célèbre marque d’absinthe Pernod Fils de Pontarlier, se lance à son tour dans la fabrication d’absinthe. Le 29 octobre 1888, il dépose sa marque : Absinthe Jules Pernod. En 1908, avec ses deux fils Jules-Félix (1871-1928) et Joseph-Louis (1872-1911) qui travaillent avec lui, Jules-François Pernod débaptise la société Jules Pernod qui redevient Jules Pernod et Cie. Elle continuera de produire de l’absinthe, jusqu’à son interdiction en France en 1915. Entre-temps, à partir de 1909, une bataille judiciaire s’engage. La société Pernod Fils de Pontarlier attaque en procès la société Jules Pernod et Cie d’Avignon, afin d’interdire à cette dernière l’utilisation du nom « Pernod » pour ses produits. Le procès est gagné en appel le 12 juin 1911 par la société Jules Pernod et Cie qui conserve le droit de vendre son absinthe sous la marque Jules Pernod. Rapidement enrichi par la commercialisation de la fée verte, Jules-François Pernod s’est fait construire de son vivant une somptueuse demeure au 75 rue Guillaume Puy à Avignon. Le 27 juillet 1916, peu avant sa mort, Jules-François Pernod rebaptise la société Jules Pernod et Cie sous une nouvelle raison sociale : « Pernod Père et Fils » (à ne pas confondre avec la Maison « Pernod Fils » de Pontarlier créée en 1805 par Henri-Louis Pernod). Son fils Joseph-Louis étant mort en 1911, c’est à son autre fils, Jules-Félix, qu’il reviendra de poursuivre l’affaire familiale après la mort de son père. En 1921, l’entreprise deviendra une société anonyme sous le nom « Les Établissements Pernod Père et Fils ». Le 4 août de la même année, Jules-Félix Pernod dépose les trois marques « Anis Pernod », « Pernod » et « Un Pernod », devançant ainsi la marque rivale « Pernod Fils » de Pontarlier qui ne pourra plus utiliser ces mots pour désigner ses produits. Finalement, en 1928, la société Pernod Père et Fils d’Avignon et la société Pernod Fils de Pontarlier décident de fusionner pour donner naissance à la société « Les Établissements Pernod ». C’est cette société qui donnera plus tard naissance en 1975 au groupe Pernod Ricard. Jules-Félix Pernod 1871 – 1928 Il est le fils de Jules-François Pernod qui, en 1872, a fondé la société « Pernod et fils » à Avignon. La production d’absinthe initiée par son père et qui avait assis la fortune de la famille commence à être la cible d’une vive campagne contre ses méfaits dès 1907. Sa production est interdite par une loi du Parlement français votée le 16 mars 1915. Successeur de son père à la tête de l’entreprise Pernod Père et Fils d’Avignon en 1916, Jules-Félix fonde en 1918 la marque Anis Pernod qui produira le premier pastis commercialisé. Son usine de Montfavet met aussi en marché d’autres produits anisés ou non comme le « Vin Pernod », le « Kunnel Korta », le « Velours » sans alcool ou toute une gamme d’anis à 30, 32, 35 et 40°. En 1926, les Maisons A. Hémard et Pernod Fils Réunies, propriétaires de la célèbre marque Pernod Fils de Pontarlier, ayant déposé la marque « Anis Pernod fils », Jules-Félix dépose une plainte contre eux qu’il argumente ainsi : « Il y a en notre faveur une antériorité indiscutable, l’Anis Pernod ayant été déposé à la fin des hostilités de 1914-1918, alors que la marque Anis Pernod et fils ne l’a été que dans les premiers mois de 1926. Dès l’apparition des produits anisés, nous avons été, et restons les premiers dans le monde, les seuls Pernod fabricants d’anis. Nous ajouterons que notre ancien concurrent Pernod fils, dont nous ne contestons nullement l’existence en tant que marque d’absinthe, n’a aucun droit à l’appellation Pernod pour l’anis, le succès de notre marque Pernod a fait et fera des envieux, Nous en aurons raison ». Le procès fut gagné en première instance et il fut fait appel. Jules-Félix Pernod décéda en 1928, mais le 4 décembre de cette même année, les deux établissements d’Avignon et de Pontarlier fusionnèrent pour devenir les « Établissements Pernod ». Le Perniflard En 1938, coïncidant avec la relaxe de la législation française permettant à nouveau la vente de pastis et boissons similaires titrant à 45°, est commercialisé pour la première fois, le Pernod 45. Le Pernod suscite dès cette époque une abondante littérature, comme dans « l’Espoir » de Malraux (1937, page 677) qui nous livre la description suivante : « Apéritif anisé à à quarante-cinq degrés, de couleur jaune d’or virant au jaune laiteux quand on l’étend d’eau. Il entendait entraîner tous ceux qu’il touchait dans la délivrance sinistre qu’il eût trouvée dans le dégoût général, comme il l’avait trouvée dans le Pernod ». Rapidement, le « Pernod 45 » devient une boisson populaire et probablement hérite du surnom déjà attribué par le passé à l’absinthe Pernod, de Perniflard. Ce terme est également repris dans de nombreux romans noirs et policiers, où Auguste Le Breton en 1960 nous livre : « Avec six Perniflards dans le ventre, Sylvain la jambe de Bois se prenait pour Caruso » Guerre et après-guerre Comme pour le Pastis, la France du maréchal Pétain voit d’un très mauvais œil le Pernod, reprochant à la « France de l’Apéro », d’être responsable de la défaite, et donc interdit en août 1940 comme toutes les boissons au-dessus de 16°. Les usines Pernod durent se reconvertir. À la Libération, le nouveau gouvernement, à la surprise des distillateurs, ne révoque que partiellement les dispositions de Vichy en n’autorisant que les apéritifs à 40°, mais l’État soucieux de trouver de nouvelles recettes fiscales abroge la prohibition en 1949. En 1951, une loi interdit la publicité des produits anisés par affiche et par presse, Pernod relance sa boisson sous l’appellation de « Pastis 51 », en référence à l’année de lancement du produit (les apéritifs anisés, interdits sur le marché français, furent à nouveau autorisés en 1951) et envoie alors ses commerciaux (appelés « structure de propagande » à l’époque) qui contournent cette interdiction en développant des produits dérivés (pot à eau, cendrier, bob, etc.). En 1954, Pernod 51 est rebaptisé Pastis 51, puis tout simplement 51. Pernod-Ricard En 1975, les sociétés Pernod et Ricard fusionnent pour créer le groupe Pernod-Ricard. Fort de son expérience, depuis 2005, Pernod commercialise Pernod aux extraits de plantes d’absinthe, un « spiritueux anisé » inspiré d’une recette qui fit le succès de la maison Pernod à la fin du XIXᵉ siècle, profitant de la fin de l’interdiction de l’absinthe en France. Cette liqueur sans sucre à 68° a un taux de thuyone inférieur à 10mg/l, répondant aux contraintes législatives françaises en vigueur. Entrées similaires: L’Absinthe et le Pernod Le Pastis de Marseille Tout un pastis La saga Campari L’Aperol Le Martini [...] Lire la suite…
25 janvier 2023Le pastis est une boisson alcoolisée aromatisée à l’anis et à la réglisse, variante de l’absinthe, apéritif traditionnel de la cuisine provençale et de la cuisine française. L’histoire du Pastis Le 16 mars 1915 (durant la première Guerre mondiale) l’absinthe et des boissons similaires sont interdites en France. En réaction, le fils d’un ancien industriel de l’absinthe, Jules-Félix Pernod, dépose la marque Anis Pernod en 1918 (variante autorisée de l’absinthe). C’est donc le véritable inventeur du pastis commercialisé à partir de son usine de Montfavet près d’Avignon. Toutefois, très floue, la loi laisse des doutes et la production des boissons à base d’anis chute. En 1920, l’État autorise à nouveau la production et rétablit l’autorisation des consommations anisées dont le degré d’alcool est inférieur à 30°. Puis, en 1922, le degré est relevé à 40°. Une véritable frénésie s’empare alors de la Provence où tous les bars vendent du pastis. Chaque marque personnalise ses recettes en ajoutant à l’anis d’autres plantes aromatiques telles que le fenouil, l’anis vert, la réglisse, etc. Paul Ricard fait preuve d’innovation en élaborant une recette incluant de l’anis étoilé, de l’anis vert et de la réglisse. Son slogan, « Ricard, le vrai pastis de Marseille », apparaît en 1932. C’est la première fois que le mot pastis apparaît sur l’étiquette d’un apéritif anisé. Un très large réseau de distribution permet à ses ventes de décoller et il devient le premier vendeur de pastis au détriment de Pernod. Pastis « de Marseille »: Pour avoir droit à l’appellation « pastis de Marseille », le pastis doit avoir un titre alcoolique de 45 % et une concentration d’anéthol de 2 g/l2. Du fait de sa teneur en anéthol supérieure à celle d’un pastis commun, il est beaucoup plus sensible au froid. Un trouble apparaît à partir de 8, voire 10 °C. Dès qu’il est remis à température ambiante, le trouble disparaît rapidement, sans que le produit ait une quelconque altération de sa qualité, ni de son goût. Le pastis Casanis est créé en 1925 par Emmanuel Casabianca à Bastia en Corse, qui décide ensuite de traverser la Méditerranée et de s’installer à Marseille. Cette double origine est désormais symbolisée par les deux blasons marseillais et corse. Un verre de Casanis est familièrement appelé un Spaggiari, jeu de mot faisant référence au « casse à Nice » où Albert Spaggiari célèbre auteur du « casse du siècle » survenu à la Société générale de Nice, en juillet 1976. En 1938, on autorise la production et la vente de pastis et boissons anisées titrant 45°. Sous le Régime de Vichy, le pastis est interdit en août 1940 comme toutes les boissons au-dessus de 16°. Le régime du maréchal Pétain reprochait à la « France de l’Apéro », celle du Front Populaire, celle des marcels et des congés payés où l’on sirotait un jaune, d’être responsable de la défaite et de la dénatalité du pays. Le petit jaune marseillais, légalisé deux ans plus tôt par Léon Blum, apparaît comme la boisson à abattre. Ce qui se traduit dans les faits que l’usine Pernod est transformée en chocolaterie, celle de Ricard produit du vermouth, des jus de fruits, des alcools carburants pour le maquis. À la Libération, la déception est d’autant plus grande que le nouveau gouvernement (principalement la ministre de la Santé Germaine Poinso-Chapuis, surnommée « chapeau pointu » par Paul Ricard) ne révoque que partiellement les dispositions de Vichy en n’autorisant que les apéritifs à 40° : une quarantaine de distillateurs clandestins produisent leur pastis. Une taxe est alors prélevée par leur syndicat pour financer d’éventuels procès. l’État soucieux de trouver de nouvelles recettes fiscales abroge la prohibition en 1949. En 1951, une loi interdit la publicité des produits anisés par affiche et par presse, Pernod relance sa boisson sous l’appellation de « Pastis 51 » et envoie alors ses commerciaux (appelés « structure de propagande » à l’époque) qui contournent cette interdiction en développant des produits dérivés (pot à eau, cendrier, bob, etc.). À la même époque, Paul Ricard, en janvier 1952, embauche comme représentant un ancien résistant qui deviendra ministre, Charles Pasqua, qui, lorsqu’il quitte l’entreprise en 1967, est alors numéro 2 du groupe. Jusqu’à leur fusion en 1975, les sociétés Pernod et Ricard se livrent une concurrence rude sur le marché des boissons anisées qui atteint son apogée dans les années 1960. Le groupe Pernod Ricard domine aujourd’hui le marché mondial du pastis avec les marques Ricard et 51 (qui fut d’abord commercialisé en 1951 sous la marque Pernod 51, puis Pastis 51 de 1954 à 1999). D’autres marques de pastis se partagent le reste du marché, notamment les Marseillais Duval et Casanis (tous deux la propriété du groupe Boisset et produits dans la même distillerie) et Berger (deux pastis, un blanc, Berger blanc et un jaune, Berger pastis de la société Gemaco de la maison Marie Brizard, détenue par le groupe Belvédère). Depuis les années 1990, les marques dites « économiques » se sont approprié près de 40 % du marché français, parmi lesquelles Cigalis, la marque des hypermarchés Cora, ou encore la marque du maxidiscompteur Leader Price. Des distillateurs locaux sont répartis dans l’arrière-pays provençal ou méditerranéen. La société Cristal Limiñana, restée à 100 % familiale depuis 1884, fabrique dans son usine située à Marseille intra-muros le pastis Un Marseillais. Liée à la Maison Damiani, le Pastis Dami’anis, quant à lui, voit le jour en 1935. Il sera plus tard rebaptisé Pastis Dami et reste le dernier pastis corse à subsister. La distillerie Janot, à Aubagne, produit différents pastis, dont la distribution est centrée en région PACA. Les Distilleries et Domaines de Provence avec leur Pastis Henri Bardouin, médaillé d’or du concours agricole de 2008, visent le marché haut de gamme des pastis plus complexes et raffinés. L’artisanal Pastis des Homs produit à Nant (Aveyron) obtient deux fois la médaille d’or du concours général agricole. En 2016, la distillerie Larusée à Fenin crée le premier pastis artisanal de Suisse et obtient deux médailles d’or au Paris International Trophy et au Palmarès National de l’AVGF (Académie des Vins et de la Gastronomie Française) en 2019. Dénominations régionales Le pastis est aussi appelé un jaune ou un flai (et non fly) dans le sud de la France. Il peut également s’appeler fenouil, pommade, flan, voire plus récemment flambi si la proportion d’eau est faible. On peut entendre dire qu’un pastis est « gras » lorsque la proportion d’alcool est importante. S’il est vraiment très gras, on l’appelle « yaourt » ou « soupe de pastis ». On dit aussi pastaga dans le sud-est de la France, plus particulièrement du côté de Marseille. Il est courant de demander « un Ricard » du nom de la société historique ayant réussi à lier le nom de sa marque à cette boisson dans l’esprit collectif. Il est également appelé Pontarlier en Franche-Comté. La momie ou mominette est un pastis servi dans un petit verre. Ricard organisant des courses mecanique dont de mobylette, il est également appelé dans certaine région du sud de la France mobylette ou mobilette. Une histoire de l’époque rapportée par le journal la Dépêche du midi jouait sur la confusion de l’expression : « Dis papa, pourquoi tu es toujours tout rouge ? Eh bien, vois-tu, l’hiver, quand je rentre en mobylette, l’air frais me rend tout rouge. Ah bon. Mais pourquoi l’été aussi, tu es tout rouge ? Eh bien, c’est à cause du casque quand je rentre en mobylette, ça me fait trop chaud. Soudain la mère excédée se lève de table et attrape la bouteille de pastis. Son mari surpris lui demande : Mais qu’est-ce que tu fais mon chou ? Et bien, tu vois, je range la mobylette… » Un Gainsbourg (une des boissons préférées de l’artiste Serge Gainsbourg) est un double pastis 51, c’est-à-dire un 102. On utilise également le nombre 153 pour qualifier un triple pastis (3/4 de pastis, 1/4 d’eau). Boissons apparentées Dans le bassin méditerranéen, les Balkans et le Caucase, on trouve d’autres boissons aromatisées à l’anis (en général de couleur blanche ou transparente et sans réglisse, ce qui les rend plus proches du berger blanc) : Algérie : l’anisette ; Grèce : l’ouzo ; Bulgarie, ex-Yougoslavie : la mastika ; Turquie, Arménie : le raki ; Liban, Syrie, Israël, Jordanie, Palestine : l’arak ; Italie : la sambuca ; Espagne : l’aguardiente, l’anis del Mono (Badalona), l’anis, le chinchon et la cazalla. Il existe même un Pastis californien, produit par distillation. Cocktails La mauresque (ou moresque), à base de pastis et de sirop d’orgeat, aussi appelée « EPO » eau, pastis, orgeat) par analogie avec l’érythropoïétine (EPO), parfois utilisée par des sportifs comme agent dopant. Ttrès populaire dans le sud de la France, il fut créé à l’origine par les soldats français servant dans le bataillon d’Afrique au cours de la campagne d’Algérie des années 1830 et 1840. Ce bataillon portait également le nom de « Bureau arabe », en référence au bureau militaire chargé des affaires locales, dont on disait qu’il agissait « comme une main de fer dans un gant de velours ». Son nom pourrait venir, par analogie de couleur, des mauresques qui étaient habillées de blanc. La tomate, à base de pastis et de sirop de grenadine. Le perroquet, à base de pastis et de sirop de menthe. Désignant en Belgique une bière menthe. La feuille morte, à base de pastis, sirop de menthe et de sirop de grenadine. La limonette, à base de pastis et de limonade. Un verre, deux pailles. Le mazout, à base de pastis et de Coca-Cola. Des fois, nom donné au whisky coca en Afrique. Le pélican, à base de pastis et de sirop de pêche. Le pétrole, à base de pastis et de bière. Gastronomie Le pastis (ou toute autre forme d’alcool, anisé ou non) peut entrer dans la confection d’un certain nombre de recettes de cuisine, comme les gambas et crevettes flambées au pastis, poulet au pastis, moules au pastis, salade niçoise au pastis, brochettes de thon au pastis, melon au pastis, daurade ou loup au pastis, coupe de fraises au pastis, rouget au pastis, moutarde au pastis, soupe d’agrumes au pastis, omelette au pastis, la crème glacée au pastis… La cuisson supprime généralement toute trace d’alcool dans le plat fini. Entrées similaires: Tout un pastis L’Absinthe et le Pernod Le Whisky Corse L’Aperol Le Martini Le Select [...] Lire la suite…
25 janvier 2023L’étymologie du mot Pastis De l’ancien occitan pastitz (pâté, pâte, mélange) ; plus avant, du latin populaire pasticium, du latin pasta (pâte) ; il donne pastís en catalan et en occitan, pasticcio en italien et pastiche en français. Le terme est attesté au début du XXᵉ siècle sous les graphies pastisse et pastis pour désigner une situation confuse ; il est employé peu après de manière argotique pour nommer la boisson anisée qui remplace l’absinthe, interdite au début du siècle. Le mot devient d’emploi courant lorsque Ricard inscrit sur sa bouteille « Le vrai pastis de Marseille ». Mais, pastis peu venir d’un autre mot occitan, « Pastissar » dérivé lui-même de pastitz, signifiant travailler avec les mains et ramènerait donc au fait de travailler la pâte et désigne aussi des pâtisseries comme : Le pastis gascon, gâteau composé d’une couche de pommes, puis garni sur le dessus avec le reste de pâte que l’on étire en fine couche avant de la badigeonner de beurre fondu et d’armagnac. Le pastis landais est une pâtisserie parfumée parfois à l’eau de fleur d’oranger, à la vanille et au rhum. Le pastis du Quercy est un gâteau aux pommes marinées à l’eau-de-vie. Le pastissou du Périgord, mot occitan apparenté à celui de pastis, désignant un gâteau rond en forme de pâtisson (légume de la famille des courges / cucurbitacées de petite taille). Il fait partie des gâteaux des rois en usage dans le sud-ouest de France pour célébrer l’Épiphanie. L’usage est de préparer un grand pain sucré, en forme de couronne, à la pâte plus ou moins aérée et parfumée à l’eau de fleur d’oranger. Le pastizzu est un dessert corse, signifiant « pâte », « mélange ». Plus communément, il désigne « Le » dessert puisque le mot provient de la même origine que pastizzeria (pâtisserie). C’est traditionnellement un dessert dominical considéré comme « un plat de pauvre », car à base de pain rassis. Il est composé également de lait, d’œufs et de sucre, le tout étant généralement aromatisé au zeste de citron (Bastia et Cap Corse) ou même à la vanille (moins traditionnel). Avec le fiadone, il est l’un des piliers de la gastronomie sucrée en Corse. Plusieurs variantes de recettes existent et utilisent soit du pain rassis, soit de la semoule de blé, voire les deux ingrédients mélangés. Le secret de sa réussite réside dans sa cuisson au bain-marie puis au four qui fait remonter le caramel dans les premiers centimètres du gâteau. Le pastizz (pastizzi au pluriel) est un en-cas typique et populaire que l’on trouve à Malte. Il s’agit d’un petit friand de pâte feuilletée de forme triangulaire et fourré à la ricotta fraîche. On trouve maintenant aussi des pastizzi tal-pizelli farcis avec une purée de petits pois. S’il est possible d’en trouver de forme ronde et réalisé à base de pâte brisée, le véritable pastizz est de forme triangulaire et à la pâte feuilletée. Le pastizz est vendu généralement dans les pastizzeriji (pastizzerija au singulier, « pastizzerias ») ou les kjosk (« kiosque »), mais aussi dans la plupart des bars et des pizzerias ainsi que dans quelques restaurants et boulangeries. Il est quelquefois rapproché par erreur (il est impossible de trouver un lien quelconque) du samoussa indien avec toutefois un goût moins prononcé et toujours sans viande. Entrées similaires: Le Pastis de Marseille Le Ricard, le vrai Pastis de Marseille La saga du Pernod L’anisette Le Whisky Corse L’Absinthe et le Pernod [...] Lire la suite…
25 janvier 2023l’absinthe est un ensemble de spiritueux à base de plantes d’absinthe (Artemisia absinthium L.), également appelé « fée verte » ou encore « bleue ». La fabrication, la vente et la consommation de l’absinthe étaient interdites en Suisse, en Belgique, aux Pays-Bas de 1910 à 2005 et en France de 1915 à 1988. Histoire l’absinthe était la plante d’Artémis, déesse grecque responsable des morts violentes. Dans le langage des fleurs, l’absinthe symbolise l’absence. Dans le calendrier républicain français, le 9e jour du mois de Messidor, est officiellement dénommé jour de l’Absinthe. Origine l’origine précise de l’absinthe est incertaine. En Égypte ancienne, l’usage médical d’extraits d’absinthe est mentionné dans le Papyrus Ebers (entre 1600 et 1500 av. J.-C.). Pythagore et Hippocrate (460-377 av. J.-C.) parlent d’alcool d’absinthe et de son action sur la santé, son effet aphrodisiaque et sa stimulation de la création. Les Grecs anciens consommaient du vin aux extraits d’absinthe, absinthites oinos. Le poète latin Lucrèce, au début du livre quatrième de son ouvrage De la nature des Choses, mentionne les vertus thérapeutiques de l’absinthe, que l’on fait boire aux enfants malgré l’amertume du breuvage grâce à un peu de miel au bord d’une coupe. Les décoctions d’absinthe dans le vin ont été recommandées par Hildegarde de Bingen comme vermifuges. Les vins d’absinthe, dans lesquels les feuilles d’absinthe sont fermentées en même temps que les raisins, sont documentés pour le XVIᵉ siècle. Ils avaient la réputation d’être des remèdes particulièrement efficaces pour l’estomac. Première trace d’absinthe distillée Ce n’est que vers la fin du XVIIIᵉ siècle que l’on retrouve la première trace attestée d’absinthe distillée contenant de l’anis vert et du fenouil. La légende veut que ce soit le docteur Pierre Ordinaire (1742-1821) qui ait inventé la recette vers 1792. Les travaux de Marie-Claude Delahaye et de Benoît Noël ont montré que cette recette devait également beaucoup à une herboriste suisse du canton de Neuchâtel : Henriette Henriod pour M.C. Delahaye ou Suzanne-Marguerite Henriod pour B. Noël. Celle-ci avait mis au point la première recette d’absinthe, qui était un breuvage médicinal. Cette question ne semble toutefois pas définitivement tranchée. Le premier Pernod Quoi qu’il en soit, le major Dubied acquiert la recette auprès de la mère Henriod en 1797 et ouvre, avec son gendre Henri-Louis Pernod (dont le père est bouilleur de cru), la première distillerie d’absinthe à Couvet en Suisse. On trouve dans le livre de raison de ce dernier la première recette d’absinthe apéritive, datée de 1797. Ils fondent en 1798 la première distillerie, la maison Dubied Père & Fils. En 1805, Henri-Louis Pernod prend ses distances avec son beau-père et monte sa propre distillerie à Pontarlier : Pernod Fils qui deviendra la première marque de spiritueux français. La diffusion Pendant une trentaine d’années, l’absinthe reste une boisson régionale essentiellement consommée dans la région de Pontarlier qui devient la capitale de l’absinthe (en 1900, vingt-cinq distilleries emploieront 3 000 des 8 000 Pontissaliens malgré la lutte contre l’alcoolisme menée par le député de la région Philippe Grenier). En 1830, les soldats français colonisent l’Algérie et les officiers leur recommandent de diluer quelques gouttes d’absinthe dans l’eau pour faire passer les désagréments de la malaria et de la dysenterie. Les soldats, à leur retour en France, popularisent cette boisson à travers tout le pays. Titrant 68 à 72° dans la bouteille, l’absinthe est alors diluée dans des verres hauts et larges (à un volume d’absinthe sont ajoutés six à sept volumes d’eau fraîche versée goutte à goutte sur un sucre posé sur une cuillère percée, elle-même placée sur le verre afin d’exhaler ses arômes) ; d’autres amateurs pratiquent une « purée » (dilution moindre jusqu’à la boire pure). Jules Pernod Relativement chère au début des années 1850, elle est surtout consommée par la bourgeoisie, devenant la « fée verte des boulevards ». Puis, sa popularité ne cesse de grandir puisqu’en 1870, début de la guerre franco-prussienne, où l’absinthe représente 90 % des apéritifs consommés en France. En 1860, à Avignon, Jules-François Pernod fonde la société Jules Pernod, spécialisée dans l’extraction de la garance des teinturiers, le Vaucluse, produisant jusqu’à 65 % de la garance au niveau mondial. Mais dès cette époque, plusieurs grandes crises (terres surexploitées, baisse de qualité, etc.) touchent cette culture, de plus en plus concurrencée par les progrès récents de la chimie, notamment par la synthèse de l’alizarine à la fin du XIXᵉ siècle, produit par l’entreprise allemande BASF qui sera utilisée à la place du produit naturel dans les uniformes français. En 1880, il ne subsiste plus qu’un seul des cinquante moulins qui tournaient dans le Vaucluse. En 1872, la société Jules Pernod devient la Société Pernod père et fils, puis à partir de 1884, elle se lance dans la distillation de l’extrait d’absinthe dans son usine de Montfavet. La production d’absinthe augmente, entraînant une diminution des prix et une popularité grandissante. Explosion de la production La période de 1880 à 1914, début de la Première Guerre mondiale, marque une explosion de la production et une chute drastique des prix. La production française passe de 700 000 litres en 1874 à 36 000 000 de litres en 1910. Des absinthes de mauvaise qualité, surnommées « sulfates de zinc » en raison de la coloration obtenue grâce à ce composé chimique, prolifèrent. Un verre d’absinthe est alors moins cher qu’un verre de vin. À cette époque, la Franche-Comté compte à elle seule une cinquantaine de distilleries. Mais aussi Paris (70 distilleries), Bordeaux (environ 50), Marseille (45), Lyon (environ 20), Dijon (environ 10). La France compte alors un millier de marques d’absinthes. Suite à un incendie Le 11 août 1901, l’usine Pernod à Pontarlier prend feu et un employé de l’usine prend l’initiative de vider les cuves d’absinthe dans le Doubs, afin d’éviter qu’elles n’explosent. On raconte que les soldats en garnison à Pontarlier remplissaient leur casque de ce breuvage. Le lendemain, on en retrouvait des traces, à la source de la Loue, ce qui permit de découvrir l’origine de cette rivière, tout en constituant la première coloration de l’histoire de l’hydrologie. Le constat des méfaits l’absinthe connaît un vif succès au XIXe siècle, mais elle est accusée de provoquer de graves intoxications (contenant entre autres du méthanol, un alcool neurotoxique), comme des crises de delirium tremens décrites notamment par Émile Zola dans « l’Assommoir » et ayant probablement alimenté la folie de certains artistes de l’époque (Van Gogh, Toulouse-Lautrec…). Elle est également connue pour son effet abortif. Drame en Suisse Dans la commune de Commugny en Suisse, dans l’après-midi du 28 août 1905, Jean Lanfray, un ouvrier viticole français de naissance, mais vivant en Suisse, tue sa femme enceinte et de ses deux enfants lors d’une crise de démence alcoolique, suite à l’absorption d’une quantité excessive de vin et d’alcools forts et de l’absinthe. L’affaire Lanfray fait l’objet d’une couverture médiatique importante, notamment soutenue par les mouvements de tempérance européens, et provoque en Europe et dans le monde occidental une émotion considérable. De plus, en Suisse, elle est attisée par les producteurs de vin romands qui trouvent ici le prétexte parfait pour demander l’interdiction de l’absinthe par votation populaire qui recueille 82 000 signatures. Le 15 mai 1906, le canton de Vaud, où eut lieu le crime, vote l’interdiction de l’absinthe. Au moment de l’interdiction, le Val-de-Travers, berceau de l’absinthe, compte 14 distilleries, 200 employés et plus de 30 hectares de cultures d’absinthes. Suite à la pression des propriétaires de café et des fabricants d’absinthe, un référendum pour renverser cette décision a été lancé, mais a échoué 23 062 à 16 025. Le 2 février 1907, le Grand Conseil Helvétique vote l’interdiction de la vente au détail de l’absinthe, y compris ses imitations. Enfin, le 5 juillet 1908, l’article 32 de la Constitution suisse fut proposé, interdisant « la fabrication, l’importation, le transport, la vente, la détention pour la vente de la liqueur dite absinthe dans toute l’étendue de la Confédération ». L’article a été ajouté à la suite d’un référendum, au cours duquel il a obtenu 241 078 voix pour (63,5 % des votants) et 139 699 voix contre et entrerait en vigueur le 7 octobre 1910. De nombreux pays ayant connu des faits similaires, a conduit quelque temps plus tard à l’interdiction de l’absinthe en France en 1915 et dans tous les pays européens (à l’exception du Royaume-Uni, de la Suède et de l’Espagne) ainsi qu’aux États-Unis. Ligue contre l’absinthe en France Dès 1875, les ligues antialcooliques (groupées autour du scientifique français Louis Pasteur et du médecin, physiologiste et épistémologue français Claude Bernard et qui seront à l’origine de l’Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie), les syndicats, l’Église catholique, les médecins hygiénistes, la presse, se mobilisent contre « l’absinthe qui rend fou ». En 1906, la ligue nationale française antialcoolique recueille 400 000 signatures dans une pétition. En 1907, une grande manifestation, à l’instigation du journal Le Matin et soutenue par les ligues antialcooliques, a lieu à Paris. Leur mot d’ordre : « Tous pour le vin, contre l’absinthe ». L’Académie de médecine crée même le terme « absinthisme » pour désigner un alcoolisme à l’absinthe, qui tient compte des nombreux méfaits qui lui sont alors attribués : aliénation mentale, épilepsie, convulsions, paralysies périphériques et même tuberculose. En 1908, le groupe antialcoolique qui s’est constitué au Sénat veut faire voter trois mesures : interdiction de l’absinthe, limitation du nombre des débits de boissons, suppression du privilège des bouilleurs de cru. Ceci conduit à son interdiction dans de nombreux pays : en France, par une disposition préfectorale du 16 mars 1915 prise sous l’autorité de l’état de siège, interdiction qui dura jusqu’au 18 mai 2011 ; en Suisse, du 7 octobre 1910 au 1er mars 2005, car les ligues de vertu disaient d’elle « qu’elle rend fou et criminel, fait de l’homme une bête et menace l’avenir de notre temps ». En réalité, il est clairement dit dans le projet d’interdiction de l’absinthe en France que la boisson est interdite pour lutter contre l’alcoolisme. De l’absinthe à l’anis Pernod Lorsque la production d’absinthe commence à être la cible d’une vive campagne contre ses méfaits dès 1907, Jules-Félix Pernod a succédé à son père à la tête de l’entreprise familiale. Quand sa production est interdite par une loi du Parlement français votée le 16 mars 1915, il est le premier à se reconvertir en fondant en 1918 la marque « Anis Pernod » qui produira le premier pastis commercialisé. Son usine de Montfavet met aussi en marché d’autres produits anisés ou non comme le « Vin Pernod », le « Kunnel Korta », le « Velours » sans alcool ou toute une gamme d’anis à 30, 32, 35 et 40°. La bataille du Pernod En 1926, les successeurs de Pernod à Pontarlier ayant déposé la marque « Anis Pernod fils », Jules-Félix Pernod dépose une plainte contre eux qu’il argumente ainsi : « Il y a en notre faveur une antériorité indiscutable, l’Anis Pernod ayant été déposé à la fin des hostilités de 1914-1918, alors que la marque « Anis Pernod et fils » ne l’a été que dans les premiers mois de 1926. Dès l’apparition des produits anisés, nous avons été et restons les premiers dans le monde, les seuls Pernod fabricants d’anis. Nous