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L’auteur de ces pages ne se prend ni pour ni Marc Aurèle, ni pour un philosophe, quoique partagé entre stoïcisme et épicurisme. Après trente années passées comme dirigeant de structures dans les domaines sportifs, éducatifs et culturels, il livre ici, une série d’écrits, plutôt de notes, ayant servi à construire sa pensée, sa réflexion. Elles lui servirent aussi à mieux comprendre l’environnement dans lequel il évoluait afin de découvrir de nouvelles perspectives et de mieux anticiper l’avenir, car pour prévoir le futur, il vaut mieux connaître le passé. Plutôt que de ne rien faire de ces notes, il a décidé de les mettre à disposition de tous. Vous y trouverez aussi de nombreux articles sur un certain art de vivre et les histoires qui s’y rapportent, puisque “tout a une histoire”.
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10 octobre 2023PartageShareShareTweetPetite histoire de la saucisse Il semblerait que l’origine de la saucisse remonterait à environ 5 000 ans. Par contre, il est sûr qu’Homère, à la fin du VIIIᵉ siècle av. J.-C. en parlait déjà dans l’Odyssée. Il est probable qu’elle fut inventée dans une optique de préservation ou de commodité de transport de la viande, tel qu’en fut son usage dans l’Antiquité, ou simplement d’un principe d’économie. Certaines légions romaines utilisaient le principe de la saucisse pour transporter de la viande divisée en rations à l’avance : la fameuse « ration du légionnaire ». En Gaule où la consommation de porc était importante, saucisses et saucissons s’y développèrent ainsi que d’autre salaison. Au Moyen Âge, on faisait de la saucisse à laquelle on ajoutait des épices et des aromates que l’on rapportait d’Orient. Bien que connu depuis le Moyen Âge (et utilisé entre autres en Allemagne), l’adjonction de farine (féculent) pouvant aller jusqu’à 25 %, c’est surtout développer pendant la Seconde Guerre mondiale dans les pays anglo-saxons, afin de compenser le manque de viande de l’époque, le féculent (farine, fécule, autre…) prend de l’expansion en absorbant l’eau et une partie du gras. Cette pratique est toujours utilisée dans certaines productions industrielles bon marché. À cause de ces pratiques, mais aussi parce que la majorité des saucisses ont des taux de gras et de sel très élevés, depuis la fin du XXᵉ siècle, la saucisse se voit souvent éloignée de la cuisine raffinée. Bien qu’il existe toujours des productions de saucisses de qualité, elle est aujourd’hui fréquemment perçue comme une récupération des déchets de viandes comestibles, dite viande séparée mécaniquement, remplie de produits de conservation chimique. L’utilisation d’enveloppes artificielles telles que le plastique ou le collagène et parfois le peu de détail des ingrédients n’aident en rien à son image gastronomique. Bien que les professionnels de la charcuterie et de la charcuterie pâtissière aient multiplié les classifications, en France, l’arrêté du 23 juillet 2010 fixe les exigences et recommandations applicables à la certification de conformité d’un produit de charcuterie, ainsi que les modalités de contrôle. Pour les saucisses et les saucissons, il catégorise cinq produits avec leurs caractéristiques précises : Saucisse à pâte fine : comme la saucisse de Francfort Saucisson cuit ou à cuire : comme le saucisson à l’ail Saucisson sec comme la rosette de Lyon ou la saucisse sèche « à la perche » Saucisses crues à cuire : comme la saucisse de Toulouse Saucisses crues gros hachage fumées à cuire : comme la saucisse de Morteau ou de Montbéliard La saucisse de Toulouse Emblème culinaire de la Ville rose et de la région Midi-Pyrénées (de la Gascogne et des Causses aux hautes montagnes des Pyrénées), la saucisse de Toulouse est une saucisse fraîche à poêler, à braiser ou à confire. C’est une saucisse maigre à gros hachage, elle est composée de viande pur porc embossée sous boyaux de porc. Souvent, elle est présentée en brasse (roulée en spirale) afin de pouvoir en acheter la longueur ou le poids désiré. Elle se consomme poêlée, grillée, pochée ou confite ou encore séchée. Elle tient un rôle indispensable dans le cassoulet, qu’il soit de Toulouse, de Castelnaudary ou de Carcassonne. On l’apprécie aussi avec une « poêlée de légumes », avec des lentilles, avec des flageolets et dans l’incontournable « saucisse purée », que l’on peut retrouver déclinée en Aveyron dans l’« Aligot et saucisse au couteau ». On peut aussi la déguster en chausson brioché. La saucisse de Toulouse se déguste de préférence fraîche et se garde une semaine au réfrigérateur ; sèche, elle peut ainsi se conserver durant plusieurs mois. La préparation de la saucisse de Toulouse est semblable de certaines saucisses espagnoles proches de la frontière dont la région toulousaine est limitrophe, comme la longaniza d’Aragon ou la botifarra de Catalogne. Son origine remonte au XVIIIᵉ siècle lorsqu’elle occupait le devant des étals sur les marchés de la Ville rose (1793). Ce n’est qu’en 1898 qu’elle « monte » à Paris dans le catalogue d’une épicerie fine. Mais elle doit son appellation commune et sa popularité auprès du grand public au guide culinaire Gault & Millau qui écrivit en 1970 : « Toulouse est universellement connue pour sa saucisse. Mais il y a saucisse et saucisse. Celle qui a le droit à ce nom comporte un certain nombre de caractéristiques » et il faudra encore attendre 1992 pour qu’elle reçoive le Label rouge. C’est vrai qu’il suffit de constater que la soi-disant saucisse de Toulouse se retrouve dans tous les hypers et supermarchés de France et de Navarre. La dénomination « saucisse de Toulouse » n’étant pas définie légalement, sa composition peut varier. Elle se compose de gras et de maigre de porc, de sel et de poivre, et de divers additifs (conservateurs, colorants, antioxydants, etc.) variables selon les producteurs et les labels revendiqués. Pourtant, bien peu de saucisses du commerce respectent les conditions d’une bonne et vraie saucisse de Toulouse. À savoir : Du porc fermier du Sud-Ouest : épaule + jambon (du maigre à 75 %) et poitrine (du gras à 25 %) dénervés Un gros hachage Pas d’additifs (conservateurs, colorants, eau) Un assaisonnement fait uniquement de sel et de poivre du moulin Un boyau naturel de porc Un diamètre de 26 à 28 mm En spirale, elle s’achète au poids (prix au kilo). Alors que dans les saucisses industrielles, bien que l’emploi de fumée liquide soit interdit, on y trouve : Des conservateurs (nitrite de sodium et nitrates E250 à E252) Des antioxydants E300, E301, E315, E316 Des aromates, épices et vins, à dose maximale d’emploi de 0,7 % au total Des sucres à dose maximale d’emploi de 1 % au total (saccharose, dextrose, glucose, lactose) Des colorants plus ou moins naturels Beaucoup plus de gras que de maigre, de l’eau… Et bien sûr du porc pas cher venu d’ailleurs. Le Label Rouge qui fut le premier pas pour encadrer la production de saucisse de Toulouse, en proposant un cahier des charges permettant de fortement limiter l’emploi d’additifs et conservateurs tout en imposant une qualité de viande supérieure à ce qui est observable dans la grande distribution. Cependant, le Label Rouge ne propose aucune protection géographique à la saucisse de Toulouse. Elle peut donc être produite de n’importe où et sa recette ne correspond pas tout à fait à la recette traditionnelle. C’est pour ces raisons qu’en 2010 est apparu le label « Véritable Saucisse de Toulouse » qui apporte un encadrement strict de la production de la saucisse de Toulouse, dans le respect de la recette ancestrale et de la tradition charcutière. La plus traditionnelle recette de la saucisse de Toulouse comprend une liste d’ingrédients bien limitée : 67 % d’épaule et jambon de porc d’épaule 33 % de poitrine de porc dénervée et triée 15 à 18 g de sel par kg d’un boyau naturel d’embossage (menu de porc) d’un diamètre de 28 à 32 mm Petit indice pour détecter une bonne saucisse de Toulouse : LES saucisses de Toulouse n’existent pas, on dit toujours LA puisqu’elle se présente en spirale, en brasse ou au mètre, et pas vendue en saucisses à l’unité. Et à la question : « faut-il piquer la saucisse de Toulouse ? » La réponse est NON, si elle provient d’une production artisanale. Par contre, il est préférable de la piquer, si elle provient d’une fabrication industrielle, afin d’éliminer l’excès de gras, d’eau et d’adjuvant. Entrées similaires: Il n’y a pas d’entrée similaire. [...] Lire la suite…
8 octobre 2023La montée des nationalistes de la fin du XIXᵉ siècle créé un véritable climat de tension accompagné de violences dans les régions pluri-ethniques de l’empire austro-hongrois comme la Bohême. Dans la ville de Budweis (České Budějovice, alors partie de l’Autriche-Hongrie) un véritable fossé se creuse entre les habitants des communautés tchèques et germanophones, qui se fait sentir jusque dans la brasserie Budweiser Bürgerbräu fondée en 1795. Soutenus par les hauts représentants de la bourgeoisie tchèque locale, des brasseurs et administrateurs tchèques (August Zátek, Karel Čertík, Antoním Effmert), mécontents de leurs situations au sein de la brasserie Budweiser Bürgerbräu dont la propriété et l’administration étaient principalement aux mains de citoyens germanophones, décident de fonder leur propre entreprise en 1895, la « Brasserie tchèque par action » (Český akciový pivovar) et qui deviendra par la suite la Budweiser Budvar (Budějovický Budvar). La « Brasserie tchèque par action » (Český akciový pivovar) a commencé à brasser sa bière le 7 octobre 1895, sous la direction du maitre brasseur Antonín Holečka, qui après avoir réalisé plusieurs lots expérimentaux et très prometteurs, marqua le début de la brasserie. Officiellement, cependant, selon des sources historiques, le démarrage complet de la brasserie elle-même remonte à 1896. Cette même année, sur un marché difficile et concurrentiel, elle reçut à Prague ses premiers prix lors de salon de producteurs alimentaires et de pharmaciens. La société n’a commencé à brasser de la bière de haute qualité qu’en 1897 et était vendue dans les grandes villes de Prague, Vienne et Trieste. Toujours en 1897, la bière de la « brasserie par action » reçoit la médaille d’or lors de la foire gastronomique de Stuttgart. En 1924, elle reçoit la médaille d’or lors de l’exposition internationale de Rome. Début du conflit des Budweiser À la fin du XIXᵉ siècle, Budweiser (comme Pilsner) était devenu une appellation commerciale populaire en Amérique, dont les droits d’utilisation fut contesté à partir de 1907 entre la « Brasserie tchèque par action » qui vendait sa bière depuis 1906 aux USA, à la société américaine Anheuser Busch qui venait d’être enregistré cette année-là, sa marque Budweiser aux États-Unis. À la suite d’un long débat judiciaire, un accord a été conclu en 1911 entre les deux parties : la « Brasserie tchèque par action » reconnue, contre compensation, la validité de l’enregistrement américain et que la société « Anheuser Busch » ne vendrait ses produits que sur son continent d’origine sous la mention Budweiser. La « Brasserie tchèque par action » n’a cependant pas renoncé à son droit d’identifier ses produits partout dans le monde avec le mot « Budweiser » et avec le qualificatif « original ». Restaurant brasserie Le 17 mai 1896, le « Restaurant brasserie » a été inauguré à České Budějovice. Ce fut un événement important qui a été couvert par le journal de Bohème le Budivoj dans son édition du jeudi 21 mai 1896. Bien que l’ouverture officielle était fixée au dimanche, la brasserie était déjà bondée toute la journée de samedi, le dimanche le flux de visiteur n’alla qu’en augmentant. Le restaurant était décoré de façon élégante et disposait du confort moderne de l’époque dont l’éclairage électrique. Durant l’été de la même année, un café en plein air avec une grande piste de quilles a été ouvert. C’est à partir de cette date que la tradition des brasserie-restaurants est devenue le centre de la vie nationale tchèque. Première Guerre mondiale et juste après-guerre Avec la Première Guerre mondiale et les problèmes d’approvisionnement qui l’accompagnent, entraine une chute de la production, ce qui provoque une baisse de la qualité et une augmentation du prix de la bière. Malgré la fin de la guerre et la création de l’État tchécoslovaque en 1918, n’a pas résolu pour autant tous les problèmes. La corporation des brasseurs tchèques fut décimée durant la guerre et ont affecté les brasseries pendant de nombreuses années après cette guerre. Sur les 90 brasseries qui existaient avant-guerre, seules 28 brasseries ont repris leur production en 1921. Les problèmes d’approvisionnement en matières premières, ayant continué d’empirer, ont conduit non seulement à une baisse significative de la production, mais aussi à une réduction des exportations. Durant cette période, le mauvais état de la brasserie et de ses équipements deviennent notoires. Entre deux guerres À la fin des années 1920, la « Brasserie tchèque par action » brassait à nouveau tous les types de bières. L’assortiment se composait de bières claires et foncées à dix et treize degrés. À cette époque, la brasserie avait de nouvelles marques enregistrées, telles que Český budějovický granát v (1922), Český budějovický Crystal (1925). En 1930, la marque Budvar a été enregistrée, en combinant deux mots Budějovická pivovar, pour sa bière blonde à 12 ° destinée à l’exportation. En 1934, elle dépose également son nom en langue allemande : Budbräu. Le succès international la marque Budvar/ Budbräu, a amené le conseil d’administration de la société à intégrer ce nom dans la dénomination de la « Brasserie tchèque par action ». Ainsi, en 1936, le nom de la société devint : « Budvar-Český akciový pivovar, České Budějovice » « Budvar-Brasserie tchèque par action de Budweis ». Le démembrement de la Tchécoslovaquie À l’aube du second conflit mondiale, avec l’annexion par l’Allemagne de la région des Sudètes le 21 octobre 1938 et son protectorat sur la Bohême-Moravie 16 mars 1939, les deux brasseries Budweiser ont été contraintes de conclure un nouvel accord avec la société Anheuser-Busch sous la menace de confiscation de leurs marchandises aux États-Unis et se sont engagés à ne pas utiliser les marques Budweiser et Budweis ou autres marques dérivées pour la région du continent nord-américain et du Panama. Bien qu’il y ait relativement suffisamment de matières premières, l’économie de guerre entraina la mise en vigueur d’une nouvelle législation : selon lequel les brasseries ne pouvaient brasser qu’à 9 ° pour les bières pression et à 11 ° pour la bière blonde en bouteille. Par la suite, un autre règlement vint réduire le degré de la bière à 7,3–8,3 °, et en 1945, le degré officiellement autorisé n’était plus que de 3,2 °. Dans l’ensemble, pendant la Seconde Guerre mondiale, la qualité de la bière et les exportations ont diminué, même si la « Budvar-Brasserie tchèque par action de Budweis » avait exporté des volumes importants jusqu’en 1942. C’est à partir de cette année-là, qu’un administrateur du parti Nazi a été nommé à la tête de la société, et ce, jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Puis la brasserie a été intégrée à un réseau de brasseries du protectorat et l’exportation a été littéralement réduite à zéro. L’après-guerre Rapidement après la guerre et malgré la désorganisation des voies d’approvisionnement liée aux raids aériens de la seconde guerre mondiale dont les derniers eurent lieu les 23 et 24 mars 1945, et malgré l’usure considérable des installations, la brasserie a pu dépasser sa production de durant la guerre. Cependant, un obstacle majeur reste le manque de matières premières et de carburant. Peu à peu, le taux d’alcool de la bière a augmenté. Les décrets Beneš, établis de 1940 à 1945 par le chef du gouvernement tchécoslovaque en exil puis en tant que chef du gouvernement provisoire d’après-guerre qu’Edvard Beneš et promulgué le 5 mars 1946 par ratification de l’Assemblée nationale provisoire dont les derniers d’avril 1945 au 26 octobre 1945 portent essentiellement sur : la nationalisation de l’industrie lourde, de la confiscation des biens et de l’expulsion des ressortissants des minorités nationales allemande et hongroise, des collaborateurs, des traîtres et de certaines organisations (dont l’Église catholique romaine qui voit alors ses biens nationalisés). Les décrets dits Beneš et l’établissement d’un régime communiste ont considérablement affecté la gestion et le développement de la brasserie. Le 13 septembre 1946, la « Budvar-Brasserie tchèque par action de Budweis » fut nationalisée (comme toutes les brasseries tchèques) et rebaptisée le 31 mai 1948 en « Brasseries tchèques de Budweis » (Českobudějovické pivovary, np) et n’a plus été en mesure de rivaliser avec l’américain Anheuser-Busch, bien qu’elle ait tenté en 1947 d’enregistrer de nouvelles marques aux États-Unis. Plus de quarante années d’économie planifiée par l’État, qui privilégiait le développement de l’industrie lourde, furent dommageables à l’industrie brassicole dont la main d’œuvre était parmi les salaires les plus bas de toutes les professions de la république tchécoslovaque. Exportation vers les pays frères Après la nationalisation, la brasserie fut séparée du combinat qui regroupait les brasseries de Bohême du Sud au sein d’une entité autonome. L’idée était de créer une entreprise résolument tournée vers l’exportation d’une bière de grande qualité avec une identité forte. La première exportation réalisée fut vers l’Union soviétique en 1948 pour le 70ᵉ anniversaire de Joseph Staline et lui offrit une boîte spécialement préparée avec 18 bouteilles de 0,33 litre et six verres avec un décor artistique. Mais, au lieu de concentrer les exportations sur les États occidentaux, sources de devises, elle s’est concentrée sur les États socialistes jusqu’à la seconde moitié des années 1960. Outre les pays socialistes, il était exporté vers des États neutres ou non-alignés. L’exportation a été la principale raison de la reconstruction générale de la brasserie, qui a commencé en 1967 et devait s’achever en 1982. La modernisation de la brasserie a été prolongée et ne s’est pas achevée même à la fin de 1989. Au fil des années, le volume des exportations de bière a augmenté de manière si importante qu’à la fin des années 80, les exportations représentaient 75 % de la production que la Budvar est devenue une denrée rare sur le marché intérieur. Changement de gamme De 1948 à 1989, il y a eu un changement important dans la gamme de la brasserie. L’assortiment initial se composait principalement de bière légère et de bière brune, qui ont cessé d’être brassées dans les années 1950 et 1960 en raison d’une baisse d’intérêt. En 1959, sont introduits de nouvelles étiquettes avec un nouveau concept graphique toujours utilisées aujourd’hui. À partir de 1967, les caisses en métal et en bois sont progressivement remplacées par des caisses en plastique. Entre 1961 et 1967, les tonneaux en bois furent remplacés par des tonneaux en aluminium. Ils cessèrent d’être utilisés en 1991, suite à leur remplacement progressif à partir 1984 par des tonneaux en acier inoxydable. Bière en boite En 1973, Budweiser Budvar a introduit une innovation : la bière en boite aluminium. La mise en boite était effectuée manuellement par des ouvriers qui dont la cadence moyenne était d’environ 100 à 120 boîtes par une heure. Avec des rendements aussi faibles et des problèmes techniques liés notamment au refroidissement de la bière pression et à la vérification du remplissage des canettes, la tentative d’emboitage de la bière dans les canettes se solda par un échec. Par conséquent, la direction de la brasserie a décidé de coopérer avec la brasserie slovaque de la Zlatý Bažant (bière du faisan doré) à Hurbanov qui exploitait une ligne d’embouteillage automatique de canettes. De l’entreprise d’État à l’entreprise nationale Le 1ᵉʳ janvier 1967, l’entreprise d’État « pivovary Jihočeské » (Brasseries de Bohême du Sud) est officiellement créée. Elle est constituée à partir de l’unification de « Budvar-Český akciový pivovar, České Budějovice » (Budvar-Brasserie tchèque par action de Budweis) et de « Budějovický měšťanský pivovar » (Budweiser Bürgerbräu) devenue depuis 1960 « Pivovar Samson » (brasserie Samson). La nouvelle entité a repris la plupart de leurs marques déposées. Le 28 novembre 1989, suite à la « Révolution de velours », évènement où le Parti communiste annonce qu’il abandonne sa mainmise sur le pouvoir politique et le processus de partition de la Tchécoslovaquie en deux états indépendants (processus qui prendra fin le 31 décembre 1992), abouti le 1ᵉʳ mars 1991, malgré un certain nombre d’irrégularités à faire passer « Budvar-Český akciový pivovar, České Budějovice » (Budvar-Brasserie tchèque par action de Budweis) et de « Budějovický měšťanský pivovar » (Budweiser Bürgerbräu) du statut d’entreprise d’État tchécoslovaque à celui d’entreprise nationale tchèque. Au cours des années 90, au sein du conglomérat « Budweiser Budvar » a commencé à créer ses propres filiales. Les premières d’entre elles eurent lieu en 1997 en Allemagne et en Croatie, en 2001 en Grande-Bretagne et en 2012 en Slovaquie. Les exportations se sont étendues à divers marchés étrangers, ce qui s’est traduit par la croissance des capitaux propres de « Budweiser Budvar », qui est l’indicateur le plus significatif de la vigueur et de la stabilité économiques. En 2002, la « Budweiser Budvar » a réussi à réintégrer les marchés américain et canadien après 62 ans d’absence. En raison des droits de marque d’Anheuser Busch aux États-Unis, la bière y est vendue sous la marque Czechvar. En 2004, l’Union européenne a attribué à « Budweiser Budvar » le label d’Indication Géographique Protégée (IGP) en tant que produit traditionnel et régional. En juillet 2010, la Cour de justice européenne a finalement statué qu’Anheuser-Busch ne pouvait pas faire protéger sa marque « Budweiser » dans l’UE, puisque la brasserie tchèque détenait les droits les plus anciens sur le nom et détenait déjà légalement les droits de marque dans certains pays de l’UE : Budweiser, Budvar et Budweiser Budvar sont des marques déposées en Allemagne, en République tchèque et en Autriche. En République tchèque même, la bière est connue sous le nom de Budvar. En 2011, l’entreprise d’État « pivovary Jihočeské » (Brasseries de Bohême du Sud) est divisée en deux sociétés distinctes « Budweiser Budvar » et « Pivovar Samson » vendue à la société Harvestor. Bien que la marque « Budějovický měšťanský pivovar » (BMP) appartiennent aux deux sociétés, elle est vendue janvier 2012 à la société « Anheuser Busch » produisant la Budweiser américaine qui l’a renommée en 2014 Samson et a créé une bière millésime dénommée « Samson 1795 Original Czech Lager ». Aujourd’hui, « Budweiser Budvar » est une entreprise publique tchèque. Cependant, malgré de nombreux démentis, il semble prévu depuis longtemps de transformer la société en société anonyme et de la privatiser. La Pardál En 2004, la brasserie « Budweiser Budvar » introduit pour le marché local une bière brune, qu’elle commercialise à partir de 2007 sous la marque Pardál. Vendue au début uniquement dans le sud de la Bohême, puis dans tout le pays, par la suite exporter à partir de 2013. La Pardál se caractérise par un goût amer plein. Un mélange de houblon Žatec est utilisé pour la production. La couleur de la bière est ambrée en raison de l’association du malt bavarois et du caramel. Restaurant-brasserie et pub Depuis 1953, la « Budweiser Budvar » est servie dans de célèbres restaurant-brasseries comme le Masné krámy à České Budějovice (la ville de Budweis) ou dans le grand parc d’attractions Viennois dénommé le Prater. De tels établissements dédiés à la « Budweiser Budvar » se sont développé non seulement dans les villes tchèques, mais aussi à l’étranger. Depuis 1998, « Budweiser Budvar » a développé de prestigieux bars Budvar, qui se caractérise par une décoration intérieure originale. En 2003, est créée la chaine de « Pub Budvarka » dont le premier s’est ouvert à l’hôtel Malý pivovar à České Budějovice (Budweis). Le concept de la chaîne de pubs s’adresse à tous ceux qui aiment l’ambiance agréable d’un pub à la fois traditionnel et moderne. Litiges relatifs à la marque Il existe des litiges avec la société américaine Anheuser-Busch depuis 1907 concernant l’utilisation de la marque Budweiser. En juillet 2010, la Cour de justice européenne a finalement statué qu’Anheuser-Busch ne pouvait pas faire protéger sa marque « Budweiser » dans l’UE, car la brasserie tchèque détenait les droits les plus anciens sur le nom et détenait déjà légalement les droits de marque dans certains pays de l’UE. À la suite de ces nombreux litiges, « Budweiser Budvar » est vendu en Amérique du Nord sous la marque « Czechvar » et « American Budweiser » sous le nom de « Bud » dans toute l’Union européenne, sauf au Royaume-Uni et en Irlande, où les deux produits sont vendus. Entre 2000 et 2012, 173 litiges et procédures administratives ont été définitivement clos, dont « Budweiser Budvar » a remporté 120 affaires et 10 litiges se sont soldés par une conciliation ou un match nul. Grâce aux enregistrements des marques « BUDWEISER » ou « BUDWEISER BUDVAR », qui appartiennent à « Budweiser Budvar », la multinationale américaine ne peut pas utiliser sa marque phare « BUDWEISER » dans près de 70 pays. En 2012, Anheuser-Busch a réussi un coup d’éclat en reprenant les droits d’exploitation de la marque « Budweiser Bürgerbräu » dont son propriétaire, Harvestor propriétaire de la « brasserie Samson » avait précédemment sous-traité la production. Bien que celle-ci soit la marque la plus ancienne exploitée en Tchéquie, c’est « Budweiser Budvar » qui détient les droits de marque qu’elle a déposé en premier. Toute fois, les deux marques revendiquent l’utilisation commerciale. Au cours de son histoire, les nombreux changements de forme juridique de la société « Budweiser Budvar » pourrait rendre plus difficile sa position dans les litiges juridiques internationaux concernant la marque Budweiser avec Anheuser Busch, car la continuité de l’identité juridique de la société pourrait être remise en question. Entrées similaires: Budweiser Bürgerbräu [...] Lire la suite…
8 octobre 2023Des origines austro-hongroises Depuis la fondation de la ville par le roi Ottokar II de Bohême en 1265, la bière est brassée à Budějovice (Budweis) ; l’empereur Charles IV (Empereur du Saint-Empire et Roi de Bohême) a confirmé le privilège des citoyens. À partir de 1585, le droit de brassage était un terrain de compétition entre les villes voisines de Budějovice et de Rudolfov (Rudolfstadt). En 1795, deux brasseries germanophones de Budweis en Bohême (České Budějovice) et qui s’était opposée depuis le début des siècles, se sont associées pour créer l’entreprise Budweiser Bürgerbräu (ou Budějovický měšťanský pivovar). Elle fut créée sous une forme communautaire dans laquelle 387 familles avaient une part. La société a profité de l’ouverture du chemin de fer hippomobile Budweis-Linz-Gmunden entre 1827 et 1836. En 1852, une brasserie industrielle moderne est construite dans la banlieue de Linz (Autriche) le long du chemin de fer. Dès 1875, elle exportait déjà des bières en Amérique où l’appellation « Budweiser », similaire à « Pilsner » ou « pils », est très courante. À partir de 1895, Budweiser Bürgerbräu était fournisseur de la cour royale de Wurtemberg. À partir de 1894, dans un effort pour protéger les droits de la brasserie, le conseil d’administration l’a dénommé « brasseries budweiser » (en tchèque Budějovice Brewers – Měšťanský pivovar Budějovice et en allemand Die Budweiser Bräuberechtigten – Bürgerliches Bräuhaus – fondée en 1795 – Budweis) car l’entreprise fut fondée et gérée principalement par des germanophones. Ce qui eut pour conséquence qu’en 1895 les administrateurs de langue tchèque fondèrent une brasserie par actions sous le nom de Budweiser Budvar (en tchèque Budějovický Budvar). La création de la Tchécoslovaquie et la nationalisation Après 1918, avec la fin de l’Empire d’Autriche-Hongrie et la création de l’état indépendant de Tchécoslovaquie, les Tchèques s’émancipent de la tutelle austro-hongroise et notamment de la domination politique, économique et foncière des aristocrates autrichiens ou hongrois, ils ont progressivement repris le contrôle de Budweiser Bürgerbräu. En 1945, une grande partie de la population germanophone a été expulsée et les brasseurs allemands et tchèques ont été expropriés. En 1948, les deux sociétés de brassage Budweiser ont été nationalisées et deviennent entreprises d’État et ont fusionné avec d’autres brasseries dans les brasseries de Bohême du Sud (pivovaire Jihočeské). Les droits de marque sur le nom à consonance allemande ont été abandonnés et perdus. La bière a été vendue sous différents noms : Crystal, Czech Beer Crystal, Bière Tchèque Crystal et Samson. En 1960, l’entreprise a été rebaptisée Samson Brewery puis, en 1989, à la suite de « Révolution de velours » qui précipita la chute du régime du Parti communiste tchécoslovaque et la fin de la République socialiste tchécoslovaque, fut rebaptisée à nouveau První budějovický pivovar Samson (première brasserie Budweiser Samson). Depuis 1991, la brasserie a acquis les droits sur les appellations d’origine Budějovický měšťanský pivovar et Budweiser Bürgerbräu et Budějovické pivo, bière Budweiser, et 1993, bière de Budweis et Budweis. Les temps nouveaux En 1992, la brasserie (ex-Budweiser Bürgerbräu) devient une partie du groupe Jihočeská pivovary České Budějovice et en 2001 reprend son nom de Budějovický měšťanský pivovar, ce qui correspondait au nom allemand d’origine. La société a utilisé des appellations allemandes comme « Budweiser Bier » également dans le contexte tchèque et anglais, déclarant également que le houblon provient de la « ville tchèque de Saaz (Žatec). Depuis 2005, en raison de la situation juridique, la brasserie proposait sa bière aux États-Unis sous le nom de « BB Burgerbräu », décrite comme « Budweis City Bier » plutôt que « Budweiser beer ». En janvier 2012, profitant de restructuration, la brasserie américaine Anheuser-Busch (Bud) a acquis les droits de marque de la Budweiser Bürgerbräu (Budějovický měšťanský pivovar) et l’a renommée en 2014 Samson et a créé une bière millésime dénommée « Samson 1795 Original Czech Lager ». Jusqu’à fin 2012, la brasserie mettait en bouteille ses produits dans des bouteilles brunes de type NRW 50 cL. Depuis janvier 2013, toute la production de la brasserie est embouteillée dans des bouteilles consignées de 0,5 l de type bière tchèque au design vert. Une partie de la production est également mise en bouteille dans des bouteilles vertes consignées ou non consignées de 0,33 l. Quoi qu’il en soit, Anheuser-Busch dispose désormais d’une brasserie de České Budějovice, et pourrait brandir cet argument pour remporter les multiples et interminables procès qui l’oppose à Budweiser Budvar (Budějovický Budvar), l’autre brasserie thèque, qui revendique l’usage exclusif de la marque Budweiser. Le litige commercial dure depuis 1907. La société tchèque a depuis remporté environ 70 % de ses procès. Entre 2000 et 2013, 184 cas ont opposé Budweiser Budvar à Anheuser-Busch InBev (AB InBev), avec une issue favorable aux Tchèques à 125 reprises. Entrées similaires: Budweiser Budvar [...] Lire la suite…
7 octobre 2023Prévenir les risques, mettre en œuvre ou appliquer les procédures en cas de situation difficile, incident ou accident dans le cadre d’un transport en commun Les agents d’entretien des routes La gestion et l’entretien des routes en France couvrent l’ensemble des actions entreprises pour connaître et maintenir la qualité des routes et de leurs dépendances et équipements afin d’assurer aux usagers des conditions de sécurité et de confort définies. Ces actions comprennent le recensement des routes, leur bornage, leur surveillance, l’évaluation périodique de la qualité du patrimoine, les tâches d’entretien, de réparation ou de reconstruction et les tâches de police de la circulation ou de la conservation du domaine public routier. Le réseau routier français présente en 2018 une longueur de 1 103 000 km, se répartissant en 11 600 km d’autoroutes (dont 9 000 km concédés), 9 600 km de routes nationales, 381 000 km de routes départementales et 700 800 km de voies communales. Pour pouvoir circuler en toute sécurité, ce réseau routier doit être surveillé, entretenu, exploité, développé en permanence. Le personnel qui a la charge de ces missions exécute des travaux variés, affecté tant à la construction d’infrastructures, qu’à la réfection des routes, il participe aussi à leurs sur les lieus d’accidents, au sablage et au déneigement. Lors des chantiers routiers, les personnels de maintenance sont souvent confrontés à des risques d’accident occasionné par les véhicules qui les croisent. C’est pour cela qu’il faut les protéger et sensibiliser les conducteurs aux risques que représentent ces chantiers routiers. C’est en moyenne 180 accidents par an, soit 6 par semaine qui coûtent la vie à 2 agents et en blesse 100 autres. « En 2022, 4 agents des routes ont été tués alors qu’ils étaient en intervention. Ces accidents sont presque toujours dus à un défaut de vigilance des usagers ou à un non-respect de la règle du corridor de sécurité. » Cette dernière décennie, les accidents impliquant un véhicule de plus de 3.5 T sur zone de chantier représentent : 43 % des accidents ; 55 % sur autoroute ; 35 % sur routes nationales et départementale alors que les PL ne représentent que 10 à 20 % du trafic. Sur cette même période, on constate que ces accidents touchent particulièrement les agents des routes (40 % d’agents blessés contre 23 % d’usagés). Il est important de comprendre qu’à l’approche de chaque chantier, ce sera, des hommes rencontrés. C’est pour cela qu’il est vital d’anticiper, de ralentir et de rester vigilant. La conduite est une tache qui exige d’être vigilant en permanence où il faut : Surveiller attentivement son environnement Avoir la réaction appropriée à la situation Avec un temps de réaction minimum Les troubles ou défaut de vigilance des conducteurs poids lourds sont à l’origine de 80 % des accidents sur chantier. Comme chaque individu, le conducteur est responsable de ses actes et il en court une double sanction : Responsabilité civile : où il a l’obligation de réparer tous les dommages causés à autrui ou a ses biens. Responsabilité pénale : où il a l’obligation de répondre devant le tribunal d’une infraction commise et d’en subir la sanction. Sans oublier l’impact psychologique d’un tel évènement Les principaux facteurs d’accidents Distraction Somnolence Vitesse excessive Distance de sécurité Changement de voie Plus on anticipe l’approche d’un chantier, moins il aura d’accident mortel. 1 agent mort 10 véhicules percutés et détruits 100 véhicules accrochés (rétroviseurs cassés…) 1000 évitements d’urgence (changement de voie tardif …) Que faire à l’approche d’un chantier La conduite à adopter à l’approche d’une zone d’intervention Respecter les consignes de sécurité délivrées par les panneaux de signalisation positionnés sur la route Désactiver le régulateur de vitesse Réduire sa vitesse pour anticiper les obstacles et le danger Redoubler de vigilance si un gyrophare ou des feux clignotent Ne pas attendre le dernier moment pour ralentir ou changer de voie Lorsque l’on traverse une zone d’intervention Conserver une vitesse modérée jusqu’à la sortie du chantier et rester concentré afin de pouvoir anticiper tout danger Respecter impérativement une distance de sécurité avec le véhicule qui vous précède Être particulièrement vigilant en cas d’intempéries (pluie, neige, brouillard…). La signalisation Il existe différents types de signalisation pour avertir d’un chantier Temporaire D’approche De prescription De début de travaux De guidage    La vitesse Chaque année, 44 % des automobilistes dépasse de plus de 20 km/h les limitations de vitesse autorisées sur les voies des aux abords des chantiers. L’énergie cinétique accumulée dans un véhicule lourd est telle qu’elle rend toute collision extrêmement dangereuse. À titre d’exemple, un poids lourd de 40T roulant à 90 km/h représente une force 1274 Tonnes en cas de choc. L’hypovigilance Selon le dictionnaire, l’hypovigilance est un état intermédiaire entre la veille et le sommeil. Lors de ce laps de temps, l’organisme n’a pas les mêmes facultés d’observation que lorsqu’il est réveillé : il analyse et observe beaucoup moins bien. L’attention est donc détournée, ce qui peut devenir très dangereux, notamment au volant. L’hypovigilance provoque des micro-sommeils et plonge les conducteurs concernés dans un état second. Touchant notamment les conducteurs, ces moments de somnolence ne sont forcément pas détectés de suite. Certains automobilistes peuvent donc prendre des risques sur la route pour les autres usagers et pour eux-mêmes en restant au volant. La première cause de mortalité sur l’autoroute est la somnolence, qui cause aussi 20% des accidents mortels du réseau routier français. Malheureusement, c’est un phénomène dont le danger est sous-estimé par les automobilistes alors que plus d’un conducteur sur deux reconnaît avoir déjà traversé un épisode d’hypovigilance. Les personnes les plus touchées par cet état de demi-sommeil sont les personnes en manque de sommeil ou sous emprise de certains médicaments. Les signes de l’hypovigilance L’arrivée de l’hypovigilance peut se détecter de plusieurs manières, notamment à travers des bâillements, des picotements dans les yeux, la nuque raide, les jambes lourdes… Si vous voyez un conducteur changer de position de façon répétée tout en ayant des difficultés à maintenir la trajectoire et la vitesse de son véhicule sur la route ou l’autoroute, c’est qu’il est probablement en état d’hypovigilance. Reconnaître les signes physiques de la fatigue Signes avant-coureurs Bâillement Paupières lourdes Suivi de: Raideur dans la nuque Douleur dans le dos Fixité du regard Difficulté de concentration Ont pour conséquences : Le champ visuel rétrécit, l’œil du conducteur est moins apte à détecter des obstacles et les autres véhicules. Le temps de réaction augmente de plusieurs secondes. La mémoire à court terme est moins efficace, on oublie plus facilement les panneaux ou autres avertissements de conduite. Le raisonnement du conducteur n’est pas à son maximum : l’incompréhension des règles routières peut entraîner des erreurs ou un comportement anormal au volant. L’hypovigilance peut être provoquée par plusieurs facteurs : Un automobiliste en manque de sommeil (nuit trop courte, insomnie…) est plus faible qu’un automobiliste ayant dormi suffisamment durant la nuit, c’est-à-dire entre 7h et 9h. Un automobiliste avec des horaires décalés est plus susceptible d’avoir un accident, car rester éveillé tardivement augmente le risque de somnolence. De plus, notre corps est plus sujet à l’assoupissement entre 13h et 15h et entre 2h et 5h. La consommation d’alcool, de drogue et de médicaments impactent l’éveil et le sommeil du conducteur. La digestion provoque des somnolences de quelques minutes. Une température trop élevée dans l’habitacle du véhicule peut pousser le conducteur à l’endormissement. Conduire plus de deux heures d’affilée sans faire de pause provoque des états d’hypovigilance et altère l’attention ainsi que la concentration. Il est à noter que 17 h de veille active équivaut à 0.5 g/l d’alcool dans le sang. Comment lutter contre l’hypovigilance ? Afin d’éviter les accidents, il est primordial de lutter contre l’hypovigilance et de mettre en place des bonnes habitudes pour ne courir aucun risque : Dormir en fonction de ses besoins Ne pas partir à jeun Prendre en compte les plages traditionnel de l’hypovigilance (2h à 6h et de 13h à 16h) Prendre des pauses toutes les deux heures, se dégourdir les jambes et se reposer vingt minutes si besoin. Boire du café ou du coca ou manger sucré pour donner de l’énergie au corps. Ces actions permettent aux conducteurs d’assurer la sécurité sur la route ou l’autoroute qu’ils empruntent. N’oubliez pas qu’il vaut mieux arriver en retard que ne pas arriver du tout ! Néanmoins, il faut tenir compte de certains paramètres source d’hypovigilance comme : L’infrastructure de la route L’environnement Le trafic Le type de véhicule Il faut aussi ne pas vouloir arriver à tout prix, les assoupissements les plus nombreux se produisent à une demi-heure de l’arrivée. En moyenne, sur 4 heures de conduite, il y a 15 minutes d’hypovigilance quel que soit le conducteur. Il est important de rappeler ici que la consommation d’alcool, de drogues, de médicaments est source d’hypovigilance aux conséquences graves. La conduite de nuit La nuit tue plus que le jour. Le risque d’avoir un accident mortel à la tombée du jour est d’ailleurs sept fois supérieure au risque diurne et un quart des accidents mortels de nuit se produisent entre 2 et 6 heures du matin. Fatigue, somnolence et alcool associés à une vitesse plus importante, du fait de la fluidité du trafic, sont souvent à l’origine de ces accidents. Lorsque que l’on roule la nuit, il est évident qu’il faut allumer ses feux : Les feux de croisement : Ils éclairent à 30 mètres minimum et doivent être utilisé si l’on roule sur une route éclairée ou que vous suivez ou croisez un autre usager sur une route non-éclairée, afin de ne pas l’éblouir. Si l’on est éblouis par un conducteur qui arrive en face, il faut regarder le bord droit de la route afin d’éviter les coups de volant. Les feux de route, ou plein-phares : ils éclairent sur 100 mètres minimum, et l’on doit les utiliser lorsque l’on roule sur une route qui n’est pas éclairée et que l’on est le seul véhicule sur les voies. Sources : Sites internet de la Sécurité routière, ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, Ministère des Transports Entrées similaires: Les systèmes d’aide à l’exploitation et à l’information des voyageurs (SAEIV) La réglementation nationale des transports routiers La réglementation internationale des transports routiers Le franchissement des tunnels Le franchissement des passages à niveau L’utilisation des extincteurs [...] Lire la suite…
7 octobre 2023Prévenir les risques, mettre en œuvre ou appliquer les procédures en cas de situation difficile, incident ou accident dans le cadre d’un transport en commun L’utilisation des extincteurs Les causes d’incendie Les causes d’incendie sont multiples, mais se répartissent principalement en trois grandes catégories : • Les causes humaines ◦ Imprudence de fumeur ; ◦ Ignorance ; ◦ Inconscience ; ◦ Négligence ; ◦ Malveillance. Les causes naturelles ◦ Foudre ; ◦ Soleil (effet loupe, suppression des bouteilles de gaz, etc.) ◦ Fermentation (fourrage, fumiers…,) Les causes énergétiques ou dues à l’activité ◦ Étincelles, arcs électriques, frottement ◦ Réactions chimiques exothermiques ◦ Échauffement anormal de fils électriques sous tensions ◦ Électricité statique (camion dépotant ou se remplissant de liquide inflammable) Les causes d’incendie en chiffres Origine électrique 20 % Feux nus, fumeurs 15 % Chalumeaux, soudures 15 % Installation de chauffage 10 % Réactions chimiques 10 % Frottements 10 % Causes diverses ou inconnus 20 % Les effets de l’incendie sur l’homme Les effets d’un incendie peuvent avoir des conséquences dramatiques tant sur le plan humain que sur le plan économique et environnemental. Un incendie peut provoquer une intoxication par gaz et fumées, des brûlures, l’asphyxie et diverses blessures qui pourraient survenir avec l’écroulement des structures. Les fumées tuent beaucoup plus que les flammes, elles montent, sont très chaudes et restituent la chaleur par rayonnement. C’est pour quoi, en présence de fumée, il faut circuler au raz du sol où l’air est plus respirable. Les brûlures Lors d’un incendie, le risque de brûlures est aussi important que le risque provoqué par les fumées. La brûlure est une destruction partielle ou totale pouvant concerner la peau, les parties molles des tissus, ou même les os. La gravité d’une brûlure dépend de plusieurs paramètres : sa localisation, sa forme, sa profondeur, l’étendue de la surface endommagée (en pourcentage de la surface corporelle totale) et son origine. Une prise en charge immédiate d’une brûlure peut grandement réduire ses conséquences. Elle consiste dans un premier temps à supprimer l’agression (protection), puis : À faire ruisseler de l’eau courante tempérée et à faible pression sur la partie brûlée pendant 5 à 20 minutes, efficace jusqu’à trois heures après la brûlure. En même temps, et s’ils ne collent pas à la peau, enlever les vêtements et bijoux qui ne collent pas à la peau sur ou près de la partie brûlée. Dans le cas d’une brûlure grave, à alerter les secours tout en poursuivant l’arrosage selon les consignes données. Après refroidissement, on allongera la victime (sauf en cas de gène respiratoire où il est préférable de la mettre en position assise) et la protéger du froid (à l’aide d’une couverture de survie) Dans le cas d’une brûlure simple, l’arrosage se poursuivra jusqu’à disparition totale de la douleur. Le nettoyage de la plaie est fait par un antiseptique ou de l’eau savonneuse Et dans tous les cas à surveiller la personne et respecter les consignes données. Un pansement, idéalement antiseptique, est mis en place. L’action devant être immédiate, elle doit être faite par les témoins, voire par la victime seule. Ce sont en général des personnes n’ayant pas de compétence médicale ; les recommandations sont donc nécessairement simples. La formation sur la conduite à tenir se fait en général lors des formations de base aux premiers secours telle que le SST (Sauveteur Secouriste du Travail) et le PSC1 (Prévention et secours civiques de niveau 1). Une vaccination contre le tétanos doit être proposée si la plaie est souillée et que la personne n’est pas vaccinée. Conduite à tenir : Supprimer la cause ou écarter le danger Refroidir le plus tôt possible, pendant 5 minutes minimum, par arrosage Retirer les vêtements qui ne collent pas à la peau Évaluer la graviter et alerter Les répercussions d’un incendie sont diverses. Économique entraînant par exemple le chômage Écologique avec la pollution du site et des eaux Historique avec notamment la perte de Patrimoine Le feu Le feu est la production d’une flamme par réaction chimique appelé combustion. Elle dégage chaleur et lumière. Le mécanisme du feu est schématiquement représenté par le triangle du feu. Pour qu’il y ait éclosion de feu, la présence simultanée de ces 3 composants du triangle du feu est obligatoire : Un combustible ou carburant : corps qui a la particularité de brûler, ce sont généralement des composés du carbone et de l’hydrogène (papier, bois, métal, huile, plastique, etc.) ; Un comburant : corps simple qui, mis en présence d’un combustible, permet puis entretient la combustion. Le plus répandu est l’oxygène ; Une source d’énergie : quantité de chaleur nécessaire pour démarrer la combustion. Chaque corps ayant une température de combustion différente, il est d’usage de matérialiser cette composante dans le « tétraèdre du feu » qui représente, de fait, le mécanisme de combustion. La soustraction d’un seul de ces éléments entraîne l’extinction immédiate du feu. Le temps d’intervention est primordial dans la lutte contre l’incendie. C’est pour cela qu’il est cruciale de savoir éteindre un feu dès sa naissance. Les classes de feu et agents extincteurs À chaque classe de feu un agent extincteur approprié : Les agents extincteurs L’eau est un agent extincteur qui agit par refroidissement. Elle est le plus simple, le moins coûteux et le plus efficace à condition d’être utilisé convenablement. Le sable et les pourpres, n’agissent que par étouffement et ne peuvent être projetés qu’à une distance rapprochée. Le gaz carbonique (CO2) appelé également dioxyde de carbone, légèrement plus lourd que l’air, il agit également par étouffement. Facilement liquéfiable sous forme de neige carbonique, il agit aussi par refroidissement. Il est particulièrement utilisé pour les d’origine électrique. Les extincteurs Un extincteur est un appareil de lutte contre l’incendie ou les fortes chaleurs, capable de projeter ou de répandre une substance appropriée, appelée « agent extincteur » afin d’éteindre un début d’incendie. Les extincteurs, ceux destinés au grand public, se scindent en trois catégories : portatifs, mobiles et fixes. Il existe deux types d’extincteur soit à Pression permanente, soit Pression auxiliaire. Les extincteurs à eau pulvérisée : ils agissent par refroidissements en abaissant la température du foyer. On ne rencontre quasiment pas d’extincteur à eau pure, en raison de sa faible efficacité en petites quantités. Ainsi, les extincteurs à eau contiennent presque tous un additif, généralement un produit mouillant. Ceux-ci sont des émulseurs, c’est-à-dire des produits qui abaissent la tension superficielle de l’eau (la goutte d’eau s’étale beaucoup plus), la rendant plus mouillante, plus pénétrante et donc plus efficace. Eau → Classe A Eau + additif → Classe A + B Les extincteurs à poudre : contiennent une poudre chimique qui agit de plusieurs manières, principalement en étouffant et empêchant l’oxygène de l’air d’activer le feu, mais elle n’a aucun pouvoir refroidissant. Les extincteurs à poudre sont irrespectueux des biens de valeur. Ils sont sensibles aux vibrations qui tassent la poudre, l’empêchant de sortir correctement. Poudre → Classe B + C + D Les extincteurs à neige carbonique : agissent essentiellement par étouffement, en diminuant fortement la concentration d’oxygène alimentant le feu. Dans une très moindre mesure, il agit par refroidissement au vu de sa température de sortie de -78 °C et sur de petits feux, il peut également souffler la flamme (séparer le combustible du feu). Il est ainsi capable d’agir sur les trois côtés du triangle du feu. En raison de sa détente, le gaz sort à -78 °C, faisant courir des risques de gelures éventuelles à l’utilisateur. Il se distingue par sa capacité à refroidir des appareils électriques en surchauffe. L’opérateur doit cependant être attentif au risque d’explosion d’objets brutalement refroidis par le dioxyde de carbone. Les extincteurs à CO2 sont les seuls dont le tromblon, tant qu’il est sec, peut servir à séparer de la source d’électricité une victime en train de s’électriser. Le CO2 ne laisse aucun résidu et ne cause aucun dégât, ce qui en fait le seul agent utilisable dans un environnement informatique ou une cuisine par exemple. Cet extincteur est le plus lourd parmi les matériels d’extinction. Il est également très sensible à la chaleur, lors de l’utilisation et du stockage. CO2 → B + C + électrique La durée minimale de fonctionnement d’un extincteur est de : 6 secondes pour les appareils dont la masse de l’agent extincteur est inférieur ou égale à 3 kg. 9 secondes pour les appareils dont la masse de l’agent extincteur est supérieur à 3 kg et inférieur à 6 kg. 12 secondes pour les appareils dont la masse de l’agent extincteur est supérieur ou égale à 6 kg. L’utilisation des extincteurs L’utilisateur doit vérifier que la classe de l’extincteur est adaptée au feu. Il enlève la goupille. S’il s’agit d’un extincteur à pression auxiliaire, il percute la poignée pour libérer le gaz de la cartouche, en détournant le visage du flexible, et de la tête de l’extincteur. Une brève pression sur la poignée d’éjection permet, à distance du foyer, de vérifier que l’extincteur fonctionne (une prise par les deux mains est souhaitable afin d’éviter un coup dû au recul de la lance) ; Il s’approche du feu en se baissant (afin d’éviter les fumées et vapeurs chaudes), se présente de profil (dans le but de minimiser l’effet du rayonnement du feu, utilise le jet continu de l’extincteur comme protection, et de préférence le dos au vent, et attaque la base des flammes (il est important de se maintenir en protection derrière le jet de la lance pendant toute la durée de l’utilisation du matériel d’extinction). La distance minimale à laquelle on attaque le feu dépend du type de feu et de l’agent extincteur : Eau pulvérisée sans additif : 2 à 3 mètres. Eau pulvérisée avec additif : 3 à 4 mètres. Poudre BC ou ABC : 3 à 4 mètres. CO2 : 1 mètre. On se rapproche ensuite quand les flammes ont baissé d’intensité, pour finir l’extinction, tout en restant à distance de sécurité des sources d’électricité en raison du risque d’électrisation. Sources: Sites internet de la Sécurité routière, Protection civile, Sapeurs-pompiers, Wikipédia Entrées similaires: La réglementation sociale nationale des transports Les systèmes d’aide à l’exploitation et à l’information des voyageurs (SAEIV) La réglementation nationale des transports routiers La réglementation internationale des transports routiers Le franchissement des tunnels Le franchissement des passages à niveau [...] Lire la suite…