ajouterons que notre ancien concurrent Pernod fils, dont nous ne contestons nullement l’existence en tant que marque d’absinthe, n’a aucun droit à l’appellation Pernod pour l’anis, le succès de notre marque Pernod a fait et fera des envieux, nous en aurons raison ». Le procès est gagné en première instance et il est fait appel. Jules-Félix Pernod décède en 1928, mais le 4 décembre de cette même année, les deux établissements d’Avignon et de Pontarlier fusionnent pour devenir les « Établissements Pernod ». La reconversion Après l’interdiction de la fabrication, de la vente et de la consommation de l’absinthe et de ses similaires, d’autres anciennes marques d’absinthes se reconvertissent dans des anisés sans sucre qui se préparent comme l’absinthe (l’État autorise en 1920 la présence d’anis dans les spiritueux à 30° maximum avec un minimum de 200 g de sucre et ne devant pas avoir la couleur verte feuille morte qui rappelle l’absinthe). En 1932 (année de la libéralisation des anisés dont la teneur en sucres est déréglementée, le degré est relevé à 40°, ce qui les fait passer de statut de digestif à celui d’apéritif), Paul Ricard invente le pastis de Marseille qui est le premier anisé à connaître un succès presque équivalent à celui de l’absinthe. En 1938, les anisés peuvent titrer 45°, ce qui permet la dissolution dans l’alcool de plus d’huiles essentielles d’anis, ce qui donne alors à cette boisson toute sa saveur. La re-légalisation de l’absinthe Le 2 novembre 1988, un décret, signé par Michel Rocard, autorise et réglemente la présence de thuyone (principale molécule de l’huile essentielle d’absinthe, présente dans la grande et la petite absinthe) dans les boissons et l’alimentation, ce qui permet techniquement de produire à nouveau de l’absinthe en France. En 1999, la première absinthe française depuis 1915 est produite : la Versinthe verte, qui contient de la grande absinthe. Son apparition et son étiquetage (absinthe) met en évidence un hiatus entre le décret européen de 1988 et l’interdiction de l’absinthe en France de 1915, toujours en vigueur. Plutôt que d’abolir cette loi, le gouvernement pare au plus pressé en votant un aménagement du décret et en attribuant une nouvelle appellation légale à l’absinthe : « spiritueux aromatisé à la plante d’absinthe » et en complétant la réglementation européenne (35 mg/l de thuyone maximum) d’un taux de fenchone et de pinocamphone à ne pas dépasser (respectivement 5 mg/l et 10 mg/l). Depuis le 1er mars 2005, la distillation de l’absinthe est à nouveau autorisée en Suisse, afin de pouvoir demander une AOC et ainsi protéger l’appellation (à condition, entre autres, que la teneur en thuyone ne dépasse pas 35 mg/l). En 1999, au Brésil, après 80 ans d’interdiction, l’absinthe est légalisée, la même année, l’entrepreneur Lalo Zanini relance la production d’absinthe en s’adaptant à la loi brésilienne. Il est par la même responsable de la résurgence du marché de l’absinthe en Amérique Latine L’appellation Absinthe Si, le 17 décembre 2010, le Parlement français abroge une loi interdisant aux producteurs français d’utiliser la dénomination « absinthe », en réaction à une demande d’IGP au profit des seuls producteurs du Val-de-Travers (Suisse), cette indication géographique protégée suisse est confirmée par l’Office fédéral de l’agriculture le 16 août 2012 pour l’« absinthe », la « Fée verte » et « La Bleue », malgré de nombreuses oppositions, venant en particulier de la fédération française des spiritueux (FFS) et la Confédération européenne des producteurs de spiritueux qui ont déposé, en septembre de la même année, un recours contre cette décision auprès du Tribunal administratif fédéral. Ce dernier donnera raison aux opposants, le 8 août 2014, en refusant d’accorder l’IGP au Val-de-Travers. Absinthe aujourd’hui l’absinthe, comme autrefois, titre entre 45° et 90°. En France, elle est produite notamment à Fougerolles (distillerie Peureux), à Pontarlier (distillerie Pierre Guy de Pontarlier), ville dont elle fit la richesse jusqu’à l’interdiction de 1915, à La Cluse-et-Mijoux (distillerie Les Fils d’Émile Pernod), à Saumur (distillerie Combier), à Rennes (distillerie Awen Nature) et à Vichy (distillerie Muse de France). Une des plus vieilles distilleries de France, la distillerie Cherry Rocher située en Isère, produit également 7 absinthes différentes. Il existe aussi deux distilleries en Provence. Elle est notamment de nouveau fabriquée au Val-de-Travers (région de Suisse romande), berceau de l’absinthe, dans une douzaine de distilleries, ainsi qu’à Fenin au Val-de-Ruz (distillerie Larusée). Rituel de préparation La préparation de l’absinthe est qualifiée de rituel en raison des nombreux accessoires spécifiques nécessaires à son élaboration ainsi qu’à son aspect codifié. l’absinthe pure est tout d’abord versée dans un verre spécifique sur lequel on place une cuillère (appelée pelle) à absinthe. On place ensuite un demi-sucre ou un sucre sur la cuillère sur lequel on verse de l’eau glacée au goutte-à-goutte. Comme le pastis, l’absinthe se dilue dans trois à cinq fois son volume d’eau. Au moment où le tout premier volume d’eau vient « troubler » la liqueur (voir effet Ouzo), une discrète émanation de couleur bleue peut être visible et a été à l’origine de la dénomination La Bleue, l’autre nom vernaculaire donné à l’absinthe. La manière de préparer l’absinthe joue un rôle capital dans son goût final en permettant aux arômes de plantes de se libérer et de prendre de l’ampleur face aux autres arômes. Durant ce processus, les ingrédients non solubles dans l’eau (principalement ceux de l’anis vert ou étoilé, ainsi que le fenouil) forment des émulsions ; ce qui trouble l’absinthe. Avec l’accroissement de la popularité de la boisson au XIXᵉ siècle, l’usage de la fontaine à absinthe se répandit. Cette fontaine particulière permet de verser l’eau au goutte-à-goutte sans avoir à le faire à la carafe, ainsi que de servir un grand nombre de verres à la fois. Traditionnellement, le sucre ne se brûle pas. Ce n’est qu’en 1990 dans les discothèques tchèques qu’un rituel où le sucre est brûlé est apparu, probablement pour attirer l’attention des clients sur cet apéritif. Aujourd’hui, l’absinthe entre également dans la composition de nombreux cocktails (comme le Bacardi Recuerdo par exemple). Entrées similaires: L’Aperol Le Martini Le Spritz Le Select L’Amaro Monténégro Bacardí [...] Lire la suite…
25 janvier 2023La famille Arechabala a fondé une distillerie à Cardenas, Cuba en 1878. Plus tard rebaptisée José Arechabala SA la société a créé la marque Havana Club en 1934, du nom d’un night-club de La Havane et a vendu du rhum sous ce nom à Cuba et aux États-Unis. Le Havana Club est tiré d’un oubli relatif pour être poussé sur le devant de la scène au lendemain de la révolution. La société a été nationalisée sans compensation par le gouvernement Castro en 1960. La famille Arechabala allègue qu’elle leur a été prise sous la menace d’une arme. Par la suite, une grande partie de la famille Arechabala a été forcée de quitter Cuba pour l’Espagne et les États-Unis, tandis que d’autres membres de la famille ont été emprisonnés. Le gouvernement cubain a vendu du rhum à l’étranger sous le nom de Havana Club à partir de 1972, se concentrant principalement sur l’Union soviétique et l’Europe de l’Est. Le gouvernement s’est concentré sur Havana Club parce que (contrairement à la famille Bacardi) la famille Arechabala n’avait pas établi d’usines en dehors de Cuba et ne pouvait donc pas produire de marque concurrente. L’entreprise était considérée comme un « joyau national » par le gouvernement cubain et, en 1977, la fabrication a été transférée dans une nouvelle usine à Santa Cruz del Norte. L’entreprise explose vraiment en 1993, fruit d’un accord entre Pernod Ricard et le gouvernement cubain, qui lui assure une renommée internationale. Havana Club est aujourd’hui disponible dans le monde entier, sauf aux États-Unis. Depuis cette date, le rhum est produit par la marque Havana Club International. Depuis 1994, la production cubaine et la commercialisation mondiale non américaine de Havana Club se sont poursuivies dans le cadre d’un partenariat entre Pernod Ricard et Corporación Cuba Ron. En 1994, Bacardi a commencé à produire du rhum sous le nom de Havana Club à Cataño, Porto Rico en utilisant une recette qui leur a été donnée par les membres de la famille Arechabala. Bien qu’à l’origine vendu dans seulement quelques États américains (principalement la Floride), la production a été élargie en 2006 et en 2012, après avoir remporté une bataille judiciaire critique, Bacardi a annoncé son intention de vendre le rhum plus largement. En 2016, après des démêlés juridiques entre Bacardí et Havana Club, Cuba est autorisé à vendre son rhum Havana Club aux États-Unis dès la levée de l’embargo. En janvier 2019, Havana Club est cité dans un article du Figaro comme étant une des marques sollicitant des influenceurs pour mettre en scène des consommations de leurs produits sur les réseaux sociaux, une publicité déguisée vers les jeunes. Ventes et marketing actuels La Giraldilla célèbre statue de bronze, créée par le sculpteur Jeronimo Martin Pinzon et un des symboles de la ville de La Havane, est utilisée sur le logo et l’étiquetage Havana Club. Havana Club de Pernod Ricard est la cinquième marque de rhum au monde, avec près de 4 millions de caisses vendues en 2012-2013. Il est vendu dans plus de 120 pays. Ses marchés les plus puissants sont la France et l’Allemagne, où le marketing joue sur la distribution de la marque en Allemagne de l’Est pendant la guerre froide. Depuis 2008, il est également embouteillé en Inde, deuxième marché mondial du rhum. Pernod Ricard joue beaucoup sur les thèmes cubains dans son marketing, notamment en qualifiant Havana Club de « El Ron de Cuba » (« Le rhum de Cuba »). C’est l’un des articles les plus courants apportés aux États-Unis par les touristes revenant de Cuba. L’étiquetage de Pernod Ricard, créé par Cubaexport dans les années 1970, est or et rouge et présente la Giraldilla, une girouette de l’ancien fort de La Havane. Pernod Ricard a annoncé son intention d’utiliser des étiquettes dorées et rouges similaires sur son produit « Havanista » aux États-Unis. Pour éviter les accusations de tromperie du client, l’étiquetage Havana Club de Bacardi mentionne bien qu’il est fabriqué à Porto Rico et est souvent appelé « rhum portoricain Havana Club ». En 2016, Bacardi a annoncé une nouvelle image de marque et vend sa version de Havana Club à l’échelle nationale, distillée à Porto Rico et embouteillée en Floride. Entrées similaires: Bacardí Le Spritz L’Aperol La saga Campari Le Martini Le Whisky Corse [...] Lire la suite…
25 janvier 2023Bacardí est une entreprise de spiritueux, spécialisée notamment dans la production et la distribution de spiritueux. Fondée par Facundo Bacardí Masso à Santiago de Cuba le 4 février 1862, Bacardí a son siège actuel à Hamilton, aux Bermudes et produit à Porto Rico (États-Unis), notamment les rhums Bacardí Superior et Bacardí 151. Outre le rhum Bacardí, l’entreprise possède d’autres marques, notamment les vodkas Grey Goose et Eristoff, le whisky Dewar’s, le gin Bombay Sapphire, les vermouths Martini & Rossi, les tequilas Patron et Cazadores. Elle vend plus de 240 millions de bouteilles par an dans 170 pays, ce qui la situe au troisième rang mondial dans le secteur des spiritueux. Histoire de Bacardi Facundo Bacardí, né à Sitges (Catalogne) en Espagne, il est issu d’une famille de maçons. Au début du XIXe siècle, il décide d’immigrer et s’installe à Cuba en 1830. En 1844, il devient propriétaire d’un navire marchand à Santiago. À l’époque, le rhum est élaboré sans grande sophistication et est rarement proposé dans les débits de boissons les plus raffinés. En 1852, il commence à expérimenter le processus de distillation du rhum, mais c’est aussi l’ânée où un terrible tremblement de terre dévaste l’île de Cuba. Malgré cela, rien n’a entamé sa détermination à « apprivoiser » le rhum et utilise la technique du filtrage à travers du charbon de bois pour en retirer les impuretés. Il fait également vieillir le rhum dans des fûts de chêne, afin d’adoucir le goût de l’eau-de-vie. Le résultat de ces méthodes d’élaboration fut qu’il crée nouveau type de rhum, le premier rhum blanc, plus raffiné et plus léger que ceux en circulation, qui répondrait aux goûts de la classe moyenne montante. Le 4 février 1862, Facundo Bacardí et son frère José, ouvrent la première distillerie sur la Calle Matadero à Santiago de Cubaet fonde le titre de Los Maestros del Ron. Ce même 4 février, deux emblèmes vont singulariser la marque : une chauve-souris et un cocotier. Leur premier alambic, de cuivre et de fer, produit 35 fûts de mélasse fermentée par jour. Le nouveau type de rhum que Facundo Bacardí a réussi à produire dans la distillerie cubaine était le rhum Bacardí Superior, qui est le standard de production encore observé aujourd’hui. Avec le succès de son rhum, Facundo Bacardí devint rapidement « Don Facundo Bacardí Massó ». Le cocotier En signe de sa prospérité, Facundo M. Bacardi, un des six fils du fondateur de l’entreprise plante dans la cour de la distillerie un cocotier. El Coco est devenu une légende et on a dit que l’entreprise survivrait à Cuba tant que le palmier vivrait, et en fait a survécu aux calamités et aux guerres jusqu’en 1959 où il se dessèche et meurt en 1960, âgé de 98 ans, au moment où la famille se voit confisquer son lieu de production et est contrainte de quitter le pays. Entre-temps, Bacardí avait adopté la chauve-souris comme logo, un animal traditionnellement considéré comme un porte-bonheur dans les croyances cubaines et espagnoles. La chauve-souris L’origine de la chauve-souris présente sur les bouteilles de Bacardi remonte aux années 1890 et provient d’une peinture cubaine, de l’huile sur cuir, inspirée par le terme généralement utilisé pour le rhum Bacardi El Ron del Murcielago (« le rhum de la chauve-souris »). C’est l’épouse du fondateur qui a choisi ce symbole mémorable de la chauve-souris après avoir trouvé une colonie de chauves-souris frugivores dans les charpentes de la distillerie d’origine à Santiago de Cuba en 1862. Dans leur ville natale près de Sitges, en Espagne, la chauve-souris est depuis longtemps reconnue comme un symbole de santé, de chance et d’unité familiale, une croyance également partagée par le peuple autochtone de Cuba. La chauve-souris est rapidement devenue un symbole de l’authenticité et de la grande qualité du rhum. Aujourd’hui, la chauve-souris de Bacardi est l’un des logos les plus célèbres au monde. Période trouble En 1872, Facundo Bacardí confia l’administration de l’entreprise à ses fils Emilio et Facundo. La production de rhum connaît une évolution technique en 1889 avec l’introduction de l’alambic à colonne continue, capable de faciliter le mélange sans altérer en rien le goût originel. Un autre fils, José, et son gendre Enrique Schueg sont devenus associés de l’entreprise dans les années 1890, mais ces années constituent une période troublée pour l’entreprise. Emilio Bacardí, le fils aîné de Facundo, est banni de Cuba pour s’être battu dans l’armée rebelle contre l’Espagne dans la guerre d’indépendance. Les frères d’Emilio, Facundo, José et son beau-frère Henri Schueg, restent à Cuba pour maintenir à flot l’entreprise familiale pendant la guerre. Les femmes sont envoyées à Kingston, en Jamaïque. En 1898, Emilio Bacardí Moreau est nommé maire de Santiago de Cuba par le général américain Leonard Wood gouverneur militaire de Cuba et devient, après la fin de la guerre hispano-américaine, le premier maire librement élu de Santiago en 1899. Il a ensuite été nommé sénateur. Écrivain très prolifique, son œuvre fait partie de l’histoire cubaine. Emilio Bacardí Moreau succède à son père à la présidence de l’entreprise et sous sa direction, Bacardi commence à s’étendre en Espagne et aux États-Unis . Le cuba libre Arrivé en 1899, à la fin de la Guerre d’indépendance cubaine (1895 à 1898), l’évêque américain de l’Église méthodiste Warren Candler et frère d’Asa Candler, propriétaire et président de Coca-Cola, a officiellement introduit les premières bouteilles de soda américain à Cuba et les imputations officielles commencèrent l’année suivante. La boisson a été créée à Cuba au début des années 1900 et est devenue rapidement populaire, mais ses origines exactes ne sont pas certaines. Son origine est associée à la forte présence américaine à Cuba suite à la guerre hispano-américaine de 1898 ; le nom traditionnel de la boisson, « Cuba libre », était le slogan du mouvement indépendantiste cubain de l’époque. On dit parfois que le « Cuba libre » a été créé pendant la guerre hispano-américaine. Cependant, cela est antérieur à la première distribution de Coca-Cola à Cuba en 1900. Une boisson appelée « Cuba libre » était en effet connue en 1898, mais c’était un mélange d’eau et de cassonade. Selon la légende : les soldats américains avaient l’habitude de boire à La Havane, un mélange de rhum et de Coca-cola accompagné de citron local le tout dans des verres à whisky, variante local de leur whisky coca traditionnel. Selon la légende, cette appellation viendrait d’un soldat américain qui, commandant ce cocktail, porta un toast « Por Cuba libre ! » (Pour Cuba libre ! en espagnol) qui était le leitmotiv des troupes américaines durant la guerre. Mais d’après Fausto Rodriguez, un responsable de la publicité chez Bacardi, a affirmé avoir été présent lorsque la boisson a été réalisée pour la première fois en août 1900 à La Havane, alors qu’il avait 14 ans et était messager pour l’armée américaine. Selon lui, son employeur a commandé du rhum Bacardi et l’a mélangé à du Coca-Cola. Cela a intrigué un groupe de soldats américains à proximité, qui ont commandé une tournée pour eux-mêmes, donnant naissance à une nouvelle boisson populaire. Cependant, une autre histoire raconte que la boisson a été créée pour la première fois en 1902 au restaurant « El Floridita » de La Havane pour célébrer l’anniversaire de l’indépendance cubaine. » Recette Mélanger les ingrédients dans un verre highball avec de la glace. 5 cl de rhum blanc (en général du rhum cubain : Havana Club Añejo Especial ou Bacardí gold). 12 cl de cola (en général du Coca-Cola). 1 cl lime pressée (à ne pas piler au fond du verre). Décoration : paille et tranche de lime. Daïquiri Daiquirí est le nom d’un village cubain situé non loin de Santiago de Cuba ainsi que celui d’une mine de fer. Le terme serait un mot d’origine taïno. Le cocktail aurait été inventé par un ingénieur américain, Jennings Cox, qui était à Cuba au moment de la guerre hispano-américaine. Il est aussi possible que William A. Chanler, un élu américain qui acquit les mines de fer de Santiago en 1902, importât la recette du cocktail dans les boîtes de nuit new-yorkaises la même année. La formulation évolue lorsque Ernest Hemingway (surnommé « Papa » par les Cubains), qui souffrait d’une forme de diabète, aurait demandé en 1932 au chef barman du Floridita, Constantino Ribalaigua, de lui préparer un daiquiri avec 2 doses de rhum (doble en espagnol) mais sans sucre. Ce « daïquiri Floridita » prit progressivement le nom de « papa doble ». En 1909, l’amiral Lucius W Johnson a goûté un Daiquirí à Cuba et était tellement enthousiaste qu’il a voulu le présenter au « Army and Navy Club » de Washington, afin que le cocktail à base de Bacardí fasse son entrée sur la scène internationale. Au départ, la boisson était servie dans un grand verre rempli de glaçons. Une cuillère à café de sucre était versée sur la glace et un citron ou deux étaient pressés sur le sucre. On ajoutait enfin le rhum. Aujourd’hui, le daïquiri est mélangé dans un shaker : les ingrédients sont identiques, et le tout est servi dans un verre à cocktail. Recette : 1 cl de Sirop de sucre de canne ; 2 cl de jus de citron vert ; 4 cl Rhum blanc. Passer les ingrédients au shaker et verser dans un verre à cocktail. Variantes : Daïquiri Floridita : avec du marasquin, créé par Constantino Ribalaigua Vert au Floridita. Daïquiri Hemingway ou Papa Doble : du rhum blanc, du citron, un demi pamplemousse, six gouttes de marasquin, pas de sucre. Servir frappé. Daïquiri à la banane : daïquiri de base avec une demi-banane, du lait et de la crème fraiche. Daïquiri aux fraises : daïquiri de base agrémenté de fraises. Bacardi cocktail Le Bacardi cocktail est un cocktail apéritif, à base de rhum blanc Bacardi superior et fait partie des cocktails officiels de l’IBA depuis 1961. Il s’agit d’un Daïquiri, c’est-à-dire qu’il contient du rhum, du jus de citron vert et du sucre de canne. Il existe deux écoles quant à la recette originale. Selon la première, la recette est venue de Cuba et apparue en 1917 dans un livre de cuisine de Tom Bullock, « Idéal Bartender » et se limitait à ces ingrédients, ce n’est qu’après la prohibition que serait apparue à New York une version comprenant du sirop de grenadine lui donnant une couleur rose. Selon l’autre interprétation, la recette aurait toujours compris de la grenadine. L’existence de livre de recettes plus ancien mentionnant une composition sans grenadine semble militer en faveur de la première théorie. Dans une décision de 1938, la Cour suprême de l’État de New-York a statué qu’un cocktail devait contenir du rhum Bacardi pour porter le nom de Bacardi cocktail. Composition Recette pour « Boissons Mixtes » par Hugo Ensslin, 1917 1 dose de rhum Bacardi Jus d’un demi-citron vert 2 gouttes de sirop de canne Bien agiter dans un verre à mélange avec de la glace pilée et servir. Cocktail Bacardi, 1930-1937 Jus d’un demi-citron vert Une demi-cuillère à café de sucre blanc 5 cl de rhum blanc Bacardi Mélanger les composants ensemble, bien agiter et servir avec de la glace pilée. Important : ne changez pas l’ordre des ingrédients. Recette IBA 4,5 cl de rhum Bacardi Carta Blanca 2 cl de jus de citron vert 1 cl de sirop de grenadine Mettre tous les ingrédients dans un shaker avec des glaçons, bien agiter et filtrer dans un verre à cocktail. Le développement international En 1912, alors qu’Emilio Bacardí voyage en Égypte, son frère Facundo M. Bacardí dirige l’entreprise avec l’aide d’Henri Schueg, qui développe la société à l’international avec des usines d’embouteillage à Barcelone et à New York. Cette dernière usine est rapidement fermée avec l’arrivée de la Prohibition, une période qui par ailleurs fait de Cuba une destination populaire pour les touristes américains. Dans les années 1920, Emilio ouvre une nouvelle distillerie à Santiago. Durant cette décennie, le bâtiment Bacardí au style art déco est construit à La Havane, et la troisième génération de la famille Bacardí arrive aux commandes de l’entreprise. Facundo Bacardí invite les Américains, soumis dans leur pays à la Prohibition, à « venir à Cuba pour se baigner dans le rhum Bacardí ». La bière Hatuey fut lancée à cette époque par l’entreprise. La prohibition En 1919, le Congrès des États-Unis a adopté le Prohibition Act qui interdit la fabrication, le transport, l’importation et la vente d’alcool aux États-Unis. Bacardí qui avait ouvert une usine d’embouteillage à New York se retrouva avec soixante mille caisses de rhum et dans ses entrepôts. Henri Schueg, directeur de Bacardí, a trouvé une solution en émettant des actions au nom de la société d’embouteillage pour la valeur d’une caisse de rhum BACARDÍ chacune. Après avoir vendu les actions au public, il a dissous la société en distribuant une caisse pour chaque action. Toujours du côté de la publicité, Bacardí, qui était basé à Cuba, a trouvé un moyen de contourner l’interdiction de la publicité aux États-Unis : où il a introduit une série de cartes postales annonçant les attractions de Cuba avec ses bars et sa vie nocturne. Ceux-ci ont été envoyés par des touristes américains visitant La Havane à des amis et des parents aux États-Unis, répandant ainsi la renommée du rhum et amenant de nombreux Américains à visiter Cuba, à tel point que le magazine Fortune a rebaptisé La Havane « Le bar personnel des États-Unis ». La prohibition en Amérique a coïncidé avec l’âge d’or du Mojito, qui est déjà officieusement devenu la boisson nationale de Cuba et l’un des cocktails préférés des touristes américains. Mojito La légende raconte que l’histoire du mojito remonterait au début du XVIᵉ siècle (la date de naissance officieuse du prédécesseur du mojito est 1586) lorsque le corsaire explorateur anglais Francis Drake, entre deux pillages de La Havane, appréciait siroter des feuilles de menthe pilées avec du tafia (rhum industriel). Cette tradition explique que des clients actuels demandent dans certains bars « give me a Drake » (« donnez-moi un Drake » en anglais). Au XXᵉ siècle, la recette originelle évolue : le tafia est remplacé par du rhum et le citron vert agrémente le mélange. Ainsi est né le mojito, connu aujourd’hui, et qui tire son nom du « mojo », une mixture à base de citron initialement destinée à rehausser le goût des aliments. En 1920, le mojito devint un véritable emblème de la culture cubaine, et est élevé au rang de « cocktail national de Cuba » (le rhum de Cuba est un des principaux produits d’exportation de l’économie de Cuba). Il est souvent dit que le mojito était très apprécié par l’écrivain journaliste américain Ernest Hemingway qui en aurait dégusté régulièrement lorsqu’il vivait à Cuba entre 1939 et 1960. Cela est cependant surprenant compte tenu des goûts habituels du célèbre auteur, qui préférait en général les cocktails plus forts et moins sucrés, comme le Hemingway Spécial créé spécialement à son intention. La célèbre citation « mon Mojito à La Bodeguita del Medio, mon Daïquiri à la El Floridita » serait apocryphe, de l’aveu du propriétaire de La Bodequita del Medio à un journaliste, en 2012. Le cocktail finit par s’exporter d’abord aux États-Unis, puis en Europe, avant d’être préparé dans la plupart des bars du monde entier. En France, il a été démocratisé à partir des années 1990 par une importante campagne marketing de la part de la marque de rhum Havana Club. Ingrédients Une dizaine de feuilles de menthe indienne (appelée hierba buena, yerba buena ou hierbabuena en Amérique latine), sinon de menthe poivrée, au goût assez proche, pressées plutôt que pilées (ce qui augmente l’amertume). Les Cubains utilisent de préférence les tiges de menthe. 5 cl de rhum cubain ou de rhum blanc (agricole), ou de rhum ambré (variante). ½ citron vert en morceaux. 2 cuillerées à café de sucre de canne roux (ou de sucre blanc privilégié par les Cubains) en poudre ou 2 cl de sirop de sucre. Eau gazeuse, champagne ou limonade pour les variantes. Quelques gouttes d’angostura (concentré d’essences, de type bitter, utilisé pour les cocktails, fabriqué à Trinidad, elle est élaborée à base de rhum, de gentiane, d’écorces d’orange, de substances amères et d’aromates).. Glace pilée. Les premiers procès de marque Les années 1930 voient l’inauguration d’une nouvelle usine d’embouteillage à Mexico et une nouvelle distillerie à Porto Rico sous le nom de Ron Bacardí. Les premières poursuites quant à l’usage de la marque sur des bouteilles de rhum produites en dehors de Cuba datent de cette époque. Henri Schueg prend par la suite les rênes du groupe et parvient à préserver les droits de la famille sur le nom sous lequel sont vendues les bouteilles produites à Porto Rico. Le groupe enregistre une nouvelle victoire judiciaire avec la décision d’une cour estimant qu’« un cocktail Bacardí ne peut être appelé ainsi que s’il est fait avec un rhum Bacardí ». El Edificio Bacardí L’esprit d’entreprise d’Enrique Schueg, devenu président dans les années 1920, a joué un rôle stratégique dans l’expansion de la marque. Sa première décision en tant que président a été de commander la construction du palais Bacardí à La Havane, qui, des années 1930 aux années 1950, a accueilli des événements auxquels ont participé des Cubains, des touristes et des célébrités. Aujourd’hui encore, El Edificio Bacardí est un symbole de La Havane, restant l’un des meilleurs exemples de l’architecture Art déco à Cuba. Dans le même temps, Schueg diversifie sa production en rachetant la marque de bière Hatuey. Après-guerre Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’entreprise est dirigée par José Pepín Bosch, le gendre d’Henri Schueg. Pepín fonde Bacardí Imports à New York, et, par ailleurs, est nommé ministre du Trésor de Cuba en 1949. Ernest Hemingway mentionne la bière Hatuey dans deux de ses œuvres : En avoir ou pas et Le Vieil Homme et la Mer. En 1956, Bacardí organise un festival pour célébrer le prix Nobel de littérature attribué à l’écrivain. Dans les années quarante et cinquante, Bacardí est le protagoniste de la vie animée de Cuba, animant le carnaval et diverses émissions de radio, en particulier « L’heure Bacardí », une émission diffusée par Radio CMQ avec la meilleure musique cubaine de l’époque. Du côté des entreprises, Bacardí possédait déjà des distilleries au Mexique et à Porto Rico, des bureaux aux États-Unis et a ainsi ouvert une nouvelle entreprise aux Bahamas. La révolution cubaine 1960 est une année charnière : la révolution cubaine entraîne la confiscation des entreprises privées de l’île sans aucune compensation. Bacardí est profondément impacté par cette nationalisation où toutes ses activités et ses propriétés immobilières situées à Cuba, y compris ses distilleries, ont été expropriées par l’administration révolutionnaire. Grâce à la prévoyance de Pepín Bosch, président de Bacardí à l’époque, les brevets de l’entreprise étaient déjà en sécurité hors de Cuba en 1958. Grâce aux distilleries fondées à Porto Rico et au Mexique, Bacardí a relancé sa production. Après l’avènement de Fidel Castro, Bacardi perd toute assise à Cuba, mais essaye d’entretenir l’esprit de l’île à travers le monde. Piña colada La piña colada (piña, ananas, et colada, filtrée, ananas filtré, en espagnol) est un cocktail officiel de l’IBA, à base de rhum, jus d’ananas et crème de noix de coco, originaire de l’île de Porto Rico, dont elle est déclarée boisson nationale depuis 1978. Bien que Baccardi ne soit pas à l’origine de ce cocktail, la présence de l’entreprise dans l’île, à l’issue de la révolution cubaine, à permis au cocktail une large diffusion. Histoire La légende de Roberto Cofresí raconte que ce célèbre pirate portoricain de la mer des Caraïbes du XIXe siècle, concoctait un breuvage à base de rhum, noix de coco, et ananas, pour donner le moral, de la motivation, et du courage, à l’équipage de son navire… La revue Travel Magazine de décembre 1922 fait référence à une recette de piña colada à base de rhum, jus d’ananas, sucre, citron vert, et glace. Un article du The New York Times du 16 avril 1950 cite « les boissons des Antilles vont du célèbre punch au rhum de la Martinique, à la piña colada de Cuba (rhum, ananas et lait de coco) ». La création de la recette actuelle de piña colada est revendiquée depuis par plusieurs barmen de Porto Rico : dont Ramon « Monchito » Marrero Pérez, barman du palace Caribe Hilton de Porto Rico, qui prétend l’avoir inventée le 15 août 1954, après avoir perfectionné la recette pendant trois mois. Don Ramon Portas Mingot, barman d’un bar-restaurant du vieux San Juan, prétend lui aussi l’avoir créé en 1963 (avec commémoration historique locale par une plaque en marbre). Ricardo Luis Malave Gracía (surnommé « El Juego ») barman espagnol né à Barcelone en Espagne en 1914, prétend également lui aussi en être l’auteur, avant d’avoir transmis sa recette aux porto-ricains. Préparation La recette officielle de l’IBA de la piña colada est réalisée avec 5 cl de rhum blanc des Caraïbes, 5 cl de jus d’ananas frais filtré, et 3 cl de crème de noix de coco, le tout mélangé avec de la glace pilée au mixeur ou au shaker jusqu’à obtention d’une consistance crémeuse, mousseuse et onctueuse. Quelques gouttes de jus de citron vert peuvent être ajoutées. La préparation est servie dans un verre ouragan (ou bien dans une noix de coco ou un ananas) avec une paille, une tranche d’ananas, et une cerise cocktail pour la décoration. Données nutritionnelles Un verre de piña colada peut procurer autant de calories qu’un cheeseburger de 450 calories, d’après le site Sciences et Avenir. Quelques variantes Le rhum blanc est parfois remplacé par du rhum ambré, et la crème de noix de coco est parfois remplacée par du lait de coco, de la crème, et du sirop de canne. Chi-Chi : avec de la vodka à la place du rhum. Blue Hawaii : avec lait de coco et curaçao bleu. Miami Beach : gin, jus d’ananas, sirop de canne Virgin Piña Colada : version non alcoolisée sans rhum. Amaretto colada : avec de l’amaretto à la place du rhum. Kiwi Colada : avec du jus de kiwi à la place du jus d’ananas. Havana Beach : rhum, jus d’ananas, jus de citron vert, et sirop de canne. Swimming Pool : à base de rhum blanc, vodka, crème de noix de coco, curaçao bleu, et jus d’ananas. La fin du XXᵉ siècle Les États-Unis, le Mexique, Porto Rico et les Bahamas sont les endroits grâce auxquels Bacardí n’a jamais cessé son activité. La nouvelle distillerie fondée au Brésil en 1961 a également contribué à la continuité de la marque malgré les difficultés survenues après la confiscation de la révolution cubaine. En 1965, Bacardí ouvre une distillerie à Nassau, aux Bahamas. La même année, Bacardí International Limited a déménagé des Bahamas aux Bermudes. En 1972, le bâtiment des Bahamas a été inauguré. Une date importante est 1979 : cette année-là, Bacardí Rum s’impose définitivement comme une liqueur internationale et devient la première marque de liqueur en nombre de ventes dans le monde. En 1989 , Bacardí a lancé Breezer aux États-Unis. Bacardí Limited a été fondée en 1992, unifiant cinq unités opérationnelles stratégiques : Bacardí International Limited, basée aux Bermudes, Bacardí & Company Limited, basée aux Bahamas, Bacardí Corporation dirigée par Porto Rico, Bacardí Imports Inc. relative aux États-Unis d’Amérique et Bacardí y Compañía SA de CV, au Mexique. Le groupe Bacardí-Martini En 1993, Bacardí a finalisé l’acquisition de General Beverage, propriétaire du groupe Martini & Rossi. Avec cette acquisition, Bacardí double sa taille et devient l’une des cinq plus grandes sociétés d’alcool au monde. En 1998, Bacardí a acquis de grandes marques telles que le whisky écossais Dewar’s et le gin Bombay Sapphire pour environ 2 milliards de dollars US. En 2001, elle débourse une somme équivalente pour acquérir la marque de tequila Cazadores et la vodka Grey Goose, détenues par Sidney Frank. En 2002, Cazadores, une marque de tequila très vendue, a été acquise. Parallèlement, une infrastructure est ouverte en Chine. En 2003, Bacardí ouvre Casa Bacardí à Cataño, Porto Rico : les touristes peuvent ainsi visiter la distillerie. En 2004, la marque de vodka Grey Goose a été achetée, trois ans plus tard, Bacardí a pris une participation dans Leblon Cachaça, une liqueur de luxe célèbre au Brésil. En 2006, Bacardí rachète la marque de vodka néo-zélandaise 42 Below. Parmi les marques associées au groupe, on compte notamment la liqueur de whisky Drambuie, le Get 27, le Get 31, l’amaretto DiSaronno et les liqueurs Bénédictine et B&B. Elle a cependant perdu la distribution du whiskey Jack Daniel’s, propriété du groupe Brown-Forman. Le 4 février 2012, Bacardí, après de nombreuses récompenses et des campagnes publicitaires réussies, fête ses cent cinquante ans. L’événement a été célébré avec la création du Ron Bacardí de Maestros de Ron Vintage spécial : MMXII, 1500 exemplaires ont été produits dont seulement 1000 sont entrés sur le marché, les 500 restants ont été donnés aux membres de la famille Bacardi. Ce rhum a été créé par huit maestros de Ron descendants de Don Facundo. En janvier 2018, Bacardi annonce l’acquisition de Patrón, une entreprise spécialisée dans la tequila pour 5,1 milliards de dollars. Après Havana Club, Bacardí est aujourd’hui une des marques de Rhum la plus vendue dans le monde. Entrées similaires: Le Spritz L’Aperol Le Martini Mezcal et Tequila Le Select L’Amaro Monténégro [...] Lire la suite…
25 janvier 2023Martini est une marque de vermouth italien conçu en 1863 et titrant 15°. En 1847, Clemente Michel, Carlo Re, Carlo Agnelli et Eligio Baudino fondent l’entreprise de mise en bouteille de vermouth à Pessione, à proximité de Turin (Italie). Quelques années plus tard, Alessandro Martini rejoint l’équipe et en devient le directeur en 1863 avec Teofilo Sola et Luigi Rossi (qui fut l’inventeur d’un vermouth). En 1863, ils changent le nom de la société en Martini, Sola & Cia. Ils commencent à exporter des bouteilles de vermouth dans le monde entier : la ville de New York reçoit ses premières caisses en 1867. À l’époque, la société reçoit aussi plusieurs prix, qui sont toujours inscrits sur les bouteilles : Dublin (1865), Paris (1867 et 1878), Vienne (1873) et Philadelphie (1876). Trente ans seulement après sa création, Martini était disponible aux États-Unis, au Brésil, en Argentine, en Grèce, au Portugal, en Belgique, en Égypte et dans d’autres pays. En 1879, la famille Sola vend ses intérêts aux partenaires restants, qui rebaptisent la société Martini & Rossi, telle qu’elle existe aujourd’hui. En 1892, l’entreprise est reprise par les quatre fils de Rossi ; le contrôle passe à ses petits-fils en 1930. En 1929, le logo Martini Ball & Bar est enregistré pour la première fois. Une restructuration est effectuée en 1977, donnant lieu à la création de la « General Beverage Corporation ». Dans les années 1970, le compositeur britannique Christopher Gunning écrit la musique qui sera utilisée pendant trente ans dans de nombreuses publicités Martini différentes avec le slogan « The right one ». En 1992, Martini & Rossi fusionne avec Bacardi. Martini était en 2006 la quatrième marque de spiritueux la plus puissante au monde, selon une étude de marché. Martini Racing La marque martini est aussi connue pour son sponsoring sportif et culturel sous le nom de Martini Racing, qui depuis 1968 finance plusieurs écuries ou équipes. Les couleurs sont facilement identifiables avec des bandes bleues et rouges. Martini Ball & Bar Le logo de Martini fur créé en 1929, il se compose d’une barre rectangulaire noire avec écrit dessus Martini en blanc et se superposant à un cercle rouge et fut rapidement surnommé « Ball & Bar » (boule et barre). On raconte que le designer, Livio Cibrario, a soumis trois propositions différentes pour le logo aux propriétaires qui choisir à l’instinct et avec un peu de chance ce logo qui deviendra iconique. L’une des théories est que le design a été inspiré par le coucher de soleil derrière un panneau Martini. Le logo Martini est exécuté d’une manière si précise que l’inclure dans n’importe quel endroit ne posera jamais de problème. C’est un exemple parfait de la façon dont un logo se révèle être un signe distinctif clair de sa marque. Représentatif de son époque, ce logo est le résultat des innovations technologiques du siècle dernier qui ont tant influencé l’art. Pendant une courte période, en 1944, le logo apparaît avec un contour vert. En 1995 , l’agence Di Robilant est chargée de relooker le logo en rendant la police, les formes et les couleurs plus unies. En 2003, la même agence crée un effet 3D sur le cercle rouge, revalorisant tous les autres éléments. Les martini Martini a développé une gamme importante de Vermouth et de bitter offrant de nombreuses déclinaisons : Martini Rosso Martini Rosso : créé avec la naissance de l’entreprise en 1863, il doit sa couleur sombre incomparable au caramel ajouté lors du mélange des ingrédients. Il a un goût persistant qui stimule les sens et un arôme intense. Le goût est agréablement amer. Sa teneur en alcool est de 14,4°. Martini Bitter Martini Bitter : est la base idéale pour les cocktails les plus connus au niveau international. Créé par Luigi Rossi en 1863, Martini Bitter est toujours produit selon la recette originale aujourd’hui. Ses ingrédients naturels se mélangent pour créer un goût animé par des arômes intenses d’orange et d’herbe, des notes douces et amères, finement équilibrées. La cardamome et la cannelle sont sublimées par des parfums plus doux, comme la rose et le safran. Il peut être défini comme un apéritif amer, avec une couleur rouge vif. Il a un goût sucré et citronné, résolument amer et persistant. Sa teneur en alcool est de 25°. Martini Special Reserve Bitter Martini Riserva Speciale Bitter : est basé sur une recette créée en 1872 par Luigi Rossi et composé de trois plantes amères rares et exotiques, avec notamment du safran, de l’angostura, du colombo. Ce Martini a un parfum délicat et amer accompagné d’un goût sophistiqué accompagné de notes d’orange amère, d’angostura, de colombo, de roses et de safran. Martini Riserva Speciale Bitter repose dans les mêmes cuves que celles utilisées pour le Vermouth di Torino Martini Riserva Speciale et sa formule contient également le propre ingrédient du vermouth, l’armoise italienne, dont la combinaison avec d’autres plantes permet à son goût amer singulier et complexe de s’harmoniser parfaitement avec Vermouth. China Martini Créé en 1887 à Turin, le China Martini est un amer italien à base de quinquina jaune et de 24 herbes et essences aromatiques et fait partie des « Elixir di china » (Élixir de quinquina). Sa couleur foncée est due à l’ajout de caramel. Il titre entre 25 et 31 %. Il a une saveur douce-amère due à la présence de fleurs, d’écorces d’orange et de rhubarbe. Il se boit sec, chaud (à la manière du vin chaud en montagne) ou avec de la glace et parfume aussi les desserts. Son slogan actuel est « L’amaro dolce » (Le doux amer). Martini Extra Dry Martini Extra Dry (vermouth) : son goût sec et délicat l’a rendu célèbre depuis sa naissance, au début du XXᵉ siècle. Il se caractérise par une couleur vert paille pâle et des arômes frais et fruités, avec un arôme intense et doux en bouche. L’arôme est défini intense, avec des arômes délicats de framboise et de citron sur un fond d’iris, avec des notes de bois et de sherry. Le goût est fruité et fleuri suivi d’une bouche douce et ronde. Sa teneur en alcool est de 18°. Martini Bianco Martini Bianco : tire son nom des fleurs blanches de vanille. Il a été créé en 1910 et a valu le surnom de « Very White ». Il est basé sur un mélange d’herbes aromatiques, d’épices douces et florales. La couleur est jaune pâle, paille de couleur claire. L’arôme est intense et doux, avec un parfum de vanille. Sa teneur en alcool est de 14,4°. Martini Rosato Martini Rosato : créé en 1980, est une combinaison savamment équilibrée de saveurs épicées et fruitées. Le clou de girofle, la cannelle et la muscade se mêlent à la fraîcheur de la framboise et du citron. Martini Rosato se caractérise par un arôme élégant et plein : en parfait équilibre entre l’amertume du Rouge et la délicatesse du Blanc. Sa teneur en alcool est de 14,4°. Martini Fiero Martini Fiero : créé en 1998 pour le marché du Benelux, il a été introduit en Italie à l’été 2018 et est élaboré à partir d’un assemblage de vins blancs sélectionnés, a une couleur rouge vif et des notes fruitées et d’agrumes intenses, de mandarines et d’oranges. Son goût en bouche est rond et velouté avec de légères notes amères parfumées et rafraîchissantes. Sa teneur en alcool est de 14,4°. Martini Riserva Speciale Rubino Martini Riserva Speciale Rubino : lancé en 2017, il utilise comme base des vins italiens sélectionnés et de petites quantités de Langhe DOC Nebbiolo corsé, qui sont mélangés, notamment, aux extraits de Cardo Santo italien et de bois de santal rouge d’Afrique centrale qui donnent monter à un brillant vermouth rouge rubis, d’où son nom. L’équilibre délicat des herbes produit un vermouth corsé et complexe avec une longue finale. Sa teneur en alcool est de 18°. Martini Riserva Speciale Ambrato Martini Riserva Speciale Ambrato : le mélange floral et aromatique de petites quantités de Moscato d’Asti DOCG, utilisé avec des vins italiens sélectionnés pour créer la base de ce vermouth, donne au produit un arôme au délicat parfum de miel. Les écorces de Quinquina jaune d’Équateur et la Rhubarbe de Chine lui confèrent un goût légèrement amer qui aromatise et rehausse la saveur des vins. Prêt à servir La marque propose également des déclinaisons de prêt à servir comme : le Martini Royale Bianco, combinaison de Martini Bianco et de vin blanc italien, le Martini Royale Rosato, version vin rosé du Martini Royale. Vins effervescents Asti Martini DOCG, est produit avec des raisins Moscato Bianco. Prosecco di Valdobbiadene DOCG, vigne cultivée dans les provinces de Trévise et Vicence, dans les territoires de Valdobbiadene et Conegliano. Riesling Oltrepò Pavese DOC, produit sur la crête qui sépare la vallée de Versa de la vallée de Scuropasso, dans la zone DOC Oltrepò Pavese. Méthode classique de Montelera, pour produire Riserva Montelera, Martini & Rossi sélectionne des raisins Pinot d’Oltrepò Pavese. Riserva Montelera est composé de 80 % à 90 % de Pinot Nero et le reste de Pinot Bianco. Magici Istanti est un vin mousseux sec. Grandi Auguri est un vin mousseux doux. Le dry Martini (cocktail) La marque pourrait avoir donné son nom au cocktail américain nommé Martini (dry martini), mélange de vermouth et de gin (dont une première recette est connue depuis 1888), bien que d’autres spéculations sur l’étymologie du cocktail existent. Le Dry martini ou Martini gin est un apéritif et un cocktail dry officiel de l’IBA, à base de gin et de vermouth blanc sec (souvent confondu avec la marque de vermouth italien Martini du même nom), qui fait son apparition aux États-Unis, au début du XXe siècle, où il devient très populaire, et couramment associé à des personnalités de la littérature et du cinéma, telles que Cary Grant, Ernest Hemingway, Robert Oppenheimer, Franklin Delano Roosevelt, Winston Churchill, Queen Mum, et la reine Élisabeth II du Royaume-Uni… et en particulier en tant que cocktail préféré de l’agent secret britannique James Bond 007, de Ian Fleming, avec ses variantes Vodka martini, et Vesper. Le dry martini (dry = alcool sec en anglais) peut également désigner une variante plus alcoolisée du cocktail, avec une dose de vermouth réduite, avec par exemple le Montgomery Martini du Field marshal Bernard Montgomery ou de l’écrivain Ernest Hemingway (avec 10 à 15 mesures de gin pour 1 de vermouth), ou le célèbre Dry martini sans martini de Winston Churchill qui affirmait qu’un regard vers la bouteille de vermouth était suffisant, ou que « le martini le plus sec est une bouteille de bon gin qui se trouvait autrefois à côté d’une bouteille de vermouth », ou encore celle du cinéaste Luis Buñuel, qui se contentait de mouiller les glaçons de vermouth sans le mélanger au gin… Préparation Le cocktail « martini dry classique » se prépare avec 1 mesure de gin et 1/2 mesure de vermouth blanc sec (Martini « extra dry » ou Noilly Prat) traditionnellement remué à la cuillère avec des glaçons dans un verre à mélange (pour mélanger les ingrédients sans rendre le liquide « trouble ») et servi « straight up » (filtré sans glace) dans un verre à cocktail glacé (également appelé verre à martini), avec quelques variantes : « Dry Classic » accompagné d’un zeste de citron, ou d’une olive verte Gibson (cocktail) accompagné d’un oignon grelot au vinaigre La recette de l’International Bartenders Association (IBA) est composée de : 6 cl de gin 1 cl de vermouth sec 1 jus de citron issu d’un zeste et une olive. Dry Martini façon Churchill Réalisez la recette directement dans le verre. Versez le gin très frais dans le verre et déposez une olive piquée d’un cure-dents au fond du verre. Dégustez en regardant la bouteille de martini. Quelques variantes Tequini (tequila, vermouth). Vodka martini (vodka, vermouth). Sweet martini (gin, vermouth rouge, citron, cerise). Bronx (cocktail) (gin, vermouth rouge et blanc, zeste d’orange). Queens (cocktail) (gin, vermouth rouge et blanc, jus d’ananas). Queen’s Dubonnet (gin, vermouth Dubonnet, tranche de citron). Casino (cocktail) (gin, marasquin, amer à l’orange, jus de citron). Montgomery martini (10 à 15 mesures de gin, pour 1 de vermouth). Manhattan (cocktail) (whisky, vermouth rouge, cerise au marasquin). Brooklyn (cocktail) (whisky, vermouth, marasquin, Angostura, cerise). French Martini (vodka, liqueur de framboise Chambord, jus d’ananas). Martinez (cocktail) (gin, vermouth rouge, marasquin, amers à l’orange). Martini Perfect (gin, vermouth blanc et rouge à part égale, tranche de citron, cerise). Créole Crème (rhum, vermouth blanc, jus de citron, sirop de grenadine, Angostura bitters). Vesper (cocktail) (gin, vodka, Lillet, citron) et Green Vesper (avec de l’absinthe à la place du Lillet). Le dry martini au Cinéma et dans la littérature Ce cocktail apparaît dans les médias avec quelques personnages de films, séries de télévision ou romans, dont : Rachel Green de Friends, Serena Van Der Woodsen dans Gossip Girl, Emily Nelson dans L’Ombre d’Emily, ou encore Grace Hanson dans Grace & Frankie… James Bond 007 (des romans de Ian Fleming et série de films, avec ses variantes Vodka martini, et Vesper) préparés à l’origine avec du Gordon’s Gin (en), au shaker, pas à la cuillère (shaken, not stirred). Les Griffin (série d’animation) le chien Brian Griffin de la famille est amateur de cocktail martini. Shining, l’enfant lumière (roman de Stephen King) cocktail commandé par Jack Torrance lors de ses hallucinations au bar de l’hôtel Overlook (du bourbon Jack Daniel’s dans l’adaptation Shining (film) au cinéma). Vodka Martini Le Vodka Martini ou Vodkatini ou Kangourou est un cocktail à base de vodka et de vermouth. Il est depuis 1953 un des cocktails les plus célèbres de la littérature et du cinéma mondial, en tant que cocktail préféré de l’agent secret britannique James Bond 007, de Ian Fleming, avec ses variantes dry Martini (gin, et vermouth) et Vesper (vodka, gin, Lillet, et citron). Historique Mélanger dans un shaker (ou dans un verre mélangeur) vodka et vermouth sec avec de la glace. Frapper, remuer, secouer, puis filtrer le mélange, et servir « straight up » (sans glace) dans un verre à cocktail refroidi par de la glace. Il peut être agrémenté de quelques olives vertes, d’une tranche ou torsade de citron (une bande d’écorce de citron pressée ou tordue), de câpres, ou d’oignons. Ingrédients 1 dose de vermouth. 4 ou 6 doses de vodka. James Bond 007 Ce cocktail est mondialement connu pour être la boisson favorite, avec ses variantes dry Martini et Vesper, du célèbre agent secret britannique James Bond 007, qui le consomme « shaken, not stirred » (au shaker, pas à la cuillère, en anglais) avec de la Vodka russe si possible (dans ses aventures cinématographiques, moins dans les livres de Ian Fleming). Depuis 007 Spectre de 2015, la marque de Vodka polonaise de luxe Belvedere (vodka) de LVMH – Moët Hennessy Louis Vuitton est associée à la production des films de James Bond. Quelques variantes Martini (cocktail) (gin, vermouth). Vesper (cocktail) (gin, vodka, Lillet, citron). Green Vesper (avec de l’absinthe à la place du Lillet blanc). Queens (cocktail) (gin, vermouth rouge et blanc, jus d’ananas). Casino (cocktail) (gin, marasquin, amer à l’orange, jus de citron). Créole Crème (rhum, vermouth blanc, jus de citron, sirop de grenadine, Angostura bitters). Martini Tonic Le Martini tonic ou Martini Schweppes est un alliant du Martini et du Schweppes Indian Tonic, un peu dans l’esprit du Spritz. Ce cocktail peut être réalisé à partir des Martini blanc, rosé ou rouge avec des saveurs différentes. Martini Bianco, soyeux, doux et équilibré, Martini Rosato, relevé, raffiné et élégant, Martini Rosso, plus riche, complexe et parfumé, auquel on ajoute du Schweppes Indian Tonic, pour insuffler une petite pointe d’amertume, puis on agrémente de quartiers de citron vert pour le Bianco, ou d’orange pour le Rosso et le Rosato. Préparation avec du Martini Bianco Remplissez de beaucoup de glace un verre type Copa. Verser 5 cl de Martini Bianco. « Allongez » avec du Schweppes Indian Tonic (entre 8 et 12 cl). Écrasez un quartier de citron vert au-dessus du verre et lâchez ce dernier dans la préparation. Préparation avec du Martini Rosato Remplissez un verre Copa de glaçons. Versez en quantité « mezzo-mezzo » (moitié-moitié) : 7 cl de Martini Rosato et 7 cl de Schweppes Indian Tonic. Il ne vous reste alors plus qu’à glisser dans votre verre un quartier d’orange. Préparation avec du Martini Rosso Remplissez un verre de glaçons. Versez en quantité « mezzo-mezzo » (moitié-moitié) 6 cl de Martini Rosso et 6 cl de Schweppes Indian Tonic. Il ne vous reste alors plus qu’à glisser dans votre verre un quartier d’orange et une paille. Entrées similaires: L’Aperol Le Spritz La saga Campari Le Select L’Amaro Monténégro Les apéritifs à la gentiane [...] Lire la suite…
25 janvier 2023Campari est une entreprise italienne et le nom de marque de sa liqueur, crée à Sesto San Giovanni, à proximité de Milan dans la seconde moitié du XIXᵉ siècle et produisant un amaro : un amer (bitter) de couleur rouge rubis, parfumé avec de l’écorce d’orange et diverses herbes aromatiques lui donnant un arôme intense. En raison de son goût majoritairement amer, il est vendu sous l’appellation commerciale Bitter et est surtout utilisé comme apéritif dans les long-drinks ou les cocktails. Gaspare Campari Né en 1828 à Cassolnovo dans l’ancienne province de Novare, Gaspare Campari, était le dixième enfant d’une famille d’agriculteurs. En 1842, à l’age de 14 ans, il s’installe à Turin où il commence à travailler comme serveur. Il y développe un vif intérêt pour les habitudes de consommation de ses clients et approfondi sa connaissance des liqueurs et des spiritueux. À cette époque, il rencontre Teofilo Barla, maître pâtissier de la Maison de Savoie, qui l’a recommandé à Giacomo Bass comme apprenti dans sa célèbre boutique d’alcools et de confiseries de la Piazza Castello à Turin. En 1850, il retourne à Novare où il loue « il Caffè dell’Amicizia » (le Café de l’Amitié), situé entre le Corso Cavour et le Corso Italia, à l’époque appelé Angolo delle Ore. Dans l’arrière-boutique, il installe un laboratoire dans lequel il crée des élixirs, des cordiaux (boissons tonifiante et stimulante), des liqueurs à la crème et des amers. Grâce à ses études et ses expérimentations, il découvrira des liqueurs au goût novateur et au nom souvent extravagant : Elisir di Lunga Vita, Olio di Rhum, Liquote Rosa. Parmi les liqueurs les plus réussies, il y avait le « Bitter all’uso d’Hollanda » dont il gardait la recette confidentielle et qui contenait plus de 60 ingrédients naturels, dont des herbes, des épices, des écorces et des écorces de fruits. Cet apéritif est devenu si populaire qu’il a valu le surnom de « Bitter del Signor Campari » et de s’appeler finalement « Bitter Campari ». L’entreprise connaît un vif succès puisque son nom est mentionné dans un guide de la ville dès 1861. En 1862, Gaspare Campari se remaria avec Letizia Galli et déménagea avec elle dans sa ville natale, Milan, la même année. Là, il a repris le Caffè Amicizia du Palazzo Coperto dei Figini sur la Piazza del Duomo, situé en face de la cathédrale de Milan. Le « Coperto dei Figini » était un palais de la Renaissance construit en 1467 et reconvertis en galerie et devint un lieu de rencontre pour les Milanais pendant près de 400 ans. Il abritait de nombreux magasins transformés peu à peu en cafés et en bars. Le « Coperto dei Figini » fut démoli en 1864 afin de laisser place à la « Galleria Vittorio Emanuele II ». Après la démolition du palais en 1864, Campari a réemménagé avec sa famille dans la toute nouvelle Galleria Vittorio Emanuele II où il ouvre le Caffè Campari situé au coin de la galerie en 1867. À sa mort en 1882, son épouse, Letizia Galli, reprend les rênes de l’entreprise familiale, avant de les transmettre plus tard à ses fils Davide et Guido. Galleria Vittorio Emanuele II Le choix de son emplacement pour son nouveau bar, le « Caffè Camparino », près du Duomo (dôme de Milan) la cathédrale de la ville, coïncide avec l’ouverture le 15 septembre 1867 de la Galleria Vittorio Emanuele II. Celle-ci est une galerie commerçante de prestige de style néo-classique à tendance baroque du XIXᵉ siècle, exemple les plus célèbres de l’architecture métallique européenne, elle représente l’archétype de la galerie marchande du XIXᵉ siècle. Elle constitue une rue piétonne couverte, un passage, reliant la Piazza Duomo (place du Dôme) à la Piazza della Scala (place de la Scala, l’opéra de Milan). Appelée simplement « la Galleria » (la Galerie) par les Milanais, par la présence de boutiques et de clubs élégants, elle a été depuis son inauguration le lieu de rencontre de la bourgeoisie milanaise, à tel point qu’il a été surnommé « il salotto di Milano » (le salon de Milan). Caffè Camparino Le caffè Camparino est un café historique situé dans la Galleria Vittorio Emanuele II à Milan. En 1867, Gaspare Campari s’installe avec sa famille et son commerce dans la nouvelle Galleria Vittorio Emanuele II. L’établissement est inauguré en présence du roi sous l’enseigne de Caffè Campari en 1867. Lieu symbole de la tradition de l’apéritif milanais, il est fréquenté dès son ouverture par de nombreuses célébrités du monde de la politique, de la musique, de la mode et des arts, tels que Giacomo Puccini, Giuseppe Verdi, Giulio Ricordi et Arrigo Boito. Fidèle client, le peintre futuriste Umberto Boccioni, l’immortalise dans une de ses œuvres Rissa in galleria (Échauffourée en galerie) en 1910. En 1915, sous l’appellation de Caffè Camparino, il est repris par son fils Davide qui révolutionne la façon de boire du Campari en installant, depuis le sous-sol, un flux continu d’eau de Seltz glacé jusqu’au bar. Entre 1923 et 1924, la décoration originale de style Empire est remplacée par un aménagement de style liberty auquel collaborent l’ébéniste Eugenio Quarti, le peintre Angelo d’Andrea et Alessandro Mazzucotelli pour les ferronneries. Dans les nuits du 13 au 15 août 1943, la Galerie est touchée par les bombardements aériens alliés. La même année, la licence du bar-café est reprise par Guglielmo Miani, un tailleur des Pouilles arrivé à Milan en 1922. Outre les bombardements de la Seconde Guerre mondiale, au cours de son histoire, le Caffè Camparino a subi 87 fois des dommages aux fenêtres lors des manifestations politiques d’orientations diverses, qui ont toujours favorisé la très centrale Piazza Duomo et Galleria. En octobre 1983, un accord a été signé entre la société Davide Campari-Milano Spa et l’entreprise Galleria SaS avec laquelle il a obtenu le droit d’utiliser le nom « Camparino » comme enseigne pour le bar-café situé dans la Galerie. L’entente sera renouvelée le 3 décembre 1990 et le bar sera agrandi, incorporant également les locaux de l’ancienne bibliothèque d’État. Le 30 janvier 1996, l’accord pris fin et le bar sera renommé Caffè Zucca. Le 3 janvier 2012, après 16 ans, le bar est de nouveau estampillé Caffè Camparino et restauré tout en conservant son authentique atmosphère Campari et son caractère profondément cosmopolite, le café est redessiné par l’artiste Ugo Nespolo. Davide Campari Davide était le quatrième de cinq enfants : Giuseppe, Antonietta, Eva et le plus jeune fils Guido. L’aîné, se lance dans une carrière littéraire et ne s’intéresse jamais aux affaires de l’entreprise, c’est donc tout naturellement qu’après la mort de son père, Davide et son frère Guido prennent les rênes de l’entreprise, rebaptisée Gaspare Campari – Fratelli Campari Successori. Davide, qui avait également étudié en France, ouvrit une petite fabrique de liqueurs et de sirops via Corsico à Milan, et essaya d’améliorer de plus en plus le fameux Bitter créé par son père. Il crée une nouvelle liqueur, qui connaît le même succès que celle de son père, le Cordial Campari, à base de framboises de montagne macérées dans du Cognac et inspirée des produits français alors très appréciés, comme la « Chartreuse » et la « Bénédictine ». En 1904, Davide ouvrit une usine à Sesto San Giovanni, tandis que la gestion du café resta à son frère cadet, Guido. Davide Campari était un véritable entrepreneur et avait une approche extrêmement moderne de la gestion de l’entreprise, il a séparé l’activité industrielle de l’activité commerciale, il s’est spécialisé dans la production de quelques produits à succès et a élargi les points de vente non seulement en Italie, mais aussi à l’étranger. En 1906, Davide Campari est juge à l’Exposition universelle de 1906 de Milan, où les produits de l’entreprise sont également présentés. En 1910, l’entreprise devient Davide Campari & C. En 1915, le café change de nom et devient le Caffè Camparino. En 1916, 30 ouvriers travaillaient à la production et leur nombre est passé à 50 en 1919, année où Davide Campari a séparé les divisions de production et de vente. En 1926, Davide décide de changer la politique de l’entreprise en concentrant la production sur les boissons les plus connues et moins similaires aux autres produits existants, l’apéritif Campari Bitter et le Cordial Campari. En 1923, il ouvre une nouvelle usine à Nanterre. En 1932, il lance la production du Campari Soda (Camparisoda), un mélange prêt à l’emploi de Campari et d’eau gazeuse. C’est le premier apéritif monodose au monde. Une campagne publicitaire moderne fut confiée notamment au peintre italien Fortunato Depero appartenant au mouvement futuriste. Au cours de ces années, il a également décidé de donner à l’entreprise une dynamique internationale et a ouvert diverses succursales en Argentine, à Buenos Aires. Sous la direction de Davide Campari, l’entreprise familiale a également établi des normes en matière de marketing dans les années 1920 et 1930. Des artistes tels que Dudovich, Villa, Cappiello, Munari, Negrin et Nizzoli ont été engagés pour des campagnes publicitaires et leurs affiches ont été largement exposées. L’artiste Fortunato Depero, représentant du futurisme italien, a conçu la bouteille simple pour Campari Soda. Davide Campari mourut à Sanremo le 7 décembre 1936 et fut enterré au cimetière monumental de Milan. À sa mort, n’ayant pas d’enfants, la direction de l’entreprise passa à son frère Guido, sa sœur Eva et son neveu Antonio Migliavacca, fils d’Antonietta. Campari Soda Le Campari Soda est un apéritif à base d’eau gazeuse et de 10 % d’alcool contenu dans une bouteille en verre blanc dépoli de 9,8 cL, sans étiquette (inscription du logo en relief) et de forme conique. Le Camparisoda est né en 1932, il est le premier mélange « prêt à l’emploi » de l’histoire des produits des cocktails. Dès sa création, Davide Campari souhaite associer à l’art son nouveau produit, le Camparisoda et plus particulièrement à l’art de son temps : le futurisme. Les futuristes sont les premiers à établir une harmonie avec le nouveau monde industriel, comprenant le caractère innovant de la communication publicitaire et les liens forts existant entre l’industrie, la publicité et la production de formes d’expression. Il s’associe donc avec Fortunato Depero l’un des représentants les plus actifs et les plus illustres de ce mouvement artistique et qui avait créé, en 1919, la « Casa d’Arte Futurista », aux fonctions comparables à celles de l’agence de publicité actuelle et développe une stratégie de communication originale pour la société Campari. À la demande de Davide Campari, il conçoit une bouteille originale, à la forme d’un gobelet inversé, pour le Campari Soda. Aboutissement d’un partenariat artistique qui a commencé dans les années 1920, avec cette création, il signe son œuvre la plus aboutie pour le compte l’entreprise milanaise et dont le design est resté inchangé. Pour Depero lui-même, l’art doit aller de pair avec l’industrie, la science, la politique, la mode de l’époque, en les glorifiant. Camparisoda est l’un des produits les plus importants du Groupe Campari et son principal débouché est l’Italie. Cocktail « Il cardinale » Si en France le cardinal (sans e), appelé aussi communard, pour sa couleur rouge, est un descendant du kir, fameux apéritif d’origine bourguignonne associant crème de cassis et vin rouge. En Italie, il renvoie à 2 cocktails, l’un populaire et l’autre officiel. Le nom dérive de la couleur que prend le cocktail une fois préparé, appelée rouge cardinal. La version populaire est un cocktail apéritif très simple réalisé, il suffit de mélanger une demi-boîte de soda à l’orange amère et une bouteille de Campari Soda dans un verre. Ajouter de la glace et une tranche d’orange. Le verre est presque toujours un gobelet de capacité adéquate. Il peut également être préparé avec du jus d’orange ou du jus d’orange douce à la place du jus d’orange amère ou avec des amers à la place du Campari Soda. Il est souvent commandé « Un cardinal en deux » ou « Un cardinal pour deux » car avec le contenu d’une canette de 33 cl deux cocktails sont réalisés. C’est un cocktail à l’origine présumé du Latium, s’est largement répandu sur tout le territoire italien depuis les années 1960, notamment dans le Centre et le Sud. Au Nord, cependant, la diffusion est plus limitée en raison de la concurrence du spritz et du Negroni. La version officielle de l’IBA La version officielle de l’IBA (International Bartenders Association) est très différente, il s’agit d’un cocktail d’apéritif servi dans un verre à cocktail. Le cocktail est répertorié comme « Cardinal » sans le « e » final. Sa recette comprend : 4cl Gin, 2 cl de Vermouth sec, 1 cL Campari Bitter. Préparez dans le verre à mélange et servez avec un zeste de citron, sans glace. Recette originale des années 50 La recette officielle d’IBA diffère peu de celle originale née à Rome dans les années cinquante. Les différences sont évidentes non seulement dans les proportions et les garnitures, mais aussi dans le choix du vermouth au lieu du vin blanc. De plus, la recette originale le considérait plus comme un cocktail d’apéritif que comme un apéritif, car il voyait le cocktail servi dans un Old fashioned avec de la glace. Sa recette comprend : 1/3 de gin, 1/3 de Riesling, 1/3 Campari Bitter. La garniture est composée de zeste de citron, de cannelle et de clous de girofle. Initialement attribué au Harry’s Bar de Venise, ce coctkail a des origines remontant aux années 1950 et a été créé par Giovanni Raimondo à l’Hôtel Excelsior de Rome. Le groupe Campari Avec la mort de Davide Campari et de sa sœur Eva, en 1943, l’autre frère Guido Campari et son neveu Antonio Migliavacca transforment l’entreprise en Davide Campari – Milano SpA. Les 70 et 80 voit une expansion continue de l’entreprise, avec l’ouverture de nouvelles unités tant commerciales que de production en Italie, mais aussi à l’étranger. En 1982, la dernière héritière de la famille Campari, Angiola Maria Migliavacca, vendit la Davide Campari – Milan à Erinno Rossi et Domenico Garavoglia qui en devinrent les propriétaires. À partir de 1995, la société a entrepris une politique de grand développement de l’entreprise à travers une vingtaine d’acquisitions d’autres opérateurs du secteur, dont : les activités de Barbero entreprise fondée en 1891 propriétaire de la marque « Aperol ». En 2001, l’entreprise est cotée à la Bourse de Milan. En 2017, Gruppo Campari se classe au sixième rang mondial des spiritueux de marque. L’entreprise detient de nos jours plus de cinquante marques dont : Campari, Aperol, SKYY Vodka, Wild Turkey, Grand Marnier, Glen Grant, Cinzano… Entrées similaires: L’Aperol Le Spritz Le Select L’Amaro Monténégro Le Whisky le whisky soda [...] Lire la suite…