7 octobre 2023Prévenir les risques, mettre en œuvre ou appliquer les procédures en cas de situation difficile, incident ou accident dans le cadre d’un transport en commun Le franchissement des passages à niveau Un passage à niveau n’est pas un carrefour routier ou piéton comme un autre, mais il n’est pas dangereux si on le traverse en respectant le Code de la route. En cas de non-respect du Code de la route, on risque sa vie et celle des autres. À 90 km/heure, il faut 800 m pour qu’un train s’arrête : la distance d’arrêt d’un train est 10 fois supérieure à celle d’un véhicule. « Un train peut en cacher un autre » : derrière un train peut être dissimulé un autre train roulant, à vive allure, dans le même sens ou en sens inverse. Les chiffres En Europe, il y avait, en 2020, 105 000 passages à niveau. En France en 2021 était recensé 15 038 passages à niveau dont environ moins de 1 % sur des routes nationales, 32 % sur des routes départementales et 67 % sur des voies communales. Aucun passage à niveau n’est situé sur une ligne à grande vitesse (LGV), mais des accidents peuvent impliquer des TGV lorsque ces derniers roulent sur des lignes classiques. Sur environ 15 000 passages à niveau, certains font l’objet d’une attention particulière et font partie du « Programme national de sécurisation des passages à niveau », en 2023, 144 passages à niveau (PN) y sont inscrits. En France, chaque jour, par 16 millions de véhicules franchissent un passage à niveau, ce qui représente 300 000 fermetures de barrières par jour. La signalisation 3 passages à niveau sur 4 sont équipés de feux rouges clignotants et de barrières automatiques, ou parfois de barrières manuelles seules. Les passages à niveau sans barrières sont équipés de croix de Saint-André ou de portillons. Voici quelques autres panneaux spécifiques que vous trouverez aux abords des passages à niveau : Les règles à respecter À l’approche d’un passage à niveau : Ralentissez. La présence d’un passage à niveau est systématiquement annoncée par un panneau de signalisation routière. Ne traversez la voie ferrée que si vous êtes absolument certain de pouvoir vous dégager rapidement du passage à niveau, en particulier si la route est encombrée. Ne vous arrêtez jamais sur la voie ferrée. Passages à niveau avec feu clignotant : arrêtez-vous avant le feu rouge dès qu’il clignote. Le Code de la route accorde la priorité absolue aux trains. Passages à niveau avec barrières : arrêtez-vous avant le passage à niveau dès que les barrières s’abaissent ; après le passage du train, attendez l’ouverture complète des barrières pour redémarrer. Passages à niveau sans barrière : arrêtez-vous avant le passage à niveau et avant de franchir la voie ferrée, vérifiez qu’aucun train n’arrive. En attendant le passage du train : Ne tentez pas de passer, vous n’en avez ni le temps ni le droit. Patientez ! Le temps d’attente à un passage à niveau n’excède pas quelques minutes. Si les barrières restent fermées après le passage d’un train, il y en a probablement un autre à l’approche, sinon contactez un agent de la gare SNCF la plus proche : composez le numéro inscrit sur la pancarte ou utilisez le téléphone relié directement à la gare, quand le passage à niveau en est pourvu. En cas d’immobilisation sur une voie ferrée : Dégagez votre véhicule en enfonçant la barrière, elle est conçue pour ne pas résister à ce type de choc. Évacuez tous les passagers du véhicule. Alertez au plus vite un agent SNCF avec le téléphone du passage à niveau ou composez. Le numéro inscrit sur la pancarte. Ne pas oublier : La distance d’arrêt d’un train peut atteindre 800 mètres. Le Code de la route accorde la priorité absolue au passage du train. Si vous vous trouvez coincé au milieu d’un passage à niveau, enfoncez la barrière avec votre véhicule : elle est conçue pour ne pas résister à ce type de choc. Dangers particuliers Les lignes électrifiées sont signalées lorsque les fils électriques sont situés à moins de 6m du sol. Un panonceau « haute tension : DANGER » est placé sur le portique. Les panneaux « cassis ou dos d’âne » préviennent les conducteurs de véhicules surbaissés pour qu’ils adaptent leur allure en conséquence. Un autocar est un véhicule surbaissé. Les sanctions encourues en cas de non-respect des règles de sécurité En cas de non-respect des règles de sécurité, vous risquez votre vie et celles des autres. Vous risquez aussi des sanctions. En cas de franchissement d’un passage à niveau : à partir de 135 € d’amende et retrait de 4 points sur le permis de conduire. En cas de non-respect de l’arrêt au feu rouge clignotant : à partir de 90 € d’amende, retrait de 4 points sur le permis de conduire et, éventuellement, suspension du permis de conduire de 3 ans maximum. En cas d’excès de vitesse : les mêmes sanctions que celles encourues sur les routes. À savoir, pour les infractions les plus graves : Une amende forfaitaire jusqu’à 3 750 € Un retrait jusqu’à 6 points sur le permis de conduire Une suspension de 3 ans du permis de conduire, à partir de 30 km/h au-dessus de la limitation de vitesse Une immobilisation et/ou confiscation du véhicule, à partir de 40 km/h au-dessus de la limitation de vitesse Une peine de 3 ans de prison, en cas de récidive d’excès de vitesse supérieure ou égale à 50 km/Sources : Manuel FIMO, Sites internet de la Sécurité routière, du Ministère des Transports et de la SNCF. Entrées similaires: Le franchissement des tunnels La réglementation sociale nationale des transports Les systèmes d’aide à l’exploitation et à l’information des voyageurs (SAEIV) La réglementation nationale des transports routiers La réglementation internationale des transports routiers Contrôler les zones du véhicule propre à la criminalité et au trafic clandestin [...] Lire la suite…
7 octobre 2023Prévenir les risques, mettre en œuvre ou appliquer les procédures en cas de situation difficile, incident ou accident dans le cadre d’un transport en commun Le franchissement des tunnels La circulation dans les tunnels La conduite dans les tunnels nécessite une conduite adaptée. Les règles de bases Si à l’entrée d’un tunnel des prescriptions spécifiques sont indiquées, des règles de bases sont néanmoins à respecter : Allumer les feux de croisement. Respecter la limitation de vitesse. Respecter les signaux d’affectation de voie. Respecter les distances de sécurités. Respecter l’arrêt absolu au feu rouge. Aucun témoin d’anomalie ne doit être allumé au tableau de bord. Écouter la fréquence radio du tunnel si elle existe Il ne faut pas faire demi-tour, s’arrêter ou stationner (sauf emplacement spécifique). En cas d’incendie Si le véhicule prend feu : Mettre les passagers en sécurité. Donner l’alerte grâce aux téléphones de secours situés à proximité dans le tunnel. Si le véhicule est sans passager et proche de la fin du tunnel, essayer de rejoindre la sortie. Si le feu est peu important, essayer de l’éteindre avec les extincteurs mis à disposition. Si l’on aperçoit de la fumée : Couper le moteur, laisser les clefs sur le contact et quitter le véhicule avec tous les passagers. Sortir au plus vite du tunnel par les issues de secours afin d’éviter une possibilité d’asphyxie. Aider qui peut avoir d’aide pour rejoindre la sortie de secours. Se diriger vers l’issue de secours la plus proche, il en existe tous les 200 à 300 m. Celles-ci sont signalées par des panneaux renforcés de néon vert et guidé au sol par une ligne verte. Attendre l’arrivée des forces de l’ordre et ne regagner son véhicule qu’après en avoir été autorisé. En cas de panne : Allumer les feux de détresse. Quitter le tunnel avec son véhicule que si le véhicule ne présente aucun risque pour les autres usagers. Si ce n’est pas possible, essayer de rejoindre l’emplacement d’arrêt le plus proche ou de se garer au plus près du trottoir du côté droit de la chaussée. Donner l’alerte en utilisant le téléphone de secours le plus proche. Mettre en sécurité ses passagers. En cas de ralentissement et d’embouteillage : Allumer les feux de détresse. Conserver les distances de sécurités Rester à l’écoute de l’information routière diffusée par la radio et par les panneaux à messages variable. Sur les grands ouvrages : Dans certains tunnels important comme dans le tunnel routier du Fréjus, des règles spécifiques peuvent être appliquées, exemple : Accès interdit aux véhicules lents et aux véhicules jugés dangereux. Accès interdit aux véhicules émettant des fumées nocives. Accès interdit aux véhicules de plus 4,3 m de hauteur. Distance de sécurité minimale de 100 m. Vitesse limitée entre 50 et 68 km/h. Obtention d’une autorisation pour les véhicules lourds. Règle pour les autocars : Interdiction de circuler pendant le transit d’un véhicule de transport de matière dangereuse. Lorsque plusieurs autocars se suivent, chargés de passagers, leur passage est réglé comme suit : 3 autocars ou moins : passage d’un autocar toutes les minutes dans les tunnels ouvert dans les deux sens. Plus de 3 autocars : le passage s’effectue en convoi accompagné par l’exploitant et le tunnel est fermé en sens inverse. Sources : Manuel FIMO, Sites internet de la Sécurité routière et de Bison futé. Entrées similaires: La réglementation sociale nationale des transports Les systèmes d’aide à l’exploitation et à l’information des voyageurs (SAEIV) La réglementation nationale des transports routiers La réglementation internationale des transports routiers Contrôler les zones du véhicule propre à la criminalité et au trafic clandestin La réglementation sociale européenne et le chronotachygraphe [...] Lire la suite…
7 octobre 2023Assurer les prestations commerciales de l’entreprise dans le cadre d’un transport en commun La réglementation des transports routiers (2/2) Le transport international Les activités de transport routier public de personnes s’effectuent sous le couvert d’une licence de transport intérieur ou d’une licence communautaire. Cette dernière est délivrée dans les conditions prévues par le règlement (CE) n° 1073/2009 du Parlement européen et du Conseil du 21 octobre 2009 établissant des règles communes pour l’accès au marché international des services de transport par autocars et autobus. L’autorité délivrante ou l’autorité compétente mentionnée aux articles 6 et 8 du règlement (CE) n°1073/2009 ou dans le cadre des accords bilatéraux, est le représentant de l’État – Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DREAL) – de la région où se situe le premier passage de frontière du territoire national franchi par le service de transport régulier. Le contrat de transport En l’absence de règles établies, le contrat de transport international est régi par la législation du pays où il a été conclu. 1 – Les services de transports occasionnels internationaux Il s’agit de services transportant des groupes constitués à l’initiative d’un donneur d’ordre ou du transporteur lui-même. L’article 2-4 du règlement (CE) n° 1073/2009 du Parlement européen et du Conseil du 21 octobre 2009 établissant des règles communes pour l’accès au marché international des services de transport par autocars et autobus, et modifiant le règlement (CE) n° 561/2006, définit les services occasionnels comme des services qui ne répondent pas à la définition des services réguliers, y compris les services réguliers spécialisés, et qui ont pour principale caractéristique de transporter des groupes constitués à l’initiative d’un donneur d’ordre ou du transporteur lui-même. Ils sont effectués par des entreprises autorisées à exercer la profession de transporteur public routier de personnes. Ces services sont libéralisés et donc exemptés d’autorisation, qu’ils soient effectués au sein de l’Union européenne (+ Norvège, Islande et Liechtenstein) ou avec des États ayant signé l’accord dit Interbus. Services occasionnels internationaux entre États membres de l’Union européenne Ils nécessitent l’utilisation du formulaire de la feuille de route communautaire dont le modèle figure à l’annexe I du règlement (UE) N° 361/2014 de la Commission du 9 avril 2014. Les feuilles de route doivent être remplies avant chaque voyage. L’original doit se trouver à bord du véhicule pendant toute la durée du voyage et une copie est conservée au siège de l’entreprise. Services occasionnels internationaux effectués sous couvert de la feuille de route INTERBUS L’accord INTERBUS du 3 octobre 2002 relatif au transport international occasionnel de voyageurs par autocars et autobus, signé entre l’Union Européenne et ses États voisins de l’est, a succédé à l’accord ASOR de 1982 qui est encore en vigueur avec l’Andorre. Compte tenu de l’intégration d’un certain nombre de pays au sein de l’Union européenne, et de nouvelles signatures intervenues postérieurement, l’accord Interbus est actuellement en vigueur avec les 7 pays suivants : Albanie, Bosnie-Herzégovine, Macédoine, Moldavie, Monténégro, Turquie et, depuis 2013, Ukraine. Les transporteurs effectuant ces services doivent remplir une feuille de route avant chaque voyage. Ce document, déclaratif, précise notamment le type de service, l’itinéraire principal et le transporteur concerné. 2 – Les services de transport réguliers internationaux entre États membres de l’UE L’organisation de ces transports relève de la réglementation communautaire européenne qui a défini, en application du Traité de l’Union Européenne, des règles communes s’imposant aux transporteurs établis dans l’Union Européenne et souhaitant organiser des lignes de transports internationaux au départ ou à destination d’un État membre, ou traversant le territoire d’un ou de plusieurs États membres. Ce règlement (CE) n° 1073/2009 du 21 octobre 2009 a établi un cadre juridique favorable à la libéralisation des transports et basé sur les principes généraux suivants : Principe du respect de la libre concurrence Libre accès aux marchés de transport sans discrimination en raison de la nationalité ou du lieu d’établissement du transporteur, à condition d’être habilité dans l’État d’établissement à effectuer des transports internationaux. Ce règlement définit les conditions préalablement requises à l’exécution de ces transports : Le transporteur doit être en possession d’une licence communautaire qui atteste son admission au marché des transports internationaux par route. Le service doit être effectué au moyen de véhicules aptes à transporter plus de 9 personnes, y compris le conducteur. Le service régulier fait l’objet d’une autorisation préalable établie au nom du transporteur et délivrée pour une durée maximale de 5 ans. La demande d’autorisation est introduite auprès de l’autorité compétente sur le territoire duquel se trouve un des points de départ, c’est-à-dire un des terminus du service. L’autorisation est délivrée en accord avec les autorités compétentes des pays traversés. Il précise la nature et la consistance du service : Le service régulier est accessible à tout le monde. Il est réalisé selon une fréquence et un trajet déterminé, les voyageurs pouvant être pris en charge et déposés à des arrêts préalablement fixés. Les caractéristiques du service sont prévues par l’autorisation qui précise en outre l’itinéraire et la fréquence du service, notamment les lieux de départ et de destination, la durée de validité de l’autorisation, les arrêts et les horaires. Le règlement (UE) N° 361/2014 de la Commission du 9 avril 2014 comporte en annexe III le modèle de demande d’autorisation que le transporteur doit renseigner avant de l’envoyer à l’autorité qui délivrera l’autorisation. Il comporte également en annexe IV le modèle réglementaire de l’autorisation de service régulier qui sera délivrée. Les services de transport réguliers internationaux entre la France et les États tiers à l’UE Le cadre juridique pour l’exploitation des services réguliers de transports internationaux de voyageurs par route entre la France et les États tiers à l’Union européenne est réglementé par le Code des Transports – section 5 : transports internationaux : articles R.3111-55 à R,3111-67, R.3116-15, R.3452-44 et R.3452-45 et l’arrêté du 28 décembre 2011 relatif aux titres administratifs et aux documents de contrôle pour l’exercice des activités de transport public routier de personnes. Des accords bilatéraux, conclus entre la France et les pays tiers, précisent les modalités de délivrance des autorisations requises pour l’exploitation de tels services. L’accord bilatéral entre la Communauté européenne et la Confédération Suisse sur le transport de marchandises et de voyageurs par rail et par route, signé le 21 juin 1999, précise les modalités de délivrance des autorisations requises pour l’exploitation de tels services. Les articles R.3111-55 à R.3111-67 du Code des Transports définissent notamment les conditions nécessaires préalables pour qu’une entreprise puisse exploiter un service régulier, conformément aux dispositions communautaires : L’entreprise doit être autorisée à exercer la profession de transport public routier de personnes. Elle doit disposer de véhicules aptes à transporter plus de 9 personnes assises, y compris le chauffeur. Les accords bilatéraux conclus entre la France et les États tiers à l’Union européenne préconisent un principe de réciprocité : une entreprise française ne peut exploiter un service régulier avec un pays tiers que sous la condition expresse d’être associée à une entreprise du pays tiers concerné. L’exploitation d’un service régulier doit faire l’objet d’une autorisation préalable. La durée maximale d’une autorisation est de trois années. L’arrêté du 28 décembre 2011 prévoit un modèle type d’autorisation. L’autorisation mentionne l’itinéraire du service, notamment les lieux de départ et de destination, avec indication des horaires, la fréquence, les tarifs, la durée de validité de l’autorisation. Chaque État concerné par le service ( États des lieux de départ et de destination et également États de transit) doit délivrer une autorisation correspondant à la partie de l’itinéraire du service relevant de sa compétence territoriale. Le service ne peut donc être régulièrement exploité par une entreprise que lorsqu’elle dispose des autorisations de l’ensemble des États concernés par le service. Le cabotage « régulier » dans le cadre de services routiers internationaux Le cadre juridique: Le règlement (CE) n° 1073/2009 du Parlement européen et du Conseil du 21 octobre 2009 établissant des règles communes pour l’accès au marché international des services de transport par autocars et autobus, et modifiant le règlement (CE) n° 561/2006, prévoit, dans ses articles 14 à 17, l’ouverture du marché européen du transport routier régulier de voyageurs au « cabotage », c’est-à-dire la possibilité pour tout transporteur de voyageurs par route pour compte d’autrui titulaire d’une licence communautaire, d’effectuer des transports routiers de personnes entre deux points du territoire national, avec les véhicules utilisés dans le cadre de services réguliers internationaux effectués au sein de l’Union européenne. La traduction de cette mesure dans le droit national se trouve dans l’article L.3421-2 du code des transports qui précise que les entreprises de transport public routier de personnes non établies en France peuvent, à l’occasion d’un service régulier de transport routier international de voyageurs et sous réserve que l’objet principal de ce service soit le transport de voyageurs entre des arrêts situés dans des États différents, assurer des services librement organisés Le décret en Conseil d’Etat prévu à l’article L. 3111-25 précise les modalités d’application du présent article, notamment les critères d’appréciation du caractère principal du service international et les conditions de sa vérification. Les articles R.3421-1 à R. 3421-4 du code des transports précisent les conditions d’accès au cabotage régulier : Les services routiers librement organisés en cabotage assurent des liaisons routières intérieures dont l’origine et la destination sont des arrêts d’un service régulier routier européen exécuté par une entreprise de transport public routier non établie en France, munie de l’autorisation mentionnée à l’article R. 3111-57. Constituent un service ayant pour objet principal le transport de voyageurs entre des arrêts situés dans des États différents, au sens de l’article L. 3421-2, un service régulier routier européen dont le nombre de places commercialisées par véhicule pour le transport intérieur est, entre deux arrêts, inférieur ou égal à 50 % de la capacité de ce véhicule. Le cabotage « occasionnel » en transport routier international de voyageurs Le cadre juridique: Le règlement (CE) n° 1073/2009 du Parlement européen et du Conseil du 21 octobre 2009 établissant des règles communes pour l’accès au marché international des services de transport par autocars et autobus et modifiant le règlement (CE) n° 561/2006 définit, au 7 paragraphe 1 de son article 2, les transports de cabotage comme « les transports nationaux de voyageurs par route pour compte d’autrui assurés à titre temporaire par un transporteur dans un État membre d’accueil ». Le règlement précité précise dans son article 15 paragraphe b) que les transports de cabotage sont admis pour les services occasionnels. Document de contrôle : la feuille de route CEE L’article 17.1 du règlement précité prévoit que « les transports de cabotage sous forme de services occasionnels sont exécutés sous le couvert d’une feuille de route (…) qui se trouve à bord du véhicule et est présentée à la demande des agents chargés du contrôle ». La traduction de cette mesure dans le droit national se trouve dans l’article R.3421-5 du Code des Transports qui précise que tout véhicule exécutant des opérations de cabotage routier de personnes dans le cadre d’un service occasionnel doit avoir à son bord les feuilles de route prévues à l’article 17 du règlement (CE) n° 1073/2009. La feuille de route doit mentionner, d’une part, les points de départ et d’arrivée du service et, d’autre part, les dates de départ et de fin de service. La feuille de route est celle prévue par l’article 12.1 du règlement précité, et par le règlement (UE) n° 361/2014 de la Commission du 9 avril 2014. Cette feuille de route doit être remplie en deux exemplaires : l’original doit se trouver durant tout le service à bord du véhicule utilisé, une copie étant conservée pendant une durée de deux ans dans les locaux du siège de l’établissement de l’entreprise. Cabotage occasionnel réalisé à l’étranger En référence à l’article 17.5 du règlement (CE) n° 1073/2009, les entreprises de transport public routier de personnes établies en France, qui utilisent, en régime de cabotage effectué dans un autre État membre de l’Union Européenne ou de l’Espace Économique européen, les feuilles de route issues du Carnet CEE, ont pour obligation de renvoyer dans un délai de 2 semaines les feuilles de route utilisées, à l’adresse ci-dessous : 1. Les titres administratifs et documents de contrôle exigibles à bord des autocars Tout autocar effectuant un transport routier international de voyageurs ou en transport national de personnes doit être accompagné des titres administratifs et documents de contrôle cités aux articles 2 et 3 de l’arrêté du 28 décembre 2011 relatif aux titres administratifs et aux documents de contrôle pour l’exercice des activités de transport public routier de personnes. Les tableaux ci-après (dans les liens) récapitulent les documents exigibles à bord des véhicules et/ou en entreprises selon la nature des services effectués : En transport international de voyageurs En transport national de personnes (y compris en régime de cabotage régulier ou occasionnel) L’union européenne et l’accord de Schengen L’accord de Schengen a été signé le 14 juin 1985 qui assure la libre circulation des personnes et dispense les citoyens des États membres des contrôles aux frontières intérieures. Le territoire ainsi délimité est communément appelé « espace Schengen ». Sources :Ministère de l’Écologie et de la transition des territoires et Legifrance Entrées similaires: La réglementation nationale des transports routiers La réglementation sociale nationale des transports La réglementation sociale européenne et le chronotachygraphe Les systèmes d’aide à l’exploitation et à l’information des voyageurs (SAEIV) Contrôler les zones du véhicule propre à la criminalité et au trafic clandestin Gestion de conflits [...] Lire la suite…