25 janvier 2023Aperol est un apéritif italien faiblement alcoolisé, produite à l’origine par la société Barbieri, basée à Padoue. Bien qu’il sente et est un goût semblable au Campari qui est de couleur rubis et titre 25°, il s’en distingue par sa couleur orangée et par son degré d’alcool (11° degrés en Suisse, 12,5° degrés en France, et jusqu’en 2021 vendu à 15° en Allemagne, pour éviter les réglementations concernant les consignes). Sa composition est principalement réalisée d’eau, d’alcool, de sucre et d’arômes d‘orange amère, de gentiane, de rhubarbe et de quinquina. Il est qualifié de bitter à cause de sa légère amertume. Le nom APEROL vient d’un mot d’argot français « Apéro », diminutif d’apéritif, découvert lors d’un voyage en France par les frères Barbieri et pouvant passer pour une contration du mot italien aperitivo. Il est indissociable de la réalisation d’un authentique Spritz, mélangé » à du Prosecco. L’Aperol peut aussi se boire pur sur glace ; mélangé avec du tonic pour faire l’Aperol Tonic ; avec du jus de citron et du sirop de sucre pour faire l’Aperol Sour ; avec une touche de vodka, la variante s’appelle l’Aperol Sour Royal. Il peut remplacer la Cachaça (boisson distillée brésilienne) dans une variation du Caipirinha qui s’appelle alors un Caipirol. Bien qu’il fût créé en 1919, il n’est devenu populaire qu’après la Seconde Guerre mondiale. Depuis 2003, il appartient au groupe Campari. Histoire En 1880, la famille Barbieri, créé Via Niccolò Tommaseo à Padoue, une entreprise spécialisée dans la fabrication de spiritueux. En 1912, les frères Luigi et Silvio Barbieri héritent de la fabrique de liqueur de leur père Giuseppe. Ils créent l’Apérol qui est présenté officiellement, le 21 juillet 1919, à l’occasion de la première foire commerciale de Padoue. À l’époque, la nouveauté d’Aperol est que cet apéritif titre moins que ses concurrents. Depuis sa création, Aperol a une couleur orange distinctive : une liqueur à base d’herbes aromatiques et d’agrumes, avec une pointe d’absinthe pour éliminer le léger arrière-goût amer. Devant le succès du produit, les frênes Barbieri décident d’investir dans la publicité, dans les années 1920 l’orange devient la signature chromatique d’Aperol et les premières affiches publicitaires apparaissent dans les bars invitant à prendre un Aperol. Dans les années 30, Aperol crée une campagne dédiée aux femmes dans les principaux journaux dans laquelle on voit une couturière mesurer le tour de taille d’une cliente et s’exclamer : « Madame ! Aperol garde la ligne ». Les dames avaient droit à un Aperol comme apéritif léger. En 1943, l’usine historique de via Tommaseo à Padoue a été rasée par un bombardement. Trois ans plus tard, le nouveau siège est construit, via Gattamelata également à Padoue. Dans les années 50, un cocktail à base d’Aperol est inventé, le « spritz vénitien » constitué de vin blanc et d’eau de Seltz et qui est devenu traditionnel (4 cl d’Aperol, 6 cl de Prosecco et un trait d’eau de Seltz ou de soda). Depuis lors, Aperol est lié au spritz. À partir des années 1960, Aperol connaît un grand développement et une diffusion rapide grâce aussi au « Carosello » (une émission télévisée italienne qui a été diffusée sur la Rai 11, du 3 février 1957 au 1er janvier 1977. Pendant toutes ces années, le mot « Carosello » fut synonyme, en Italie, de « spot publicitaire ») dans lequel le célèbre acteur italien Tino Buazzelli, dans des spots publicitaires diffusés de 1965 à 1971, portait la main à son front et prononçant les mots « Ah, Aperol ! ». Dans les années 80, une publicité dans laquelle l’actrice Holly Higgins remonte sa minijupe pour rejoindre des amis dans un bar de Miami sur sa moto en disant : « Je ne sais pas pour vous, mais je bois de l’Aperol ». En 1991, la société Fratelli Barbieri est acquise par Cantrell & Cochraine de Dublin qui a fermé l’usine de Padoue et déplacé la fabrication dans le Piémont. En décembre 2003, la marque devient la propriété du groupe Campari. Parti de Vénétie, Aperol est maintenant diffusé en Italie, Pologne, Slovénie, Russie, Allemagne, Autriche, Belgique, Luxembourg, Pays-Bas, Suisse, Espagne, France, Canada et États-Unis. Au cours des années 90, l’artiste italien Lorenzo Mattotti a créé une série de peintures représentant diverses scènes de consommation d’Aperol. À partir du début des années 2000, grâce également au succès de l’happy hour et au phénomène spritz, Aperol a augmenté sa production en s’étendant également en Allemagne, en Autriche et dans d’autres pays. En 2008, la marque fait appel à l’artiste Maurizio di Robilant afin qu’il supervise le relookage de la bouteille. Sans en changer la forme, il rend les éléments graphiques plus simples et plus contemporains. Cette même année, la marque s’impose davantage sur le marché grâce à une campagne publicitaire réussie inspirée du rituel tout vénitien du spritz et lance l’Aperol Spritz le faisant ainsi connaître au grand public. L’Aperol Spritz est obtenu en mélangeant 3 doses de Prosecco, 2 d’Aperol et 1 d’eau de seltz (ou gazeuse) dans un verre avec de la glace, en ajoutant une tranche d’orange à la fin. En 2010, Aperol revient à la télévision avec une nouvelle campagne de spritz dans laquelle la chanson « Street life » de Randy Crawford est arrangée dans une version « garage » avec la collaboration du musicien et producteur Ferdinando Arnò. En 2011, à l’instar du Camparisoda, l’Aperol Spritz en bouteille prêt à consommer est née. Entrées similaires: Le Spritz Le Select L’Amaro Monténégro Apéritifs et autres usages du quinquina Les apéritifs à la gentiane Le Whisky [...] Lire la suite…
25 janvier 2023Le spritz, également appelé spritz veneziano, est un cocktail alcoolisé largement consommé en apéritif dans les grandes villes de la Vénétie et du Frioul-Vénétie Julienne, et également répandu dans toute l’Italie. Le cocktail Le spritz se compose de 40 % vin blanc effervescent (du prosecco en général), 30 % d’eau de Seltz ou gazeuse, auxquels viennent s’ajouter 30 % d’un alcool plus ou moins amer comme : du Campari (Spritz bitter), très amer, qui donne une couleur rouge vif à la boisson, ou de l’Aperol, plus sucré, qui donne une teinte plus orangée (le Spritz dolce ou Aperol Spritz). Il existe aussi une version plus rare avec du Cynar (amer italien créé en 1952), de couleur noir ambré. Il est généralement servi sur glace avec une tranche de citron, d’orange ou d’orange sanguine (immergée dans le verre), et occasionnellement une olive, mais le dosage et la composition varient d’un établissement à l’autre. Donc le Spritz peut être très peu alcoolisé (Aperol Spritz) ou légèrement plus alcoolisé avec du Campari ou du « Rondo Biostilla », de la distillerie italienne Walcher. Dans certains endroits, le spritz est préparé à base de Prosecco (70 %) et sans eau gazeuse. Dans certains établissements, on trouve également des Aperol Spritz préparés avec du champagne ou bien aussi en le préparant avec du Barbaresco Chinato (vin rouge italien) comme le Caffè Stern à Paris. Si l’International Bartenders Association (IBA) recommande de le préparer avec « 6 centilitres de Prosecco, 4 de bitter et une lampée d’eau gazeuse », il semble qu’à Venise, la recette varie d’un barman à l’autre. Le spritz vénitien original comprend : 7,5 cl de prosecco, 5cl Sélect, 2,5cl d’eau gazeuse, une olive verte. Spritz comprend : 1/3 de vin blanc pétillant (habituellement du prosecco), 1/3 amers (Select, Aperol ou Campari), 1/3 d’eau pétillante ou gazeuse. Autres Spritz Spritz Bianco : fait de vin blanc léger et d’eau pétillante, à l’instar de l’ancien Spritz, est principalement consommé dans le Frioul-Vénétie Julienne. Istrian Aperol Spritz : utilise d’Aura Teranino (une liqueur titrant 15,86 %, à base de vin rouge issu du cépage croate Teran d’Istrie, au lieu de prosecco. Le patxaran spritz, d’origine ibérique, est préparé avec du patxaran et du cava. Un spritz blanc, appelé cocktail Hugo ou spritz Saint-Germain, du nom de la liqueur éponyme, est un spritz préparé à partir de liqueur de mélisse ou, plus souvent, de liqueur de fleurs de sureau. Le spritz auvergnat, il faut juste se souvenir de la formule : 3, 2, 1. 3 doses de Prosecco italien ou tout autre vin pétillant très sec ; 2 doses de biter : Salers ou Avèze ou autre liqueur de gentiane ; 1 dose d’eau pétillante ou eau de Seltz ; glace. Consommation Le spritz est l’apéritif le plus populaire à Venise, Udine et Trieste ; il est aussi très apprécié par les étudiants à Vérone, Padoue ou Bologne. Depuis 2010, il semble que le spritz connaisse une mode en France, en Suisse, au Luxembourg et en Belgique, due à son prix bas, la simplicité de sa recette, un goût pour les boissons peu sucrées et fraîches et avec une certaine amertume. Cette mode s’inscrit aussi dans des campagnes de promotion de l’Aperol, du Campari et du prosecco en France et dans les pays francophones. Des mélanges prêts à l’emploi sont aussi proposés en canettes ou en bouteilles avec différentes recettes. Histoire Au XVIIIe siècle, la République de Venise, bien qu’ayant maintenu un rayonnement culturel, avec une forte influence sur l’art, l’architecture, la littérature, et bien qu’étant devenu la ville européenne la plus élégante et raffinée, Venise, n’en était pas moins sur le déclin. Déclin commencé avec la progression ottomane en Méditerranée, puis avec la peste noire, suivie du détournement du trafic commercial européen vers les océans après la découverte de l’Amérique. Redevenue politiquement un État italien parmi d’autres, Venise fut annexée par Napoléon Bonaparte le 12 mai 1797, durant la Première Coalition. En 1797, par le traité de Campo-Formio, Bonaparte livra Venise et ses territoires aux Habsbourg en échange de la Belgique, puis il la leur reprit en 1805 pour l’intégrer au royaume d’Italie dont il se fit couronner roi, avant que la ville ne fût intégrée dans l’Empire d’Autriche de 1815 à 1866. Ce fut durant cette période où Venise et la Vénétie furent occupées par de nombreux soldats, administrateurs, fonctionnaires, diplomates et marchands autrichiens. Dans les tavernes de Vénétie, ils sont vite rebutés par le taux d’alcool des vins de la région, plus élevés que les bières et les vins légers auxquels ils sont habitués. Naît alors la tradition de demander au serveur « d’arroser » ou « d’asperger » d’eau le vin local pour l’allonger. C’est de ce geste, spritzen en allemand, ou plus exactement du raccourci phonétique « Gespritzter », terme autrichien désignant le mélange de vin et d’eau minérale ou gazeuse, adopté par les Italiens du Nord, qu’est né le « spritz ». Le Spritz des soldats se composait alors de vin blanc et d’eau gazeuse. À Trieste et à Udine, il existe encore aujourd’hui des Spritz rosso ou bianco composés simplement de vin rouge ou blanc avec de l’eau gazeuse. La même composition s’utilise pour les Şpritz blancs en Europe de l’Est (Roumanie, Moldavie, Hongrie) dans les pays qui ont connu la domination de l’Empire autrichien. C’est un apéritif très populaire dans ces régions. Au XXᵉ siècle apparaît l’eau de Seltz et naissent des boissons amères (« bitter ») faites à base de racines et d’écorces d’agrumes. En tant que cocktail, le spritz est vraisemblablement né entre les années 1920 et 1930, entre Venise et Padoue, quand il fut décidé d’utiliser des amers locaux comme l’Aperol, le Campari, le Select ou le Cynar et généralement bu avec de l’eau gazeuse (club soda) et de la glace, afin d’en relever le goût et qui permettent d’arriver aux versions actuelles les plus populaires du cocktail. Si Aperol associe nécessairement dans sa stratégie marketing le spritz à son produit, ce cocktail vénitien ne se prépare pas forcément avec cette marque précisément. À Venise, il est couramment servi avec du Select Aperitivo créé en 1920 à Venise, du prosecco et de l’eau gazeuse comme l’Original Spritz Veneziano. Entrées similaires: Le Select L’Amaro Monténégro Le Whisky le whisky soda Le Whisky Corse Mezcal et Tequila [...] Lire la suite…
25 janvier 2023L’Amaro Montenegro est un amer italien produit pour la première fois en 1885 et selon la tradition la recette est gardée dans un coffre-fort depuis cette date. Sa production a lieu dans l’usine de Zola Predosa, dans la province de Bologne, du groupe Montenegro Srl, qui possède également d’autres marques. Le créateur de l’amaro était Stanislao Cobianchi, un jeune bolognais prédestiné par sa famille à une carrière ecclésiastique. De Bologne, cependant, il décide de se lancer dans un voyage autour du monde qui l’amène à découvrir des spécialités botaniques insolites. De retour en Italie, il se consacre à la préparation de liqueurs et en 1885 il crée « l’Amaro Monténégro ». L’amaro est né sous le nom d’Elixir Lungavita : onze ans plus tard, à l’occasion du mariage d’Elena du Monténégro avec Vittorio Emanuele III, Stanislao décide de lui dédier son élixir, changeant son nom en Amaro Monténégro. En peu de temps, l’amer s’est répandu et a été apprécié en Italie et dans toute l’Europe et Gabriele D’Annunzio, en 1921, l’a défini comme la liqueur Virtudi. La recette d’Amaro Montenegro est encore aujourd’hui celle originale de Stanislao Cobianchi, à base de quarante herbes aromatiques sélectionnées du monde entier auxquelles on doit sa saveur caractéristique. L’écrivain Gabriele D’Annunzio (1863 – 1938) l’appelait liquore delle Virtudi (Liqueur des vertus). La bouteille Le flacon d’Amaro Montenegro a été conçu par Stanislao Cobianchi lui-même, en s’inspirant d’une ampoule, qui évoque une « potion », et rappelant l’alchimie. Cette forme, devenue iconique au fil du temps, est restée inchangée au fil des décennies jusqu’en 2017 où la bouteille a été renouvelée, bien que conforme à l’aspect traditionnel, avec des lignes plus décisives et avec l’année de fondation en relief, 1885, sur l’épaule et la signature de Stanislao Cobianchi sur le pied. Entrées similaires: Le Select Le Whisky le whisky soda Le Whisky Corse Le saké Mezcal et Tequila [...] Lire la suite…
25 janvier 2023Select est une boisson de type amer qui se consomme à l’apéritif, née en 1920 à Venise de la distillerie « Fratelli Pilla & C » et acquise en 1954, par la distillerie Jean Buton, plus tard absorbée par le groupe Monténégro (producteur de l’Amaro Montenegro), qui poursuit la production avec la recette originale et l’image des années 1920. À l’origine, il se buvait pur, additionné de soda ou d’eau gazeuse, ou mélangé à de nombreux cocktails. Selon certains spécialistes, le Select fut le premier apéritif à être utilisé dans la recette du Spritz vénitien établie dans les années 70. Le Select est d’une grande complexité aromatique, avec un équilibre aigre-doux, résultat de 9 mois de savoir-faire, selon une recette qui implique l’utilisation de 30 herbes aromatiques différentes dont : des racines de rhubarbe, des baies de genévrier macérées et distillées à l’aide d’un alambic en cuivre. À Venise, il est courant de servir un Spritz avec du Select et une olive. La bouteille En 2018, la bouteille Select a subi un restylage qui reprend l’image originale des années 1920 avec plusieurs références à son histoire : l’origine vénitienne, l’année de naissance et les frères Pilla. Le verre emblématique à long pied s’inspire également de la tradition, parfait pour consommer des spritz, présents dans la bouteille historique et qui est devenu le symbole par excellence de ce produit. Entrées similaires: Le Whisky le whisky soda Le Whisky Corse Le saké Mezcal et Tequila Les apéritifs à la gentiane [...] Lire la suite…
25 janvier 2023Les Méso-américains ne connaissant pas le procédé de la distillation, la seule boisson alcoolisée qu’ils tiraient de l’agave était le pulque, boisson alcoolisée traditionnelle issue de la fermentation partielle de la sève de divers agaves (dont Agave americana, A. atrovirens, A. salmiana, A. mapisaga et A. marmorata), dont le degré d’alcool était faible, entre 6 et 8° GL Gay-Lussac environ. Les analyses menées par l’université nationale autonome de Mexico sur d’anciens fours découverts à Xochitécatl-Cacaxtla suggèrent qu’un processus de chauffage-fermentation-distillation a pu être mis en œuvre pour obtenir une liqueur rituelle de plus fort degré alcoolique. Les Espagnols, à la recherche d’une eau-de-vie plus forte, introduisirent en Nouvelle-Espagne, au XVIIᵉ siècle, le processus de la distillation que les Arabes avaient eux-mêmes introduit en Espagne au VIIIᵉ siècle. C’est là l’origine de la création du Mezcal et de la Tequila. La tequila est une eau-de-vie qui doit obligatoirement être élaborée à partir de l’Agave tequilana, variété bleue. Pour le mezcal, toutes les variétés d’agave sont autorisées. Contrairement aux apparences, les Agaves ne font pas partie de la famille des Cactaceae (cactus), mais de celle des Agavaceae proche de celle des Liliaceae comme le lys, le muguet, la jacinthe, la tulipe et le narcisse. La tequila La (ou le) tequila ou téquila, est une eau-de-vie produite au Mexique exclusivement à partir d’une plante nommée Agave tequilana (contrairement au mezcal qui peut être produit à partir d’autres espèces d’Agave). Pour obtenir l’appellation « tequila », la production doit obligatoirement avoir lieu dans l’État de Jalisco et quelques municipalités des États de Nayarit, Michoacán, Guanajuato et Tamaulipas. Le mot téquila vient de « téquitl » en náhuatl (langue amérindienne de la famille uto-aztèque) qui signifie « travail » ou « fonction » et de « tlan » qui signifie « lieu ». Le mot « tequio » se réfère aux travaux des champs. La méthode Tahona, la façon ancienne de fabriquer la tequila Les procédés traditionnels de tequila commencent par la cuisson des agaves pour convertir leurs amidons en sucres. Les cœurs ou « piñas » sont ensuite broyés et déchiquetés pour libérer leur jus. Ce liquide, appelé aguamiel, est ensuite fermenté et distillé. Certaines des distilleries les plus volumineuses raccourcissent complètement ce processus. À la place, ils jettent des agaves déchiquetés non cuits dans une machine qui extrait les sucres à l’eau chaude. Le processus est très rapide et efficace pour extraire les sucres, mais la tequila qui en résulte n’a pas la complexité ou la saveur d’un alcool d’agave traditionnel. Cependant, quelques marques artisanales comme Casa San Matias ou Fortaleza, et d’autres très connues comme Roca Patrón, adoptent des méthodes de production pré-industrielles, privilégiant la qualité avant la quantité. Le tahona est l’une de ces méthodes « anciennes », qui consiste en l’utilisation d’une énorme et lourde roue de pierre volcanique pour broyer les piñas d’agave. Avant l’introduction des machines modernes, les distillateurs utilisaient des ânes pour tirer ces roues dans une fosse circulaire. Remplis d’agaves grillés, les tahonas les convertissaient en pulpe en tournant. L’arrivée du train au Mexique a permis à l’industrie de la tequila de s’étendre vers d’autres destinations. Peu à peu, la tequila passe du statut de produit régional ou local à celui de produit national, puis international dans la seconde moitié du XIXᵉ siècle ; avec la modernisation du port de Veracruz, il s’exporte encore plus facilement. Après la Seconde Guerre mondiale, la demande de tequila s’accroît fortement, si bien qu’en 1950 le nombre de champs d’agaves a augmenté de 110 % par rapport à 1940. Depuis qu’elle s’exporte en quantité, la tequila ordinaire est devenue plus chère. La tequila n’a jamais été une boisson accessible aux Mexicains les plus modestes qui eux buvaient du pulque et lui préfèrent depuis les alcools dérivés de la canne à sucre, bien moins chers. Dégustation À la Mexicaine Tequila et sangrita : créé dans les années 1920, consiste en un shot de tequila blanco accompagné d’un shot de sangrita boisson non alcoolisée dont il existe plusieurs variantes de la recette, mais la sangrita considérée comme authentique et originaire de Jalisco est faite à partir de jus de bigarade, lime et grenade, relevé par un mélange chili et une sauce piquante. La Tequila peut aussi se boire en « banderita » (« petit drapeau » en espagnol), 3 caballitos (shots): 1 caballito de jus de citron vert, 1 caballito de tequila, 1 caballito de sangrita ; représentant ainsi le drapeau du Mexique. Le principe consiste à boire une gorgée de chaque caballitos, de garder la totalité dans la bouche avant d’avaler l’ensemble des trois gorgées. À l’Américaine La tequila paf, popularisée par les films des années 1940, consiste à consommer la tequila avec du sel et une rondelle de lime ou de citron, il s’agit de saupoudrer le dessus de la main gauche de sel et de placer le citron vert entre le pouce et l’index. On lèche le sel, on boit le verre de tequila d’un seul trait et on termine éventuellement en croquant dans le citron. Ces ingrédients ajoutés aident à compenser la dureté d’une téquila de qualité médiocre et sont consommés dans un ordre spécifique. En Allemagne et dans certains autres pays, la tequila oro (or) est souvent consommée avec de la cannelle sur une tranche d’orange après. La tequila pampam ou Boom-Boom (Tequila Slammer), consiste à verser dans un verre type whisky environ de la tequila et autant de boisson gazeuse type limonade (7up, Sprite, Schweppes …) et éventuellement du sirop de grenadine. Il peut également être servi avec de la tequila à parts égales, du vin blanc (ou du champagne) et de la limonade. Habituellement, on laisse environ un cinquième du verre vide pour permettre à la boisson de pétiller. Couvrir hermétiquement le verre avec la paume de la main ou avec un sous bock, frapper le verre sur une surface dure (table, bar…) et boire d’un trait aussitôt. L’action du claquement libère les bulles de gaz du mélange, le faisant mousser vigoureusement. Il s’échappera alors rapidement du verre s’il n’est pas bu immédiatement. La tequila sunrise est un cocktail à base de tequila, de jus d’orange, et de grenadine qui au fond du verre donne l’effet d’un lever de soleil (sunrise) ce qui a inspiré le nom de la boisson. La recette originale de 1930, était composée de : 5 cl de tequila ; 10 cl d’eau gazeuse ; 2 cl de jus de citron vert ; 2 cl de crème de cassis. La recette actuelle la plus courante est composée de : 3/10 de tequila ; 7/10 cl de jus d’orange ; 1 trait de sirop de grenadine. Ou de : 6 cl de tequila ; 12 cl de jus d’orange ;2 traits de sirop de grenadine. Le Mezcal Le mezcal (ou mescal, du nahuatl mexcalli, qui signifie « agave cuit au four ») est une eau-de-vie élaborée au Mexique à partir de l’Agave, aussi appelé « pita », « maguey » ou « cabuya ». Contrairement à la tequila, pour le mezcal, toutes les variétés d’agave sont autorisées. Le degré de commercialisation minimum est de 36 °GL, il peut atteindre 55°. Les normes mexicaines permettent la commercialisation de tequila ou de mezcal vieillis en fûts de chêne. Le blanco repose moins de deux mois en barriques, le reposado de deux mois à un an, l’añejo un an au minimum. La meilleure qualité de mezcal et de tequila est celle produite uniquement à base d’agave. Les alcools dont l’étiquetage ne comporte pas la mention « 100 % agave » sont « coupés » (mixtos, en espagnol), c’est-à-dire que l’on a utilisé seulement 60 % d’alcool provenant des agaves pour leur élaboration, complété par de l’alcool provenant souvent de la distillation de la canne à sucre, beaucoup moins cher que l’agave. La larve ou gusano Les producteurs de mezcal ajoutent généralement une larve d’un papillon de nuit parasite de l’agave, l’Hypopta agavis (aussi appelée chilocuil, chinicuil, ou tecol, mots provenant du nahuatl). Ces larves sont des chenilles et non des vers, (la confusion entre l’espagnol mexicain qui utilise généralement le terme « gusano » pour les chenilles et le castillan qui use du terme oruga) se nourrissent des feuilles succulentes du maguey. La pratique de mettre une larve de chilocuil dans les bouteilles de mezcal est une astuce commerciale pour le différencier de la tequila (surtout à l’exportation) qui date des années 1940 : elle n’a rien de traditionnel et ne correspond à aucune coutume locale. Les larves proviennent de criaderos, c’est-à-dire d’élevages réservés à cet effet, séparés des plantations. Le Canada a interdit l’importation de mezcal contenant des larves, pour des raisons sanitaires, car ces dernières contiennent un insecte mort mis à l’intérieur de la boisson. Certaines distilleries remplacent la larve habituelle par un scorpion. Entrées similaires: Le Whisky le whisky soda Le Whisky Corse Le saké [...] Lire la suite…
25 janvier 2023Un pub (contraction de public house) est un établissement dans lequel l’on consomme des boissons généralement alcoolisées (bière, whisky) qui se trouve en grand nombre en Grande-Bretagne, en Irlande, et en Bretagne, mais qui s’est également exporté dans d’autres pays anglo-saxons comme l’Australie. Il fait partie de la tradition de vie britannique, où il est d’usage de se rendre au pub en soirée afin de boire un verre entre amis. Il est par ailleurs possible d’y manger : la plupart des pubs servent aussi des repas chauds. Il faut être majeur (18 ans) pour pouvoir entrer dans un pub et y boire de l’alcool. Tous les pubs ne se ressemblent pas ; certains sont résolument orientés vers la jeunesse en diffusant une musique populaire à fort volume ; d’autres sont plus calmes et accueillent des classes d’âge plus diverses. Les premiers se rapprochent des boîtes de nuit, mais on y danse beaucoup moins. On les trouve davantage en centre-ville. Les seconds sont plus courants en périphérie et dans les campagnes anglaises, galloises, écossaises ou irlandaises. L’Irlande est réputée pour la qualité de ses pubs. Au Royaume-Uni, le patron d’un ou plusieurs pubs est appelé « publican » ou « landlord ». Depuis la Première Guerre mondiale et jusqu’au moins la fin des années 1970, sur décision du gouvernement qui craint que la bière ne détourne les ouvriers de la production d’armement, les pubs ferment à 21 h à Londres et 20 h dans le reste du pays. En Angleterre, la législation contraignait les pubs à fermer à 23 h. La précocité de ces fermetures conduisait les clients à consommer plus rapidement en fin de soirée, ce qui développa l’alcoolisme. Pour contrer cela, la législation a été modifiée et les pubs peuvent désormais rester ouverts plus tard. Plusieurs pubs, notamment dans le sud-est du pays, commencèrent à accueillir des concerts de groupes rock dans les années 1970, donnant naissance au mouvement Pub rock, qui a influencé la musique britannique et irlandaise des années 60, 70 et 80, jusqu’à l’arrivée massive de la dance et de la techno qui ont pénétré certains pubs, surtout fréquentés par les jeunes et les étudiants. La naissance progressive de l’Union européenne et de programmes comme Erasmus ont permis, grâce aux étudiants et aux amateurs de bière à la pression, la diffusion dans toute l’Europe du modèle du pub, avec bien sûr des variantes locales, régionales ou nationales. Ainsi, on trouve facilement des pubs non seulement dans les grandes villes d’Espagne, du Portugal, d’Italie ou de Grèce, mais aussi dans les villes des pays scandinaves, de Pologne, de la République tchèque ou d’Allemagne. La France compte plusieurs milliers de pubs, plutôt dans l’Ouest et le Nord à proximité de l’Angleterre ou dans des régions ayant un lien fort, parfois ancien, avec les îles britanniques (Normandie, Poitou-Charentes, Aquitaine…) et également dans le Nord-Est comme à Autun en Bourgogne. Mais ce sont les régions du Sud de la France qui ont connu depuis dix ans le plus grand nombre d’ouvertures. Comme le café ou la discothèque, le pub est un lieu de sociabilité qui a conquis le monde entier, surtout dans les grandes villes cosmopolites où existe une consommation de bières étrangères (anglaises, irlandaises, écossaises, australiennes…) importante. Malgré une apparente vitalité, le « pub » subi la forte concurrence avec d’autres types d’établissements (cafés, bars, clubs, discothèques…), la baisse de la consommation d’alcool, le vieillissement de la population des consommateurs ainsi que le changement des mœurs, des modes de vie et du rapport à la santé, mettent en danger la pérennité de nombreux établissements. Le pub est même un lieu en voie de disparition à Londres, dans sa banlieue et plus largement en Grande-Bretagne, pourtant à l’origine de ce type d’établissement. Le pub crawl Le « pub crawl » ou barathon en français, ou encore faire la tournée des grands ducs, est une tournée des pubs ou des bars, d’une même rue, d’un même quartier ou bien d’une ville, en une seule nuit au cours de laquelle on boit un verre d’alcool (le plus souvent une bière, mais parfois un gin, du whisky, un cocktail, etc.) dans chacun d’eux. Au Royaume-Uni, les « pub crawl » traditionnels sont généralement des soirées spontanées au cours desquelles les participants se donnent rendez-vous quelque part pour boire un verre puis décident ensuite en prendre un autre et ainsi de suite. De nos jours, il existe dans de nombreux pays européens et occidentaux des « pub crawl » organisés, qui permette habituellement durant ces soirées de bénéficier de shots gratuits ainsi que de réductions sur des sélections d’alcool. De plus, lors de la plupart de ces « pub crawls » organisés, il est possible de participer à des jeux à boire. On peut participer à un pub crawl seul ou avec des amis, le but étant de passer une bonne soirée dans une ambiance cosmopolite. Notons également l’existence de nombreux barathons organisés chaque année en circuits à travers la ville et ouverts à tous (surtout au Royaume-Uni), le plus souvent le jour de la Saint-Patrick ou encore à l’occasion de l’Oktoberfest de Munich. Binge drinking Le « binge drinking » est un terme anglo-saxon, traduit par « alcoolisation ponctuelle importante » (API) dans un temps très court, avec recherche d’ivresse, connu pareillement sous le terme « d’intoxication alcoolique aiguë » ou « alcoolisation massive ». Il concerne principalement les jeunes, en particulier ceux âgés entre 15 et 25 ans. Il correspond à un état d’ivresse aiguë avec des spécificités propres. Contrairement à une addiction, le « binge drinking » est un comportement choisi. L’effet recherché est l’ivresse obtenue le plus rapidement possible. Or c’est précisément cette vitesse de consommation qui est dangereuse. Cette pratique n’est pas le symptôme comportemental d’une dépendance, bien qu’il multiplie par 3 le risque de devenir alcoolo-dépendant chez les jeunes entre 18 et 25 ans. Au Royaume-Uni et en Irlande, le « binge drinking » est considéré comme un problème majeur de santé publique. Aux États-Unis, près de 25 % des Américains ont déjà pratiqué le « binge drinking ». Entrées similaires: Les bières irlandaises La bière des îles britanniques La Saint-Patrick La consommation et les usages de la bière Les bières belges Les bières de Budweis [...] Lire la suite…