7 octobre 2023Assurer les prestations commerciales de l’entreprise dans le cadre d’un transport en commun La réglementation des transports routiers (1/2) La réglementation nationale Pour accéder à la profession de transporteur public routier de voyageurs, il faut réunir 4 conditions : être honorable justifier de sa capacité professionnelle justifier d’une capacité financière justifier d’avoir un local Il faut s’inscrire au registre des transporteurs et l’Administration en retour remet : Une autorisation d’exercer la profession Une licence Communautaire, si l’entreprise exploite des autocars et des autobus De transport intérieur, si l’entreprise exploite des véhicules autres Une copie conforme de chaque licence doit se trouver dans chaque véhicule de l’entreprise. Le transport routier de voyageur en chiffre 567 entreprises de transport collectif urbain dont 197 réseaux hors Île-de-France 6 810 entreprises de transport routier (cars) Parc de véhicules de transport en commun prés de 100 000 véhicules : 26 094 autobus (dont 4 532 de la RATP) 65 869 autocars Main d’œuvre, au total 198 900 salariés : 102 600 en transport urbain (dont 43 187 à la RATP) 96 300 en transport non urbain (interurbain et occasionnel) Les titres administratifs La licence de transport Elle est délivrée par le Préfet de Région au nom de l’entreprise. Elle a une durée de 10 ans et est incessible. L’entreprise reçoit un original et autant de copie conforme numérotée que de versicule en sa possession. La licence communautaire Elle est délivrée aux entreprises inscrites au registre des transporteurs et utilisant des autocars et des autobus. Cette licence permet d’effectuer tout transport public de personnes sur le territoire français et à travers l’Union Européenne (UE) et à travers l’Espace Économique Européen (EEE) ainsi qu’à destination des pays tiers. La licence de transport intérieur Elle permet le transport sur le territoire français avec des véhicules dont le poids maximum autorisé n’excède pas 6 tonnes ou dont la charge utile, y compris celle des remorques, n’excède pas 3,5 tonnes par des entreprises qui n’ont pas l’obligation de détenir la licence communautaire. Elle s’applique au véhicule de moins de 10 places. Les services occasionnels effectués par des véhicules de 9 places et moins, en dehors de leur département, ne sont plus soumis à cette autorisation. Les véhicules de moins de 9 places affectés à des services publics collectifs routiers de personnes doivent apposer à l’avant du véhicule une signalétique. Le contrat de transport Pour les entreprises de transport routier de voyageurs, le contrat de transport souvent se présente sous deux formes : Un contrat amont avec l’organisateur ou l’autorité organisatrice  Un contrat aval avec le client Le contrat de transport de voyageurs se réalise dès lors que transporteur professionnel s’engage moyennant finance à acheminer une personne déterminée, d’un lieu à un autre et en toute sécurité. Il concerne le client, mais aussi ses bagages. Les composantes d’un contrat selon le service proposé sont : Le déplacement, l’itinéraire Les points d’arrêt, les horaires La fréquence, les conditions d’accès Le prix et les tarifs Le contrat débute dès la prise de contact du client avec le véhicule. Le contrat de transport se matérialise par le titre de transport soit sous la forme d’un : Billet individuel (exemple ticket d’autocar ou d’autobus) Billet collectif Dans le cas des services occasionnels collectifs et les services privés, une liste nominative est obligatoire à l’exception des transports réalisés dans le département de prise en charge des passagers et les départements limitrophes. L’exécution du contrat implique des obligations réciproques, des droits et des devoirs de la part du transporteur et du client. L’attestation d’autorisation de diffusion audiovisuelle Dans le véhicule disposant d’équipement audio et audiovisuel permettant la diffusion au public (passagers) de musique et de film, il est nécessaire d’avoir dans les documents de bord l’autorisation de diffusion de la part de détenteurs des droits. Cette autorisation pour la musique est délivrée par la SACEM (société des Auteurs, Compositeurs et Éditeurs de Musique). Pour les vidéos, les transporteurs les louent auprès de fournisseurs dont la liste est fournie par la Fédération Nationale des Distributeurs de Films (FNOF). L’attestation d’aménagement (ex-carte violette) C’est un document établi par le constructeur, le préparateur du véhicule ou la DRIRE. Elle doit être présentée à tout contrôle routier. L’autorisation de vente de boissons La vente de boissons non alcoolisée est autorisée, à condition que la licence soit à bord du véhicule. Les différents services En urbain : ces transports sont réalisés à l’intérieur d’un Périmètre de Transport Urbain (PTU). En interurbain, il existe différents services Les services publics réguliers de transport routier de personnes : sont des services collectifs offerts à la place, dont le ou les itinéraires, les points d’arrêt, les fréquences, les horaires et les tarifs sont fixés et publiés à l’avance. Les services à la demande : Ce sont des services collectifs offerts à la place, déterminés en partie en fonction de la demande des usagers et dont les règles générales de tarification sont établies à l’avance, et qui sont exécutés avec des véhicules dont la capacité minimale est fixée à quatre places, y compris celle du conducteur. Les services publics réguliers et les services publics à la demande de transport routier de personnes peuvent être organisés en faveur de catégories particulières d’usagers. Les services librement organisés : ils sont organisés sous forme de services réguliers routiers interurbains, mais ne sont pas de services publics. Ils proposent des liaisons routières intérieures, soumissent ou non à la régulation. Les services occasionnels : ce sont les services qui ne répondent pas à la définition des services réguliers, y compris les services réguliers spécialisés, et qui sont notamment caractérisés par le fait qu’ils transportent des groupes constitués à l’initiative d’un donneur d’ordre ou du transporteur lui-même. Par services occasionnels, on entend également les services réguliers internationaux de longue distance en ce qui concerne les conditions salariales. Le transport scolaire : est l’organisation des déplacements d’élèves dans le cadre de leurs activités scolaires, principalement leur transport quotidien entre leur domicile et leur école, mais aussi à l’occasion d’activité (culturelles, sportives…) et de voyages (linguistiques…). Il concerne les enfants de moins de 18 ans. Spécificités Confort : il doit être adapté au service qui est affecté au véhicule Le niveau de confort est prévu par le contrat de transport et doit être fournis quel que soit le véhicule. Il doit être propre à l’intérieur comme à l’extérieur, entretenu et en bon état de marche. Tourisme et grand tourisme : les autocars affectés au service occasionnels pour des déplacements de plusieurs jours (voire une semaine) seront équipés en plus : De toilettes De lecteurs vidéos D’un bar D’un salon … Entrées similaires: La réglementation sociale nationale des transports La réglementation sociale européenne et le chronotachygraphe Les systèmes d’aide à l’exploitation et à l’information des voyageurs (SAEIV) Contrôler les zones du véhicule propre à la criminalité et au trafic clandestin Gestion de conflits [...] Lire la suite…
7 octobre 2023Accueillir et renseigner la clientèle dans le cadre d’un transport en commun Les systèmes d’aide à l’exploitation et à l’information des voyageurs Le système d’aide à l’exploitation et à l’information voyageurs, abrégé SAEIV, est un système de localisation en temps réel de véhicules de transport en commun afin d’améliorer l’exploitation, la gestion et la régularité des véhicules en circulation. Il possède plusieurs interfaces, une pour : Le gestionnaire de ligne (exploitation) Le conducteur Les usagers (aux arrêts et dans le bus) L’affichage de la destination est effectué grâce à un dispositif d’information des véhicules de transport (métro, tramway, bus, cars…) appelé « girouette » indiquant généralement le numéro et la destination de la ligne. Le Système d’aide à l’exploitation et à l’information des voyageurs (SAEIV) Le SAEIV est séparé en 2 parties distinctes : Le Système d’Aide à l’Exploitation (SAE) qui combine plusieurs outils (le GPS et l’odomètre principalement) pour localiser le véhicule, et envoie ensuite ces informations au conducteur ou à l’exploitant via des interfaces ; Le Système d’Information Voyageurs (SIV), aussi appelé Système d’information dynamique des voyageurs, qui informe les clients de la destination du bus, du prochain arrêt et de l’info trafic sur la ligne via différents outils. Dans les véhicules Dans les bus, l’odomètre compte le nombre de mètres parcouru afin de déterminer sa position et le prochain arrêt. Ce décompte peut se recaler soit lorsque le conducteur ouvre les portes (ce qui veut dire que le bus est à l’arrêt) soit avec le GPS. Le conducteur peut consulter ces infos via une interface qui lui indique son avance/retard ou les différents incidents sur la ligne. Si le véhicule est en avance, l’interface le signale afin que le conducteur ralentisse (il est préférable d’avoir un bus en retard d’une à 2 minutes qu’un bus en avance). Le conducteur dispose également du plan de la ligne sur son interface. Au poste de commande centralisé (PCC) Pour le PCC, le suivi en temps réel de l’exploitation (suivi des prises de service des conducteurs, de la ponctualité/régularité…) permet d’agir en temps réel pour maintenir la qualité de service du réseau. Les communications entre l’exploitant et les conducteurs s’effectuent par un réseau radio 3RP ou via le réseau data (GPRS, 3G, 4G….). Le PCC peut également passer des appels individuels (appel d’un seul bus) ou groupés (appel général ou de plusieurs lignes), ou envoyer des messages sur l’interface du SAE des conducteurs. En cas d’appel de détresse, le bus concerné est automatiquement localisé, et l’opérateur peut décider d’envoyer une équipe d’intervention sur place. Pour les voyageurs Plusieurs outils permettent de retranscrire l’information en direct, notamment par un calcul en temps réel des horaires de passage estimés aux arrêts : À bord, des bandeaux défilants, des écrans et/ou des annonces sonores informent les clients sur leur trajet ; Aux arrêts, des Bornes d’Information Voyageurs (BIV) peuvent informer de l’info trafic du réseau, du temps d’attente ou des prochains passage théoriques si les véhicules ne peuvent pas être localisés ; Sur smartphone, une application du réseau peut informer de l’info trafic ou des horaires de passages, mais les clients peuvent aussi recevoir des informations par SMS ; Sur le site internet du réseau, dont certains informent des prochains passages réels ou théoriques à un arrêt. Certains véhicules peuvent par ailleurs avoir des annonces extérieures lorsque la porte s’ouvre afin d’informer les clients de la ligne et de la destination. Avec l’arrivée de nouvelles technologies, certaines entreprises lancent de nouvelles versions du SAEIV à partir d’applications sur téléphone. Ainsi, le conducteur dispose d’un smartphone qui est localisé, et qui retransmet les informations aux clients via une interface web, ou à l’exploitant via un logiciel. Spécificités Certains réseaux disposent de systèmes d’information voyageurs spécifiques, notamment en Île-de-France : Le Système d’information en ligne (SIEL) utilisé sur l’ensemble du réseau francilien ; Les Annonces sonores et visuelles automatiques (ASVA) utilisé dans le métro de Paris ; Le Système d’informations sonores et visuelles embarqué (SISVE) utilisé sur les lignes A et B du réseau express régional d’Île-de-France ; Le Système d’information voyageurs embarqué (SIVE) utilisé sur le réseau RER géré par la SNCF et Transilien ; Le système Infogare utilisé par la SNCF dans les gares franciliennes, remplacé par le système IENA. Statistiques Le SAEIV permet de collecter des informations et des analyses statistiques sur les temps de parcours, et ainsi recaler les horaires de passages au besoin. Relié à la billettique, il dénombre aussi le nombre de voyageurs qui ont validé leur titre de transport, et permet ainsi de faire des statistiques de fréquentation. Sources : Manuel FIMO, Wikipédia Entrées similaires: La réglementation sociale nationale des transports Contrôler les zones du véhicule propre à la criminalité et au trafic clandestin La réglementation sociale européenne et le chronotachygraphe Gestion de conflits Pennsylvania Dutch – les allemands des USA (1/4) [...] Lire la suite…
7 octobre 2023Accueillir et renseigner la clientèle dans le cadre d’un transport en commun Gestion de conflits Un conflit, ou situation conflictuelle, est un état d’opposition entre personnes ou entités. Le conflit est chargé d’émotions telles que la colère, la frustration, la peur, la tristesse, la rancune, le dégoût. Parfois, il peut être fait d’agressivité et de violence. Comme partout ailleurs, dans le transport routier de voyageurs, l’origine des conflits peut être multiple. Conducteur envers les passagers Effets sur le conducteur Effet sur les voyageurs Retard (panne d’oreiller, embouteillage, panne du véhicule, conditions météo, accrochage, accidents…) Conduite tendue, prise de risque Non-respect du Code de la route Nervosité, agressivité, brusquerie État d’insécurité Mécontentement Montée d’agressivité Conducteur non communicatif, indifférent aux passagers N’écoute pas les voyageurs Sentiment d’indifférence négligence, insatisfaction. Véhicule non adapté à la prestation (sièges inconfortables, températures non adaptées, manque d’espace…) véhicule sale, prestation non conforme aux attentes du client Conduite tendue Accumulation de stress Agressivité Passagers envers d’autres passagers ou du conducteur Effet sur le conducteur Effet sur les passagers – Cigarettes, alcool, chien, pieds sur les sièges. — Non-respect des places attribuées. — Musique, bruits, chahut. — Agression verbale ou gestuelle. Sentiment d’insécurité. Sentiment d’impuissance Stress Incompréhension Sentiment d’insécurité. Sentiment d’impuissance Stress Incompréhension Le stress négatif peut provoquer des insomnies (le risque d’accidents est multiplié par 3). Un stress non soigné peut se transformer en dépression, voire plus. Des remèdes existent contre le stress, mais dans la profession de conducteur de voyageur, la première solution consiste au dialogue. La résolution de conflit est un concept qui consiste dans le choix d’une solution à un affrontement et sa mise en œuvre. Attitudes But Conséquence Évitement Quitter une situation dangereuse, stressante, menaçante… Insatisfaction, peurs et appréhensions non surmontées. Adoucissement Retarder la confrontation dans l’espoir qu’elle ne se produise pas Anxiétés, tant que la situation n’est pas réglée. Force – Pression morale : le chantage – pression physique : l’agression Il y aura un gagnant et un perdant. Négociation Tenter de résoudre le problème au moyen d’une solution satisfaisante pour les deux parties. – si réussite tout le monde est gagnant – en cas d’échec : renvoi ultérieur (effet d’aggravant) Traitement des objections Étapes L’interlocuteur Le problème 1 – Accueillir Écouter : laisser parler (histoire que la personne vide son sac). Identifier : de quel problème il s’agit 2 – Comprendre Reformuler : être attentif, réponse affective… Analyser : dégager les causes, le pourquoi. 3 – Proposer (trouver une issue) Satisfaire la personne ou réduire l’insatisfaction. Résoudre : trouver une solution adaptée Un problème non résolu génère systématiquement l’insatisfaction du client, voire le début d’une situation conflictuelle… Sources : Manuel Fimo et site internet des Transports. Entrées similaires: Contrôler les zones du véhicule propre à la criminalité et au trafic clandestin La réglementation sociale européenne et le chronotachygraphe La réglementation sociale nationale des transports [...] Lire la suite…
7 octobre 2023Appliquer les consignes d’exploitation et effectuer les contrôles de sécurité dans le cadre d’un transport en commun La réglementation sociale nationale La réglementation sociale européenne est complétée par la réglementation nationale qui est constituée de plusieurs ensemble : Le Code du travail qui s’applique dans toutes les entreprises, ainsi qu’à leurs salariés, sous réserve des dispositions particulières ou d’adaptation prévues par le code des transports. Les conventions collectives, la CC 3085 pour le transport interurbain et la CC 3099 pour le transport urbain. Le contrat de travail est un accord réciproque entre un salarié et un employeur pour lequel il s’engage à travailler sous subordination et contre rémunération. Il est normalement écrit et défini les droits, les obligations de l’employeur et du salarié dans le respect du Code du travail et de la législation en vigueur. Il peut être à durée déterminée (CDD), à durée indéterminée (CDI), à plein temps, à temps partiel. Dans le transport routier de voyageur (TRV) il existe un contrat spécifique pour les conducteurs assurant que des services scolaires, le CPS (contrat de prestation de service) leur garantissant une durée annuelle minimum de 550 h pour 180 jours travail. La formation du conducteur La formation est obligatoire pour tous les conducteurs de véhicule de plus de 9 places, elle est constituée D’une formation initiale : Courte, la Fimo (formation initiale minimale obligatoire) d’une durée de 140 heures Longues d’une durée de plus de 140 heures : le Titre professionnel et le BAC professionnel. D’un recyclage tous les 5 ans, le FCO (formation continue obligatoire) La convention collective nationale des transports publics urbains (3099) Elle s’applique aux salariés des entreprises de transport public urbain Elle a été signée au niveau national par des représentants syndicaux de salariés et par des représentants patronaux, Elle ne s’applique pas : Au personnel de la RATP Au personnel des entreprises de transport interurbain visées par la convention collective 3085 La durée du temps de travail La durée hebdomadaire 35 heures Durée maximale 46 heures (jusqu’à 50 heures après avis de l’inspecteur du travail) En moyenne par semaine sur 12 semaines consécutive 42 heures La durée des repos journaliers journalier 11 heures Réduction possible 10 heures Sous réserve de compensation avant la fin de la semaine qui suit. 9 heures (sous condition) La durée des repos hebdomadaires hebdomadaire 35 heures (repos journalier compris) Réduction possible 24 heures (repos journalier compris) Sous réserve de compensation avant la fin de la 3ᵉ semaine qui suit. Cas général 20 minutes minimum au bout de 6 heures de travail consécutif. Est comptabilisé comme temps de travail si la durée est inférieure à 30 minutes. Coupure = temps de repas, de disponibilité ou d’attente et terminus. Coupure pour repas du midi 45 minutes minimum. Tout agent en service entre 11 heures 30 et 14 heures qui ne bénéficie pas de cette coupure, reçoit une allocation de repas décalée. La convention collective nationale des transports publics interurbains (3085) Amplitude journalière Pause Travail effectif Services réguliers 13 heures Services occasionnels 14 heures Double équipage 18 heures Autres services 12 heures Un conducteur salarié bénéficie d’une pause d’au moins 30 minutes lorsque le travail excède 6 heures. La pause est portée à 45 minutes lorsque son temps de travail excède 9 heures Les temps de pause de 30 et 45 minutes peuvent être subdivisés en période d’une durée d’au moins 15 minutes chacune. L’application de cette règle n’a pas pour objet de réduire les pauses relatives aux temps de conduite. Les services réguliers dont la ligne ne dépasse pas 50 km ne sont pas concernés par cette pause. Maximum 10 h quotidiennes, une fois 12 h par semaines Dérogation : deux fois 12 h par semaine, dans la limite de 6 fois, par période de 12 semaines, à condition que la durée du temps de travail soit répartie sur 5 jours au moins. Maximum 48 h hebdomadaires. Cette durée peut être prolongée : – soit de 8 h pour les mesures de sécurité, de sauvegarde ou de réparation en cas d’accident – de 6 h en cas de dépannages des véhicules, sans que la durée journalière n’excède 14 h. Maximum 44 h en moyenne sur 12 semaines Cycle de travail de 2 semaines. La période considérée doit comporter au moins 3 jours de repos et chaque semaine prise isolément ne doit pas dépasser une durée de 48 h. La durée de travail résulte de la division par deux du nombre d’heures accomplies pendant le cycle. En équipage, le temps hors conduite pendant la marche du véhicule est compté comme temps de travail effectif pour la moitié de sa durée. Le travail de nuit Il doit être exceptionnel et justifié. Il est le temps de travail compris entre 21 h et 6 h. Une autre période de 9 h, peut être prévue par accord entre 21 h et 5 h. Les heures supplémentaires Ce sont les heures effectuées au-delà de 35 h par semaine ou de 70 h par période par de 2 semaines. Sous condition, le paiement des heures supplémentaire peut être remplacé par un repos compensateur. Le nombre d’heures supplémentaire annuelle est contingenté par accord et fixé à 130 h (accord 08/04/2022). Sources : Manuel FIMO, sites internet des ministères du Travail et des Transports. Entrées similaires: La réglementation sociale européenne et le chronotachygraphe Contrôler les zones du véhicule propre à la criminalité et au trafic clandestin Gestion de conflits [...] Lire la suite…
7 octobre 2023Appliquer les consignes d’exploitation et effectuer les contrôles de sécurité dans le cadre d’un transport en commun La réglementation sociale européenne et le chronotachygraphe La réglementation sociale européenne (RSE) est une législation de l’Union européenne qui harmonise les temps de conduite et de repos des conducteurs de véhicules de plus de 3,5 t (transport routier de marchandises) ou de plus de 9 places (transport de voyageurs) dans les États membres ainsi que dans certains pays tiers tels : l’Islande, le Liechtenstein, la Norvège ainsi que la Suisse. La RSE « Régis par le titre VI (articles 90 à 100) du Traité sur le fonctionnement de l’UE, les transports sont une des politiques communes les plus stratégiques de l’UE ». Elle est incluse dans le Règlement CE no 561/2006 du Parlement européen et du Conseil du 15 mars 2006 (modifiant les Règlements CEE no 3821/85 et CE no 2135/98 du Conseil et abrogeant le Règlement CEE no 3820/85 du Conseil) et la Directive 2002/15/CE du Parlement européen et du Conseil du 11 mars 2002. Cette réglementation européenne du transport routier vise à limiter les problèmes liés : À la sécurité routière Aux conditions de travail Au loyalisme de la concurrence. Cette réglementation vise également à promouvoir de meilleures pratiques de contrôle et d’application des règles par les États membres et de meilleures méthodes de travail dans le secteur du transport routier. La RSE s’applique à tous les conducteurs de véhicules de plus de 3,5 t ou de plus de 9 places : Que le véhicule soit à vide ou en charge Sur le territoire de tout État membre de l’Espace Économique Européen  En transport national et international À tous les conducteurs (qu’ils soient salariés ou indépendants). Aux transports pour compte propre ou pour compte d’autrui Par contre, 10 catégories échappent à la RSE dont : Les véhicules utilisés par les services publics, médicaux, de sauvetage ou d’urgence… Les véhicules spécialisés de dépannage, subissant des tests Les véhicules utilisés pour des transports non commerciaux de biens dans des buts privés Les véhicules de cirque ou de fêtes foraines Les véhicules de collecte de lait dans les fermes Les véhicules assurant le transport de voyageurs sur une ligne régulière de moins de 50 km Les véhicules dont la vitesse maximale autorisée est inférieure à 30 km/h comme les engins agricoles… Cette réglementation s’applique conjointement aux réglementations nationales relatives aux droits et à la durée du temps de travail. Le temps de conduite La durée maximale d’une période de conduite, ne doit pas dépasser 4 h 30, avant un repos minimum obligatoire de 0 h 45, c’est ce qu » l’on appelle la conduite continue. Elle peut être fractionnée, par exemple : 1 h de conduite suivie d’au minimum 15 minutes de pause puis de 3 h 30 de conduite suivi d’au minimum 30 minutes de pause. Le temps de conduite maximal par période de 24 h est de 9 h, prolongeable d’1 h (soient 10 h) deux fois par semaine. Ces 10 heures comportent 2 interruptions de conduite de 45 minutes. La conduite maximale hebdomadaire ne peut excéder 56 h pour une semaine isolée et 90 h sur deux semaines consécutives. Le nombre maximal de périodes de conduite est fixé à 6 pour une semaine de 7 jours. Les temps de pause La pause, fréquemment appelée « coupure » par les conducteurs, elle doit être effectuée après une ou plusieurs périodes de conduite qui, cumulées, n’excèdent pas 4 h 30 et doit durer 45 minutes minimum ; elle peut être fractionnée en une période de 15 puis de 30 minutes minimum (impérativement dans cet ordre) et toute interruption de conduite inférieure à 15 minutes n’est pas comptabilisée dans ce temps de repos. Le Repos journalier Le repos normal minimum dure 11 h ; il peut être ramené trois fois à 9 h (repos réduit minimum) entre deux repos hebdomadaires ou fractionnées en 3 h minimum, suivies de 9 h minimum (repos fractionné minimum total de 12 h), dans les 24 h. Dans le cas d’un double équipage, 9 h consécutives par période de 30 h (une couchette par conducteur, véhicule à l’arrêt), sauf en autocar, car la réglementation française ne permet pas de dépasser 18 heures d’amplitude. Le Repos hebdomadaire Le repos hebdomadaire dure, au minimum, 45 h consécutives ; il peut être ramené à 24 h minimum consécutives prises en dehors de la base du véhicule ou du domicile du conducteur, mais les heures non prises doivent être récupérées dans les trois semaines suivantes, en une seule fois, cumulées à une autre période de repos hebdomadaire, ou à un repos journalier non réduit. Dans le cas d’un seul service occasionnel de transport international de voyageurs, il peut être repoussé, à l’issue de 12 périodes de 24 h consécutives maximum, à compter du dernier repos hebdomadaire normal pris, à condition de passer au moins 24 h consécutives dans un État ou pays tiers concerné par la RSE, que le conducteur prenne, après la dérogation, 2 repos hebdomadaires normaux (90 h) ou 1 repos hebdomadaire normal plus un repos hebdomadaire réduit (69 h) avec compensation dans les 3 semaines suivantes et que le repos hebdomadaire précédant la période de conduite de plus de 6 jours soit un repos hebdomadaire normal. Exception La seule exception tolérée de reprise de la conduite lors d’un temps de repos journalier normal est pour un conducteur accompagnant un véhicule transporté par train ou par navire. Il peut seulement le faire 2 fois au plus sans dépasser 1 h. Le temps de pause ne doit donc pas reprendre à zéro. La journée de travail La journée de travail ou temps de service est la durée de travail incluant la conduite, le travail (chargement, arrimage, entretien, etc.) et la mise à disposition (temps d’attente, par exemple). Il est régi par le Code du travail français. Le chronotachygraphe ou tachygraphe Le chronotachygraphe est un appareil enregistreur de vitesse, de temps de conduite et d’activités (conduite, travail, disponibilité et repos) installé dans un véhicule de transport routier. Il est souvent appelé « mouchard ». Deux systèmes sont présents sur les véhicules lourds afin de procéder au contrôle de la durée de travail. Un conducteur peut dans la même journée utiliser un chronotachygraphe numérique et analogique. Il a l’obligation de garder avec lui les disques de ce dernier. Le chronotachygraphe, quel qu’il soit, enregistre 4 activités réalisées par le conducteur. La conduite : symbolisée par un volant. C’est l’activité enregistrée automatiquement lorsque le véhicule est en mouvement. Sur le chronotachygraphe numérique, elle est automatiquement enclenchée dès que les roues motrices tournent et est remplacée automatiquement, à l’arrêt des roues, par autres taches (travail) ou le repos (le lit) suivant le réglage de l’appareil de contrôle. Autre tâche : symbolisé par deux marteaux croisés. C’est une activité importante du métier de conducteur. Elle est à mentionner : Lors de l’installation au poste de conduite. Lors de la rédaction de documents. Lors de l’entretien du véhicule, (nettoyage, plein etc.). Temps passé lors d’un contrôle routier. Chargement, déchargement réalisé par le conducteur. Surveillance du chargement ou déchargement exécuté par autrui. Déplacement avec un véhicule exempté des durées de conduite et des temps de repos (par exemple une voiture de service de l’entreprise). Disponibilité : symbolisée par un carré barré. En règle générale, la mise en disponibilité est une ou des périodes connues à l’avance par le conducteur durant laquelle il n’est pas tenu de rester à son poste de travail, mais reste à disponibilité de l’entreprise, comme l’attente avant chargement/déchargement, l’attente d’une mission… ; il est donc à la disposition de son entreprise qui peut lui assigner d’autres tâches. Ce pictogramme est à sélectionner dans certaines situations très particulières, notamment lors de situation « d’astreinte ». L’attente au quai lorsque l’horaire du chargement ou déchargement n’est pas connu. L’attente lors d’intempéries, interdiction de circuler. Passage de frontières La conduite en équipage, (pour le conducteur ne conduisant pas). Le transbordement maritime ou ferroviaire (le conducteur ne dispose pas de cabine pour se reposer). Le repos : symbolisé par un lit. Symbole à utiliser lorsque le conducteur est libre de son temps. Pause liée à une interruption de conduite. Pause déjeuner. Repos. On distingue quatre formes de repos : l’interruption de conduite, la pause d’activité journalière, le repos journalier et le repos hebdomadaire. Le chronotachygraphe analogique Principalement utiliser avant les années 2000, le chronotachygraphe à disque est de moins en utilisé au profit du chronotachygraphe Numérique. Il s’agit d’un dispositif à l’intérieur duquel on insère un disque composé de papier et de carbone où le chronotachygraphe dessine les lignes correspondant aux différentes tâches du conducteur et aux déplacements du véhicule (distances et vitesses). Pour sa mise en œuvre, il faut : Vérifier la compatibilité du disque avec le tachygraphe et faire attention à l’indice de vitesse (exemple 120). Renseigner le disque (nom, prénom, date, km départ, km arrivé…) Bien le placer dans l’appareil. Il faut être en capité en cas de contrôle de pouvoir présenter les disques des 28 derniers jours. Le tachygraphe numérique  Aujourd’hui, la majorité des compteurs qui équipent actuellement les véhicules lourds sont des Tachygraphes Numériques. La marque Siemens ainsi que la marque Stoneridge sont les chronotachygraphes homologués les plus vendus sur le marché français. Ils fonctionnent avec une carte conducteur à puce, valable 5 ans et enregistrent toutes les données jusqu’à épuisement de la mémoire (ce qui correspond en moyenne à une année de fonctionnement). Il enregistre l’identité des conducteurs tant en simple quand double équipage. Ces données doivent être conservées pendant 28 jours par le chauffeur en cas de contrôle par les forces de l’ordre. Le chronotachygraphe numérique doit être contrôlé par un centre technique agréé au moins tous les 2 ans. En cas de panne, il est possible de rouler sans celui-ci, 7 jours au maximum. Dans ce cas, le conducteur doit relever ses activités journalières à la main, au verso du ticket, au plus tard à la fin de son service. La carte conducteur C’est une carte personnelle qui identifie le conducteur et qui est authentifiée par le boîtier embarqué (chronotachygraphe numérique). Chaque conducteur est responsable de l’utilisation et de la conservation de votre carte qui reste la propriété de ChronoServices et ne doit pas être abîmée. Les informations qui figurent sur la carte sont identiques à celles qui apparaissent sur votre permis de conduire. Toutefois, la carte de conducteur ne peut pas remplacer le permis de conduire. La carte enregistre toute l’activité sur tous les véhicules que le conducteur utilisera, pendant 28 jours civils. Elle répertorie : Les activités effectuées (conduite, repos, travail et disponibilité) Le statut de conduite (conduite simple ou en double équipage) L’identité du véhicule utilisé La distance parcourue Les anomalies de fonctionnement et les pannes Le ticket Le chronotachygraphe numérique possède un bouton, permettant d’imprimer un ticket papier à tout moment, les données relatives à la carte conducteur ou à la mémoire du véhicule. Sur ce ticket d’impression, on trouvera comme informations : La date et l’heure d’impression Le nom et prénom du conducteur ainsi que le numéro et date de la validité de la carte L’impression des dernières 24 H de la carte Le numéro d’immatriculation du véhicule L’identification du constructeur L’identification de l’atelier et centre agréé et la date du paramétrage du chrono Le rappel des périodes d’activités Les sommes des temps pour les différentes activités Les anomalies Le contrôle Si toute fois l’impression n’est par possible il faut inscrire sur une feuille les détails de l’activité. Sources : Manuel FIMO, et Sites internet de la Sécurité routière, du Ministère des Transports, chronoservice Entrées similaires: La réglementation sociale nationale des transports Contrôler les zones du véhicule propre à la criminalité et au trafic clandestin Gestion de conflits [...] Lire la suite…
7 octobre 2023Appliquer les consignes d’exploitation et effectuer les contrôles de sécurité dans le cadre d’un transport en commun Contrôler les zones du véhicule propre à la criminalité et au trafic clandestin La criminalité de défini comme étant l’ensemble des actes illégaux, délictueux (délits) et criminels (crimes). Elle est la transgression des normes juridiques d’un système social. On distingue la petite criminalité appelée délinquance de la grande criminalité. Un taux de criminalité élevé ou croissant entre un sentiment d’insécurité auprès des populations. Celle-ci est un sentiment qui renvoie à l’instabilité. L’insécurité est un sentiment percevant un manque de sécurité, à un lieu soumis à la délinquance, une situation menaçante ou imprévisible. La perception de la sûreté dans les transports publics de voyageurs Toutes les personnes concernées par les transports publics s’intéressent à la sûreté : pouvoir public, transporteurs, usagers. Les voyageurs ont une peur très souvent exagérée dans les transports en commun : en réalité, les vols et agressions sont beaucoup plus importants à l’extérieur des transports en commun. Les facteurs objectifs de crainte son multiple : manque d’éclairage, présence de certains types de personnes (personnes désœuvrées, droguées, alcoolisées, sans domicile fixe, migrants…) Les facteurs subjectifs de crainte, par exemple : groupe de jeunes parlant bruyamment dans une station couverte de graffitis est particulièrement anxiogène. Les graffitis : De nombreuses raisons expliquent l’existence de graffitis. Certains relèvent de la communication pure et servent donc à diffuser un message ordurier, sentimentale, politique… Certains graffitis contiennent des informations secrètes ou publiques se rapportant au lieu qui leur sert de support. C’est le cas par exemple des graffitis discrets et codés laissés par les cambrioleurs sur des habitations pour indiquer à leurs collègues si le lieu est intéressant, dangereux, mal gardé, etc. Parfois, les graffitis sont des réactions à d’autres messages diffusés dans l’espace urbain, telles que les publicités détournées. D’autre encore, sont des artistes graffiteurs à la recherche de la célébrité et de la gloire. Il utilise le canal des transports pour les véhiculer. Le graffiti « hip-hop », ou « tag », qui représente 90 % des graffitis, est un cas complexe. Il se donne souvent des ambitions esthétiques, mais constitue dans le même temps une forme de langage secret, destiné à n’être compris que par une population limitée, ce qui ne va pas sans irriter le public qui perçoit bien qu’on lui impose la vue d’images qui ne lui sont pas destinées. Pour une majorité de citadins, le tag est avant tout du vandalisme. Actes de vandalisme, de vol ou d’agressions : • Souvent le fait de mineurs encadrés par des adultes. • Les agressions visant des personnels des entreprises de transport sont en argumentation. Actes de violence visant les institutions. En 2019, les services de police et de gendarmerie ont enregistré 145 630 vols commis dans les transports en commun, pour l’essentiel (92 %) perpétrés sans violence. Par ailleurs, en 2019, plus de 10 000 actes de violence ont été enregistrés dans les transports en commun : 8 050 coups et blessures volontaires et 2 100 violences sexuelles, soit respectivement 3 % et 4 % de l’ensemble des faits de cette nature enregistrés par la police et la gendarmerie. Ces atteintes ont augmenté respectivement de 5 % et 13 % entre 2018 et 2019. Enfin, en 2019, 3 070 procédures ont été ouvertes pour des outrages et des violences sur des dépositaires de l’autorité publique exerçant dans les transports en commun (policiers, contrôleurs, chauffeurs, etc.). En 2022, il y a eu dans les transports urbains français, hors région parisienne, 942 agressions avec arrêt de travail, soit une hausse de 14 %. En hausse de 17 % entre 2018 et 2019, ces faits représentent 5 % de ces atteintes tous lieux confondus en 2019. La délinquance enregistrée dans les transports en commun est concentrée logiquement dans les départements dans lesquels les services de transport sont les plus développés et les plus fréquentés. En 2019, 19 départements dépassent le seuil des 1 000 victimes de vols avec ou sans violence ou de violences sexuelles ou de coups et blessures dans les transports en commun, dont les 8 départements de la région francilienne. Paris concentre près de la moitié de ces victimes. Les femmes sont plus souvent victimes de vols avec ou sans violence et de violences sexuelles : elles représentent respectivement 56 % et 95 % des victimes pour 52 % de l’ensemble de la population. À l’inverse, les hommes ont davantage porté plainte pour coups et blessures volontaires (63 % des victimes). Les personnes de 18 à 29 ans sont les premières victimes de violences sexuelles (49 % des victimes contre 14 % dans la population), des vols avec violence (43 %) et des vols sans violence (33 %). Si les mineurs sont relativement épargnés par les vols dans les transports, ils représentent 35 % des victimes de violences sexuelles (contre 22 % de la population). 30 % des victimes de vols sans violence et 28 % de celles de vols avec violence sont des personnes étrangères vivantes ou non sur le territoire français. En 2019, 11 040 personnes ont été mises en cause par la police ou la gendarmerie pour des faits de vols avec ou sans violence ou de violences sexuelles ou de coups et blessures volontaires dans les transports en commun, en hausse par rapport à 2018 (+ 3 %). Plus de 8 fois sur 10, ce sont des hommes. Les personnes mises en cause pour coups et blessures volontaires sont principalement françaises (75 %) et majeures (71 %). En revanche, pour les vols sans violence, elles sont majoritairement étrangères (84 %), mineures dans la moitié des cas. En Île-de-France, 93 % des personnes mises en cause pour vols sans violence et 66 % de celles mises en cause pour vols avec violence sont étrangères, contre respectivement 64 % et 35 % sur le reste du territoire. Cela pourrait s’expliquer par une présence plus dense de réseaux criminels exploitant des jeunes, notamment en les contraignant à commettre des délits. Le vandalisme Le vandalisme désigne tout acte de destruction ou de dégradation visant des biens publics ou privés. Il vise le plus souvent des édifices et des biens mobiliers, des sites naturels, des documents ou œuvres artistiques, et en particulier tout ce qui constitue l’identité d’une culture, son patrimoine. C’est une délinquance particulière, car elle ne s’accompagne pas, comme le vol, de mobile acquisitif, d’où l’expression « acte gratuit ». Trois grandes catégories se distinguent: Tags, graffitis, rayure : 97 % sur le réseau ferré Jets de projectiles sur le matériel en mouvement : 92 % sur les bus  Autres dégradations (bris de matériel, lacérations, incendies…) Les conséquences de ces actes sont financières, sécuritaires et démotivent le personnel. Les actes de vandalisme relèvent davantage de comportement individuel à connotation psychotique. Les solutions à l’insécurité perçue Au niveau de l’entreprise de TRV : On efface toutes les traces de vandalisme On éclaire de manière suffisante les véhicules et les stations On équipe le matériel de sièges antigraffitis, les véhicules de caméra de surveillance, de GPS… On établit des cartes des lieux d’insécurité On forme le personnel à la résolution des conflits On informe les passagers Au niveau local : Prévention dès l’école Actions de partenariat Répression Médias Le terrorisme Le terrorisme est l’emploi de la terreur à des fins idéologiques, politiques ou religieuses. En 2020, 57 attaques sont recensées dans l’Union européenne (cela inclut les attaques ayant réellement eu lieu et celles ayant échoué – statistiques hors Royaume-Uni). Parmi ces 57 tentatives, 10 ont été attribuées au terrorisme djihadiste et ont causé plus de la moitié des décès (12) et la quasi-totalité des blessés (47). Les transports de voyageurs peuvent être les cibles d’attaques terroristes. Pour les transporteurs, il est possible d’agir sur les causes et conséquences du vol et du vandalisme, mais pas sur ce qui est du terrorisme. L’objectif des terroristes est de faire la publicité de leurs actions, de leurs causes. Les entreprises de transport sont, au cas par cas, averties des risques et des mesures de sûreté à prendre par les pouvoir publics. Le conducteur doit appliquer avec attention, les mesures de sûreté lorsqu’il est informé. Maîtrise de l’immigration L’immigration désigne l’entrée, dans un pays ou une aire géographique donnée, de personnes étrangères qui y viennent pour un long séjour ou pour s’y installer légalement. Quant à elle, l’immigration illégale (clandestine ou irrégulière) est l’entrée illégale, illicite ou discrète sur le territoire national d’étrangers, souvent venant de pays pauvres, venu chercher de meilleures conditions de vie. Les immigrés illégaux sont des clandestins. Les personnes entrées illégalement sur le territoire national et ne faisant qu’y passer sont désignées comme migrants. L’illégalité se caractérise par le fait que ces personnes étrangères ne possèdent pas les documents ou conditions requis par la loi ou les traités pour autoriser leur entrée, ou bien par la poursuite de leur séjour après expiration des documents. Le contrôle et de la gestion des frontières extérieures de l’espace Schengen des frontières extérieures de l’UE sont du ressort de l’agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes, appelée communément Frontex (contraction de Frontières extérieures). Estimant le Royaume-uni plus attractif, de nombreux migrants se rendent à Calais, profitant du fort trafic en utilisant les ferries, Eurotunnel, les camions et parfois les autocars… ils montent soit lors des arrêts dans les stations services, soit lors des passages sous des ponts d’autoroute (saut sur les toits). Exemple de ce Soudanais en 2018 retrouvé dans le compartiment moteur d’un car, de passage dans la capitale, qui reliait le sud de la France à la Grande-Bretagne. Les clandestins en France entrent par : Voie terrestre en traversant d’autre pays de l’espace Schengen, par exemple : du Maroc via l’Espagne, d’Albanie via l’Italie. Par voie maritime : du Maghreb en traversant la méditerranée, les kurdes via la Grèce et les ports italiens et arrivant à Marseille. Par voie aérienne et ferroviaire. (Roissy représente à lui seul 80 % des placements en zone d’attente). Pour rentrer en France, tout étranger doit être muni des documents exigés : Carte nationale d’identité pour les ressortissants de l’UE. Passeport et/ou visa dans les autres cas. Tout transporteur qui amène sur le territoire français un clandestin est passible d’une amende de 5000 € par passager. Au royaume-uni, quiconque aide volontairement ou non un clandestin à entrer sur le territoire britannique est considéré comme complice. Une amende de 2000 £ (environ 2300 €) est fixée pour chacun des acteurs du transport (conducteur, transporteur, affréteur) et par clandestin. Lorsque l’entrée en France est refusée à un étranger, l’entreprise de transport qui l’a amenée est tenue de la ramener sans délai à son point de départ et les frais sont à la charge de l’entreprise de transport. L’attitude du conducteur : En toutes circonstances, rester courtois et calme. Sur les lignes régulières internationales, vérifier à chaque arrêt la justification des passagers embarqué. Ceci doit être anticipé. On se renseigne auprès de son entreprise des documents que les passagers doivent présenter. En cas de doute, téléphoner à son responsable. Vérifier que personne ne se trouve dans les soutes (les garder fermées à clefs). Contrôler qu’il n’y a pas d’intrusion dans le véhicule, toilette incluse. Toujours garder le véhicule fermé lors des immobilisations. Sources: Manuel FIMO et sites internet de l’INSEE, du Larousse et des Ministères de l’intérieur et des transports Entrées similaires: La réglementation sociale européenne et le chronotachygraphe La réglementation sociale nationale des transports Gestion de conflits Les gaufres, les variantes mondiales [...] Lire la suite…