25 janvier 2023Le whisky soda ou scotch soda est boisson composée de whisky et de soda ou d’eau gazeuse ou pétillantes naturelles. Il n’y a pas de ratio fixe des ingrédients : la quantité d’eau peut varier selon les goûts d’une goutte à plusieurs fois celle du whisky. La boisson peut être servie de différentes manières avec ou sans glace, et parfois aussi avec une simple garniture comme une touche d’agrumes. Le verre utilisé pour ce mélange peu importe qu’elle type le plus souvent de type old fashioned ou de type highball. Ce dernier, étant plus grand, est utilisé notamment lors de l’ajout de glace et/ou d’une quantité d’eau relativement plus importante. Le whisky soda n’est à proprement parler pas un cocktail au sens strict du terme, car il ne contient que deux ingrédients, mais malgré tout, il peut être considéré comme un cocktail de type highball (comme le gin tonic). Quel que soit le whisky utilisé, la boisson obtenue aura des caractéristiques largement similaires. Au Japon, le whisky-soda, préparé avec du whisky nippon « Suntory Kakubin », est dénommé highball. Au début du XXᵉ siècle, une boisson composée à parts égales de whisky et d’eau gazeuse, servie sur glace et appelée stengah était populaire parmi les sujets britanniques de l’Empire britannique en Asie. Le terme dérive du mot malais pour « moitié » (setengah). Cette pratique se répand dans les colonies françaises, notamment en Afrique, est appelée « Paig » ou « pègue ». Le Pègue est constitué d’un mélange de whisky et de Perrier. Une version avec de l’eau plate est appelée « Pègue à l’eau ». Le mot « pègue » est peut-être issu du mot occitan « empéguer » signifiant s’enivrer. Le whisky soda était l’une des boissons préférées de Winston Churchill. Entrées similaires: Le Whisky Le Whisky Corse Le saké Mezcal et Tequila Le Select Le Spritz [...] Lire la suite…
25 janvier 2023Étymologie À l’instar de la Vodka et de l’Aquavit (du latin aqua vitae), le mot whisky ou whiskey signifie simplement « eau ». Le mot vient du celtique uisge en gaélique écossais ou de uisce en gaélique irlandais. C’est uisge beatha en gaélique écossais et uisce beatha en irlandais qui signifient « eau-de-vie » et donc whisky en anglais. En anglais, le mot whisky est généralement employé pour désigner les productions écossaises, canadiennes et japonaises, alors qu’on utilise le mot whiskey pour les productions irlandaises et américaines. Cependant, ces nuances ne sont pas identiques dans toutes les langues. En anglais américain, par exemple, le mot scotch, abréviation de Scottish whisky (« whisky écossais »), désigne un whisky produit en Écosse. Dégustation Pour apprécier pleinement le goût d’un bon whisky, il est traditionnellement déconseillé d’y ajouter des glaçons. En effet, le choc thermique dénature les arômes et endort les papilles. Il est en revanche possible, voire recommandé dans certains cas, d’allonger son whisky avec un peu d’eau (seulement quelques gouttes). L’idéal serait l’eau de la source de la distillerie, mais celle-ci étant rarement accessible au consommateur, une simple eau minérale ou de source neutre, et à la rigueur l’eau du robinet (pourvu qu’elle n’ait pas de goût) conviennent tout à fait. Les connaisseurs affirment que cette adjonction permet de libérer les arômes. La quantité d’eau à ajouter dépend du whisky : certains doivent être dégustés au plus haut degré de confort (environ 43 % d’alcool), d’autres peuvent être allongés jusqu’à 30 degrés. Les premiers sont les whiskies gras et souples, bus généralement en digestifs, obtenus par des distillations lentes et vieillis dans des fûts ayant contenu un vin. Les autres sont les whiskies fumés vieillis dans du bois neuf. Tous les intermédiaires sont possibles avec les assemblages que l’on trouve sur le marché. Il faut donc déterminer soi-même la quantité d’eau optimale en la rajoutant progressivement. Le mélange optimal est obtenu lorsque l’expression aromatique spécifique du whisky dégusté est maximale lors d’une gorgée, sachant que la taille de la gorgée dépend du degré d’alcool (les gorgées d’un whisky moins alcoolisé peuvent être plus importantes sans entraîner de brûlure), et que l’eau modifie la hiérarchie aromatique et l’acidité. Il est également possible, voire recommandé dans certains cas, de boire l’eau à part du whisky. L’eau n’est alors jamais mélangée au whisky, ni dans le verre ni en bouche. Un verre de whisky puis un verre d’eau neutre avant le second verre de whisky. Certaines eaux sont connues pour cela, grâce à leur neutralité, comme la Tŷ Nant (« Maison au bord du ruisseau » en gallois), eau minérale embouteillée à la source à Bethania, Ceredigion au pays de Galles. C’est une méthode appréciée lors de dégustations de plusieurs whiskies, mais aussi en tant que mode de consommation habituel de whisky. Bien que le verre à whisky traditionnel (old fashion) soit de forme cylindrique, les connaisseurs recommandent plutôt des verres à whisky en forme de tulipe comme le verre à whisky Glencairn. Les principales qualités d’un whisky (force alcoolique, caractère fruité, boisé ou tourbé et âge) peuvent être déterminées par son seul nez (la palette olfactive, la dégustation s’appelle d’ailleurs nosing en anglais, qui fait référence à nose, le nez). Le « feu » d’un whisky peut aider à déterminer son âge. Si la force alcoolique se fait ressentir au début de la langue, alors le temps de vieillissement de ce whisky est de moins de dix ans. Plus le feu du breuvage se dirige en profondeur de la gorge, plus celui-ci a vieilli en fût. Les arômes du whisky peuvent être classés en deux catégories : ceux provenant du processus d’élaboration : céréales, fruités, tourbés, fumés, marins ; ceux provenant du vieillissement : boisés, épicés. La dégustation se décompose généralement en trois phases : Phase visuelle : la couleur et les reflets donnent des informations sur le type de fût dans lequel le whisky a vieilli, ainsi que sur son âge (le new spirit — whisky non vieilli — est incolore à sa sortie de l’alambic) ; la viscosité du whisky, appréciée en observant les traces laissées à la surface du verre (appelées « jambes » ou legs en anglais) lorsqu’on l’agite dans un mouvement circulaire, donne aussi des indices sur le type de fût utilisé et sur la durée de vieillissement ; la limpidité permet de savoir si le whisky a été filtré. Phase olfactive : le premier nez est une première approche des différents arômes. Cette étape consiste à déceler les arômes les plus volatils en plaçant son nez plus ou moins loin du verre ; le second nez consiste à effectuer des mouvements rotatifs avec le verre afin de révéler d’autres arômes. Il est souvent intéressant de recouvrir le verre quelques secondes avec sa main (ou avec le couvercle fourni avec certains verres de dégustation) afin de concentrer ces arômes. Phase gustative : la bouche l’attaque en bouche permet de distinguer les whiskys gras des secs et de comparer les saveurs fondamentales à l’approche olfactive ; le milieu de bouche est l’occasion de détailler les qualités du whisky. Si elles se renforcent, il est dit linéaire ; si elles évoluent, il est qualifié de complexe ; la finale permet d’apprécier la longueur du whisky et le retour de nez. Une fois le verre fini, elle permet d’apprécier les arômes des extraits secs qui peuvent révéler encore d’autres richesses. Churchill (cocktail) Créé pour Sir Winston Churchill, par Joe Gilmore (19 mai 1922 – 18 décembre 2015), qui était l’un des plus anciens barmen en chef (1954 à 1975) de l’american bar de l’hôtel Savoy, célèbre palace londonien. Les ingrédients les plus couramment utilisés sont du whisky écossais, du jus de citron vert, du Vermouth Doux et du Cointreau. L’American Bar de l’hôtel Savoy a été l’un des premiers établissements à introduire des cocktails à l’américaine en Europe. Le terme « American Bar » était utilisé à Londres pour désigner la vente de cocktails américains de la fin du XIXᵉ siècle. Joe Gilmore était célèbre pour ses nombreuses créations, dont le « Moonwalk » en l’honneur de Neil Armstrong, premier homme à marcher sur la Lune, et de son remède contre la gueule de bois consistait en deux aspirines et un « Corpse Reviver ». Les Corpse Revivers sont une série de remèdes contre la gueule de bois inventés pendant la prohibition, dont beaucoup ont été perdues avec le temps, mais dont plusieurs variantes que l’on pense généralement liées à l’american bar de l’hôtel Savoy subsistent, en particulier celles adoptées par Harry Craddock qui remontent à, au moins 1930 le Corpse Reviver #2 et dont une variante fut inventée en 1954 par Joe Gilmore, le « Savoy Corpse Reviver » mélange de Cognac, Fernet Branca, Crème de menthe blanche (get 27). Entrées similaires: Le Whisky Corse Le saké [...] Lire la suite…
25 janvier 2023Whisky Altore Le whisky Altore créé en 2003 par Pierre-Francois Maestracci, célèbre restaurateur et œnologue Corse, également fondateur en 2005 de la Brasserie Ribella, se veut être le premier à avoir créé et commercialisé un whisky corse. La société s’arrêta en 2014 après 11 années d’activité. Le whisky Altore était un « vatted malt » (pure malt) distillé en Écosse dans les Highlands, puis acheminé en Corse, près de Patrimonio où il est affiné dans des fûts de chêne ayant contenu du vin Cap Corse ou du Muscat local. Il est ensuite coupé avec l’eau de la source du canton de la Conca-d’Oro à Patrimonio, permettant de réduire le taux d’alcool de 70° à 40°. Ce whisky existe en deux versions : Altore 40° Altore Reserve Moresca Finish 40° Le whisky corse P&M Le whisky corse P&M est fabriqué par la Brasserie Pietra et la Distillerie Mavela à proximité d’Aléria. La distillerie Mavela Fondé en 1990, par Stefanu Venturini, le domaine de Mavela est une distillerie artisanale qui produit : eau-de-vie, liqueur, apéritif distillé, principalement avec les baies et des fruits endémiques de l’ile : myrte, cédrat, châtaigne, ainsi que les framboises, prunes et poires william’s cultivées à proximité du domaine par des agriculteurs locaux dans le respect de l’environnement. La cueillette des baies sauvages du maquis ainsi que la récolte des fruits se fait à la main, comme toutes les étapes précédant la distillation : épluchage, mise en macération et filtrage. La période de distillation s’étale sur toute l’année et s’effectue au rythme des saisons : mai-juin : framboises juillet-aout : poire et raisin septembre : prune octobre : châtaigne novembre : cédrat décembre-janvier : myrte. En 1999, la distillerie s’est dotée d’un alambic Holstein, d’une capacité de 1 000 L, année où elle commence à concevoir en association avec la brasserie Pietra le whisky P&M. Les whiskys P&M Les whiskys P&M produits sont fabriqués avec de la bière distillée. Sa fabrication nécessite une brasserie (Pietra) où se font les étapes de brassage et de fermentation. Le wash P&M est ensuite distillé chez Mavela, pour sa transformation en alcool pur. C’est dans un alambic Holstein que se feront les distillations nécessaires à cette transformation. Le whisky P&M est ensuite élevé en fûts de chêne, dilué à l’eau de source et assemblé au domaine de Mavela. La maturation se fait en fûts d’eau-de-vie de châtaigne et en fûts de malvoisie et de muscat du domaine de Gentile. Le Whisky P&M Single Malt 7 years a obtenu une note de 95/100 dans la bible du whisky de Jim Murray 2014. Le classant au 5e rang Mondial. Embouteillages de whiskys P&M Single Malt Whisky 7 ans – 42 % – Single. P&M Single Malt Whisky Signature – 42 % – Single. P&M Single Malt Whisky Tourbé – 42 % – Single. P&M Single Malt Whisky Red Oak – 42 % – Single. P&M Whisky Vintage – 40 % – Blend. Entrées similaires: Le saké La bière en France L’histoire de la « 33 export » [...] Lire la suite…
25 janvier 2023En français, le mot saké désigne une boisson alcoolisée japonaise à base de riz. Il s’agit d’un alcool de riz produit par fermentation titrant de 11 à 20°. En japonais, bien que ce même terme sake ou o-sake désigne cette boisson, son sens peut s’étendre selon le contexte à toute boisson alcoolisée, aussi les Japonais utilisent-ils plutôt le terme nihonshu (littéralement « alcool japonais »), pour être plus spécifique. Bien que parfois abusivement baptisé vin japonais (Japanese wine) par les Japonais eux-mêmes, le saké, au sens strict de nihonshu, est une « bière de riz », c’est-à-dire une eau de source dans laquelle on a fait étuver et fermenter du riz, après saccharification à l’aide d’une moisissure appelée kōji-kin (littéralement « microbe-levure »). Ce champignon ascomycète, dont le nom scientifique est Aspergillus flavus var. oryzae permet de se dispenser du maltage utilisé pour d’autres alcools. À la différence de la bière, le saké ne présente toutefois aucune effervescence. Le saké diffère fondamentalement des autres alcools servis dans les restaurants chinois et vietnamiens d’Europe, appelés abusivement saké par les consommateurs ou même les serveurs. Il s’agit alors le plus souvent d’une eau-de-vie chinoise dénommée Baijiu obtenu par distillation de vin de céréale, à base de sorgho ou plus rarement de riz gluant, et souvent mélangé au maïs, blé, orge, orge du Tibet ou de millet ou de « Lúa mới » vietnamien. Le shōchū japonais est apparenté. Le plus répandu est le « méiguīlù jiǔ » ou Mei Kwei Lu, littéralement « alcool de sirop de rose », qui est eau-de-vie chinoise (Baijiu) de sorgho distillé, titrant de 50° à 54°, aromatisé à l’extrait de rose et beaucoup plus rarement d’alcool de riz chinois. L’agent qui est à la base de leur transformation en alcool est un autre champignon, Choum-choum (Rhizopus oryzae), et ce sont en général des alcools distillés. Celui-ci donne son nom au Choum, liqueur fabriquée en Chine et en Asie du Sud-Est, distillée à partir de riz fermenté. Le Choum est souvent aromatisé avec des fleurs ou des extraits de fruits. Le Choum est également appelé Choum-choum au Viêt Nam. Entrées similaires: Il n’y a pas d’entrée similaire. [...] Lire la suite…
25 janvier 2023Georg Schneider C’est en 1852 que Georg Schneider, un brasseur et tenancier de saloon de Saint-Louis, ouvre la « brasserie bavaroise » à Saint-Louis (Missouri), initialement située sur l’avenue Carondelet (devenue South Broadway) entre les rues Dorcas et Lynch dans le sud de la ville. En 1856, la « brasserie bavaroise » se développe et une nouvelle brasserie est construite. Cependant, l’année suivante, des problèmes financiers l’ont forcé à revendre sa brasserie. Hammer und Urban Adam Hammer est un universitaire et médecin militaire de Mannheim et ayant fui l’Allemagne après la révolution badoise de 1848 et s’installe à St. Louis, Missouri, le 28 octobre 1848, et ouvre un cabinet médical. 1850–1872, il était membre de la « Société médecine de Saint-Louis ». En 1860, Hammer fut membre de la délégation à la Convention nationale républicaine de Chicago et œuvre pour le maintien de la langue et de la culture allemandes aux États-Unis. Pendant la guerre civile américaine, il était en avril 1861 lieutenant-colonel du 4e régiment du Missouri. En 1862, il rejoint la « Saint-Louis Emancipation Society ». De 1862 à 1865, il a travaillé comme médecin militaire dans l’armée de l’Union, et comme directeur médical de « l’hôpital de la marine » et de « l’hôpital des réfugiés » à Saint-Louis. Après sa retraite du service militaire, il se consacre à l’organisation des hôpitaux. Suite à un conflit prolongé avec la «Medical Society», il rentra en Europe en 1872. En décembre 1857, ses frères, Karl et Philipp Hammer, acquièrent la brasserie bavaroise de Georg Schneider qui était en difficulté financière. En 1858, ils prirent leur frère Adam Hammer comme associé, puis en novembre de la même année, ils lui laissèrent leurs parts de la brasserie. En tant que propriétaire unique, Hammer s’est rapidement rendu compte qu’il ne pouvait pas gérer l’entreprise sans un nouveau partenaire. Il trouva un associé en Dominic Urban et la sociaté pris le nom de «Hammer und Urban». Ensemble, ils ont modernisé la brasserie. Hammer et Urban ont pu facilement obtenir les prêts nécessaires grâce à leurs bonnes relations avec le monde financier de Saint-Louis. À la fin de 1859, la production de bière était de 508 800 litres. Cependant, la production de la bière a dépassé la demande, car les ventes laissaient à désirer, ce qui a conduit à la faillite en 1860. Eberhard Anheuser qui avait investi la somme énorme de 90 000 $ de l’époque sous forme de prêt, l’a repris. Eberhard Anheuser En 1860, la brasserie bavaroise, au bord de la faillite, est achetée par William D’Oench, un pharmacien local et Eberhard Anheuser ayant immigré en 1842, originaire de Rhénanie (Allemagne), devenue après quelques années un fabricant prospère de bougies et de savon établi à St. Louis. D’Oench a été partenaire dans l’entreprise jusqu’en 1869, date à laquelle il vendit sa demi-participation dans l’entreprise. De 1860 à 1875, la brasserie est connue sous le nom E. Anheuser & Co, et de 1875 à 1879 en tant que société Anheuser E. Brewing Association, puis fut finalement rebaptisée Anheuser-Busch Brewing Association. Adolphus Busch Adolphus Busch est né le 10 juillet 1839 à Kastel, dans le Grand-Duché de Hesse. Sa famille dirigeait une entreprise de négoce de vins et de bières. En 1857, à l’âge de 18 ans, alors que la plupart de ses frères et sœurs sont restés en Allemagne, Adolphus Busch émigra aux États-Unis avec trois de ses frères aînés (Johann, Ulrich et Anton) et s’installèrent à Saint-Louis, Missouri qui était une destination importante pour les immigrants allemands au dix-neuvième siècle. Plus tard, Johann, construisit une brasserie à Washington dans le Missouri, Ulrich, qui comme Adolphus a épousé une fille d’Eberhard Anheuser, a vécu avec elle à Chicago où il exerçait comme fournisseur de brasserie, et Anton, marchand de houblon qui est revenu plus tard à Mayence. Avant-dernier fils d’une famille de vingt enfants, Adolphus Busch ne s’attendant pas à hériter de quoi que ce soit de la fortune familiale, dut se débrouiller pour vivre. Il fut d’abord commis dans la société de vente en gros de William Hainrichshofen, c’est là qu’il y apprend les bases du métier de négociant. Puis en 1859, il entre dans l’armée de l’Union où il est impliqué dans des combats avec des voleurs de chevaux et des Indiens Shoshone. Il quitte l’armée six plus tard, lorsqu’il apprend le décès de père et qui avait hérité d’une partie de la succession. L’héritage parental payé, Adolphus Busch s’est associé à Ernst Battenberg à Saint-Louis pour fonder la première de ses entreprises, une société d’approvisionnement aux brasseries de la ville, dont la brasserie bavaroise d’Eberhard Anheuser dont il épousa la fille Lilly âgée de 17 ans, le 7 mars 1861. En 1865, Adolphus Buschs racheta les parts de son associé et renomma l’entreprise en « Adolphus Busch & Co. ». Eberhard Anheuser avait fait fortune dans le savon, mais les connaissances nécessaires dans le commerce de la brasserie et a donc décidé de recruter un spécialiste. En 1864, il motiva son gendre à passer à la direction de la brasserie « Anheuser & Co. ». De retour à Saint-Louis après la guerre civile, Adolphus Buschs est entré dans la brasserie familiale de sa femme et continua à gérer les deux sociétés en parallèle jusqu’en 1869, puis vendit sa participation dans « Adolphus Busch & Co » et racheta les parts de William O’Dench qui détenait la moitié de la brasserie d’Eberhard Anheuser. Innovations Lors de voyages en Europe au début des années 1870, Adolphus Buschs fait une tournée en Europe et étudie les changements dans les méthodes de brassage qui avaient lieu à l’époque, notamment avec le succès de la pils, qui comprenait une variante populaire brassée en Bohème dans la ville de Budweis (České Budějovice). C’est durant cette période qu’Adolphus Busch eu l’idée de développer une marque de bière nationale américaine ayant un goût universel. Il s’intéresse également aux travaux de Louis Pasteur et la destruction des germes pathogènes par chauffage et brusque refroidissement : la pasteurisation. À son retour, il a commencé à apporter d’importantes innovations scientifiques et technologiques, dont la pasteurisation de la bière, dont il fut le premier à l’appliquer. Ce qui permit à la brasserie Anheuser de livrer une bière de qualité constante dans tout le pays. Carl Conrad Carl Conrad était un importateur de vins et champagnes et s’était associé à Adolphus Busch pour produire une nouvelle bière de type « Pils » en s’inspirant d’une bière ramenée par des immigrés venant de la ville de Budweis (Bohème). En 1878, ils lancent et déposent la marque commerciale américaine « Budweiser ». Carl Conrad détenait la marque du nom Budweiser, qu’il faisait fabriquer par Anheuser-Busch pour son entreprise. En octobre 1882, Adolphus Busch racheta les droits de la marque Budweiser à Carl Conrad, que la brasserie « Anheuser-Busch Brewing Association » commercialise sous ce nom depuis 1883. Développement Puis Adolphus Buschs s’est intéressé à conquérir de nouveau marché en développant et modernisant les réseaux de distribution de l’entreprise en s’appuyant sur une seule marque principale, la Budweiser. Dans les années 1890, il adapte le slogan datant du XVIe siècle de la Budweiser de Budějovice « The Beer of Kings » (La bière des rois) et le transforme en « The King of Beers » (La reine des bières). Comme pour la plupart des grandes brasseries de l’époque, deux autres facteurs favorisaient une production à grande échelle et une utilisation généralisée : l’invention de la machine à glace par Carl von Linde et l’avancée de l’infrastructure ferroviaire. Adolphus Busch fut dès 1876, précurseur dans l’utilisation dans la réfrigération mécanique, le transport par wagons frigorifiques à la mise en place un réseau de chambres froides le long des axes ferroviaires les plus importants, ce qui a permis de refroidir sa bière sur de longs trajets de transport et donc d’assurer la qualité. En conséquence, les premiers camions avec refroidissement dans cette industrie ont suivi plus tard. Anheuser-Busch fut alors l’une des premières sociétés à transporter de la bière dans tous les États-Unis utilisant des wagons frigorifiques de chemin de fer. En 1877, l’entreprise possédait une flotte de quarante wagons frigorifiques pour le transport de la bière. Adolphus Busch fut également le premier à mettre en bouteille de manière intensive. L’expansion de l’aire de distribution de l’entreprise conduisit à une demande accrue pour les produits Anheuser et la société agrandit considérablement ses installations de Saint-Louis dans les années 1870. Les expansions de production conduisent à passer de 31 500 barils en 1875 à plus de 200 000 en 1881. En 1879, la société a été rebaptisée « Anheuser-Busch Brewing Association » en reconnaissance de ses énormes services. Quand Anheuser mourut l’année suivante, Busch devint président de ce qui est aujourd’hui la plus grande brasserie des États-Unis et le resta jusqu’à sa mort. La famille Busch contrôlera entièrement l’entreprise jusqu’à la revente d’Anheuser-Busch à InBev en 2008. En 1907, la société « Anheuser-Busch » a par ailleurs enregistré la marque « Budweiser » auprès de l’American Trademark Office, ce qui a déclenché les litiges juridiques et s’efforce depuis progressivement d’acquérir ces droits de marque dans le monde entier. Intégration verticale Adolphus Busch a été l’un des premiers à adopter l’intégration verticale, procédé qui consiste, pour une entreprise, à intégrer dans sa propre toutes les activités qui pourraient dépendre de fournisseurs, ou de clients. Pour rationaliser les opérations de la compagnie de wagons frigorifiques, Busch crée la « St. Louis Refrigerator Car Company » en 1878, qui est chargée de la construction, la vente et la location de wagons frigorifiques. En 1883, la société détenait 200 voitures et, en 1888, 850. Les capacités de transport de la société « Anheuser-Busch » ont fait de la « Budweiser » la première marque de bière nationale aux États-Unis, commercialisée en tant que bière de première qualité (premium). Cette même année, il crée la « Adolphus Busch Glass Manufacturing Company » pour produire des bouteilles de bière. En 1901, la production de bière d’Anheuser-Busch dépassait le million de barils pour la première fois en un an. Par la suite, il a acheté d’autres entreprises d’embouteillage, puis des usines de fabrication de glace, des fabricants de tonneau, des forêts, des mines de charbon et une compagnie de réfrigération. Il a également acheté des chemins de fer. En 1893, lors de l’un de ses voyages en Allemagne, il découvre le moteur diesel, dont il a immédiatement reconnu l’intérêt. En 1897, il en achète les droits de fabrication pour les États-Unis à Rudolf Diesel, et crée la « Diesel Motor Company of America » et fit construire le premier moteur diesel aux États-Unis. En 1912, il fonde la « Busch-Sulzer-Brothers Diesel Engine Company » avec l’ingénieur suisse Sulzer à Saint-Louis . La famille Busch a par ailleurs acquis des fermes de houblon dans la région près de Cooperstown, New York. Campagnes publicitaires Au cours des années 1880 et 1890, Adolphus Busch a lancé une série de publicités et créé une ligne d’objets promotionnels valorisant l’entreprise, comme : des ouvre-bouteilles, des calendriers, des tire-bouchons, des couteaux de poche, des cartes postales et des impressions lithographiques. La plus célèbre d’elles représentait le dernier combat du général Custer, réalisée par l’artiste de Saint-Louis Cassilly Adams. En 1896, il en a distribué des milliers d’exemplaires dans les bars et marchands de boissons. Finalement, ce seront plus d’un million d’exemplaires de cette représentation historique qui seront produits, et qui deviendra « l’une des œuvres d’art les plus populaires de l’histoire américaine ». Le tournant du XXᵉ siècle Au début du 20e siècle, la société Anheuser-Busch continua d’agrandir ses installations de production pour répondre à la demande. En 1905, la société a construit de nouveau entrepôt de stockage à Saint-Louis et en 1907, elle produisait près de 255 millions de litres de bière. Au fur et à mesure que les demandes d’interdiction de l’alcool aux États-Unis progressaient, « Anheuser-Busch » commença à produire des boissons sans alcool et à faible teneur en alcool (connues sous le nom de Near beer) ; le plus réussi d’entre elle fut la « Bevo », une boisson maltée introduite en 1908. Après la mort d’Adolphus Busch en 1913, le contrôle de l’entreprise passa à son fils, August. Anheuser Busch, qui a continué à lutter contre la montée des prohibitionnistes. Dans le cadre d’un effort pour améliorer la respectabilité des débits de boissons, August Busch a construit trois restaurants haut de gamme à Saint-Louis dans les années 1910 : l’auberge Stork, l’auberge Gretchen (maintenant connue sous le nom de Feasting Fox) et le moulin Bevo. Entre 1917 et environ 1925, la société a fabriqué un certain nombre de voitures particulières appelées Anheuser-Busch. Sous sa direction, l’entreprise due maintenir la prospérité d’Anheuser-Busch pendant la Première Guerre mondiale face aux préjugés anti-allemands, à la prohibition et à la Grande Dépression en innovant et en se diversifiant. La prohibition Comme pour tous les brasseurs, producteurs de vin et spiritueux des États-Unis, la montée en puissance des Ligues de tempérance (mouvement fondé sur un ordre moral et religieux, parfois associa au mouvement féministe, l’alcool étant souvent la cause de violences conjugales et absorbant une part substantielle des revenus des familles à bas revenus) demandant l’interdiction de l’alcool aux États-Unis a porté un coup dur à l’entreprise entre 1910 et 1933 qui vécue une période difficile. Elle dut se reconvertir dans la production de crème glacée, de boissons non alcoolisées, de levure de boulanger et à la vente d’autres produits réfrigérés. La prohibition fut ratifiée aux États-Unis par le 18e amendement le 29 janvier 1919 puis entérinée par le Volstead Act du 28 octobre 1919. La prohibition pris fin en 1933 par l’abrogation du 18e amendement par la ratification du 21e amendement de la Constitution américaine. Anheuser-Busch international En 1957, « Anheuser-Busch » est devenu le plus grand brasseur des États-Unis. En 1981, fut créée « Anheuser-Busch International, Inc. » et fut cotée à la Bourse de New York sous le code BUD. À l’international, le groupe « Anheuser-Busch » opère et exploite des brasseries sous son propre nom, mais également à travers diverses filiales, telles que « Budweiser Stag Brewing Company Ltd. » au Royaume-Uni, à 50 % dans « Grupo Modelo » au Mexique, ou encore en Chine avec 29 % de le « Harbin Brewery Group Ltd. » et 27 % de « Tsingtao Brewery Company » en Chine. Outre les brasseries, le groupe possédait l’équipe de baseball des « St. Louis Cardinals » du milieu des années 1950 à mars 1996. Elle est propriétaire du « stade Busch », construit aux frais de la brasserie au début des années 1960 et qui porte toujours le nom de l’entreprise, bien qu’il fût démoli et reconstruit en, 2006 et nommé « Busch Stadium ». Elle possède aussi des chaînes de parcs d’attractions, dont « SeaWorld » et « Busch Gardens » revendu en 2009, ainsi que des sociétés de production, de vente et de conditionnement qui soutiennent l’activité de la bière. Anheuser-Busch exploite aussi un réseau de douze brasseries aux États-Unis : à son siège social à Saint-Louis (Missouri) ainsi qu’à Baldwinsville (New York), Cartersville (Géorgie), Columbus (Ohio), Fairfield (Californie), Fort Collins (Colorado), Houston (Texas), Jacksonville (Floride), Los Angeles (Californie), Merrimack (New Hampshire), Newark (New Jersey) et Williamsburg (Virginie). Elle fut rachetée le 14 juillet 2008, le groupe est racheté par InBev (groupe brassicole belgo-brésilien exploitant notamment les marques Beck’s, Stella Artois, Jupiler, Hoegaarden, Leffe, Bass, Labatt et Brahma. Le nouveau groupe formé par ce rachat, renommé en « Anheuser-Busch InBev », détient ainsi une position renforcée de premier producteur de bière au monde, lui permettant huit ans plus tard d’absorber également SABMiller. La société, de Saint-Louis, avant son acquisition en 2008 par InBev, exploitait 15 brasseries à l’international : 14 en Chine et une au Royaume-Uni. Elle