27 mars 2023Une Rose appelée Joséphine L’impératrice Joséphine dite Joséphine de Beauharnais, née Marie Josèphe Rose Tascher de La Pagerie, le 23 juin 1763 dans une famille de Békés aux Trois-Îlets en Martinique et décédée en son château de Malmaison à Rueil-Malmaison le 29 mai 1814. Elle fut la première épouse de l’empereur Napoléon Ier de 1796 à 1809. À ce titre, elle est impératrice des Français de 1804 à 1809 et reine d’Italie de 1805 à 1809. Elle aura deux enfants, Eugène et Hortense, d’un premier mariage avec Alexandre de Beauharnais qui sera victime de la Révolution française, exécuté durant la Terreur. Eugène et Hortense seront adoptés par Napoléon. Hortense de Beauharnais, sera la mère du futur Empereur Napoléon III. C’est Napoléon qui l’appelle le premier, Joséphine, en transformant son deuxième prénom et ne sera appelée « Joséphine de Beauharnais » qu’après son divorce en 1809. Une femme de réseau Quittant les Antilles très tôt, Joséphine s’immisce dans la société aristocratique parisienne et fréquente les salons dans lesquels elle est initiée en Franc-maçonnerie. Aimant la vie mondaine et les beaux atours, elle rivalise d’élégance dans les salons et fait partie des quelques femmes qui incarnent et déterminent les tendances de la mode de son époque, se plaçant en tête de celles qu’on a appelées les Merveilleuses. Devenue Consulesse (1799-1804), puis Impératrice des Français (1804-1809) et Reine d’Italie (1805-1809), femme de culture et de réseau, elle sera initiée très tôt (vers 1780) à la franc-maçonnerie au sein de la loge de la Triple Lumière et deviendra Grande Maîtresse. Elle participe grandement au renouveau de la Franc-maçonnerie que l’empereur entend contrôler. Elle s’emploie notamment à ranimer l’activité des loges féminines dites « d’adoption », principalement constituées de filles, d’épouses et d’amies proches de francs-maçons et essentiellement et tournées vers la « charité avec ostentation », une sorte d’ancêtre du Charity-business. Dès le Consulat, elle s’informe de la situation politique par le biais notamment des ministres Talleyrand et Fouché et joue de son influence auprès du corps diplomatique. Devenue Impératrice, son rôle se renforça, Napoléon, dans sa stratégie de pouvoir et afin de renforcer son emprise sur la société, lui attribue ainsi un rôle officieux : outre le fait de l’accompagner dans la plupart de ses déplacements officiels, une obligation protocolaire impose dès lors aux membres du corps diplomatique de rendre visite à Joséphine en sortant des audiences officielles. Rôle qu’elle tiendra, malgré son divorce en 1809, jusqu’à la fin de vie, puisque : bien que sujette à de nombreux malaises, elle accepte de recevoir le Tsar Alexandre Ier, le 14 mai 1814, dans le château de Saint-Leu, propriété de sa fille Hortense, où elle contracte une pneumonie qui l’emporte le 29 mai 1814 vers midi. L’amoureuse d’art et de culture Le couronnement de Joséphine renforce le prestige et le cérémonial qui entoure sa fonction. Elle bénéficie dès lors d’une « Maison de l’impératrice », rassemblant quarante-trois officiers et directement rattachée à la « Maison de l’Empereur ». Grande amatrice d’art et de musique, elle a encouragé le développement des arts et de la culture en France. Elle a notamment soutenu de nombreux artistes et écrivains, comme le peintre Jacques-Louis David, le sculpteur Antonio Canova et l’épistolière et philosophe Anne-Louise-Germaine Necker, baronne de Staël-Holstein, plus connue sous le nom de Madame de Staël. Elle a également créé sa propre collection d’art, qui comprenait des œuvres de certains des plus grands artistes de l’époque. Musicienne accomplie, elle était connue pour son goût raffiné en matière de dance et de musique, en particulier pour la musique italienne. Elle a par ailleurs encouragé la musique à la cour impériale en organisant des bals et des concerts et en invitant des musiciens célèbre à se produire. Elle possédait aussi une grande collection d’instruments de musique, dont certains étaient très rares et précieux. Par ailleurs, elle a fondé une école de musique pour les jeunes filles nobles, afin de les inciter à poursuivre leur éducation musicale. Des évènements de prestiges Les bals et les concerts à la cour Impériale étaient des événements prestigieux, mettant en vedette des musiciens et des chanteurs de renom et réservés aux membres de la noblesse et de l’aristocratie, ainsi qu’aux hauts fonctionnaires de l’Empire. Les invités devaient se conformer à un code vestimentaire strict et porter des tenues luxueuses. Ces événements étaient souvent utilisés par Napoléon pour renforcer son pouvoir et sa légitimité, mais aussi pour impressionner les invités étrangers et les dignitaires, en montrant la grandeur et la richesse de l’Empire français. Dans le cadre privé, elle a aussi organisé de nombreux événements, généralement plus intimes que ceux organisés par Napoléon, avec un nombre d’invités plus restreints et des soirées plus décontractées qui étaient des événements prestigieux, réservés aux membres de la noblesse et de l’aristocratie, ainsi qu’aux hauts fonctionnaires de l’Empire. Elle a également introduit de nouveaux styles de danse, tels que la valse, à la cour française. Sous son égide, la cour impériale (et la France) était devenue l’un des centres culturels les plus importants d’Europe à l’époque. Le Palais des Tuileries et le château de la Malmaison étaient reconnus comme des hauts lieux pour les arts. Un écrin de verdure De son château de la Malmaison, Joséphine voulut en faire un écrin de ses passions pour les arts et les mondanités et créant ainsi un lieu favorable aux échanges intellectuels, scientifiques et diplomatiques. Pour cela, elle sut s’entourer des créateurs de son époque : peintres, sculpteurs, ébénistes, joailliers, mais aussi architectes, décorateurs et paysagistes. Passionnée de botanique et d’horticulture, Joséphine qui était aussi nostalgique des plantes exotiques de La Martinique d’où elle était native, réussit à réunir dans les serres de son château de nombreuses plantes exotiques remarquables. Elle essaya de transformer la grande propriété en : « le plus beau et le plus curieux jardin en Europe, un modèle de bonne culture » et souhaita que « la Malmaison puisse bientôt devenir la source de richesse pour toute la France… ». Elle a contribué à introduire de nombreuses espèces florales en France, notamment des plantes d’origine subtropicale, notamment dans ses serres chaudes du château de la Petite Malmaison. L’impératrice des plantes Dès le début du Consulat (1799-1804), Joséphine Bonaparte a entretenu les meilleurs rapports avec le Muséum d’Histoire naturelle, car l’administrateur, le professeur André Thouin lui avait fait parvenir quelques fruits exotiques poussés dans ses serres, afin de lui rappeler ses Antilles d’origine. Dès lors, Joséphine n’aura de cesse de réussir à acclimater les plantes qui ont charmé son enfance, parce qu’elle aimait vivre en immersion dans les plantes. Elle écrira partout pour avoir de graines ou des plants à acclimater. La botanique était la vraie passion de Joséphine, souvent, elle imposait à son entourage ses dissertations botaniques. Très au fait en matière botanique, elle suivait avec attention les campagnes impériales de façon à réclamer les plantes qu’elle ne possédait pas encore ou les plants rares qui pouvaient lui servir de monnaies d’échange. En plus de ses prises de guerre, Joséphine complétait ses collections en achetant des graines et des plantes chez les plus grands pépiniéristes européens. Elle s’associera à John Kennedy (1759-1842), pépiniériste de Hammersmith à Londres, pour financer une mission au Cap d’un botaniste chargé de collecter des plantes nouvelles. À cette époque, les bruyères du Cap étaient très renommées et sa collection fut une des gloires de ses serres. Ce sont près de 200 plantes nouvelles qui ont fleuri pour la première fois en France à la Malmaison entre les années 1803-1814. De nombreuses personnes profiteront des largesses de Joséphine. Les grands jardins botaniques français et étrangers, tout comme des particuliers, recevront des graines de Malmaison. Elle envisagea de créer des jardins botaniques dans tous les départements. L’impératrice est à l’origine de l’acclimatation, dans les Alpes-Maritimes, d’espèces nouvelles plantées dans le jardin botanique de l’École centrale de Nice, créé en septembre 1801, sous l’égide de la Société d’agriculture des Alpes-Maritimes. Elle entreprendra une correspondance suivie avec le préfet des Alpes-Maritimes, et envoie sur la Côte d’Azur de nombreuses plantes en provenance des serres de La Malmaison. La roseraie de la Malmaison Acquit en 1771, par Jacques-Jean Le Couteulx du Molay et son épouse, Sophie Le Couteulx de La Noraye, le château de la Malmaison est modernisé, les appartements remeublés et les jardins en partie redessiner à l’anglaise. En 1799, après l’achat du Domaine de la Malmaison par Joséphine de Beauharnais, la future impératrice, arrangea et développa le jardin ébauché par ses prédécesseurs dans le style anglais, très à la mode de l’époque, et y crée un jardin de roses. Pour ce faire, elle s’entoura de jardiniers et paysagistes de renom comme le botaniste Étienne Pierre Ventenat et l’horticulteur français André Dupont, grand amateur de roses. Elle fit également appelle à des spécialistes venant du Royaume-uni dont des écossais parmi lesquels l’horticulteur Thomas Blaikie et le célèbre jardinier Alexander Howatson. Avec l’aide du rosiériste André Dupont et du chevalier Étienne Soulange-Bodin (1774-1846) qui était le directeur en titre des jardins de La Malmaison. Elle réunit près de 250 variétés. Elle commissionna le célèbre aquarelliste botanique belge Pierre-Joseph Redouté surnommé « le Raphaël des fleurs » pour immortaliser les fleurs de son jardin. Travaux qu’il publia entre 1817 et 1820 dans son livre illustré intitulé « Les Roses » avec 168 planches des différentes variétés dont 75 à 80 provenant du jardin de la Malmaison. Son principal fournisseur des roses fut l’horticulteur anglais John Kennedy dont les livraisons par bateau, malgré les guerres entre la France et l’Angleterre, avaient la permission de franchir le blocus maritime, à l’instar du fameux rosier « Hume’s Blush Tea-Scented China » importé de Chine en Angleterre fut l’objet d’un arrangement spécifique entre les Amirautés britanniques et françaises en 1810. Une partie des roses plantées à la Malmaison provenait également des Jardins botaniques royaux de Kew, en Angleterre. Entre 1803 et 1814, Joséphine de Beauharnais se fait rapporter rapportées des quatre coins du monde des variétés de roses, par les expéditions commissionnées à l’époque par le Premier Consul puis Empereur des Français, pour enrichir la collection. Dans son jardin, on trouvait essentiellement des Rosa centifolia, des roses mousseux, des roses de Damas, des Rosa moschata et des Rosa gallica mais aussi des chinensis et de nouvelles espèces. La collection de roses de la Malmaison atteint 250 variétés en 1814 dont 167 roses galliques. Joséphine fut à l’origine de la première description de la culture des roses et des premiers travaux modernes sur l’hybridation des roses réalisée dans sa roseraie par André Dupont. Avant cette date, la plupart des nouvelles variétés cultivées des roses provenaient des mutations spontanées ou des croisements accidentels et, par conséquent, étaient plutôt rares. Des quelque 250 types de roses connues par Joséphine, André Dupont en a créé 25 à la Malmaison. La popularité des roses dans les jardins a considérablement augmenté sous le parrainage de Joséphine. Elle fut à l’origine de la première exposition de roses en 1810. Joséphine fut également pionnière en attribuant également des noms « modernes » à des variétés cultivées vernaculaires, par opposition aux noms latinisés. Par exemple, le Rosa alba incarnata appelé « Rosier blanc royal » devient « Cuisse de Nymphe » dans son jardin. Les serres de la Malmaison En 1800, Joséphine fait construire une orangerie chauffée assez grande pour conserver 300 plants d’ananas. Trois ans plus tard, elle commande la construction d’une grande serre chauffée accolée à un pavillon de réception. Cet ensemble baptisé la « Petite Malmaison » était situé à proximité du château de la Malmaison, et fut construit entre 1803 et 1805. C’était la première fois en France que le verre était utilisé sur une surface aussi importante ; la serre de Malmaison peut être considérée comme le précurseur des grandes architectures de verre et de métal du XIXᵉ siècle. Elle mesurait environ 50 mètres de long sur 19 mètres de large et était partagée en deux sections distinctes : la serre proprement dite, chauffée par douze grands poêles, dans laquelle pouvaient croître des arbres de 5 mètres de haut ; Joséphine y cultive des plantes comme le jasmin, mais aussi la rose, l’hortensia ou la violette de Parme ; en retrait et attenant à celle-ci, un bâtiment abritant une suite de salons, dont un salon central en rotonde, décoré par Louis-Martin Berthault en 1807, d’où il était possible de contempler les plantes rares en se reposant après la visite de la serre ; le pavillon est luxueusement décoré et meublé par les meilleurs artisans de l’époque tels le marbrier Gilet et l’ébéniste Jacob Desmalter. D’un entretien coûteux, la serre fut démolie dès 1827 et les salons furent redécorés en partie vers 1828 par le nouveau propriétaire, le banquier suédois Jonas-Philip Hagerman. La ménagerie du parc Dans le désir de faire de la Malmaison un véritable « jardin des Délices », Joséphine y introduisit également des oiseaux et des mammifères exotiques envoyés à Paris en guise de cadeaux diplomatiques ou rapportés des campagnes napoléoniennes. Les oiseaux et des animaux de toutes sortes ont commencé à enrichir son jardin, où on leur a permis d’errer librement. À cette époque, la femme de l’Empereur avait dans sa propriété des kangourous, des émeus, des cygnes noirs, des zèbres, des moutons, des gazelles, des autruches, des chamois, des antilopes, des lamas et même un phoque pour n’en nommer que quelques-uns. Outre l’apparat, la ménagerie de Joséphine s’inscrivait aussi dans les préoccupations scientifiques de l’époque et servait d’objets d’étude au service de la zoologie et des études animales. L’Impératrice entretenait d’étroites relations avec les professeurs du Muséum national d’histoire naturelle. À l’inverse de la ménagerie de Versailles, théâtrale et fastueuse, celle de Joséphine demeurait modeste. Surtout, les animaux n’étaient point enfermés dans des enclos, mais évoluaient librement dans le parc, s’inscrivant dans l’idée du jardin à l’anglaise qu’était le parc de la Malmaison sous le Premier Empire. L’héritage de Joséphine Les collections de roses de la Malmaison ont été une véritable aubaine pour les pépiniéristes français dont le catalogue comptait seulement 25 espèces en 1791 et fut porté à 2562 en 1829 dont beaucoup ont disparu aujourd’hui. Dans les 30 ans qui ont suivi la mort de Joséphine, les rosiéristes français ont créé plus de 1 000 nouvelles variétés de roses. En 1910, moins de 100 ans après sa mort, il y avait déjà environ 8 000 variétés de roses dans la roseraie de L’Haÿ-les-Roses (Roseraie du Val-de-Marne) du célèbre rhodologue (Spécialiste de la culture des roses) Jules Gravereaux. Ce dernier participe à la restauration de la collection de roses de la Malmaison en retrouvant 198 variétés. Il en profite pour planter dans sa roseraie quelques variétés offrant ainsi un aperçu de la collection de l’impératrice : des roses galliques pour la plupart, aux noms charmants ou évoquant l’histoire de France comme « Cuisse de Nymphe », ou « Chapeau de Napoléon ». Les hommages à l’impératrice En 1814, en hommage à Joséphine récemment décédée, le rosiériste français Jacques-Louis Descemet (1761-1839) créé un nouvel hybride de rose gallique (sans doute hybride de Rosa gallica x Rosa majalis, c’est-à-dire un rosier de Francfort) qu’il nomme « Impératrice Joséphine ». En 1815, Jacques-Louis Descemet qui a de graves difficultés financières liées à l’occupation du nord de Paris par les troupes britanniques à la suite de la défaite de Waterloo, vend à Jean-Pierre Vibert (1777-1866) sa pépinière de Saint-Denis qui la transfère à Chennevières-sur-Marne en août 1815 ainsi que ses dix mille plants et ses dossiers d’hybridation. Ce dernier créa de nombreux hybrides au cours de carrière dont 3 dédiés à Joséphine et à sa famille : en 1823 un cultivar dénommé « Joséphine de Beauharnais », en 1834 une variété dédiée à sa fille « Hortense de Beauharnais » et 1835 il crée une variation de Rosa alba incarnata qu’il nomme « Cuisse de Nymphe émue », clin d’œil à Joséphine qui la surnommait « Cuisse de Nymphe ». En 1837, le rosiériste Jean Laffay nomme un des premiers hybrides remontants en l’honneur de son fils « Eugène de Beauharnais » 30 ans après la mort de l’impératrice, le rosiériste français Jean Béluze crée la rose « Souvenir de la Malmaison » et est nommé ainsi en hommage à Joséphine de Beauharnais et sa roseraie par le Grand Duc de Russie Vladimir Alexandrovitch qui la fit planter dans le jardin impérial de Saint-Pétersbourg. En 1865, le pépiniériste et créateur de roses français Jean-Baptiste Guillot obtient un Rosier Mousseux qu’il nomme lui aussi « Joséphine de Beauharnais » en hommage à l’impératrice. Plus près de nous, en 2012, les pépinières André Eve créent un rosier hommage dénommé « Jubilé impérial » à l’occasion d’un ensemble de manifestations culturelles organisé à Rueil-Malmaison, sur le thème du couple constitué par Napoléon et Joséphine. L’aura de la passion de Joséphine pour les roses a inspiré beaucoup de rosomanes et qui est devenu pour certain un véritable modèle. En 2009, Douglas Brenner et Stephen Scanniello dans leur ouvrage « A Rose by Any Name » dénomme Joséphine « la Marraine des maniaques des roses modernes ». Dispersion du domaine de la Malmaison Après la mort de Joséphine en 1814, puis l’exil de l’Empereur à Saint-Hélène, le parc de 726 hectares fut surveillé par le botaniste Étienne Soulange-Bodin, qui était très proche des Beauharnais. Le fils de Joséphine, le prince Eugène de Beauharnais, en hérite, et sa veuve le vend en 1828 au banquier suédois Jonas-Philip Hagerman, qui le revend, en 1842, à la veuve du roi Ferdinand VII d’Espagne et le revend à son tour en 1861, à l’Empereur Napoléon III, qui le remeuble. Après la guerre de 1870, où l’armée prussienne saccage l’intérieur, une caserne est installée dans le château, propriété de l’État français. En 1877, l’État vend le domaine à un marchand de biens qui lotit la majeure partie du parc : le château de Malmaison et son parc, qui abrite aujourd’hui le musée national napoléonien ouvert au public. la Petite Malmaison avec son parc, actuellement une propriété privée. le château de Bois-Préau avec son parc abritant l’annexe du musée du château de Malmaison. le domaine de Vert-Mont avec son parc, aujourd’hui propriété privée. Par la suite, le château connaît alors successivement trois propriétaires, avant d’être acheté en 1895 par la famille Suchet d’Albuféra, qui le revend en 1896, avec un parc réduit à 6 hectares, à un riche mécène, Daniel Iffla, dit Osiris. L’intention d’Osiris est de rendre à la Malmaison sa splendeur, le château ayant souffert notamment de son occupation par l’armée prussienne. Il choisit pour cela l’architecte Pierre Humbert, célèbre dans toute l’Europe pour ses brillantes restaurations. Ce dernier parvient, au terme de longs travaux bénévoles, à rendre à la demeure son aspect d’origine. En 1904, trois ans avant sa mort, Osiris lègue la Malmaison avec la « collection napoléonienne » qu’il a constituée, à l’État français. Le château de La Malmaison est un musée depuis 1905 et fait partie de la Réunion des musées nationaux, présentant le château en son état restitué sous le Consulat et le Premier Empire. C’est un des rares lieux en France à présenter un ensemble homogène de mobilier du Consulat. À voir en particulier la salle du Conseil, en forme de tente militaire, et la bibliothèque. Le rond-point du pavillon des Guides fait l’objet d’une inscription depuis le 11 juillet 1942 alors que le domaine de la Malmaison, comprenant le château de la Malmaison avec son parc ainsi que toutes les autres constructions qu’il renferme et sa grille d’entrée, parc du château de Bois-Préau et jardin de la villa des Œillets, font l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 20 décembre 1991. Entrées similaires: Le rosier et la rose Une histoire de la rose Les monuments men Les Allemands de Russie aux États-Unis (2/4) [...] Lire la suite…
27 mars 2023La fleur de l’ancien monde Les roses sont cultivées depuis cinq mille ans par les Chinois qui lui ont découvert ainsi qu’à son fruit, le cynorhodon, de nombreuses propriétés. Réputée pour ses vertus, elle devient un élément indispensable de la pharmacopée chinoise, comme en témoigne l’un des plus anciens ouvrages de plantes médicinales retrouvé à ce jour, le Pen Tsao de Shen Nung, datant de 2 900 avant notre J.-C.. Confucius lui-même possède plusieurs traités sur les rosiers. Trois mille ans avant notre ère, les peuples de Mésopotamie, de Perse, d’Égypte et de Grèce développent à leur tour la culture de la rose. Les auteurs de l’Antiquité gréco-romaine (philosophes, historiens, géographes, poètes…) font souvent référence à la rose dans leurs œuvres, bien qu’il soit mal aisé d’en définir l’espèce ou la variété ou l’origine avec certitude. Ainsi les poètes depuis la plus haute antiquité grecque la chantaient déjà tel : Hésiode au VIIIᵉ siècle av. J.-C., Archiloque de Paros au VIIᵉ siècle av. J.-C., VIᵉ siècle av. J.-C., Anacréon de Téos VIᵉ siècle av. J.-C. Hérodote rapporte que le roi Midas au VIᵉ siècle av. J.-C., lorsqu’il a été chassé de Lydie par les armées perses, a emporté ses roses dans son exil en Macédoine. Au IVᵉ siècle av. J.-C. le philosophe et naturaliste grec Théophraste est le premier à décrire la culture de la rose dans son ouvrage « Des odeurs et Histoire des plantes » où il y décrit des roses rouges, roses et blanches et note l’intensité du parfum. Ainsi, du VIᵉ siècle av. J.-C. au IIᵉ siècle, durant toute cette période de domination grecque puis romaine, les roses circulent à travers tout l’empire : de Perse en Angleterre, de Grèce en Égypte, de Rome en Gaule et en Espagne. La reine des fleurs Qualifiée par la poétesse Sappho au VIᵉ siècle av. J.-C. de « reine des fleurs », elle aurait été créée, selon la mythologie gréco-latine, elle aurait été créée par la nymphe Chloris, déesse des Fleurs, Flora chez les Romains. La rose est consacrée à la déesse grecque de l’amour et de la beauté Aphrodite, puis à Vénus à l’époque romaine, d’Aurora, la déesse aux doigts de rose. Cupidon, fils de Mars, dieu de la Guerre, et de Vénus, porte, outre son arc et son carquois, une couronne de roses, tout comme Priape, dieu des Jardins et de la Fécondité. Elle est aussi la fleur du « cantique des cantiques » du roi Salomon dont conventionnellement le règne s’étend de 970 à 931 av. J.-C. mais l’on pense que sa composition est attribuée à un compilateur du IVᵉ siècle av. J.-C. qui y aurait fondu différents poèmes. Laissant une image d’un mode de vie raffiné et luxueux, la « reine des fleurs » est indissociable des fastes orientaux tels ceux du roi de Babylone Nabuchodonosor II, v. −605 à −562. Il est dit de Cléopâtre, que pour séduire Marc-Antoine, couvrit son lit de 45 cm de pétales de rose. Les patriciens romains ont coutume d’en joncher le sol les jours de banquets, mais aussi de draper leurs convives de guirlandes de fleurs et de leur présenter de l’eau parfumée pour leurs ablutions, ainsi que de leur servir du vin aromatisé et des entremets à la rose. Tandis que les patriciennes s’enduisent le corps d’huile parfumée. Cet engouement généralisé eut pour conséquences dans un premier temps de faire venir la précieuse plante par bateaux entiers, puis de créer d’énormes roseraies au sud de Rome. La rose fit l’objet de nombreux traités tant sur l’organisation des serres, de sa taille et de ses bienfaits. Indissociable également de la poésie persane, la rose est utilisée comme métaphore pour évoquer la figuration de la femme aimée, mais également assimilée au vin, pour sa couleur riche et son parfum capiteux qui rappellent l’ivresse dont une coupe de vin est comparée à une rose sans épines. Devenue la « reine des fleurs » en occident, elle partage cependant ce titre en Chine avec la pivoine. Les roses des Romains Au Ier siècle après J.