brasse une quarantaine variétés de bières et liqueurs de malt dont les principales marques commercialisées sont Budweiser, Michelob, Busch. Anheuser-Busch InBev En 2008, le groupe belge InBev (ex Interbrew) a fait une offre publique d’achat que le public américain considérait comme une atteinte à l’identité nationale. De nombreux politiciens et responsables syndicaux américains se sont opposés à la prise de contrôle de l’entreprise, néanmoins le conseil d’administration approuva le rachat. Anheuser-Busch est devenue une filiale à 100 % de la nouvelle société, dépendante de la branche Amérique du Nord du nouveau groupe AB InBev. Début 2009, AB InBev a transformé une entreprise familiale qui ne regardait peu à la dépense en une entreprise qui se concentre intensément sur la réduction des coûts et les marges bénéficiaires, tout en repensant la façon dont elle vend de la bière. Ainsi, « AB InBev » s’est concentré sur la réduction des coûts dans sa filiale Anheuser-Busch et a mis en œuvre une rémunération liée aux performances, avec plusieurs autres changements. Elle a immédiatement licencié 1 400 employés et 415 entrepreneurs, elle a vendu « Busch Entertainment Corporation » qui comprenait ses trois sites SeaWorlds ainsi que les avions de la société et allongé les conditions de paiement des fournisseurs et introduit la budgétisation à base zéro. Pour les salariés, AB InBev a mis fin aux avantages indirects tels que les assistants de direction pour la direction générale, les cotisations de l’entreprise au plan de retraite des salariés et l’assurance-vie fournie par l’entreprise aux retraités. Elle a également réduit le nombre de téléphones portables fournis par l’entreprise, récupérant 1 200 Blackberries et a mis fin au remboursement des frais de scolarité et aux indemnités de départ. De plus, les billets gratuits pour les matchs de baseball des Cardinals de St. Louis et pour « Busch Gardens » ont été retirés aux employés et elle a cessé de fournir de la bière gratuitement à ses employés et aux visiteurs de ses parcs à thème. InBev a vendu aux enchères plusieurs grands actifs dans le but de rembourser la dette des banques qui ont financé la fusion. Elle a vendu la participation de 27 % d’Anheuser-Busch dans Tsingtao en Chine, elle a vendu quelques usines de fabrication de canettes et de capsules. Ces mesures de réduction des coûts ont rapidement réduit la dette d’AB InBev de 56,6 milliards de dollars en 2008 à 30,1 milliards de dollars à la fin de 2012. Une fois la restructuration terminée, il ne restait plus que trois cadres dirigeants d’Anheuser-Busch. American Bud(weiser) Composée de houblon, de malt d’orge et de riz, elle est clarifiée sur un lit de copeaux de hêtre et subit une deuxième fermentation. C’est une bière filtrée disponible en fut ou en boite et bouteille. Titrant à 5° d’alcool, le fabricant recommande de la boire fraîche à 6 °C. Des versions plus faibles sont distribuées dans les régions où les lois sur l’alcool sont restrictives. Souvent considérée comme étant le standard en matière de bière légère, rafraîchissante et peu corsée de style américain, son manque de saveur est, en général, peu apprécié des consommateurs européens. En 1980, Anheuser-Busch et la brasserie canadienne Labatt (devenue filiale du groupe Anheuser-Busch InBev en 1995) signèrent une entente de 18 ans pour la distribution des produits de « L’Américaine » au Canada. Le procédé brassicole d’Anheuser-Busch ne respectant les normes canadiennes de l’époque (notamment le degré minimal d’alcool pour que la boisson soit appelée bière : 5 %), il fut décidé que la bière serait brassée sur le sol canadien, diminuant, de fait, les coûts de la distribution (aucun traité de libre-échange n’existait alors entre les États-Unis et le Canada). En 1998, cette entente fut reconduite, cette fois à perpétuité. Le goût de la Budweiser Canadienne est légèrement différent et un peu plus corsé. La Bud(weiser) d’Anheuser-Busch est la deuxième bière la plus vendue au monde, après la bière chinoise Snow. La contrefaçon alléguée de la bière tchèque de même nom a conduit à de nombreux procès entre les deux brasseries. Packaging Au fil des années, la Budweiser a été distribuée dans des contenants de différentes formes et différentes tailles. Jusqu’au début des années 1950, Budweiser était principalement distribué en trois emballages : les fûts, les bouteilles de 355 ml et les bouteilles de 0,95 l. Les boites ont été introduites pour la première fois en 1936, ce qui a contribué à l’augmentation des ventes. Bouteille La bouteille Budweiser est restée relativement inchangée depuis son introduction en 1876. Une petite étiquette est apposée sur le goulot de la bouteille avec le logo « nœud papillon » Budweiser. L’étiquette principale est rouge avec une boîte blanche au centre, recouverte d’un logo Budweiser ressemblant à un blason, avec le mot « Budweiser » en dessous. Boite Pour tenter de relancer l’intérêt pour leur bière après l’abrogation de la prohibition, Budweiser a commencé à mettre sa bière en boite de métal en 1936. Ce nouvel emballage a conduit à une augmentation des ventes qui a duré jusqu’au début de la Seconde Guerre mondiale en 1939. Au fil des ans, les boites de Budweiser ont subi divers changements de conception en réponse aux conditions du marché et aux goûts des consommateurs. Depuis 1936, 12 modifications majeures de la conception des boîtes ont eu lieu, sans compter les conceptions temporaires des éditions spéciales. Les boites de Budweiser ont traditionnellement affiché des symboles patriotiques américains, tels que les aigles et les couleurs rouge, blanc et bleu. En 2011, une refonte de la marque a éliminé une partie des images traditionnelles. Le nouveau design était en grande partie en réponse à l’énorme baisse des ventes menaçant le statut de Budweiser en tant que bière la plus vendue en Amérique. Afin de regagner les parts de marché intérieur que Budweiser a perdu, la société a essayé de mettre à jour son apparence en donnant à la boîte un aspect plus contemporain. L’entreprise espère que le nouveau design compensera les effets du chômage sur ses ventes. Bien que le design soit plus moderne, il s’adresse aux jeunes hommes américains, il fait également partie d’une tentative de se concentrer sur le marché international. Michelob Michelob est une lager pâle à 4,7 % développée par Adolphus Busch en 1896 comme « bière pression pour les connaisseurs ». En 1961, Anheuser-Busch a produit une version pasteurisée de la Michelob ce qui permit de l’expédier à travers les États-Unis. La Michelob en bouteille était à l’origine vendue dans une bouteille en forme de goutte d’eau, elle reçut en 1962 une médaille de l’Institute of Design. Repensée cinq ans plus tard, pour plus d’efficacité dans la chaîne de production, elle sera utilisée jusqu’en 2002 lorsqu’elle a été abandonnée au profit d’une bouteille traditionnelle. La société a réalisé plusieurs variantes de la marque comme en 1978 la « Michelob Light », en 1981, la « Michelob Classic Dark » (uniquement en fûts, puis trois ans plus tard une version bouteille), en 1991, la « Michelob Golden Draft » a été mise sur le marché pour concurrencer la bière « Miller Genuine Draft » dans le Midwest. En 1997 fut créé plusieurs bières spéciales dont : Michelob Honey Lager Michelob Pale Ale Michelob Marzen Michelob Pumpkin Spice Ale Bourbon Cask Ale de Michelob Winter puis en 1998 la « AmberBock » lager ambrée à 5,1 % qui utilise du malt d’orge noir torréfié. Depuis l’origine, les bières spéciales ont eu une distribution très limitée et saisonnière. Parmi les autres bières spéciales qui ne sont plus en production, citons : « Michelob Hefeweizen » et « Michelob Black & Tan ». La brasserie continue d’expérimenter à travers ses bières spéciales de nouveau produits comme en 2005, une bière à la vanille vieillie en chêne, en 2006, une bière au chocolat comme bière de noël ou encore des biere de saison comme la « Michelob Bavarian Style Wheat » et la « Michelob Porter » qui lui permir en 2007, Michelob a lancé sa gamme de spécialités saisonnières. Michelob Bavarian Wheat (été) Michelob Marzen (automne) Michelob Porter (hiver) Michelob Pale Ale (printemps) Busch beer La Busch Beer, une bière blonde pâle de marque économique à 4,3 %, introduite en 1955 sous le nom de « Busch Bavarian Beer », elle devient en 1979 « Busch Beer ». Les autres bières commercialisées sous le nom de marque Busch sont « Busch Light », une lager pâle à 4,1 % introduite en 1989, « Busch Ice », une bière glacée à 5,9 % introduite en 1995, et « Busch NA », une bière sans alcool. Les ingrédients sont un mélange de houblon cultivé aux États-Unis et importé et une combinaison de malt et de maïs. Vendu à un prix légèrement inférieur à celui de la marque phare Budweiser, elle est la deuxième marque la plus populaire d’Anheuser-Busch. En septembre 2020, Busch a lancé « Dog Brew », une boisson non alcoolisée pour chiens. La « bière » ne contient ni alcool ni houblon, mais est plutôt faite avec du bouillon d’os de porc, de l’eau, des légumes, des herbes et des épices. Marketing budweiser Budweiser est à l’origine d’une publicité ayant fait l’objet d’un véritable « mème » au début des années 2000. On y voit un échange téléphonique entre quelques personnages désœuvrés dont la conversation se résume à Whassup (parfois orthographié Wazza), déformation de l’anglais What’s Up ? (Quoi de neuf ?). Ce « mème » a été repris par un grand nombre d’internautes dans des vidéos parodiques. Une parodie de cette publicité a aussi été utilisée par le parti démocrate lors de l’Élection présidentielle américaine de 2008, mettant en scène les mêmes personnages à la suite de la guerre d’Irak, de la crise des subprimes et de l’ouragan Katrina. Budweiser est aussi sponsor de la Coupe du monde de football de 2018. Projets En 2017, l’entreprise étudie la faisabilité d’un projet de brassage de bière sur Mars. Le 4 décembre 2017, des grains d’orge sont envoyés via un cargo SpaceX vers la station spatiale internationale. Ils doivent y rester environ un mois afin d’étudier leur comportement face aux radiations et à l’absence de gravité. En mai 2018, Anheuser-Busch est devenu un pionnier des poids lourds électriques en passant une commande auprès de la société Nikola Motor de 800 camions fonctionnant à l’hydrogène dont les premières livraisons doivent commencer courant 2020. Litige sur le droit des marques La brasserie tchèque « Budweiser » a tenté de se défendre contre ce plagiat par une action en justice. Il s’agit du plus ancien conflit commercial encore irrésolu à ce jour, puisque les premières traces de procès datent de 1880. Même si, depuis 1907, un compromis entre les deux sociétés réserve le nom Budweiser à la marque bohémienne (devenue tchèque depuis) en Europe (excepté pour les îles Britanniques où les deux compagnies peuvent utiliser le nom) et à la marque américaine aux États-Unis et au Canada. En Europe, la bière américaine est distribuée sous les noms d’Anheuser-Busch B en Allemagne, en Autriche et en Suisse et sous le nom de Bud dans les autres pays. Les Tchèques ont toujours avancé que Budweiser n’est pas un nom générique, mais doit se rapporter à une bière brassée à Budweis (České Budějovice). Un accord signé le 8 janvier 2007 entre « Anheuser-Busch » et « Budějovický Budvar Národní Podnik » (BBNP) avait marqué une évolution importante dans le conflit commercial entre les deux brasseurs dans lesquels Anheuser-Busch devient l’importateur américain de la bière Czechvar Premium (nom de la Budweiser Budvar aux États-Unis). Un verdict de la Cour européenne de justice de juillet 2010 stipule que Budweiser Budvar a l’usage exclusif de la marque Budweiser dans l’ensemble de l’Union européenne. En 2013, le nombre de procès entre les deux compagnies (Anheuser-Busch et Budějovický Budvar) est estimé à 124, « Budweiser Budvar » en a gagné 89 et 8 se sont terminés par une conciliation. Entrées similaires: La bière aux États-Unis Les bières de Budweis La consommation et les usages de la bière La Cannstatter Volksfest de Stuttgart La Tsingtao La Saint-Patrick [...] Lire la suite…
25 janvier 2023Des origines anglo-néerlandaises L’histoire de la bière aux États-Unis et au Canada remonte à la période coloniale. Elle commence lorsque qu’en 1609 l’anglais Henry Hudson, au service de la Compagnie hollandaise des Indes orientales, remonta le fleuve qui portera désormais son nom qui, en 1614, installa des comptoirs dans toute la région, rebaptisée la Nouvelle-Néerlande ou Nouvelle-Belgique de 1609 à 1674 (Nieuw Nederland ou Novium Belgium) située entre les fleuves Delaware et Connecticut. Pierre Minuit, troisième gouverneur de la colonie Nieuw Nederland, devenue la Nouvelle-Néerlande, négocie l’achat de l’île de Manhattan aux Amérindiens Lenapes. Même si les premières traces de brassage dans cette région remonte à 1587, la première brasserie commerciale aux États-Unis fut construite par la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales en 1632 au sud de Manhattan à New York. Puis le 5 février 1663, un certain Nicholas Varlett a obtenu un brevet ouvrir pour une brasserie sur Castle Point à Hoboken dans le New Jersey de Peter Stuyvesant, dernier directeur-général néerlandais à avoir administré la colonie de la Nouvelle-Néerlande, pour le compte de la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales, avant que les Anglais ne s’en emparent. Les traditions brassicoles et les populations venues de Grande-Bretagne et des Pays-Bas firent que la consommation de bière fut supérieur à celle du vin. Tradition allemande et d’Europe centrale Jusqu’au milieu du XIXe siècle, les bières « ales » de type britannique dominaient le brassage américain, mais cela changea lorsque les immigrants allemands ont apporté leur méthode brassage et leur bière blonde à plus longue durée de conservation se sont avérés plus rentables pour la fabrication et l’expédition à grande échelle. Le houblonnage de la bière fit la différence avec ses qualités de conservation, tandis que les bières locales non houblonnées de l’époque devenaient rapidement aigres et constituaient un risque perçu pour la santé. La bière blonde brassée par ces sociétés était à l’origine basée sur plusieurs types différents d’Europe centrale, dont la Pilsener : la pils. Ces types de bières utilisant du houblon tchèque doux, de l’orge d’hiver à 6 rangs, pâle et légèrement torréfié, et souvent avec des compléments tels que le riz et le maïs, l’ont progressivement emporté. La steam beer La steam beer (« bière vapeur ») est un type de bière de fermentation haute originaire des États-Unis. C’est le seul type proprement américain (quoiqu’il existe une version similaire en Allemagne, la dampfbier). Elle est obtenue par l’adjonction de levure à fermentation basse portée à haute température, ainsi que de bière jeune au moût. Elle est apparue dans la région de San Francisco au milieu des années 1860, quand des immigrants d’origine allemande, Otto Schinkel et Ernst F. Baruth, ont commencé à vendre de la bière qu’ils brassaient eux-mêmes aux restaurants et bars locaux. Elle est née du désir de produire de la bière blonde sans recourir à la réfrigération. Cette méthode remonte à l’époque de la ruée vers l’or en Californie. En 1896, ils fondent la société Anchor Brewing. Au départ, la steam beer n’était vendu qu’a la tireuse à bière. Après la fin de la prohibition, l’Anchor Brewing Company est le seul producteur de bière à brasser de la steam beer. En 1965, Frederick Louis « Fritz » Maytag III rachète la brasserie, évitant sa fermeture et sauvant ainsi à la fois la brasserie et le style de bière produit. Depuis, l’Anchor Brewing Company a déposé le terme de « Steam Beer » et toutes les autres brasseries fabricant ce type de bière doivent utiliser l’appellation « California Common beer ». La sauvegarde de la fabrication de la team beer et de la Anchor Brewing Company par Fritz Maytag III, son exemple ayant inspiré de nombreux autres brasseurs, en fait l’un des pères des microbrasseries modernes aux États-Unis. Les premières grandes brasseries Communément appelée Yuengling (prononcé « ying-ling »), DG Yuengling & Son est la plus ancienne entreprise brassicole en activité aux États-Unis. Elle fut créée en 1829 par David Yuengling et basée à Pottsville, en Pennsylvanie, c’est aujourd’hui la plus grande brasserie des États-Unis. L’une des premières brasseries à grande échelle fut la « Best Brewing » (rebaptisé plus tard « Pabst Brewing Company »), une brasserie de Milwaukee construite par un immigrant allemand du nom de Phillip Best dans les années 1840. La décennie suivante il a commencé à expédier sa bière à Chicago et à Saint-Louis. D’abord par ferry puis par train, faisant de bière la première marque du marché américain. Devant ce succès, d’autres immigrants allemands de Milwaukee créèrent d’autres brasseries dans la ville : la « Valentin Blatz Brewing Company », la « Joseph Schlitz Brewing Company » et la « Miller Brewing Company ». La « Weston Brewing Company » fut créée en 1842 par l’immigrant allemand John Georgian. Il apporta, avec lui, la tradition du brassage de bière blonde. La brasserie a été conçue pour utiliser la glace de la rivière pendant l’hiver et avec des caves de garde creusées profondément dans le sol pour créer des conditions idéales pour sa bière qui devait être stockée pendant plus de six semaines à moins de 15 degrés Celsius. La « Weston Brewing Company » est devenue l’une des premières brasseries de bière blonde aux États-Unis. À Saint-Louis, un fabricant de savon allemand prospère, Eberhard Anheuser, acheta une brasserie en difficulté en 1860. Sa fille épousa un fournisseur de brasserie, Adolphus Busch, qui reprit l’entreprise après la mort de son beau-père et la renomma Anheuser- Busch. Adolphus Busch a rapidement fait le tour de l’Europe, découvrant le succès de la bière légère de Bohême, a introduit la bière Budweiser (du nom d’une bière brassée dans la ville de Budweis) aux États-Unis en 1876. Anheuser-Busch et sa bière Budweiser deviendront la plus grande marque de brasserie et de bière au monde. La société a innové avec l’utilisation wagons de train réfrigéré pour transporter ses bières, ce qui lui permet de faire de Budweiser en bouteille la première marque de bière nationale aux États-Unis. En 1912, la « Joseph Schlitz Brewing Company » de Milwaukee, commence à utiliser des bouteilles brunes afin d’empêcher les rayons du soleil de nuire à la qualité et à la stabilité de la bière. Cette innovation devait être reprise dans le monde entier. Une augmentation massive de l’immigration aux États-Unis en provenance d’Europe centrale et orientale a entraîné une augmentation de la consommation de bière entre 1880 et 1920, malgré une baisse globale de la consommation d’alcool par habitant. La prohibition Le 16 janvier 1919, un 18ᵉ amendement à la Constitution des États-Unis a été promulgué, instituant la prohibition de l’alcool, tant dans sa consommation que dans sa production, sa vente et son transport. Toutes brasseries américaines eurent l’interdiction de produire de la bière ou quelque conque dérivé alcoolisé. Leurs nombres avaient considérablement réduit les années précédentes du fait des campagnes menées par les ligues de tempérance. Seules quelques brasseries, principalement les plus grandes, ont pu rester en activité en fabriquant des produits avec les ingrédients de la bière comme du sirop de malt ou d’autres produits céréaliers sans alcool ainsi que des boissons gazeuses comme les colas et les root beers (litt. « bière de racine » est une boisson gazeuse nord-américaine sucrée aux arômes de sassafras et salsepareille et autres extraits de plantes). Durant cette période, la production et l’expédition d’alcool étaient en grande partie réalisées en contrebande et se concentrant essentiellement sur des alcools distillés comme le rhum, le whiskey… car moins volumineux que la bière. Une des conséquences de la prohibition est qu’elle donna naissance à de nombreux sodas comme le Coca-cola et à de nombreux cocktails à base de jus fruits ou de soda servaient à masquer l’odeur d’alcool. Le temps des Bootleggers Les contrebandiers américains étaient surnommés « Bootlegger », qui signifie « l’homme qui cache une bouteille dans sa botte », car certaine flasque (petite bouteille plate) pouvaient alors avoir une forme légèrement courbe afin de s’insérer dans les bottes. Ce terme apparu pendant la guerre de Sécession a été ré-utilisé durant la prohibition aux États-Unis et au Canada entre les années 1917 et 1935 pour designer un contrebandier d’alcool. Les assouplissements de la prohibition La prohibition américaine a été abrogée par degrés. En avril 1933, la loi Cullen-Harrison modifie la loi sur les alcools enivrants en décrétant que la bière titrant jusqu’à 3,2 % d’alcool n’était pas « enivrante » et donc pas interdite (Le « 3,2 % » auquel il est fait référence est une mesure en poids et équivaudrait à peu près à 4 % aujourd’hui). Dans les 24 heures qui suivirent la légalisation de la bière, environ 1,5 million de barils de bière ont été vendus, soit 238 500 000 litres, ce qui amenés certains à prédire une « beer famine » (famine de la bière). Peu de temps après, en décembre de la même année, le 21ᵉ amendement à la Constitution des États-Unis a abrogé l’interdiction en général, mais a laissé la production de boissons alcoolisées fortement réglementée par les autorités fédérales, des États et des comtés. Ces réglementations incluaient l’imposition d’un système de distribution à trois niveaux, dans lequel un fabricant de boissons alcoolisées devait passer par un grossiste pour vendre son produit, plutôt que de vendre directement aux détaillants. Après prohibition, la guerre Bien que le 21ᵉ amendement ait permis aux brasseurs de reprendre légalement la pratique de leur métier, de nombreux comtés et de nombreux États ne l’ont pas ratifié, ce qui a ralenti la résurgence de l’industrie brassicole. De plus, les nombreux prohibitionnistes du mouvement de tempérance étaient encore assez virulents et ont pu conserver un large public malgré l’abrogation du 18ᵉ amendement. Avant que l’industrie américaine de la bière ne puisse se rétablir, la Seconde Guerre mondiale commença et le rationnement des céréales, en raison de la guerre, ralentit l’approvisionnement des brasseries les obligeant à utiliser en complément de l’orge, le maïs et le riz. Dans l’effort de guerre, les prohibitionnistes ont vu une opportunité pour discréditer la reprise de production de bière en targuant que le brassage commercial gaspillait la main-d’œuvre, les céréales, le carburant et l’espace de chargement qui auraient dû être consacrés à l’effort de guerre. Les brasseurs ont répliqué à ces accusations en vantant les bienfaits de la levure de bière sur la santé humaine, notamment leur forte teneur en vitamine B. Il a été avancé que l’augmentation de la vitamine B1 dans l’alimentation des soldats et des ouvriers améliorerait les performances sur le champ de bataille comme à l’usine et que cette augmentation justifiait suffisamment le besoin de bière. Le gouvernement américain en a décidé que les avantages procurés par la vitamine B de la levure de bière, ainsi que les taxes provenant des ventes de bière, étaient suffisants pour justifier une demande de 15 % de la production de bière pour les militaires. Bien que les brasseries américaines aient le soutien du gouvernement, elles devaient encore conquérir le cœur et le portefeuille du peuple américain. Pour ce faire, les grandes brasseries se sont regroupées et ont lancé la campagne publicitaire « Le moral, c’est beaucoup de petites choses ». Depuis l’entrée en guerre de l’Amérique en 1941 jusqu’à sa fin en 1945, la production globale de bière a augmenté de plus de 40 % malgré le petit nombre de brasseries actives. Cette croissance en temps de guerre a permis aux grandes brasseries comme Anheuser-Busch de dominer le marché américain pendant plus de cinquante ans. Au cours de cette période, ils ont produit des bières plus réputées pour leur uniformité que pour une saveur particulière. Tel que les bières d’« Anheuser-Busch » et de « Coors Brewing Companya » était de type « Pils » produites avec des procédés industriels à grande échelle et l’utilisation d’ingrédients à faible coût comme le maïs ou le riz qui fournissaient de l’amidon pour la production d’alcool tout en apportant une saveur minimale au produit fini. La domination de la soi-disant « macro-brasserie » a conduit à un stéréotype international de la « bière américaine » comme étant de qualité et de saveur médiocres. Émergence de petites brasseries Dans les années 1970, la consolidation et la domination des principaux brasseurs du pays a conduit une forte reduction du nombre de brasseries. Malgré cela, cette période a vu également les débuts du mouvement actuel de la bière artisanale et des micro-brasseries aux États-Unis. En 1976, l’ingénieur optique et brasseur amateur Jack Mc Auliffe a fondé la « New Albion Brewing Company » dans le comté de Sonoma, en Californie, devenant ainsi la première microbrasserie du pays depuis la Prohibition. Influencée par le récent redressement par Fritz Maytag de l’« Anchor Brewing Company » et du souvenir de la bière servit dans les pubs, lorsqu’il servit sur la base de Dunoon, en Écosse en 1964, où il fut impressionné par le goût des bières locales, il proposa des bières bouteille de type porter, stout et pale ale à un public plus habitué aux lagers légèrement aromatisées. Bien qu’elle ne soit restée en activité que pendant sept ans, « New Albion » a suscité un intérêt pour la bière artisanale et a créé un précédent pour une génération de brasseurs artisanaux, dont Ken Grossman et les propriétaires de « Mendocino Brewing Company », la première brasserie artisanale du pays. Le 14 octobre 1978, la loi HR 1337 a été promulguée, qui légalisait le brassage amateur, la production à domicile d’une petite quantité de bière ou de vin pour la consommation personnelle. Depuis lors, les États-Unis ont été témoins d’une résurgence de la culture brassicole et de la prolifération généralisée des micro-brasseries. En mars 1986, cinq brasseries avaient ouvert aux États-Unis. Le nombre total de brasseries est passé de 42 en 1978 à plus de 2 750 en 2012, atteignant ou dépassant le nombre de brasseries estimées avoir existé pendant la période coloniale. Cette croissance est imputable principalement aux micro-brasseries indépendantes. National Beer Day La Journée nationale de la bière est célébrée aux États-Unis chaque année le 7 avril, marquant le jour où la loi Cullen-Harrison, rétablissant la légalisation du brassage de la bière, est entrée en vigueur. Le 7 avril est un jour spécifique à la bière, tandis que le jour de l’abrogation lui est célébré le 5 décembre. Lors de la ratification de la loi, Franklin Roosevelt a dit cette phrase devenue célèbre : « Je pense que ce serait le bon moment pour une bière ». À l’annonce de la ratification du décret rétablissant le droit à la consommer de la bière, les Américains, à travers l’ensemble du pays, ont réagi en se rassemblant à l’extérieur des brasseries, la soirée précédente. Depuis le 6 avril, la veille de la Journée nationale de la bière, est connu sous le nom de New Beer’s Eve, sorte de Saint-Sylvestre précédant le jour du rétablissement du droit à la consommation de la bière et de son brassage. 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25 janvier 2023La fête de la Saint-Patrick est l’une des fêtes chrétiennes les plus populaires en Irlande, elle est célébrée le 17 mars et commémore l’évangélisation de l’Irlande par Pádraig (Patrick) au Ve siècle et qui deviendra le saint patron de l’Irlande. Bien que n’étant de la fête nationale de l’Irlande, elle est fériée depuis 1903, elle permettant à l’ensemble des Irlandais de célébrer leur Histoire et leur culture. Elle est progressivement devenue une fête civile, symbole de reconnaissance, à travers le monde, de tous les Irlandais. Ainsi, aux États-Unis, principal pays de la diaspora irlandaise, la première célébration de cette fête a lieu à Boston en 1737 et la première parade officielle à New York en 1762. Parades et St Patrick’s Festival Suivant la tradition de procession religieuse et dans un pays très pratiquant, le gouvernement de l’État libre d’Irlande organise la première parade de la Saint-Patrick à Dublin en 1931. Vers le milieu des années 1990, le gouvernement irlandais commence à associer le jour de la Saint-Patrick avec l’organisation d’un festival visant à promouvoir la culture irlandaise. Le St Patrick’s Festival qui a pour but : d’offrir un festival national qui se classe parmi les plus grandes célébrations du monde ; de créer une énergie et une excitation à travers l’Irlande grâce à l’innovation, la créativité, l’investissement et les activités commerciales ; de fournir une opportunité et une motivation pour les gens d’origine irlandaise (et ceux qui parfois souhaiteraient être nés irlandais) à assister et à se joindre aux célébrations imaginatives et expressives ; de projeter, à l’international, une image juste de l’Irlande, en tant que pays créatif, professionnel et sophistiqué avec un charme certain. La Saint-Patrick à travers le monde La fête de Saint-Patrick est célébrée par les Irlandais du monde entier, expatriés ou descendants des nombreux émigrants, et sa popularité s’étend aujourd’hui vers les non-Irlandais qui participent aux festivités et se réclament « Irlandais pour un jour ». Les célébrations font généralement appel à la couleur verte et à tout ce qui appartient à la culture irlandaise. Originellement, la couleur de saint Patrick est le bleu, le vert faisant son apparition en 1798 pendant la rébellion irlandaise quand le trèfle est devenu un symbole du nationalisme et que la Société des Irlandais unis arbore un drapeau national vert à la harpe d’or. La fête de Saint-Patrick telle que pratiquée aujourd’hui voit les participants, qu’ils soient chrétiens ou pas, porter au moins un vêtement avec du vert, assister à des « parades », consommer des plats et des boissons irlandaises, en particulier des boissons alcoolisées (bières et stout irlandaises, comme la Murphy’s, Smithwick’s, Harp ou Guinness, ou des whiskeys, des cidres irlandais, des Irish coffee). Une fête populaire À l’étranger, cette fête est surtout perçue comme la célébration de ce qui fait l’Irlande : le vert, les trèfles, la musique et la bière. La consommation à outrance de cette dernière étant largement encouragée par l’esprit de fête et les brasseries, donnant parfois lieu à des excès, tant sur le plan de la santé (notamment avec le « binge drinking »), que sur le plan culturel, où la Saint-Patrick devient une sorte de culte irlandais de la bière dans l’imaginaire collectif. Entrées similaires: L’Oktoberfest La Cannstatter Volksfest de Stuttgart Les bières irlandaises La Cervoise La bière en France La bière tchèque [...] Lire la suite…