-C. Pline l’Ancien dans son Histoire naturelle décrit vingt sortes de rosiers nommées par le nom de leur lieu de provenance. Leurs descriptions permettent des suggestions d’identification de quelques-unes : la rose de Præneste semble être Rosa gallica versicolor ; la rose de Campanie est une forme de Rosa × alba semiplena ; la rose de Tachys est une forme de Rosa ×damascena ; la rose de Milet rouge à une dizaine de pétales est une variété de Rosa gallica ; la rose de Pangée est une autre Rosa gallica ; la rose d’Alabande est une Rosa × alba ; la rose d’automne ressemble à Rosa sempervirens ; la Spinolea est Rosa pimpinellifolia Myriacantha ; Quant à la rose de Paestum chantée par Virgile, elle est vraisemblablement Rosa ×damascena. Rosa gallica officinalis à l’époque romaine est la variété principalement utilisée pour la fabrication de l’essence de rose, la confection de guirlande, ou encore l’épandage de pétales et le remplissage de cousin. Lors des banquets, si une rose est suspendue, hommage à Harpocrate, dieu du silence, les invités doivent garder secrètes les paroles échangées « sous la rose ». Les Romains en utilisent de telles quantités que la culture de la rose devient localement une activité économiquement importante et que Rome importe aussi par bateau des roses d’Égypte (dont c’est alors la plus importante exportation vers Rome), de Carthage et de Cyrénaïque (l’actuelle Libye). De la fleur du mal à la Rose mystique Probablement introduite et développée en Gaule par les Romains, la « reine des fleurs » est, dans un premier temps, rejetée par le christianisme en raison de ses liens avec le paganisme et symboles de ses excès. Sa culture est progressivement abandonnée et ses plants arrachés comme de vulgaires mauvaises herbes. Malgré tout, on sait qu’au VIᵉ siècle, sa culture sera conservée dans certains monastères et couvents où les clercs, gardiens des sciences, s’attachent à conserver et à transmettre les connaissances antiques sur la plante, en vue d’en exploiter ses vertus médicinales. À la même époque, le roi Childebert Ier possède une roseraie (des roses de Paradis d’après l’évêque Fortunat) dans son domaine vers Saint-Germain-des-Prés et selon la tradition chrétienne, Saint-Médard, évêque de Noyon, aurait instauré dans son village natal de Salency, dans le Vermandois, un prix de vertu couronnant de roses la jeune fille la plus sage de la région, à laquelle il aurait attribué le titre de « rosière ». Au VIIIᵉ siècle, le Capitulaire De Villis de Charlemagne cite les roses parmi les plantes à cultiver. Progressivement, les attributs païens de la fleur d’Aphrodite et de Venus glissent au cours des siècles suivant pour devenir ceux de la vierge Marie. Identifiée elle-même à la rose mystique et à l’« amour universel » qu’elle représente et est qualifiée de Rosa sine spina (la rose sans épines) par Saint-Bernard de Clairvaux dont le terme fut repris par des poètes et des musiciens comme étant la fleur entre les fleurs (Flos florum). L’évolution théologique de cette expression aboutira des siècles plus tard au dogme catholique de l’Immaculée Conception. La rose devient un attribut du culte marial dont la guirlande de roses dont Marie est couronnée dans les représentations traditionnelles, appelé en latin ecclésiastique rosarium donnera le mot rosaire. Elle représente également le prophète de l’islam Mahomet dans la littérature musulmane. Par contre, les roses sont mal vues sur les autels domestiques bouddhistes à cause de leurs épines. Le retour des croisades Au XIIᵉ siècle, à la veille des croisades, Albert le Grand note comme rosiers cultivés Rosa rubiginosa, Rosa canina, Rosa arvensis et Rosa ×alba. De retour de la 1ʳᵉ croisade, les croisés découvrent le charme des jardins orientaux et ramènent, du Proche-Orient, d’anciennes et de nouvelles variétés de roses en occident où la plante, comme à la période antique, elle redevient extrêmement présente dans la société laïque et religieuse. C’est à cette époque qu’en français le mot « rose », dérivé du latin rosa, rosae, apparaît et désignait aussi bien la fleur que le rosier lui-même. Selon une légende, vers 1240, Thibaut IV dit le « le Chansonnier », comte de Champagne et roi de Navarre, aurait, à son retour de croisade, rapporté de Damas « dans son heaume » un rosier d’une excellente qualité, dont il aurait fait d’importantes plantations aux environs immédiats de Provins et qui donnera la fameuse « rose de Provins », la rosa gallica officinalis. Il rapporta également un morceau de la Vraie Croix et la tradition veut qu’il en ait rapporté le cépage Chardonnay qui entre dans la composition du champagne. Cependant, au XIXᵉ siècle, le rosiériste et historien Charles Cochet-Cochet (1866-1936), contesta la légende, car cette variété était très courante en France depuis l’antiquité. D’après une chronique, c’est Robert de Brie, à son retour de croisade vers 1254, rapporte à Provins dans ses bagages la très odorante « rose de Damas » ou Rosa damascena, dont on extrait l’huile de rose. Quoi qu’il en soit, c’est à partir de cette époque que la culture de la rose en France débuta réellement avec Rosa gallica officinalis dite « Rose des Apothicaires » et que Provins devint célèbre pour ses roses, d’abord cultivées pour leurs vertus médicinales avant d’être appréciées pour leurs beautés. Elle fut aussi considérée par les alchimistes comme la flos sapientiae, la fleur de la sagesse et l’image de l’esprit clair. Pendant cette première phase de domestication et d’utilisation des rosiers indigènes, les rosiers sont multipliés par drageons et boutures. De l’emblème politique à l’inspiration artistique Au XVᵉ siècle, la rose se fait, emblème politique à l’occasion, en Angleterre dans la terrible guerre des Deux-Roses, où deux branches de la famille des Plantagenêts se disputent la Couronne d’Angleterre et qui ont chacune une rose pour insigne : blanche pour les York, rouge pour les Lancastre. Les deux familles, une fois réuni par le biais d’un mariage unissant Elisabeth d’York à Henri Tudor descendant des Lancastre, les deux roses seront réunies sur le blason des Tudor et donneront naissance à la rose du même nom, rouge avec un cœur blanc. Dans le langage des fleurs, l’association des roses blanches et rouges est symbole d’union et d’harmonie. En France, en 1402, le duc d’Orléans, frère de Charles VI, organise une fête en l’honneur de la rose et décide de créer à cette occasion un ordre de chevalerie dédié à la défense de l’honneur des dames. La poétesse Christine de Pisan, se trouvant parmi les invités, compose  « le Dit de la rose », poème narratif évoquant les épisodes de cette célébration qui sera représentée à l’hôtel d’Orléans, le jour de la Saint-Valentin. À la Renaissance, on redécouvre les mythes antiques, où peintres et poètes associent la fleur à l’amour éternel. C’est à cette époque (juillet 1545) que Pierre de Ronsard, écrit l’un de ces plus célèbres poèmes « Mignonne, allons voir si la rose ». À la fin du XVIᵉ siècle, les roses voyagent, il est importé de Perse en Europe la variété Rosa foetida tandis Des rosiers européens arrivent en Amérique du Nord, où existent déjà Rosa virginiana, Rosa carolina et Rosa setigera, mais jusque-là, les mutations et les hybridations sont spontanées. Au XVIIᵉ siècle, les peintres flamands et hollandais lui accordent ensuite une place importante dans leurs représentations florales dont ils font un style à part entière. Un peu délaissée à la fin du XVIIᵉ siècle, la rose revient à la mode dans la seconde moitié du XVIIIᵉ siècle. Elle orne délicatement les porcelaines et les marqueteries de bois précieux, fleurit sur les tentures et les jetés de lit, court sur les tapisseries de la manufacture des Gobelins ou glisse en cascade sur les robes délicatement brodées, comme le montre le portrait de Mme de Pompadour, peinte en pied par François Boucher 1756. Les amoureux de Jean Honoré Fragonard folâtrent en 1773, dans une roseraie, dans sa série de toiles consacrée aux âges de l’amour. La peintre française Élisabeth Vigée Le Brun en fait l’accessoire essentiel de son ravissant portrait « Marie-Antoinette à la rose » qui sera exposé au Salon de peinture et de sculpture de 1783. Des spécialistes sont parvenus à identifier l’espèce représentée, la préférée des peintres, il s’agirait de la fleur rose nacrée du rosier Rosa Centifolia, la rose à cent feuilles. Celle-ci, probablement né vers 1600 aux Pays-Bas, dont la forme généreuse lui vaut le surnom de « rose-chou ». Les roses de Chine et du Bengale En Europe, avant le XVIIIᵉ siècle, les introductions de nouvelles variétés étaient limitées souvent aux grands axes commerciaux et le caractère « remontant » de la floraison (capacité de refleurir) des rosiers est généralement absent des espèces connues de cette époque. Bien des années après les croisades et l’introduction en occident des variétés du Proche-Orient, Nikolaus Joseph von Jacquin en 1768 publie dans Observationum Botanicarum les caractéristiques d’un cultivar découvert en Chine et rapidement sont importés en Angleterre quatre plants de rosiers chinois le Rosa chinensis : ‘Slater’s Crimson China’ (= ‘Miss Lowe’s’) en 1772, ‘Parsons’ Pink China’ (= ‘Old Blush China’) en 1773, ‘Hume’s Blush Tea-scented China’ en 1809 ‘Parks’ Yellow Tea-scented China’ (R. indica sulphurea) en 1835. Et en 1781, la forme rouge « Bengal Rose » importée du Bengale, d’où les synonymes de « rose du Bengale » et de « rose d’Inde » Rosa indica. Cela aura comme conséquence d’impacter durablement l’histoire du rosier cultivé européen, car ces variétés chinoises remontantes ouvraient la porte à des floraisons de juin à octobre et à de multiple hybridation. Ce ne sont pas des espèces sauvages, mais des variétés cultivées dans les jardins de Chine, sélections de Rosa chinensis ou hybrides de Rosa chinensis × Rosa gigantea auxquelles s’ajoute un Rosa chinensis jaune, ‘Park’s Yellow Tea-scented China‘ en 1824. Leur croisement avec les rosiers d’Europe va faire apparaître des centaines de roses nouvelles dont les rosiers Portland, les rosiers Noisette, les rosiers Bourbon, les rosiers thé, donc les rosiers polyantha, les hybrides de thé et tous les rosiers modernes. Ainsi que la curieuse rose verte introduite dans le commerce en Europe en 1856 par les pépinières britanniques Bembridge and Harrison. Les roses de l’impératrice Au début du XIXᵉ siècle, l’impératrice Joséphine joue un rôle déterminant dans la création de nouvelles variétés de rosiers en France. Habitée par une véritable passion, elle constitue la plus importante collection de son époque, près de 250 variétés, dans son jardin de la Malmaison. En ces temps de conflit avec l’Angleterre, ordre est donné à la Marine de fouiller les navires ennemis afin d’en ramener les plants venus de Chine. Pour immortaliser ces merveilles, Joséphine, dont le troisième prénom est Rose, les fait peindre par Pierre Joseph Redouté, 1759-1840. Les trois volumes de ces Roses marquent le sommet de son art. Les roses du second Empire et de la belle époque Au XIXᵉ siècle, le croisement des rosiers de Chine, de Bourbon, Portland et Noisette permet la création des rosiers « modernes ». En Angleterre, en 1858, a lieu la première exposition nationale des roses, organisée par un passionné, le pasteur, mais aussi horticulteur Samuel Reynolds Hole (1819-1904). Celui-ci était doyen de la cathédrale de Rochester au Royaume-Uni et fondateur de la (Royal) National Rose Society. Il a publié de nombreux livres et participé à la popularisation de la culture des roses. Reconnu pour son expertise, il est un des premiers destinataires de la Victoria Medal of Honour (VMH) de la Royal Horticultural Society’s. En France, c’est l’époque où les hybrides perpétuels remontants connaissent un grand succès, avec notamment les créations du rosiériste lyonnais Jean Liabaud. En 1867, Jean-Baptiste Guillot dit Guillot fils (1827-1893) crée à Lyon avec ‘La France’, le premier buisson à grandes fleurs ou « hybride de thé ». C’est un nouveau groupe d’hybrides remontants, qui définit dès lors, les roses classées dans les groupes qui existaient en France avant 1867 constituent les Roses Anciennes, tandis que les Hybrides de thé et les groupes qui apparaîtront après ‘La France’ sont des Roses modernes. Toujours à Lyon, en 1875, la famille Guillot (père, fils et le petit-fils Pierre) obtiendra par hybridation de Rosa multiflora, un rosier liane rapporté du Japon au XVIIIᵉ siècle, les buissons à petites fleurs en bouquets ou Polyanthas, des petits rosiers à floraison continue jusqu’aux gelées. Leur croisement avec les Hybrides de thé donnera les nombreux rosiers buissons à fleurs groupées, les « floribundas ». C’est encore à Lyon que, grâce à Pernet-Ducher, la couleur jaune fut introduite dans les roses cultivées contemporaines. La rose la plus célèbre et la plus vendue au monde à ce jour est d’ailleurs une rose jaune : ‘Madame Antoine Meilland’, obtenue à Antibes par Francis Meilland (1912-1958). Les roses chinoises vont rendre la floraison de plus en plus continue, on obtiendra des roses aux formes régulières, aux couleurs stables au cours de la floraison et des saisons, mais aussi souvent sans parfum. En 1886, la Société française des roses est fondée à Lyon (considérée comme la capitale des roses). Toujours à la fin du XIXᵉ, des grimpants ainsi que les rosiers Rugueux sont introduits du Japon, ils seront aussi croisés avec les Roses Anciennes. Le XXᵉ siècle voit la gloire des rosiers buissons à grandes fleurs avec les créations de Georges Delbard, de Meilland, de Griffith Buck. Les roses anglaises Il faudra attendre les années 1960 pour voir apparaître de nouveaux groupes de roses pour le jardin. Le plus connu aujourd’hui est sans conteste celui des roses qu’on peut qualifier de « Roses rétro » obtenues en Angleterre, par David Austin, en croisant des galliques (notamment ‘Belle Isis’) et des Damas à des roses modernes. Elles sont connues sous leur nom de marque commerciale de « Roses Anglaises ». Les « rosiers anglais » allient les formes des roses anciennes (très doubles, en forme de coupe ou de rosette) à la « floribondité » des roses modernes. De plus, elles apportent de nouveaux parfums. La première qu’il obtient est ‘Constance Spry’ en 1961. Les roses anglaises sont le plus souvent parfumées, fleurissent longtemps dans une large gamme de couleurs et font de bonnes fleurs à couper. Bien que les roses d’Austin ne soient pas officiellement reconnues comme une classe distincte, elles sont néanmoins communément désignées par les rosiéristes, tant dans les pépinières et que dans la littérature horticole comme « English Roses » ou « Austin Roses ». Les nouvelles « roses Générosa » de la maison Guillot, créées par Dominique Massad, (né en 1955), arrière-petit-fils de Pierre Guillot sont de la même veine. Curieusement, une dénomination commune à l’ensemble de ces rosiers Rétro n’est pas acceptée par la Fédération Mondiale des Associations de Roses. Les roses au XXIᵉ siècle L’évolution de la connaissance génétique ouvre de nouvelles pistes aux processus de floraison : induction florale, date de floraison, remontée de la floraison, couleur, parfum. Elles se concentrent sur des approches génétiques et moléculaires (étude des populations issues des croisements). Deux gènes commandent la remontée de la floraison et le nombre des pétales de la fleur simple. De nombreux gènes commandent la composition du parfum, rendant ce caractère très complexe à sélectionner. Les fleurs roses ont toujours été cultivées dans un nombre varié de couleurs variant en intensité et en teinte ; Cependant, il leur manque le pigment bleu qui donnerait une vraie couleur violette ou bleue et jusqu’au XXIᵉ siècle, toutes les vraies fleurs bleues ont été créées à l’aide d’une certaine forme de colorant. Maintenant, grâce à la modification génétique, une société japonaise a réussi à créer une rose bleue en 2004. Les couleurs sont sélectionnées grâce à des programmes de sélection végétale qui existent depuis longtemps. Les roses sont souvent sélectionnées pour des combinaisons de couleurs nouvelles et intrigantes qui peuvent atteindre des prix élevés sur le marché. Le nom de la rose La rose est l’une des très rares fleurs ayant un nom dédié, différent des noms donnés à la plante elle-même : la rose est la fleur du rosier. Si le mot rose, attesté en français au début du XIIᵉ siècle, remonte au latin rosa, mais son étymologie est controversée. Certains voient dans l’origine du mot latin, le grec ancien rhódon, issu du grec éolien wrodion, lui-même, dit-on, emprunt à un vieux perse ºwurdi, comparable au parthe wâr et au sanskrit vrad, qui signifie « adoucir ». Pour d’autres, ont voulu y voir une origine sémitique, comme Antoine Laurent Apollinaire, Fée en 1822 fait remarquer que le mot grec pourrait bien dériver de l’arabe ward « fleur(s) », wardi « rose ». Cette hypothèse est défendue entre autres par l’orientaliste William Wrighten en 1874, le linguiste français Michel Masson en 1989, et plus récemment, Jean- Claude Rolland a démontré que l’arabe ward ne doit rien au persan ni à l’indo-européen, mais est bien d’origine sémitique que l’on retrouve dans l’araméen wurrdā ou l’assyrien wurtinnu par exemple. Il est tentant de rapprocher « rose » de « rosée » mais cette similitude apparente, source d’inspiration inépuisable des poètes, est fortuite. Rosée vient du latin populaire rosata, issu du latin classique ros : la rosée. Le succès de cette fleur lui vaut également de participer à l’appellation d’autres espèces sans lien avec la famille des Rosacées comme la « rose de Noël » (Helleborus niger) ou la « rose de carême » (Helleborus orientalis, Ranunculaceae), la « rose de Chine » (Hibiscus, Malvaceae), la « rose de porcelaine » (Etlingera elatior, Zingiberaceae). Entrées similaires: Le rosier et la rose Les roses de Joséphine Les monuments men [...] Lire la suite…
27 mars 2023Le rosier est apparu à l’époque géologique de l’Oligocène, il y a une quarantaine de millions d’années et confirmé par la présence de fossiles d’une espèce proche de Rosa nutkana trouvés dans l’Oregon (États-Unis). Le Rosier, ou l’Églantier (Rosa), est un genre de plantes de la famille des Rosaceae, qui comprend environ 5 000 espèces et comprend aussi bien des plantes herbacées vivaces que des arbustes ou des arbres. Parmi elles, on peut citer le sorbier, l’aubépine, le prunellier, la ronce commune, les fraisiers, les benoîtes, les potentilles, la reine-des-prés, la pimprenelle, l’aigremoine… et bien sûr l’églantier. Cette famille est originaire des régions tempérées et subtropicales de l’hémisphère nord, du nouveau comme de l’ancien monde. Ce sont des arbustes et des arbrisseaux sarmenteux et épineux. Suivant les avis souvent divers des botanistes, le genre Rosa comprend de 100 à 200 espèces qui s’hybrident facilement entre elles. Le terme « églantier » désigne les espèces à l’état sauvage, généralement à fleurs simples, alors que le terme « rosier » désigne les cultivars, c’est-à-dire les sélections d’églantiers mises en place par les horticulteurs. On peut distinguer deux grandes aires de répartition, l’Europe et le bassin méditerranéen d’une part, l’Extrême-Orient d’autre part. Les espèces les plus anciennes seraient Rosa beggeriana, Rosa berberifolia (Rosa simplicifolia, jaune d’or) et Rosa spinossissima. C’est de Rosa beggeriana qu’auraient dérivé Rosa canina ainsi que Rosa acicularis (espèce la plus nordique que l’on trouve notamment dans la forêt boréale proche du cercle polaire) et sa variété fille Rosa alpina qui sont elles-mêmes très anciennes. Les espèces indigènes d’Europe sont, dans l’état actuel de nos connaissances, Rosa canina, Rosa rubiginosa, Rosa villosa, Rosa arvensis et Rosa pimpinellifolia ‘spinosissima’. La culture des rosiers est une activité répandue dans de nombreux pays, soit dans un cadre professionnel : par les obtenteurs créant de nouveaux cultivars, par les pépiniéristes produisant des fleurs coupées ou des plants de rosiers pour les jardins, par les exploitants de jardins publics (souvent des services spécialisés des collectivités publiques), soit dans un cadre privé par tous les particuliers disposant d’un jardin d’agrément dans lequel le rosier est certainement la plante d’ornement la plus populaire. Classification botanique des espèces Le genre Rosa est divisé en quatre sous-genres inégaux, dont trois ne comprennent qu’une ou deux espèces, les sous-genres Plathyrhodon, Hesperhodos et Hulthemia, et le quatrième, Eurosa, toutes les autres. Le sous-genre Plathyrhodon est constitué d’une seule espèce, Rosa roxburghii, originaire de Chine Le sous-genre Hesperhodos, originaire d’Amérique du Nord aux confins de la frontière entre les États-Unis et le Mexique, comprend deux ou trois espèces adaptées au milieu aride. Le sous-genre Hulthemia est constitué lui aussi d’une seule espèce, Rosa persica (syn. Rosa persica var. berberifolia) originaire du pourtour de l’Iran et du Moyen-Orient et introduite en Europe en 1785. Le sous-genre Eurosa est divisé en 10 ou 11 sections. Pimpinellifoliae : Les « rosiers pimprenelle », ainsi nommés, car leur feuillage évoque celui de la pimprenelle, sont très rustiques et ont de nombreux hybrides spontanés. Ils sont originaires d’Europe, de Perse et d’Asie. Caninae : comprend les Rosa canina ou églantier, rosier rubiginosa ou « églantine », ainsi que leurs hybrides. Ces rosiers sont originaires d’Europe et d’Asie Mineure. Gallicanae : regroupe une à trois espèces originaires d’Europe et d’Asie, leurs variantes et leurs hybrides. Carolinae : Ce sont de petits buissons originaires d’Amérique du Nord aux fleurs rose pourpre tel : Rosa palustris, Rosa virginiana, Rosa carolina et leurs hybrides. L’hybride Rosa rapa est rose à centre plus foncé. Les roses galliques : Rosa gallica ou rose de France, Rosa gallica ‘Officinalis’ ou « rose de Provins » ou « rose rouge de Lancastre », ‘Conditorum’ ou « rose de Hongrie », et Rosa gallica ‘Versicolor’ ou Rosa mundi. En 1811, l’impératrice Joséphine cultive 167 espèces de roses galliques. Rosa centifolia ou « rose à cent feuilles » : les rosiers mousseux qui sont des mutations stériles de Rosa centifolia (ou de rosiers de Damas) ; les rosiers de Damas, hybrides naturels en Asie Mineure, de Rosa gallica × Rosa phoenicia; les rosiers de Portland, (Rosa damascena × Rosa chinensis découvert par la duchesse de Portland). Gymnocarpae : seul R. gymnocarpa est originaire d’Amérique du Nord, les autres sont d’Asie. Cinnamomeae (ou Cassiorhodon) : sont des rosiers sont originaires de tout l’hémisphère nord, excepté l’Afrique : Rosa rugosa originaires d’Asie Rosa arkansana et Rosa blanda originaires du nord de l’Amérique Rosa pendulina var oxyodon, originaire du Causase, Rosa laxa du Turkestan et une trentaine d’autres Rosa majalis ou rose de mai, la rose double la plus anciennement cultivée et Rosa majalis ‘Flore simplici’, cultivée depuis 1600. Chinenses : Originaires de Chine, dont le type est Rosa chinensis Jacq., ont apporté à nombre de variétés actuellement cultivées le caractère remontant de la floraison. Banksianae : Originaires de Chine, hauts de 3 à 6 m, à très nombreuses fleurs simples, blanches ou jaunes (Normalis est le type sauvage) dont les hybrides sont cultivés dans les jardins chinois. Laevigatae : Originaire de Chine, introduit en Amérique du Nord où il s’est naturalisé, c’est un très grand rosier (6 m) à fleurs blanches Bracteatae : Originaire de Chine et d’Inde, Rosa bracteata, haut de 4 à 5 m, aux nombreuses fleurs blanches et à odeur citronnée, a été introduit en Angleterre en 1793 par Lord Macartney. Synstylae : Originaires pour certains de Corée et du Japon, pour d’autres de Turquie et d’Europe : Rosa multiflora qui a été vue au Japon dès 1696, forme des grands buissons aux fleurs blanches et possède plusieurs variétés dont Rosa multiflora ‘Platyphylla’, la seven sisters rose rapportée du Japon par Sir Charles Greville en 1815. Rosa arvensis Huds., qui est le rosier des champs. Les appellations des rosiers Les rosiers cultivés dans nos jardins sont le plus souvent des cultivars créés par des rosiéristes, appelés « rosiers horticoles » et plus rarement des espèces ou des variétés naturelles appelées « rosiers botaniques ». Concernant leurs appellations officielles, ce sont des conventions internationales qui s’appliquent : Pour les rosiers botaniques, la désignation officielle suit les prescriptions du « code international de nomenclature botanique ». Le nom d’une espèce est un nom binomial dans lequel le premier terme commençant par une majuscule désigne le genre, et le second tout en minuscule est l’adjectif spécifique, le tout exprimé en latin botanique et écrit en caractères italiques. Ce binôme est suivi de l’abréviation du nom de l’auteur, précision souvent indispensable dans le cas des rosiers étant donné le nombre important de synonymes rencontrés. Exemple : Rosa gallica L.. Pour les rosiers horticoles (cultivars), ce sont les dispositions du « code international de nomenclature des plantes cultivées » qui s’appliquent. Celles-ci imposent d’utiliser un nom de variété écrit dans une langue vivante et non en latin (bien que pour certaines variétés anciennes le latin ait été utilisé) et écrit en caractère romain, placé entre guillemets simples et commençants par une majuscule. Exemple : ‘Souvenir de la Malmaison’. Les rosiers botaniques On appelle rosiers botaniques toutes les espèces de rosiers sauvages disposant chacune de caractéristiques spécifiques et utilisées en horticulture telles que : Les églantiers sauvages (Rosa rubrifolia, Rosa primula, Rosa sericea ou Rosa canina qui servent fréquemment de porte-greffe pour leur résistance au calcaire). Rosa gallica, une des plus anciennes espèces de roses cultivées. Originaire d’Europe, elle supporte bien le froid. Rosa chinensis, à floraison continue ou remontante. Originaire d’Asie, c’est une espèce de climat chaud. Rosa banksiae, Rosa gigantea, qui poussent en longues lianes inermes, Rosa moschata, au port buissonnant et aux fleurs odorantes (ancêtre de la rose Noisette), Rosa multiflora, très vigoureux et très florifère, Rosa