25 janvier 2023L’histoire de la bière irlandaise est très influencée par celles des bières britanniques. Malgré un phénomène de gaélicisation des populations immigrantes, l’île partage une culture commune avec le Royaume-Uni voisin et dont elle fut du XIIᵉ au XXᵉ siècle sous domination anglo-normande, anglaise puis britannique. Les premières bières irlandaises étaient brassées sans houblon, celui ne poussant pas sur l’île et était difficile à importer. À l’instar de la bière belge, ce sont les moines qui ont commencé à brasser la bière en Irlande, et ce, jusqu’au XVIIIᵉ siècle. Après les moines, la plupart des bières irlandaises étaient produites dans des « cottages brewery » souvent tenus par des femmes que l’on les appelait les « alewife » (épouse à bière). Les brasseries étaient en général de petite taille et brassaient des bières de type ales et le houblon importé d’Angleterre. Alors que la plupart des bières proposées à l’époque étaient des Ales, elles n’étaient pas très populaires en Irlande à l’époque et souffraient même de la concurrence du whisky et du gin. Au XVIIIᵉ siècle, le Parlement irlandais a utilisé la fiscalité pour encourager le brassage au détriment de la distillation, estimant que la bière était moins nocive que les alcools forts. Dans la seconde moitié du XVIIIᵉ siècle, la bière, majoritairement « porter », est importée d’Angleterre en quantité croissante. Dans les années 1760, la Royal Dublin Society offrait des prix aux brasseurs qui utilisaient le plus de houblon irlandais et à ceux qui produisaient le plus de bière « porter ». Le brassage a prospéré au cours des premières décennies du XIXᵉ siècle et, en 1814, l’Irlande exportait plus de bière vers l’Angleterre qu’elle n’en importait. La Stout Au XVIIIᵉ siècle, un évènement considérable pour la bière irlandaise, fut l’apparition de la bière de type Stout et de l’avènement de la brasserie irlandaise la plus connue de l’histoire : la guinness. Bien que devenue une spécialité irlandaise, la Stout est cependant anglaise par sa filiation avec la bière « porter ». Il existe plusieurs marques irlandaises fabricant de la Stout tel que Guinness, Beamish, Murphy’s ou Caffrey. La Guinness Le 31 décembre 1759, Arthur Guinness lance un projet de brasserie et signe un bail lui accordant l’usage d’une brasserie désaffectée, la St. James’s Gate Brewery à Dublin. Il avait commencé quelque année plus tôt à brasser de la bière à Leixlip, dans le comté de Kildare en 1755. Initialement, il y brassait une bitter (un type de pale ale dont la couleur varie de l’or à l’ambre foncé avec de 3 % à 5,5 % d’alcool par volume). À partir de 1778, il se distingue rapidement de ses concurrents en brassant également une bière brune de type « porter » très à la mode à Londres et dans toute l’Angleterre à l’époque. Contrairement aux bières londoniennes, il utilisait de l’orge fumée non maltée, pour éviter de payer certaines taxes (qui s’appliquaient à la place à l’orge maltée), créant une bière plus amère et sèche. Les bières Porters brassées par la brasserie Guinness rencontrèrent un franc succès et en 1886, la brasserie Guinness s’impose comme la plus importante brasserie au monde. La Guinness profite de l’expansion de l’Empire britannique et s’exporte dans le monde entier (1811 : Lisbonne (Portugal) / 1820 : Guernesey, Barbade, Trinité-et-Tobago, Sierra Leone / 1840 : New York (États-Unis) / 1858 : Nouvelle-Zélande / etc). Dès 1870, 10 % des ventes de la société s’effectuent hors d’Irlande. Fabrication La Guinness est produite à partir d’eau, de malt d’orge, de houblon et de levure de bière. Une partie de l’orge est cuite à la vapeur, puis torréfiée pour donner à ce Stout sa couleur et sa saveur caractéristiques. L’orge utilisée provient exclusivement d’Irlande, tout comme l’eau qui est pompée à la source Lady’s Well dans les montagnes de Wicklow. Contrairement aux rumeurs, la Guinness est bien pasteurisée et filtrée depuis les années 1940. Sa couleur brune presque noire (mais qui est en fait rouge profond ; à voir à la lumière) provient de l’utilisation pour sa conception de malts hautement torréfiés et de grains d’orges grillés. La couche de mousse couleur crème qui coiffe la bière est le résultat d’un ajout d’azote durant le tirage à la pression. Cette dernière caractéristique pose la difficulté à obtenir une saveur et une texture identique entre les Guinness servies à la pression et celles vendues en bouteilles et canettes. Actuellement, la Guinness Stout est également brassée sous licence dans certains pays à travers le monde. La matière première est préparée à Dublin puis envoyée afin d’être mélangée avec de la bière produite localement. Tout au long de la majeure partie de son histoire, Guinness n’a produit que trois variantes d’un seul type de bière : porter ou single Stout, double ou extra et foreign Stout pour l’exportation. Emblèmes La harpe est le symbole de l’Irlande, au moins depuis le règne d’Henri VIII. Inspirée par les harpes médiévales exposée au Trinity College, Benjamin Lee Guinness en 1862 adopte la harpe comme emblème de sa marque et le fait enregistré peu après l’adoption de la loi de 1875 sur l’enregistrement des marques. Cependant, elle est inversée par rapport à celle des armoiries nationales. Dans les années 1980, alors que l’IRA commet de nombreux attentats à la bombe à Londres et en Grande-Bretagne, Guinness envisagea de supprimer la harpe comme logo. Avant les années 1930, Guinness n’avait presque pas de publicité et lui préférant, plutôt le bouche-à-oreille. Depuis, pour faire face à la concurrence et à la chute des ventes, Guinness a créé de nombreuses campagnes publicitaires et de marketing pour vendre ses produits. De nombreuses affiches furent produites et dessinées, notamment par l’artiste et illustrateur anglais John Gilroy qui représentait le plus souvent des animaux tels qu’un kangourou, une autruche, un phoque, un lion et notamment un toucan, qui est devenu autant un symbole de la Guinness que la harpe. Apparu au cours de ces premières campagnes publicitaires, l’autre symbole le plus notoire de la marque est le toucan. Sur une affiche des années 1940, on pouvait lire le slogan suivant : « Toucans in their nests agree. Guinness is good for you. Try some today and see what one or toucan do. », soit en français : « Les toucans dans leur nid en conviennent. La Guinness vous fera du bien. Essayez-en aujourd’hui et constatez ce que peuvent faire une (bière) ou deux ». Le mot « toucan » doit être compris comme un jeu de mots entre le nom de l’oiseau et « (one or) two can (do) ». Le toucan devenu célèbre inspira la société Guinness à créer une édition limitée de Stout à la pression en mai 2006 appelée Toucan Brew. Bière végane Depuis 256 années, Guinness utilisait comme procédé de filtration et de clarification de ses bières de la colle de poisson ou ichtyocolle. Une pétition en ligne signée par 1 715 végétaliens, amateurs de bière, incite la brasserie à utiliser un procédé de filtration alternatif. Le 31 octobre 2015, la société Guinness a indiqué, dans le quotidien The Times, qu’elle allait abandonner ce procédé en 2016, et rendre ainsi ses bières, « compatibles » pour les véganes. Cocktails à base de Guinness Le Black Velvet, célèbre cocktail inventé en 1861 au Brook’s Club à Londres, est un mélange moitié bière Guinness moitié champagne. Le prince Albert étant mort, tout le monde était en deuil et l’histoire raconte qu’un serveur du club, pris par l’émotion du moment, décida que même le champagne se devait d’être en deuil. Il le mélangea donc à de la Guinness. Le résultat était si délicieux que le cocktail devint extrêmement populaire. Le Poor Man’s Black Velvet est une variante dans laquelle le cidre remplace le champagne. Aussi connu sous le nom de Crown Float. Le Guinness Shandy : panché à base de Guinness Draught et de limonade. Ce cocktail aurait été inventé par hasard par l’équipe de rugby à XV de Nouvelle-Zélande pendant une tournée à travers le monde. Après un match, les joueurs auraient commandé de la Guinness avec de la limonade à la place d’un panaché (bière blonde + limonade). L’équipe trouva le mélange très rafraîchissant. Certains pensent qu’il s’agit de l’origine de leur surnom, les All Blacks, mais cela est peu probable. Le Midnight : une dose de porto est ajoutée à la Guinness. Après dîner, certains officiers du Royal Flying Corps auraient bu de la Guinness à la place du traditionnel verre de porto. Le pichet de Guinness passa autour de la table dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, pendant que celui de porto tournait comme d’habitude dans l’autre sens. Lorsque les deux pichets se retrouvèrent au bout de la table au même moment, un officier distrait mélangea les deux boissons dans son verre, et trouva que le résultat n’était pas désagréable. On peut également ajouter du whisky irlandais au mélange (de préférence Tullamore Dew ou Paddy). Le Black & Tan ou Half & Half : Il s’agit d’un mélange de Kilkenny et de Guinness, la Pils étant utilisée à la place du Kilkenny à certains endroits. Le Chaser : pinte de Guinness et un baby Bushmill’s chaud avec clous de girofle. Cuisine à la Guinness La bière est un ingrédient de cuisine, au même titre que des boissons alcoolisées telles que les vins et le cidre. En tant que spécialité irlandaise, la Guinness entre dans la composition de certaines spécialités locales. Parallèlement, certains plats irlandais s’accompagnent traditionnellement d’une pinte de Stout. De manière inverse, une pinte de Stout s’accompagne d’en-cas comme le soda bread (Pain au bicarbonate de soude). La société Guinness a édité The Guinness Good Food Cookbook, un livre qui regroupe des recettes (traditionnelles ou non) utilisant la Guinness comme ingrédient. Le site internet de la marque propose en consultation libre 21 recettes allant des entrées, en passant par les plats principaux, jusqu’aux desserts. L’Irish coffee L’Irish coffee (café irlandais) est un cocktail constitué de café, de sucre, de whiskey irlandais, de crème et qui doit avoir l’aspect d’une Guinness. L’invention du cocktail est revendiquée par la ville irlandaise de Foynes, où selon la tradition, la préparation de la boisson serait due à Joe Sheridan, chef du restaurant O’Regan situé face à l’hydroaéroport (hydrobase ou hydroaérodrome) de la ville où arrivaient de 1939 à 1945 les vols transatlantiques en hydravion. Il l’aurait inventé, en 1942 ou 1943, pour réchauffer les passagers, pour la plupart militaires et arrivant exténué de la longue traversé au-dessus de l’atlantique. Il se serait inspiré d’un mélange de café et d’eau-de-vie connu en France, au XIXᵉ siècle, sous le nom de « Gloria » et des spécialités confectionner dans les cafés de Vienne que sont le Pharisäer et le Fiaker, boisson à base de café, de sucre, de rhum et de crème fouettée, créée vers 1850. Il devait également ressembler à un verre de Guinness. Lorsque les passagers lui ont demandé si c’était du café brésilien, Joe Sheridan, amusé, a répondu : « Non, c’est du café irlandais ! ». L’Irish coffee a ensuite été recréé en 1952 après plusieurs jours de recherche par Jack Koeppler, propriétaire du Buena Vista à San Francisco aux États-Unis, après le défi de l’écrivain Stanton Delaplane qui lui demanda s’il était capable de faire cette célèbre boisson servie à l’aéroport de Shannon. Alors que la version originale était préparée avec de la crème liquide, qui était rajoutée pour refroidir la boisson trop brûlante pour être bue rapidement, les recettes modernes utilisent le plus souvent de la crème chantilly. Préparation Il existe de nombreuses façons de préparer l’Irish coffee, variant selon l’établissement ou le serveur. Soit le café chaud et fortement sucré est versé sur du whisky, soit, à l’inverse, on fait fondre du sucre dans du whisky qu’on chauffe doucement. On verse alors le café sur le whisky. Ce cocktail peut se préparer directement dans un verre préalablement chauffé à l’eau chaude pour éviter qu’il n’éclate au contact du mélange. Le café mélangé à l’alcool peut aussi être réchauffé avec la buse vapeur d’une machine à expresso. La difficulté est d’arriver à ce que la crème flotte sur le liquide chaud. Pour cela, soit la crème liquide est versée sur une cuillère affleurant tout juste du liquide chaud, soit la crème est légèrement battue pour lui donner plus de légèreté, la solution de facilité restant le nappage à la crème chantilly. Guinness Storehouse L’ancien entrepôt de la brasserie St-James, bâtie en 1904, est reconverti en 2000, en une attraction touristique où le visiteur peut découvrir l’histoire de la Guinness, le processus de fabrication, une collection de publicités. Le bâtiment de sept étages, articulé autour de poutres d’acier qui en supportent toute la structure, aménagé à l’intérieur d’un atrium en verre en forme de pinte de Guinness, afin de souligner la thématique du lieu. Le rez-de-chaussée présente les quatre ingrédients de la bière (l’eau, l’orge, le houblon et la levure), tandis que les autres étages se focalisent sur le fondateur de la brasserie, Arthur Guinness, sur l’évolution de la publicité autour de la bière, sur son histoire et sa méthode de création, et sur des activités de responsabilisation de la consommation d’alcool. Le dernier et septième étage abrite le Gravity Bar, qui offre une vue en hauteur à 360° sur la ville de Dublin1 Livre Guinness des records Sur une idée de Hugh Beaver, alors directeur général de la brasserie Guinness, Norris et Ross McWhirter, ont été chargés de recenser une série de records du monde reconnus au niveau international, qui sont à la fois des prouesses humaines et naturelles dans un ouvrage qui est devenu le Livre Guinness des records en août 1954. Un millier d’exemplaires furent imprimés, à l’origine, pour être distribués gratuitement à titre publicitaire aux pubs qui vendaient de la bière Guinness. Il est publié une fois par an et depuis 2005 est organisée chaque 10 novembre la journée du Livre Guinness des records qui consiste à recenser et à réaliser des tentatives de records du monde. Autres Stouts irlandaises La Beamish La Beamish est un Stout, de couleur noire et opaque avec une mousse très crémeuse. La brasserie Beamish & Crawford, a été fondée par Richard Henrick Beamish et Arthur Frederick Sharman Crawford en 1792 à Cork port du sud de l’Irlande. Une légende raconte même que dans cette brasserie ont été fabriquées les premiers Stouts d’Irlande au XVIIᵉ siècle. Les bières Beamish sont élaborées à partir d’ingrédients naturels dont l’eau du lac de Gougane Barra. Il existe depuis une Beamish Red créée dans le but de concurencer la Kilkenny ou de la Murphy’s Red. La Caffrey’s La Caffrey’s Stout est une bière connue pour ses accents de café et de réglisse produite par la brasserie Thomas Caffrey. Initialement marchand de soie et de lin de Dublin, Nicholas Caffrey, décide d’ouvrir une brasserie concurrente à Guinness dans la seconde moitié du XIXe siècle. En 1860, son fils Thomas de 21 ans le rejoint à la brasserie, avant de monter sa propre brasserie à Antrim. Aujourd’hui, seule la Thomas Caffrey Brewing Co. existe, les activités de la brasserie de Dublin ayant cessé avec la mort du père. Il existe également une Caffrey’s Ale depuis 1994, c’est une bière ambrée. La Murphy’s La brasserie Murphy’s a été fondée à Cork, dans le sud de l’Irlande, par James J. Murphy en 1856. Deuxième plus grosse brasserie du pays après Guinness, elle a été achetée par Heineken en 1983. Murphy’s brasse principalement deux bières : la Murphy’s Irish Stout aux grains fortement torréfiés, similaire à la Guinness ; et la Murphy’s Irish Red, une Irish Red Ale, l’autre spécialité brassicole irlandaise. La Murphy’s Irish Stout est une bière moins amère que la Guinness. Elle se trouve partout en Irlande, mais sa notoriété est très inférieure à celle de sa concurrente, sauf à Cork. Irish red ale Les bières produites en Irlande sont désormais en grande partie des bières rousses, avec une légère couleur rouge, généralement dans la plage de 3,8 à 4,4 % ABV (bien que les versions d’exportation soient souvent plus fortes). Smithwick’s et Kilkenny Smithwick’s est une bière rousse de type Irish Red Ale, bien qu’elle soit est la bière la plus consommée en Irlande, c’est la marque Kilkenny qui est la plus connue à travers le monde dont elle est une variante un peu plus corsée de la Smithwick’s. La brasserie Smithwick fut fondée par John Smithwick en 1710, sur le site d’un ancien monastère franciscain appelé St. Francis Abbey, proche de la ville de Kilkenny où les moines ont brassé de la bière depuis le XIIIᵉ siècle jusqu’à la fermeture et la dissolution du monastère en 1537, suite à la Réforme protestante imposée en Irlande, par le roi d’Angleterre Henri VIII. Orphelin, John Smithwick n’a pas eu une vie facile, catholique, il a été confronté à toutes sortes de discriminations officielles et non-officielles dans le Kilkenny protestant. C’est pour cela s’est lancé dans l’entreprise brassicole avec Richard Cole sur un terrain que ce dernier avait loué au duc d’Ormond en 1705. Richard Cole en était le visage officiel de la brasserie vis-à-vis afin de rendre l’entreprise aussi inattaquable que possible. Bien entendu, cet arrangement n’est pas resté complètement caché, ce qui a donné à la brasserie une aura mystérieuse. Le secret prit fin, avec l’abolition des lois pénales, à la fin du XVIIIe siècle, où les catholiques furent autorisés à posséder des entreprises. Néanmoins, il fallut attendre un certain temps avant que le nom de la Smithwick ne soit finalement apposé sur les portes de la brasserie en 1827. À la mort de John Smithwick, la brasserie était restée modeste, produisant de la bière pour une clientèle locale due se diversifier du fait des guerres contre la France. En 1800, les ventes à l’exportation commencent à chuter et l’industrie brassicole connaissent des difficultés. Pour lutter contre cela, la famille Smithwick a augmenté la production de ses malteries, a commencé à vendre de l’eau minérale et a livré du beurre avec la bière à l’arrière de ses charriots. Son arrière-petit-fils, Edmond Smithwick (1800 – 1876), a racheté la brasserie aux membres de sa famille et c’est concentré sur développement de nouveaux marchés dont celui de l’exportation. Les consommateurs d’Angleterre, d’Écosse et du Pays de Galles ont développé un goût pour les bières de Smithwick et la production est quintuplé. Lors de l’agrandissement de la brasserie Smithwicks en 1854, la nef et le chœur de l’abbaye, la sacristie ont été découvertes et restaurées. Un puits dédié à saint François a également été découvert, situé à environ 45 mètres au nord-est du couvent et se trouve maintenant sous l’un des bâtiments de la brasserie. En 1900, la production était au plus bas et le propriétaire de l’époque, James Smithwick, malgré les conseils de fermer la brasserie, a réduit la gamme de bières qu’ils produisaient et s’est mis à la recherche de nouveaux marchés. Il a obtenu des contrats militaires et peu de temps après, il a vu la production augmenter à nouveau. Son fils, Walter, a pris le contrôle de l’entreprise en 1930 et a dirigé la brasserie vers le succès à travers les difficultés de la Seconde Guerre mondiale et des conditions météorologiques de plus en plus difficiles. En janvier 1950, Smithwick’s exportait de la bière à Boston. En 1965, Walter Smithwick vendu la brasserie Smithwick’s à Guinness. Devenue la « Guinness & Co and Smithwick’s », il fut créé en 1966, la « Smithwick’s Draft Ale ». La production dans St. Francis Abbey Brewery à Kilkenny s’est terminée le 31 décembre 2013 et les marques de Smithwick sont désormais produites à la brasserie St.James’s Gate brewery de Dublin, propriété de l’entreprise Guinness devenue le groupe Diageo. Au moment de sa fermeture, c’était la plus ancienne brasserie d’exploitation d’Irlande. La Kilkenny Le nom « Kilkenny » a été utilisé à l’origine dans les années 1980 et 1990 pour commercialiser une version plus forte de Smithwick’s pour les marchés européens et canadiens en raison de la difficulté de prononciation du mot « Smithwick’s ». Il fait maintenant référence à une bière similaire, mais distincte. Alors que l’Irlande est le principal marché de la Kilkenny, la marque est aujourd’hui disponible dans la plupart des pubs irlandais dans le monde. Les types de Smithwick’s La Smithwick’s Draft est une bière rouge irlandaise et, comme son style l’indique, a un ton rouge. Elle est produite à partir de houblon et d’orge maltée torréfiée. La Kilkenny Irish Cream Ale est semblable à la Smithwick’s Draught ; cependant, il a une mousse crémeuse semblable à la Guinness et elle a un goût plus fort et plus amer que celui de Smithwick. La Pale Ale de Smithwick a été lancée en 2011. La bière est composée de malt de bière blonde, de levure traditionnelle de Smithwick et de houblon Amarillo et a un ABV de 4,5 %. Smithwick’s Experience Kilkenny Le site historique, où a été brassé de 1710 à 2014, la bière Smithwick’s, a été vendu au Comté de Kilkenny pour en faire un site touristique dédié à l’histoire du lieu et de la brasserie. Brasserie Sullivan En 2016, Paul et Daniel Smithwick, fils et petit-fils de Walter Smithwick, ont lancé une nouvelle production de bière dans la ville de Kilkenny sous le nom de « Sullivan’s Ale ». Dans l’Old Kilkenny Review, Peter Smithwick écrit à une date inconnue que selon la tradition, dans James’s Street à Kilkenny, fut fondée en 1702 par Daniel Sullivan, un protestant, la « Sullivan’s Brewery » qui a acheté une propriété en fiducie pour Pierse Bryan de Jenkinstown, un catholique, à qui les lois pénales interdisaient d’acheter des terres. Le site de Sullivan’s Brewery, serait l’ancêtre de celui de Smithwicks. Bières pseudo-irlandaises Un certain nombre de bières revendiquent une provenance irlandaise, mais sont produites en dehors de l’Irlande. Dans le passé, celles-ci comprenaient les bières Árainn Mhór et Time Lager. Aujourd’hui, la Strangford Lough Brewing Company produit un moût concentré qu’elle exporte vers la Grande-Bretagne et les États-Unis où des brasseries sous contrat le transforment en bière finie. De nombreuses brasseries en dehors de l’Irlande produisent des bières à thème irlandais qui ne sont pas couramment disponibles en Irlande, comme la Wexford Cream Ale et la Killian’s. La George Killian’s ou plus simplement Killian’s est une marque de bière rousse originaire d’Irlande, existant en au moins deux versions (française et américaine) de type différent, mais revendiquant néanmoins chacune leur fidélité à une hypothétique « recette originale » censée avoir été créée par le brasseur George Killian Lett soit en 1864, soit en 1870. C’était à l’origine une bière de type Irish Red appelée « Enniscorthy Ruby Ale » brassée de 1864 à 1956, date à laquelle la brasserie a cessé sa production. Après la faillite de la brasserie familiale, la marque a été rachetée en 1975 par la brasserie Pelforth, devenue en 1988 filiale d’Heineken. L’usage de la marque pour le marché américain a été cédé au brasseur « Coors Brewing Company » en 1981. Produite par la « Française de Brasserie » (Pelforth), il s’agit d’une bière de fermentation haute, de composition inconnue, titrant 6.5 %. Aux États-Unis, vendu sous le nom de « Killian’s Irish Red », il s’agit d’une bière de fermentation basse à 4.90 % dont la composition et le lieu de production ne sont pas précisés. Elle n’est plus vendue en Irlande. Bière blonde La première brasserie de bière blonde en Irlande a été créée à Dartry, dans la banlieue de Dublin, en 1891, mais n’a durée très longtemps. Puis la bière blonde a été brassée pendant une courte période à la Regal Brewery, à Kells. La société Guinness ayant remarqué que les consommateurs irlandais et britanniques consommaient de en plus de bière contenant de type lager. Elle convertit en 1968 sa brasserie de Dundalk la Great Northern Brewery situé à la frontière avec l’Irlande du Nord à la fabrication d’une bière blonde appelée « Harp Lager ». En octobre 2013, la production fut déplacée à Dublin à la St James’s Gate Brewery. C’est une bière blonde très consommée en Irlande du Nord, mais elle rarement disponible en République d’Irlande. La Tennent’s, bien que brassée à Glasgow en Écosse, est une pale lager très populaire en Ulster, notamment en Irlande du Nord et dans le comté de Donegal (principalement East Donegal et Inishowen). Heineken Ireland, basée à la Murphy Brewery à Cork, détient la plus grande part du marché des bières blondes. En plus de Heineken, ils brassent Amstel et Coors Light, ainsi que les marques qu’ils ont acquises de Beamish & Crawford, notamment Fosters et Carling. Entrées similaires: Les bières belges Les bières de Budweis La consommation et les usages de la bière La Cervoise La bière en France La bière tchèque [...] Lire la suite…
25 janvier 2023La bière britannique a une tradition fort ancienne et présente un vaste échantillon de types authentiques issus de la fermentation haute, dont la plus consommée est la « ale ». C’est à partir du XVIIIᵉ siècle qu’elle devait connaître ses heures de gloire avec des bières amères, tièdes et sombres exportées dans le monde entier : la porter, le Stout et la pale ale. Malgré son insularité, le Royaume-Uni céda à l’influence des bières lager continentales au XXᵉ siècle. Toutefois, le pays conserva longtemps la particularité d’avoir une consommation d’ale supérieure à celle de lager, notamment en pub plutôt qu’à la maison, ainsi qu’un conditionnement en fût plutôt qu’en bouteilles, ce qui permet à la bière de poursuivre sa maturation dans les caves des pubs en attendant d’être servie. Les types de bière Les bières y sont classées par type de bière ou style, avec des variantes. Cependant, les termes ont évolué ainsi que les produits qu’ils désignaient. Malgré des différences notables de couleur, d’amertume, de densité ou de clarté, étant donné leur commune origine, il y a une certaine homogénéité entre les ales. Il y a en outre des variations régionales : ainsi au Pays de Galles, les bières sont moins fortes et en Écosse, les brasseurs utilisent le houblon avec parcimonie. Parmi les houblons notoires, il y a le « Fuggles », le « Goldings » ; quant au malt, c’est le « Maris Otter » qui est le plus réputé. Aujourd’hui, il y a aussi des additifs, tel le miel, le gingembre ou les épices, bien que cette pratique soit encore rare. Fermentation basse : Lager ou Pale lager : de type pils ou export, avec notamment Carling et Foster’s. Fermentation haute : Ale : Brown ale Bitter : pale ale (voire India pale ale) houblonnée avec entre 3,5 % et 7 % vol. avec une couleur allant du doré au brun foncé et les variantes Porter / Stout Les ales Le terme ale, vient du vieux norvégien (øl), via l’anglais, désigne de manière générique les bières de fermentation haute, une des trois grandes familles de bière avec les lambics (fermentation spontanée) et les lagers (fermentation basse). À l’origine, en Grande-Bretagne, toute bière était une ale, à savoir une cervoise, aromatisée au moyen de gruit plutôt que de houblon. Au cours du XVe siècle, la bière houblonnée, appelée « bier » ou « beer », fit son apparition dans les cales des navires marchands néerlandais. Donc à cette époque, ale désignait une cervoise et beer une bière houblonnée. Au cours du XIXe siècle, alors que beer s’était imposé en anglais comme terme générique pour toutes les formes de bière, l’apparition des lagers, bières de fermentation basse, modifia la donne, ale désignant les bières de fermentation haute. Cette distinction reste inchangée. L’histoire ancienne de la bière britannique L’histoire de la bière britannique remonte aux origines de notre civilisation, on a retrouvé trace d’une bière à l’orge à Skara Brae au nord de l’Écosse remontant au Néolithique. L’art du brassage était connu des Celtes, toutefois, le houblon était rarement utilisé, le brassin pouvait être parfumé avec du miel, ou des plantes telles la myrte des marais, l’armoise commune ou la reine-des-prés. Le Grec Pythéas remarque dès 325 av. J.-C. que les habitants de Calédonie sont doués dans l’art du brassage. En 70, Pline l’Ancien rapporte que les Celtes de Bretagne brassent une bière du nom de curmi, aromatisée au piment royal (myrte des marais), au romarin et à l’achillée millefeuille. Au Moyen Âge, la bière était un breuvage déjà fort répandu et consommé par toutes les couches de la population, notamment là où la vigne poussait mal. Ses qualités hygiénique et calorique étaient vantées si bien qu’elle était la boisson par excellence avec une consommation de l’ordre de 300 litres par an et par personne. C’est à partir de 822 qu’un évêque carolingien rapporte l’utilisation de houblon ; en raison des difficultés du dosage, le gruit continua à prévaloir longtemps encore. La Chronique anglo-saxonne datant de 852, note la distinction entre fine ale (ale fine) et Welsh ale (ale galloise) ou bragawd. Cette dernière était forte et concoctée à partir d’épices telles que cannelle, gingembre et clou de girofle en plus d’herbes et de miel. La première taxe sur la bière au Royaume-Uni fut la dîme de Saladin, introduite en 1188 par Henri II pour récolter des fonds pour les croisades. À cette époque, la bière était brassée par des abbayes et des tavernes indépendantes, mais la dissolution des monastères au XVIe siècle signifiait que le brassage britannique avait perdu son lien avec les maisons religieuses plus tôt que dans d’autres pays européens. La réforme Dès le XIVe siècle, on distingue les ales (bières sans houblon) des beers (bières avec houblon). Ce n’est qu’en 1400 que des bières hollandaises parvinrent sur les îles Britanniques et qu’en 1428 que les premières plantations de houblon débutèrent. Les brasseurs n’avaient pas le droit de produire alors les deux types en même temps : ils devaient brasser soit l’un, soit l’autre. Ainsi la Guilde des Brasseurs de Londres fondée en 1342 promulgue un édit stipulant que : « ni houblon, ni herbes ou autres substances similaires ne doivent être ajoutés en aucune ale ou eau, qui ne doit être composée que d’eau, de malt et de levure ». En ces temps, c’étaient essentiellement les femmes (appelées broustaris ou alewives) et les moines qui brassaient. Ce n’est qu’après la Réforme protestante, en 1560 et la dissolution des monastères, que les brasseries commerciales commencèrent à s’organiser et le métier de maître brasseur à se « viriliser ». Autre conséquence de ce chargement est que les entreprises de brasseries britanniques sont les plus anciennes à l’instar de Shepherd Neame fondée en 1698 et Bass Red Triangle et Diamond ont été les premières marques déposées. Ces entreprises familiales sont devenues des marques nationales au XIXe siècle, dont beaucoup sont basées à Burton-on-Trent connu pour son eau particulièrement bonne pour le brassage. Les brasseurs s’unirent rapidement afin de parfaire leurs productions : la Société des brasseurs d’Edimbourg fut fondée en 1598. Dès ce moment, des petites brasseries où l’on pouvait consommer sur place, préférèrent leur acheter leurs bières de qualité plutôt que de prendre le risque de devoir perdre un brassin, en raison d’une mauvaise qualité et devinrent les premiers pubs (ou tavernes). L’union act L’usage d’herbes en lieu et place du houblon devait perdurer longtemps en Écosse. Thomas Pennant écrit dans « A Tour in Scotland » en 1769 que l’ale y est souvent faite à partir de 2/3 de bruyère avec 1/3 de malt et parfois du houblon. En Écosse, après l’Acte d’Union (1707) les taxes y furent réduites ou annulées, avantageant les brasseurs locaux tels William Younger, Robert & Hugh Tennent et George Younger. En 1719, la Dudgeon & Company’s Belhaven Brewery fut fondée, rivalisant avec les plus grandes brasseries continentales. Plus-tard, la taxation au shilling y fut introduite alors, pénalisant les bières fortes (heavy et export). Les catégories de taxations réunissaient des bières fort différentes telles une mild ou une pale ale, ou encore une Stout. Les divers échelons étaient ainsi répartis (/- signifie shilling ou bob selon une expression populaire) : Light : (60/-) en dessous de 3,5 % vol. Heavy : (70/-) entre 3,5 % et 4,0 % vol. Export : (80/-) entre 4,0 % et 5,5 % vol. Wee heavy : (90/-) au-dessus de 6,0 % vol. Les temps modernes Au début du XVIIIe siècle, un nouveau type de bière apparaît à Londres : la porter (et la Stout) brassée à partir d’une « mild ale » traditionnelle (le terme mild (doux) n’avait rien à voir avec la force ou l’amertume de la bière, mais avec son état de mûrissement peu avancé et son absence d’aigreur). C’était la première bière dont le mûrissement était opéré à la brasserie et qui pouvait alors être dégustée immédiatement ; avant, la bière verte était expédiée aux revendeurs qui se chargeaient de la garde. Elle fit le succès de brasseries telle Whitbread Brewery, Old Truman Brewery, Parsons Brewery et Henry Thrale ce qui favorisa l’évolution technologique et l’usage du thermomètre, de l’hydromètre… La pompe à bière fut inventée par Joseph Bramah en 1797, ce qui révolutionna la distribution des bières au comptoir, car avant la bière était versée dans une cruche à la cave puis apportée au consommateur. Un nouveau système de taxation fondé sur la force de la bière se mit en place avec trois classes distinctes : table, small et strong (table, petite et forte) noté aussi avec des « X », « XX » et « XXX ». Pour éviter la taxe, les brasseurs mêlaient alors leurs productions. Mais en 1830, le Beerhouse Act autorise quiconque à brasser et à vendre de la bière ou du cidre, dans un pub ou à la maison, contre une modeste licence coûtant 2 ₤ pour la bière et l’ale et 1 ₤ pour le cidre. Ainsi des centaines de nouveaux pubs ouvrirent rapidement diminuant l’influence des grandes brasseries. On développa aussi alors à Édimbourg et à Burton upon Trent entre 1821 et 1840 l’India pale ale (ou parfois simplement IPA, pale ale ou India ale dont le terme était déjà apparu en Inde dès 1784) afin de satisfaire la soif des contrées éloignées et des expatriés dans l’Empire. La qualité de l’eau y était parfaitement adaptée à la production de la pale ale et de la scotch ale. Ce nouveau type de bière trouva dès 1830 le nom de bitter, plus légère, plus houblonnée et amère. Sa clarté fut appréciée par les consommateurs qui commencèrent alors à utiliser le verre à bière plutôt que la chope en céramique pour boire. Les Stouts et les porters était trop troubles et foncées pour bénéficier de la transparence d’un verre. De ce fait, la Bass Brewery, brasserie de Burton dirigée alors par Michael Thomas Bass, acquit une prédominance du marché et 1/4 des pale ales y étaient brassées jusqu’à ce qu’un chimiste C. W. Vincent découvrit le processus de burtonisation reproduisant la même qualité d’eau de Burton et permettant à toute brasserie de produire des pale ales. L’IPA, la bière de l’empire et de l’armée des Indes Les IPA ont été développées au XVIIIᵉ siècle pour approvisionner les troupes coloniales britanniques en Inde, la bière supportant mal la traversée. Les IPA, grâce à l’ajout de sucre et de houblon, auraient été préservées. Cependant, cette histoire semble avoir été inventée par le brasseur anglais George Hodgson, alors principal brasseur d’IPA, au début du XIXᵉ siècle. Les bières habituelles supportaient généralement le voyage de Grande-Bretagne vers les Indes. La Bow Brewery de George Hodgson était devenue, grâce à ses liens avec la Compagnie britannique des Indes orientales, le principal exportateur d’alcool vers les Indes encourageait ce commerce pour deux raisons : le voyage du retour des Indiamen (Indiaman est un navire affrété ou armé par la Compagnie anglaise des Indes orientales) se faisait sinon à vide et ce chargement permettait de lester ces navires afin d’affronter la haute mer ; la bière étant difficile à brasser en raison du climat à cette époque, éviter aux hommes de boire des alcools locaux, dangereux pour la santé. Jusqu’au XVIIe siècle, la bière est brassée avec du bois ou de la paille, ce qui lui donne un goût de fumée, ainsi qu’une couleur brune. Avec la révolution industrielle, le coke, à la combustion bien plus propre, permet de produire une bière pale, comme l’IPA. Les bières IPA gagnent ensuite en popularité et les brasseries se multiplient. Parmi elles, la « Bass Brewery » qui produit la bière « Bass Pale Ale » qui fut un temps la bière la plus vendue au Royaume-Uni et exportée dans tout l’Empire britannique. Ou encore la « Fountain Brewery » fondée par William McEwan à Édimbourg en 1856, dont la bière, la McEwan’s India Pale Ale est au début principalement exportée vers les colonies britanniques grâce à l’activité de transport par bateau de son père. En 1914, la McEwan’s est distribuée dans tout le Royaume-Uni. Le déclin des bières IPA est causé notamment par l’arrivée, dans l’Empire britannique, de l’eau tonique, boisson gazeuse contenant de l’eau additionnée de quinine (contre le paludisme) et souvent mélanger à du gin, ainsi qu’au développement du commerce de la glace et surtout par le développement de la réfrigération, qui permet de brasser la bière toute l’année et de la servir fraîche. En 1870, le Premier ministre William Ewart Gladstone décide de taxer la bière selon son degré d’alcool, pénalisant les IPA par rapport à des bières plus légères. Puis avec la Première Guerre mondiale, les céréales sont réquisitionnées, ce qui fait encore baisser le degré des bières. La plupart des brasseurs sont rachetés ou font faillite. À la fin des années 1980, avec l’essor des microbrasseries, certaines brasseries artisanales des États-Unis ont relancé la fabrication d’IPA. Cette tendance de l’IPA est arrivée en Europe au cours de la décennie 2010. Du XXᵉ siècle à nos jours Les lagers arrivèrent sur les îles à la fin du XIXᵉ siècle, mais ne connurent le succès qu’à la fin du XXᵉ siècle. À la suite des mouvements de tempérance et après la Première Guerre mondiale, des mesures furent prises afin d’augmenter la taxation, de diminuer la force alcoolique, de restreindre la vente d’alcool et les heures d’ouvertures des pubs. Des lois moins sévères en Irlande permirent alors à Guinness de s’emparer du marché des Stouts en bouteille. Au début du XXe siècle, la bière à la pression fit son apparition et la carbonation artificielle fut introduite en même temps que la pasteurisation en 1936, par Watney. Bien que le marché des strong ales déclina à la fin du XIXᵉ siècle, John Martin (un brasseur expatrié en Belgique) encouragea dès 1920 les brasseurs britanniques à relancer leurs strong beers pour l’export, notamment sous les termes de Bulldog ale, Christmas ale et Scotch ale. Bien qu’il existe diverses appellations régionales telle Scottish ale, Cornish ale ou Kentish ale, rien n’indique toutefois une différence notable de style, même si les brasseurs américains réservent le terme de Scottish ale aux pale ales douces. En 1963, le brassage amateur (home brewing) fut légalisé à la condition de le limiter à sa consommation personnelle. Dans les années 1970, le brassage s’est concentré dans une poignée de grandes entreprises nationales, qui sont devenues des éléments constitutifs de grandes multinationales telles que AB InBev. Le Beer Orders À la fin des années 1980, six brasseurs nationaux dominaient le marché de la bière vendue dans les pubs au Royaume-Uni. Il s’agissait de Allied, Bass, Courage Grand Metropolitan, Scottish & Newcastle et Whitbread. Cela a suscité des inquiétudes quant au manque de concurrence pour les consommateurs. En 1989, un rapport intitulé « The Supply of Beer » communément appelé « Beer Orders ». Le rapport mettait en avant un certain nombre de conclusions défavorables liées à l’intégration verticale entre la brasserie et la vente au détail dans les pubs. Il recommandait de desserrer le lien entre la vente au détail dans les pubs et la brasserie, afin de faciliter la concurrence entre les brasseurs, les pubs et de facilité l’entrée de nouvelle marque sur le marché. À l’issue de ce rapport, deux nouvelles lois furent introduites en 1989, limitant à 2000, le nombre de pubs dépendant d’une grande brasserie et obligeant celles-ci à autoriser leurs pubs à pouvoir vendre au moins une bière venant d’une autre brasserie (guest ale). La conséquence de ces lois eu comme bénéfice d’avoir profondément et favorablement remanié le système de distribution au Royaume-Uni, tant et si bien que le « Beer Orders » fut révoqué en 2003. La mise en place, en 2002, d’une nouvelle taxation du nom de « Progressive Beer Duty », permettant une réduction d’impôt pour les petites brasseries, a vu leur nombre explosé. En 2002, il y avait environ 700 brasseries dans le pays, en 2014, il y avait plus de 1472, correspondant sur la periode à l’ouverture de 3 nouvelles brasseries par semaine, 3 nouvelles brasseries commençant chaque semaine. C’est le plus grand nombre de brasseries par habitant au monde et elle produisent plus de 8 000 bières régulières et des milliers d’autres bières saisonnières et uniques. La Porter et la Stout La Porter et la Stout sont des bières brunes de haute fermentation avec un certain nombre de variantes. La première utilisation connue du mot Stout pour la bière, dans un document daté de 1677 trouvé dans les manuscrits d’Egerton, faisait référence à sa force Le nom porter a été utilisé pour la première fois en 1721 pour décrire une bière brune et foncée. La Porter est un style de bière qui a été développé à Londres, au début du XVIIIᵉ siècle. Elle était bien houblonnée et d’apparence sombre en raison de l’utilisation de malt brun. Le nom est né de sa popularité auprès des porteurs de rue et d’eau. À la fin du XVIIIᵉ siècle, la renommée de la Porter était importante, elle fut le premier style de bière à être brassée dans le monde. Dès cette époque, elle fut brassée tout d’abord en Irlande, puis en Amérique du Nord, en Suède et en Russie. L’histoire de la Stout et de la porter est intimement liée. En raison de l’énorme popularité des Porters, les brasseurs les ont déclinées en différentes variétés et de forces. Les bières plus fortes, généralement à 7 % ou 8 % d’alcool par volume (ABV), étaient appelées « Stout porters ». La « Guinness Extra Stout » s’appelait à l’origine « Extra Superior Porter » et n’a reçu le nom d’« Extra Stout » qu’en 1840. Aujourd’hui, les termes sont indifféremment utilisés pour designer une bière brune, plutôt qu’à juste de la bière forte. Milk Stout Le milk Stout (appelé aussi sweet Stout ou cream Stout) est un Stout contenant du lactose, un sucre dérivé du lait. Parce que le lactose ne peut pas être fermenté par la levure de bière, il ajoute de la douceur et du corps à la bière finie. Le Stout de lait, qui était censé être nutritif, a été donné aux mères allaitantes et pour aider à augmenter leur production de lait. Il y a eu des poursuites à Newcastle upon Tyne en 1944 en vertu de la loi de 1938 sur les aliments et drogues concernant l’étiquetage trompeur de la Milk Stout. Ce type de bière était rare jusqu’à ce qu’il soit relancé par un certain nombre de brasseries artisanales au XXIe siècle. Oatmeal Stout L’Oatmeal Stout ou la Stout à l’avoine est une Stout avec une proportion d’avoine, normalement un maximum de 30 %, ajoutée pendant le processus de brassage. Même si une plus grande proportion d’avoine dans la bière peut conduire à un goût amer ou astringent, durant la période médiévale en Europe, l’avoine était un ingrédient courant dans la bière et des proportions allant jusqu’à 35 % étaient standards. Bien que certaines régions d’Europe, comme la Norvège, s’accrochaient encore à l’utilisation de l’avoine dans le brassage jusqu’au début du XXᵉ siècle, la pratique avait largement disparu au XVIᵉ siècle, à tel point qu’en 1513, les marins anglais refusaient de boire de la bière d’avoine qu’on leur offrait à cause de son goût amer. Il y a eu un regain d’intérêt pour l’utilisation de l’avoine à la fin du XIXᵉ siècle, lorsque les bières dites réparatrices et nourrissantes, comme la Milk Stout, sont devenues populaires, en raison la croyance que le Porridge (bouilli de céréales) était bon pour la santé. Au XXᵉ siècle, de nombreux Stouts à l’avoine ne contenaient qu’une quantité minimale d’avoine. Les Stouts à l’avoine n’ont généralement pas le goût spécifique de l’avoine. La douceur des Stouts à l’avoine provient de la teneur élevée en protéines, en lipides et en gommes végétales autorisées par l’utilisation de l’avoine. Les gommes végétales augmentent la viscosité et le corps ajoutant à la sensation de douceur. Dry et Irish Stout Au début du XXᵉ siècle, au Royaume-Uni, les « milk Stout » et les « sweet Stout » étaient les plus consommées. Par contre en Irlande, il était préféré les Stouts non sucrés, aux standards sucrés des Anglais et des Américains additionnés de lactose ou d’avoine. Cette Stout fut baptisé « dry Stout » ou « Irish Stout » afin de les différencier. Ce style représente le goût de la Stout typique pour la plupart des gens. Les Stouts les plus vendus dans le monde sont les Stouts irlandais fabriqués par Guinness. D’autres exemples d’Irish Stout sont la Murphy’s et la Beamish, mais il existe aujourd’hui de nombreuses brasseries artisanales en produisant en Irlande. La Stout irlandaise à la pression est normalement servie avec un propulseur à l’azote, en plus du dioxyde de carbone utilisé par la plupart des bières, pour créer une texture crémeuse avec une mousse de longue durée. Certaines Stouts en conserve et en bouteille incluent un dispositif spécial appelé « widget » pour azoter la bière dans le récipient pour reproduire l’expérience des variétés de fût. Imperial Stout L’Imperial Stout, également connue sous le nom de « Russian Imperial Stout », est une Porter forte brassée au XVIIIᵉ siècle à Londres pour être exportée à la cour de Catherine II de Russie. C’était une bière fortement houblonnée et titrant environ 10 % ABV. Sa recette fut inchangée de 1849 à 1986. Puis l’Imperial Stout fut brassée au Canada, par la suite au Danemark et aux États-Unis où elles très populaires. Les « Imperial Stout » sont des bieres forte en alcool dont la teneur est supérieure à 9% abv. Les interprétations américaines de l’Imperial Stout incluent souvent des ingrédients tels que des gousses de vanille, de la poudre du chili, du sirop d’érable, du café et des guimauves. Beaucoup sont vieillis en fûts de bourbon pour ajouter des couches supplémentaires de saveur. Le mot « Imperial » est maintenant couramment ajouté à d’autres styles de bière pour désigner une version plus forte, d’où les IPA imperial ,Pilsners imperial, etc. La baltic porter La « baltic porter » est une version de l’Imperial Stout brassée dans la région de la Baltique au XIXᵉ siècle. Initialement exportée au XIIIᵉ siècle de Grande-Bretagne vers les pays de la Baltique, elles ont été recréées, ingrédients et savoirs faire locaux. Les premières versions étaient, jusqu’à la fin du XIXᵉ siècle, des fermentations hautes, puis s’inspirant brassage des lagers de nombreuses brasseries ont commencé à brasser leur Porter avec une fermentation basse. Elles sont produites en Finlande, Estonie, Lettonie, Lituanie, République tchèque, Allemagne, Pologne, Russie, Ukraine, Danemark, Suède et États-Unis. German Porter, la Porter allemande Comme dans les autres pays de la région de la mer Baltique, la bière Porter brassée en Allemagne était traditionnellement une bière forte. Dès le début du XIXᵉ siècle, des recettes et des traités ont été publiés pour permettre aux brasseurs allemands de brasser la Porter. Un des premiers textes de langue allemande décrit une recette de production d’une Porter comparable au modèle anglais dans les brasseries allemandes, mais sans l’utilisation de divers ingrédients parfois toxiques de la bière anglaise. Les premières mentions de brasseries qui produisaient du Porter vers 1820 en Allemagne se trouvent à Althaldensleben et à Halberstadt en Saxe-Anhalt, à Stettin (Szczecin) et à Prillwitz (Przelewice) en Poméranie occidentale dans l’actuelle Pologne. La brasserie Christian Rose à Grabow au Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, en Allemagne (ex-RDA) a une tradition brassicole particulièrement longue et a brassé de la Porter en continu de 1853 jusqu’à sa fermeture au début des années 1990. Après l’arrêt de la production de la Porter à Brême à la « Dreßler-Brauerei » vers 1970, la « Hoepfner-Brauerei » à Karlsruhe était la dernière brasserie à produire de la Porter restante dans l’ancienne Allemagne de l’Ouest. En RDA, la Porter était brassée et vendue à petite une échelle. Les sites de brassage comprenaient Grabow, Pritzwalk, Greußen et la brasserie Sternburg près de Leipzig. Les normes pour la bière, y compris la Porter, ont été définies dans la norme industrielle TGL 7764. Après la réunification en 1990, certaines brasseries ont été fermées et les autres ont cessé de produire de la Porter. Depuis 1998, la « Hoepfner-Brauerei » produit à nouveau de la Porter selon le procédé de basse fermentation. Le nom « Porter » n’étant plus standardisé, il désigne désormais traditionnellement la bière forte allemande, bien que certaines bières à faible teneur en alcool ou parfois même sucrées, basées sur le style britannique et américain, le soi. Pastry Stout Une «  Pastry Stout » (Stout pâtissière) est une bière Stout qui est brassée pour être intentionnellement sucrée dans le but final que la bière imite la saveur et parfois l’apparence d’un dessert. De nombreuses brasseries expérimenteront des « Pastry Stout » aux saveurs telles que : le chocolat, la guimauve, le sirop d’érable, la vanille et divers fruits. Le produit fini aura la saveur et l’arôme des sucreries populaires telles que les crêpes aux myrtilles, les s’mores (biscuit-sandwich à la guimauve1 ou le guim-o-choco), les beignets, les brownies, les gâteaux, la crème glacée et le crumble aux fruits… La Stout aux huîtres Les huîtres sont associées depuis longtemps à la Stout. Quand les Stouts ont fait leur apparition au XVIIIᵉ siècle, les huîtres étaient un aliment courant souvent servi dans les débits de boissons et les tavernes. Au XXᵉ siècle, les parcs à huîtres britanniques étant en déclin à cause de la surconsommation et la Stout ayant cédé la place à la pale ale, un certain Ernest Barnes a eu l’idée de combiner à la Stout concentré d’huîtres fabriqué en Nouvelle-Zélande. Elle fut vendue pour la première fois en Nouvelle-Zélande en 1938, et à Londres, l’année suivante. Entrées similaires: L’histoire de la bière et de la cervoise La bière traditionnelle La bière en France La bière allemande La bière tchèque La bière dans l’antiquité [...] Lire la suite…
25 janvier 2023Les bières belges comptent parmi les plus variées et les plus nombreuses collections de bières dans le monde. Elles varient de la très populaire « pils » aux appellations exclusivement belges de lambic (fermentation spontanée), vieille brune, bière rouge ou bière brut en passant par les célèbres trappistes et autres bières d’abbaye ou de saison. Histoire En Belgique, comme partout en Europe du Nord, la bière était déjà produite à l’époque romaine, comme en témoigne la fouille d’une brasserie et malterie des IIIᵉ et IVᵉ siècles de notre ère à Ronchinne (un hameau de la commune belge d’Assesse). Au Haut et Haut Moyen Âge, la bière était produite avec du gruit (mélange ancestral de plantes qui servait à aromatiser la cervoise avant la généralisation de l’usage du houblon), un mélange d’herbes et d’épices qui fut mentionné pour la première fois en 974 lorsque l’évêque de Liège obtint le droit de le vendre à Fosses-la-Ville. À partir du XIVᵉ siècle, le gruit est remplacé par le houblon, à l’instar des bières importées du nord de l’Allemagne et de Hollande. Après cela, plusieurs villes belges ont développé leurs propres types de bière pour l’exportation vers d’autres régions et la guilde des brasseurs de Bruges voit le jour en 1308, celle de Liège en 1357 et celle de Bruxelles en 1365. Les monastères ne jouaient qu’un petit rôle dans la production de bière et brassaient principalement pour leur propre consommation et celle de leurs invités. Le brassage monastique ne connaîtra une certaine notoriété qu’à partir de la fin du XIXᵉ siècle, lorsque les trappistes de Chimay produiront une bière brune commercialisée. En 1885, une modification de la législation rendit viable en Belgique le brassage de bières à fermentation basse de style allemand, et ce n’est qu’à partir de ce moment-là que le brassage à grande échelle industriel en Belgique prit son essor. Au cours du XXᵉ siècle, le nombre de brasseries en Belgique est passé de 3 223 brasseries en 1900 à seulement 106 brasseries en 1993. Pourtant, un certain nombre de styles de bière traditionnels, tels que la bière blanche, le lambic et la vieille brune flamande, ont été préservés, tandis que de nouvelles bières locales, fermentés se sont développés, comme la spéciale belge, la bière d’abbaye et la bière forte belge. En 1988, les deux plus grandes brasseries du pays, Artois et Piedboeuf, fusionnent officiellement pour devenir Interbrew, alors 18e brasseur mondial, qui devait fusionner avec AmBev en 2004 pour devenir aujourd’hui AB InBev, la plus grande entreprise productrice de bière au monde. Culture de la bière La grande diversité des bières en Belgique s’accompagne d’une riche culture locale de la bière, ce dont la plupart des Belges sont très fiers. Par exemple, la Belgique compte d’innombrables cafés où un grand nombre de bières sont servies ou tirées. Pour un goût optimal, chaque bière doit être servie à sa température « idéale » (généralement entre 8 et 15 °C), avec la bonne hauteur de mousse. Chaque bière est servie dans son verre spécifique, une règle à laquelle il est rarement dérogé. Depuis 2016, la bière belge est inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO sous le titre de : La culture de la bière en Belgique. Les différents types de bière belge En fermentation basse : Bière de table ; Pilsner ou Pils En fermentation haute : Bière d’abbaye ; Trappiste ; « Double » ; « Triple » et « Quadruple » ; Bière Ambrée ou Spéciale ; Bière blanche ; Bière brut ; Saison ; Vieille brune Fermentation spontanée : Lambic Fermentation mixte : Bière rouge Cuisine à la bière Un certain nombre de plats traditionnels belges utilisent la bière comme ingrédient. L’un des plus connus est la carbonade ou Stoofvlees (flamand) qui est un ragoût de bœuf cuit à la bière, semblable au bœuf bourguignon. La bière utilisée est typiquement la spécialité régionale, lambic à Bruxelles, De Koninck à Anvers, etc. de sorte que le goût du plat varie. Un autre est le lapin en gueuze. Le restaurant In’t Spinnekopke à Bruxelles et Den Dyver à Bruges sont célèbres pour leur cuisine à la bière. En 1998, Anheuser-Busch InBev a lancé une chaîne mondiale de bars/restaurants, Belgian Beer Cafe, servant des plats belges typiques combinés avec de la bière belge. La nature variée des bières belges permet de les accorder à chaque plat d’un repas, par exemple : Bière blanche avec fruits de mer ou poisson. Bières blondes ou tripel au poulet ou viande blanche Dubbel ou autres bières brunes avec de la viande brune Lambics aux fruits avec dessert Entrées similaires: Les bières irlandaises Les bières de Budweis La consommation et les usages de la bière La fabrication de la bière La bière tchèque American Bud(weiser) – (Anheuser-Busch) [...] Lire la suite…
25 janvier 2023La « 33 export » ou « bière 33 » et communément appelée « 33 » est une bière qui fut élaborée en France et dont la recette est basée sur la tradition brassicole et des ingrédients allemand. Sa première mise en production en Indochine. Destinée à l’exportation, son nom lui vient de son conditionnement, à l’origine une bouteille de 33 cl. La « brasserie Larue » Elle était à l’origine une petite entreprise de production de glace et de boissons fraîches et gazeuses fondée par vers 1875 par Victor Larue un ancien second maître mécanicien dans la marine française, démobilisé sur le territoire. Vers 1879, il commence à y brasser de la bière qu’il vend sous le nom de Bière Royale avec un logo de tigre. À partir de 1885, année marquant la fin de la conquête de l’Indochine par la France, l’entreprise, devenue les Établissements Larue frères, ouvrent plusieurs succursales dans toute l’Indochine. Dans les années 1909/10, le site de Saïgon-Cholon, qui avait atteint sa limite de capacité, fut agrandi en une grande brasserie moderne et fabrique de glace. La bière pouvait désormais être brassée à l’échelle industrielle pour la première fois. La « brasserie Hommel » Elle fut fondée en 1892 par un Alsacien, Alfred Hommel, sous le nom de « Brasserie de Hanoï » sur de la montagne de I’Éléphant (Voi), site réputé pour la qualité de son eau entre Hanoï et le port d’Haï-Phong. Comme tous les établissements industriels tonkinois, les débuts de la brasserie de Hanoï furent pénibles. À force d’énergie, il était arrivé, à mettre au point une installation industrielle, mais alors qu’il touchait au but lorsqu’il décéda en 1907. Ce sont sa femme et son fils Maurice qui lui succède et en 1911 doublèrent le matériel frigorifique de l’usine, améliorèrent la fabrication avec tout le matériel moderne de l’époque. Malgré cela, la « brasserie Hommel » doit importer d’Europe le malt, le houblon, la levure provient de Copenhague, les bouteilles viennent de France et les bouchons de Bordeaux. Brasseries et Glacières d’Indochine Après le décès de Victor Larue, l’entreprise est reprise par la maison de négoce « Denis Frères ». Denis Frères Denis Frères est une famille d’armateur et de négociant basée à Bordeaux qui, commerçant avec les Indes, les côtes africaines et l’Amérique du Sud, envoie en 1856 la goélette La Mouette à Saïgon et décide de s’y installer en 1862. Puis, du Vietnam, elle se développe ensuite au Laos et au Cambodge. Au Vietnam, cette maison de négoce sera la plus importante avec des comptoirs dans différentes villes. Le groupe créera la compagnie de navigation du Tonkin, s’occupera des mines de charbon et de riziculture. Elle démarrera aussi les Brasseries glacières de l’Indochine, à l’origine de la bière 33 Export (le numéro du département de la Gironde, autre origine supposée de l’origine du nom de 33). La fusion Ayant créé quelques années plus tôt, en 1919 les Brasseries du Maroc, les Brasseries et glacières d’Algérie, en septembre 1927, la maison de négoce « Denis Frères » ayant racheté également la « brasserie Hommel » décide de les fusionner pour former les « Brasseries et Glacières d’Indochine » (BGI, brasseries et fabriques de glaces en Indochine) lui permettant ainsi de coordonner la production de la bière dans toute l’Indochine. Placée au nord de l’Indochine, la « brasserie Hommel » alimente en bière le Tonkin, le Laos et le Nord-Annam ainsi que le Le Yunnan en Chine et située au sud, la « brasserie Larue » approvisionne la Cochinchine, le Cambodge et Sud-Annam où les principaux consommateurs sont européens, mais la clientèle annamite et chinoise progresse chaque année. La 33 bière de l’empire colonial Reprenant les savoir-faire hériter des deux brasseries, BGI à Saïgon au côté de la « Bière Larue » y développe la marque « 33 Export » où elle était produite en masse, destiné d’abord pour le marché indochinois, mais aussi pour le marché colonial français et fit dans les décennies qui suivirent, que « BGI » devint le plus important producteur de boissons de l’empire colonial français. En 1948, elle crée les Brasseries du Cameroun. Elle rachète en 1954 la Compagnie fermière de l’établissement thermal de Vichy. Puis, elle crée les Brasseries du Niger en 1967, ainsi que les Brasseries et Glacières du Laos en 1973 (nationalisées en 1975). Brasseries et glacières internationales La BGI prend le nom de Brasseries et Glacières Internationales en 1975. Elle crée En 1986 la Société des Brasseries du Mali (BRAMALI). Par l’intermédiaire de sa filiale l’Union de brasseries, elle prend le contrôle des brasseries Pelforth en 1980. En 1986, l’Union des brasseries est fusionnée avec la filiale française d’Heineken pour former la Française de brasserie (FRABRA). La FRABRA est ensuite englobée dans Heineken en 1990. Cette même année, le groupe BGI est racheté par le Groupe Castel, qui prend le contrôle de la Société de limonaderies et brasseries d’Afrique en 1994. Le groupe sud africain SABMiller a établi en 2001 un accord de partenariat avec le groupe Castel, à l’issue duquel SABMiller détient 20 % des parts de BGI, tandis qu’en retour Castel détient 38 % de la division africaine de SABMiller. La bière de la guerre d’Indochine et du Vietnam La défaite de Dien-Bien-Phu en 1954 met fin à la présence française en Indochine, ce qui provoque le déplacement du siège social de BGI vers Paris en 1955. Les communistes arrivés au pouvoir à Hanoï nationalisent toutes les succursales de BGI dans la partie nord du Vietnam. Il ne lui reste que les succursales du sud du pays avec le bureau principal de Saïgon et la succursale de Đà Nẵng. Malgré tout, l’entreprise est restée la plus grande brasserie du pays, employant environ 4 000 personnes. Pendant la guerre du Vietnam, la 33 (prononcée Ba Muoi Ba) était la bière la plus consommée par les soldats américains. La production de la « 33 Export » cesse en 1975 à la suite de l’annexion par le Nord du Sud-Vietnam où elle est remplacée par la 333. La 33 aujourd’hui La 33 Export est brassée pour la première fois en France par la Brasserie de Drancy en 1960. Elle est lancée en Angleterre en 1986. À son apogée, elle était présente dans 80 pays et la production atteignait 1,5 million d’hectolitres. En France, la 33 Export est brassée par la Brasserie Pelforth de Mons-en-Barœul et par la Brasserie de la Valentine de Marseille. Outre une exportation intensive (le groupe Heineken est présent dans 170 pays), la licence de la 33 Export est vendue à plusieurs brasseurs d’Afrique. Elle existe sous différentes variantes selon les particularismes locaux même si l’identité visuelle à dominance de rouge demeure. Le degré d’alcool peut varier (de 4,8 à 5,1 %) et quelques modifications dans la recette, par exemple pour ajouter du riz au houblon. La 33 sous licences Au Bénin : La licence 33 Export appartient depuis 2009 à la Brasserie BB Lome qui propose le format 33 cl et 65 cl à 5 %. La cible du marché est le sport, sponsor n°1 du football au Bénin. Au Cameroun : La 33 Export est fabriquée par les Brasseries du Cameroun. La stratégie commerciale de cette marque est voisine de celle du Bénin. Positionnement sport avec un budget publicitaire orienté football, bouteilles de 33 cl et 65 cl comme au Bénin, mais un degré d’alcool de 5,1 %. En Algérie : Vendue par la société nouvelle Brasseries SNB filiale du groupe Castel. Au Maroc : La licence 33 Export appartient aux Brasseries du Maroc, filiale du groupe Castel depuis 2003. Au Gabon : La Société des brasseries du Gabon ou SOBRAGA, située à Owendo au sud de Libreville vend les marques 33 Export, mais aussi Guinness, Castel, et la bière locale Régab. En Centrafrique : Brassée par Mocaf, filiale du groupe Castel. En Tunisie : La 33 Export est brassée par la Société de fabrication des boissons de Tunisie. Les volumes de ventes des fûts suivent la fréquentation touristique, tandis que les bouteilles sont davantage vendues en grandes surfaces. Au Vietnam : La 33 Export a été renommée 333 en 1975. 333 et 333 Export Restée active après l’indépendance du Sud-Vietnam, la brasserie de Saïgon est nationalisée en 1975 lorsque qu’elle tombe aux mains des Nord-Vietnamiens communistes qui unifient le pays et change le nom de la marque de la bière « 33 » en « bière 333 » (en vietnamien : ba ba ba, la bière aux trois « trois ») et « 333 Export » afin brouiller quelque peu ses origines coloniales et capitalistes. Dans un premier temps, les Vietnamiens conservent l’importation de matières premières d’Allemagne, comme le faisaient les Français, mais nouent progressivement des partenariats avec l’Australie, en particulier pour le houblon, puis en ajoutant du malt qui n’était pas dans la recette originelle. De nos jours, la 333 Export est une bière de riz fabriquée à partir d’eau, de malt d’orge, de houblon et de riz. La 333 est une bière de type lager avec un goût légèrement malté. Elle titre à 5,3 %. Légère, elle est peu chargée en conservateurs. Exportation Aujourd’hui, la bière 333 export de qualité supérieure (333 Premium Export Beer) est exportée vers de nombreux pays : États-Unis (depuis 1994), Canada, Hong Kong, Singapour, Japon, Thaïlande, Australie, Pays-Bas. Les déclinaisons et variantes de la 333 export La Saïgon : marque de bière la plus ancienne du Vietnam, la Saïgon est née en 1875 à Saïgon, au sein de la brasserie de M. Victor Larue. Elle est aussi déclinée en plusieurs variétés. La Saïgon Lager en elle-même qui titre à 4,3 % d’alcool. La Saïgon Special avec une teneur en alcool de 4,9 % d’alcool, est fabriqué à partir de 100 % de grain de printemps. La Saïgon Export, bière blonde pâle est faite à partir de malt et de riz, ce qui lui donne des arômes céréaliers. Elle titre à 4,9° d’alcool. La Saïgon Gold, titre à 5 % d’alcool, elle est vendue en diffusion restreinte. La Lac Viet, avec un taux d’alcool de 4,3 %. La Saïgon Chill, pour sa production, elle est vieillie à froid à 2 degrés Celsius. Avec une teneur en alcool de 4,6 %. Entrées similaires: La bière en France Hildegarde de Bingen La bière traditionnelle L’Oktoberfest La bière dans l’antiquité La bière de Pilsen à l’origine de la Pils [...] Lire la suite…