rugosa, très résistant aux maladies. Souvent, les rosiers ternes ont un parfum plus intense que les rosiers aux coloris vifs, ce qui peut s’expliquer par une allocation des ressources vers un trait ou l’autre. Par convention, les roses classées dans les groupes existants avant 1867 constituent les roses anciennes. Les rosiers horticoles Le rosier horticole, en revanche, ne pousse pas à l’état naturel, il a été créé par la main de l’Homme et, au gré des différentes hybridations, il a abouti à des variétés de rosiers nommées « anciennes » ou « modernes ». Une classification des cultivars de rosiers est nécessaire, plus de 16 000 types différents ont été recensés. On a d’abord nommé des groupes sur la base de la forme des fleurs (pompon, plate, en coupe, réflexe, à quartiers, imbriquées, globuleuses, turbinée), d’après le lieu de leur découverte (Bourbon…), le nom du « découvreur » (Noisette, Portland), le nom de l’espèce ou de l’hybride dont ils étaient issus (hybride de thé), ou encore certains caractères particuliers (par exemple les « mousseux » dont le calice et le pédicelle sont ornés d’appendices très finement ramifiés). On a défini ainsi des classes de rosiers et qui sont toujours d’usage courant. Mais ce système de classification a montré ses limites quand il s’est agi de classer des hybrides que l’on peut rattacher à 2, 3 ou 4 catégories. Le guide Clause de 1952 a d’abord été proposé de scinder les différentes catégories en : roses sauvages ou botaniques, roses anciennes (avant 1867), et roses modernes, puis suivant des caractéristiques visibles : remontant/non remontant, grimpant/autres (couvre-sol, arbustes, buissons), fleurs groupées/grandes fleurs, etc. La rose Si les variétés de rosiers se sont multipliées depuis le XIXᵉ siècle, elles le doivent à leurs fleurs : la rose. Appréciée pour sa beauté et sa senteur, la rose est célébrée depuis la plus haute Antiquité par de nombreux poètes et écrivains ainsi que par des peintres. En raison de son parfum et de ses couleurs qui vont du blanc pur au pourpre foncé, en passant par le jaune et toutes les nuances intermédiaires en font depuis toujours la « reine des fleurs » dans le monde occidental, la pivoine lui disputant ce titre en Chine. La rose est l’une des plantes les plus cultivées au monde, elle est présente dans presque tous les jardins, et elle occupe la première place dans le marché des fleurs et les bouquets. Si les premières traces de rose remonte à plus de 40 millions d’années, les rosiers cultivés sont le résultat de plusieurs millénaires de transformations. D’abord empiriques puis, dès la fin du XVIIIᵉ siècle, méthodiques, en particulier par l’hybridation. Les variétés sont innombrables, on estime à plus de 3 000 le nombre de cultivars disponibles actuellement dans le monde. Le terme « cultivar » est synonyme de « variété cultivée » ou « variété horticole », et plus communément « variété », mais il est essentiellement différent de la varietas ou variété botanique. Dans le langage courant, on distingue généralement les « roses anciennes » des « roses modernes » dont il existe de nombreux cultivars dans chacune de ces classes. Les Roses anciennes Au sens strict, les roses anciennes sont généralement les variétés datant d’avant 1867, dont beaucoup ont été perdues, mais on élargit en général la période jusqu’à 1920 et à l’avènement des rosiers dits « modernes », issu de l’hybridation avec de variétés venant de Chine. Parmi les roses anciennes comportent différents groupes dont : Les rosiers sauvages dont le plus commun est le Rosa canina L., plus connu sous les noms de Rosier des chiens, Rosier des haies ou Églantier des chiens aux fleurs simples à cinq pétales, apprécier de nos jours pour son aspect plus naturel. Outre Rosa canina, les espèces indigènes d’Europe sont, « Rosa rubiginosa », « Rosa villosa », « Rosa arvensis » et « Rosa pimpinellifolia ‘spinosissima’ ». Mais il existe des espèces dont les plus anciennes seraient Rosa beggeriana, Rosa berberifolia (Rosa simplicifolia, jaune d’or) et Rosa spinossissima. C’est de Rosa beggeriana qu’auraient dérivé Rosa canina, Rosa acicularis et sa variété fille Rosa alpina. Devenues à la mode, ces variétés sont appelées depuis quelques décennies « roses botaniques » pour les différencier des « rosiers horticoles » créés par l’Homme et fait oublier souvent que ces rosiers sont aussi des plantes sauvages. Les « roses galliques » ou Rosa gallica, regroupe l’ensemble des cultivars des espèces Rosa gallica, Rosa gallica officinalis, Rosa gallica versicolor dont les ancêtres sont inconnus ainsi que leurs nombreuses variétés hybrides créées à partir du XVIIIᵉ siècle. On estime entre 2 000  à 3 000 variétés commercialisées depuis cette époque dont il ne reste qu’environ 300 variétés aujourd’hui. Les « roses à cent feuilles » (Rosa ×centifolia) », telle que les « Pompons Rouges » dit « Pompon de Bourgogne ». Le Rosier cent-feuilles, Rosa ×centifolia, « Cent-feuilles » fait référence au grand nombre de pétales de la fleur. C’est un rosier hybride connu dès l’Antiquité, Pline l’ancien nous dit qu’elle viendrait de Campanie en Italie, et du mont Pangée en Grèce où les habitants les transplantent et les améliorent, et qu’elle n’était remarquable ni par son parfum ni par sa forme. Ce sont des sélectionneurs néerlandais à partir du XVIIᵉ siècle puis par des obtenteurs français à partir du XIXᵉ siècle qui ont développé cette forme. Appelé « rose de mai », « rose chou », « rose de Hollande » (ou de Batavie) ou « rosier de Provence ». Ce dernier nom vient d’une confusion introduite par le nom de Rosa provincialis que lui avait donné en 1768 le botaniste écossais Miller, en souvenir de Province, terme anglais pour Provins, qui qualifiait autrefois nombre d’hybrides de Rosa gallica. Comme dans les autres groupes de roses anciennes, nombre de variétés obtenues ont disparu. Rosa centifolia a produit par mutation une autre famille de roses anciennes, fameuses, les rosiers mousseux. Les rosiers mousseux qui sont des mutations stériles de Centifolia. Le « rosier de Damas » (Rosa ×damascena) est un hybride naturel apparu en Asie Mineure, de Rosa gallica × Rosa phoenicia. On attribue au chevalier Robert de Brie le mérite d’avoir rapporté cette plante de Perse en Europe à son retour de croisade vers 1254 à Provins. Le Rosier de Damas est considéré comme l’un des types importants des roses anciennes. Il tient une place de choix dans le pédigrée de nombreux autres types de rosiers. Le Rosier blanc, Rosa × alba, est un nom collectif pour une espèce hybride de rosier originaire d’Europe où elle est connue depuis l’Antiquité et cultivée depuis la Renaissance. C’est en fait un groupe d’hybrides dont la parenté est incertaine, probablement issus de croisements entre Rosa gallica × Rosa corymbifera ou bien Rosa × damascena × Rosa canina. Les rosiers Bourbon ou Rosa ×borboniana sont des hybrides originaires de l’île de la Réunion, dont le nom provient de son ancien nom « île Bourbon ». À cette époque, des colons français avaient planté pour clôturer leurs champs et jardins des rosiers, surtout Rosa ×damascena ‘Semperflorens’ et Rosa ×chinensis ‘Parson’s Pink China’ ou ‘Old Blush’, ce qui permit des croisements spontanés, et l’apparition d’un rosier hybride appelé localement le « rosier ‘Édouard’ ». En 1817, le botaniste Nicolas Bréon envoya des graines, en France, au chef jardinier du duc d’Orléans, Louis-Philippe II (le futur roi Louis-Philippe) de la maison d’Orléans, branche cadette des Bourbons, Jacques, qui les sema et baptisa « rosiers de l’île Bourbon » ces nouveaux rosiers. En 1843 est un rosier de type Bourbon fut créé par le rosiériste français Jean Béluze « Souvenir de la Malmaison » d’après le nom de la roseraie de Joséphine de Beauharnais au château de Malmaison. Les rosiers hybrides remontants (appelés aussi hybrides perpétuels) font partie des premiers rosiers créés en Europe dans le but d’améliorer leur remontance (c’est-à-dire les faire fleurir de façon répétée au cours d’une même année). C’est une classe fourre-tout largement dérivée des Bourbons. Les rosiers de Portland sont une variante à tendance remontante, à fleurs rouge vif et naine du rosier de Damas. On a longtemps cru qu’il s’agissait d’un croisement de Rosa × damascena et Rosa chinensis ‘Sempervirens’, après des analyses ADN effectuées au Japon en 2000, on a constaté que ce rosier de Portland était en fait le résultat de (R. moschata X R. gallica) X R. fedtschenkoana. Ce rosier hybride spontané fut découvert en 1800, par la duchesse de Portland lors d’un voyage en Italie, au sud de Naples et nommé en son honneur « Duchesse de Portland ». Il fut introduit en France en 1812, va donner une grande descendance, puisqu’il y a eu jusqu’à 150 rosiers de Portland. Les « rosiers de Noisette », ou « thé noisette », tels que « Gloire de Dijon », sont à l’origine un rosier hybride spontané découvert par Louis Claude Noisette, botaniste et agronome français vers 1814 en Caroline du Sud. Les « rosiers thé », ou rosiers à odeur de thé, sont issus de croisements entre d’une part un Rosa chinensis et d’autre part un rosier Bourbon ou de Damas ou encore un rosier Noisette. Le premier rosier thé, ‘Adam’, a été obtenu en 1833, pour certains, il aurait disparu, pour d’autres, ce serait le rosier appelé ‘the President’. Les « rosiers thé » ne doivent pas être confondus avec leurs descendants, les hybrides de thé, qui sont des roses modernes. Les rosiers de Portland, de Noisette et rosier thé avaient lancé cette tendance dès le début du XIXᵉ siècle. Les hybrides remontants ont tous été créés par des rosiéristes entre 1837 et 1900 et ont constitué la transition entre les roses anciennes et les roses modernes. Les Roses modernes Au XIXᵉ siècle, le croisement des rosiers de Chine, de Bourbon, Portland et Noisette permet la création des rosiers « modernes ». C’est en 1858 qu’a lieu, grâce à un passionné des roses, le pasteur Hole, la première exposition nationale des roses d’Angleterre. C’est l’époque où les hybrides perpétuels remontants connaissent en France un grand succès, avec notamment les créations du rosiériste lyonnais Jean Liabaud. En 1867, la création de ‘La France’, par Jean-Baptiste Guillot, le premier buisson à grandes fleurs ou « hybride de thé » (dérivée des roses importées de Chine avec les cargaisons de thé) marque le début des « roses modernes » que sont les rosiers « à grandes fleurs », les « floribunda » (issu de Rosa multiflora, rosier liane rapporté du Japon au XVIIIᵉ siècle) et les « rosiers anglais ». Elle ouvre la voie à une floraison allant du printemps jusqu’aux premières gelées et aussi permit aussi aux rosiéristes de commencer à varier les couleurs. Le XXᵉ siècle voit la gloire des rosiers buissons à grandes fleurs avec les créations de Georges Delbard, de Meilland (Peace ou ‘Madame Meilland’), de Griffith Buck. Puis dans les années 1960, David Austin, en croisant les galliques (notamment ‘Belle Isis’) et les Damas à des roses modernes, crée les « rosiers anglais » qui allient les formes des roses anciennes (très doubles, en forme de coupe ou de rosette) à la « floribondité » des roses modernes. La première qu’il obtient est ‘Constance Spry’ en 1961. Les roses anglaises sont le plus souvent parfumées, fleurissent longtemps dans une large gamme de couleurs et font de bonnes fleurs à couper. Entrées similaires: Une histoire de la rose Les roses de Joséphine Les monuments men [...] Lire la suite…
26 mars 2023Parallèlement ou complémentairement au prétendant au trône d’Araucanie et de Patagonie, en 1981, l’écrivain et explorateur français, Jean Raspail se proclama « consul général de Patagonie », ultime représentant du royaume d’Orélie-Antoine Ier. Auteur de romans reconnu, qui portent principalement sur des personnages historiques, des explorations et des peuples autochtones, et dont plusieurs évoquent la Patagonie, à travers l’histoire de la véritable revendication du royaume d’Araucanie et de Patagonie par Orélie-Antoine de Tounens. Il est d’ailleurs lauréat du Grand prix du roman de l’Académie française pour « Moi, Antoine de Tounens, roi de Patagonie », publié en 1981. De cette œuvre romanesque est né un royaume imaginaire, une « patrie de rechange », qui a son drapeau (bleu, blanc et vert) et son hymne national. Selon Jean Raspail, c’est « une seconde patrie, la patrie refuge de ceux qui croient à la transcendance, à la nécessité d’exhausser ses pensées », il voit dans ce royaume imaginaire une terre de rêve et de liberté, une « patrie de rechange », dont nombre de ses lecteurs lui demanderont la nationalité. Aujourd’hui environ 5 000 personnes se revendique de l’esprit patagon et comme l’écrit Étienne de Montety dans son article du 09 avril 2015 : À la lecture de l’annuaire, on croirait entendre un vieux couplet de la Légion : « Y a des avocats, des médecins, des juges, des marquis, des roussins, d’anciens notaires… » On compte aussi dans cette confrérie des militaires et des ecclésiastiques, « gens de toutes sortes », aurait conclu Apollinaire. Le Service de documentation extérieure patagon a été placé sous l’autorité d’un contrôleur général de la police nationale. Le poste de consultant pour les affaires ferroviaires est occupé par un éminent dirigeant de la SNCF. Et celui de consultant aux affaires éditoriales par l’un des meilleurs professionnels de l’édition parisienne. On note aussi que la Chambre de commerce franco-patagonne est présidée par Michel-Édouard Leclerc et le Conservatoire royal d’art dramatique par Jean-Laurent Cochet. S’il y a des patagons dans toutes les sphères de la société française, il y en a aussi travers le monde. Il est à noter que le poète Jean-Marie Levet et l’écrivain Valery Larbaud furent naturalisés patagon à titre posthume à la discrétion du consul général, leurs œuvres ayant été considérées comme une magnifique illustration du Jeu du roi. Le raid sur les Minquiers En 2015, un article du Figaro, nous informe que : Des Patagons ont poussé plus loin l’engagement à la cause : en 1998, un commando de marins patagons hissa le drapeau aux trois couleurs sur l’archipel des Minquiers. Ils scellèrent une plaque pour officialiser la prise du rocher au nom de Sa Majesté Orélie Ier et s’emparèrent du drapeau britannique. Quelques jours plus tard, Jean Raspail se rendit en personne rue du Faubourg-Saint-Honoré, à l’ambassade du Royaume-Uni, pour le restituer. Le conseiller britannique qui le reçut lui demanda, interloqué, et vaguement inquiet : « Et qu’allez vous faire maintenant… » Le fait d’armes fut relaté par la presse internationale : Frankfurter, The Independant, etc. «Invaded», titra le Daily Mail, et la chroniqueuse du Daily Telegraph commença ainsi son papier : « The Iles Les Minquiers are ours again. » Toujours le même journal : Durant l’été 2012, un « hangar à dirigeables » situé à Écausseville (Manche) fut assailli à son tour par une escouade de Patagons qui établit la souveraineté du roi sur cette base. L’affaire fit les délices de la presse locale, exprimant à la fois la stupéfaction et l’amusement devant ces aventures iconoclastes. Le coup avait été fomenté par des membres de la Société patagonne d’assistance et de sauvetage en mer (Spasm). À leur tête, l’amiral Édouard Guillaud, accessoirement chef d’état-major des armées françaises en exercice. Commentant l’exploit de ses troupes, il déclara : « Nous, Patagons, sommes unis par l’amour des voyages et un grand sens de la dérision et de l’autodérision. La Patagonie est l’utopie parfaite qui permet de jeter un regard différent sur la réalité. » Bien que pour les Argentins et les Chiliens, cette curieuse suite donnée à cet « l’État fantôme » appartient davantage aux obsessions d’une certaine intelligentsia française qu’à la politique sud-américaine ; quoi qu’il en soit, le royaume de Patagonie a survécu à son roi et Antoine de Tounens a rejoint les héros de Conrad, Kipling, Lartéguy, Schoendoerffer, comme tous ceux qui « voulurent être roi ». Pourquoi un raid sur les Minquiers ? Les Minquiers (Mîntchièrs en normand de Jersey) sont un archipel normand situé au sud des îles Anglo-Normandes et qui fait partie du bailliage de Jersey. L’archipel est constitué d’un plateau granitique constellé d’une multitude d’écueils qui découvrent uniquement à marée basse et révèlent un chaos granitique. À marée haute, il ne subsiste qu’une seule île de moins de 1 km², appelée Maîtresse-Île, sur laquelle ont été bâties quelques maisons de pêcheur, mais elles sont inhabitées et servent seulement de refuge occasionnel. Inhabitables, les Minquiers comme le petit archipel voisin des Écréhou servirent de repaire pour les contrebandiers, notamment au XIXᵉ siècle, pour « y cacher pendant quelques semaines les denrées qu’ils cherchaient à introduire clandestinement en France ou à Jersey ». Selon les époques et les besoins, ils virent ainsi transiter des « Indiennes », des draperies, de la laine, du plomb, de l’étain et du tabac (tous produits dits de « commerce libre », alimenté par les cargaisons ramenées par les corsaires depuis 1689). Le litige entre la France et l’Angleterre Du début du XIIIᵉ siècle jusqu’au milieu du XXᵉ siècle, la France et l’Angleterre entretenir un conflit à propos de la souveraineté des Minquiers et des Écréhou. Les origines du conflit En 933, ce que nous appelons aujourd’hui les îles Anglo-Normandes furent annexés au duché de Normandie. Après Guillaume le Conquérant et la conquête de l’Angleterre en 1066, les Écrehou firent partie de l’ensemble anglo-normand. Le duché reconquit par le roi de France Philippe Auguste en 1204, les îles ne furent apparemment pas réclamées lors de l’annexion du duché, bien qu’en 1259, le roi Henri III d’Angleterre rendit pourtant un hommage au roi de France Saint-Louis pour les îles normandes, dont les Minquiers et les Écréhou. Les droits de pêches Au XIXᵉ siècle, alors que les Conventions sur la pêche se succédaient et modifiaient sans cesse les limites des eaux territoriales, de nombreux conflits survinrent entre les autorités britanniques et les pêcheurs français. En juin 1939, un groupe de pêcheurs français des îles Chausey, emmené par le peintre de la marine Marin-Marie, débarqua aux Minquiers sur la Maîtresse-île pour affirmer la souveraineté française sur l’archipel. Après cet incident diplomatique, qui faisait suite à des conflits réguliers entre pêcheurs chausiais et jersiais, la France et le Royaume-Uni décidèrent en 1950 de régler le litige sur une base strictement juridique et déposèrent une demande d’arbitrage auprès de la Cour internationale de justice (CIJ) de La Haye. Le jugement Au préalable, la question des droits de pêche avait été réglée séparément ; elle fait encore aujourd’hui l’objet d’un accord commercial entre les parties. Le Royaume-Uni basait ses prétentions territoriales sur la conquête de l’Angleterre par le duc de Normandie en 1066, ce qui constituait un lien historique entre le royaume d’Angleterre et le duché dont dépendaient les Minquiers et les Écréhou. La France, quant à elle, se basait sur la reconquête de la Normandie par le roi de France en 1204. Mais cette dernière n’avait concerné que la partie continentale du duché et la mention des deux archipels ne put être trouvée dans aucun des traités portés au dossier français (traité de Paris de 1259, traité de Calais de 1360, traité de Troyes de 1420). Finalement, la décision de la Cour internationale de justice (CIJ) de La Haye fut rendue en 1953, elle donnait tort, à l’unanimité, à la France. La Patagonie Septentrionale En 1984, l’écrivain français Jean Raspail, auteur des mémoires d’Orélie-Antoine de Tounens, débarqua aux Minquiers pour y faire flotter le drapeau du royaume de Patagonie, dont Antoine de Tounens (1825-1878) avait été le premier roi. Les Minquiers furent alors rebaptisées, pour une journée, Patagonie Septentrionale, et la Maîtresse-Île : Port-Tounens. Cet épisode, qui faisait suite à la demande ironique de l’écrivain faite au Royaume-Uni d’évacuer les îles Malouines (îles Falkland), il expliquait que l’invasion des Minquiers était une riposte à l’« occupation » britannique des îles Malouines, dans l’océan Atlantique Sud, et justifiait « Comme les Malouines appartenaient symboliquement au roi de Patagonie, la Patagonie occupe les Minquiers puisque les Britanniques occupent les Malouines ». Cette péripétie provoqua un petit incident diplomatique avec la France, toutefois sans conséquence puisqu’elle continuait à reconnaître la souveraineté britannique sur ces îles. Cette revendication était aussi un clin d’œil à la récente actualité de l’époque, car les îles Malouines, ou Falklands, furent l’objet deux années plus tôt d’un conflit armé entre le Royaume-Uni et l’Argentine à propos de la souveraineté sur les îles, où celles-ci furent envahies par les troupes argentines et reprisent rapidement par les troupes britanniques, durant ce que l’on a appelé la guerre des Malouines (2 avril au 14 juin 1982). Le geste fut renouvelé en 1998, 2012, 2014, 2016, et de nouveau, du 22 au 24 octobre 2019, le pavillon patagon flotta sur l’archipel, et les portes des toilettes furent repeintes aux couleurs patagones. Passées relativement inaperçues en France, ces expéditions eurent en revanche un fort écho en Angleterre, où elles firent la une des journaux. La lettre de port Tounens le BLAP = Bulletin de Liaison des Amitiés Patagones aussi appelé le Moniteur de Port-Tounens. Ce bulletin est édité par la Chancellerie du Consulat général de Patagonie. Il est aussi l’unique lien entre le Consulat et plus particulièrement le Consul, qu’était Jean Raspail (1925 – 2020), et les Patagons qui se l’arrachent. Sa rubrique la plus intéressante est bien sûr l’annuaire diplomatique et consulaire (je n’invente rien). Encore plus chic que le botin mondain, plus sélectif que le Who’s Who, il recense, par départements, tous les Patagons naturalisés et en règle avec la Chancellerie… Une étude approfondie révèle quelques surprises ! Entrées similaires: La Patagonie (1/2) La milanesa sud américaine (3/4) [...] Lire la suite…
26 mars 2023Plus qu’un royaume, un pays de fantaisie La Patagonie, également appelée « Le Grand Sud », désigne la partie méridionale de l’Amérique du Sud, comprenant principalement le sud de l’Argentine et le sud du Chili, pour une superficie d’environ 1 000 000 km². Traversé par la cordillère des Andes, elle abrite des paysages contrastés de montagnes, de glaciers, de pampa, de forêts subpolaires, de littoraux, d’îles et d’archipels. Avec une densité de population de 3,8 habitants par km², la Patagonie est une des régions les moins peuplées au monde. Ses terres sont exploitées pour l’élevage de bétail et convoitées pour leurs ressources naturelles importantes. Elle est habitée depuis plus de dix mille ans par des populations aborigènes (peuples précolombiens) tels que les Mapuches et ont été décrites pour la première fois par un compagnon de voyage de Fernand de Magellan, l’Italien Antonio Pigafetta dans son récit publié en 1525. La terre des géants L’étymologie du mot « Patagonie » a fait l’objet de nombreuses recherches et controverses. Le seul témoignage provient d’Antonio Pigafetta, un des 18 survivants de l’expédition de Magellan autour du monde. Au début de l’année 1520, il y décrit la rencontre avec un « géant » qui « était tant grand que le plus grand de nous ne lui venait qu’à la ceinture » et précise plus loin « le capitaine appela cette manière de gens Pataghoni ». Et comme il ne donne pas l’origine de ce mot, des interprétations se sont développées autour de l’idée de « grands pieds » d’où la « Terre des Grands Pieds » construite avec Pata (pied en espagnol), ou aussi dans des interprétations plus péjoratives, les Amérindiens vus comme des incultes et des rustres, avec patán en espagnol, patão en portugais et « pataud » en français. L’hypothèse aujourd’hui généralement retenue fait venir le mot « patagon » du personnage fantastique appelé « Patagón », une créature sauvage qu’affronte Primaleón en Grèce dans un roman de chevalerie publié en 1512 par Francisco Vázquez. Cette littérature très en vogue à l’époque était sans doute connue de Magellan et de Pigafetta. Les cartes marines du Nouveau Monde ajoutaient parfois la légende regio gigantum (« région des géants » en latin) pour la région de Patagonie. Cette croyance en une terre peuplée de géants (jusqu’à 3 m de hauteur) était entretenue entre autres par les dires du corsaire anglais Francis Drake (1540 – 1596) et fut ravivée en 1767 par la publication d’un récit de voyage du commandant John Byron. En 1773, l’écrivain John Hawkesworth publia pour le compte de l’amirauté britannique un abrégé des descriptions de l’hémisphère sud dans les journaux de bord des explorateurs. Il y estime que l’expédition de Byron avait rencontré des Amérindiens pas plus grands que 2 m, certes plus grands que la moyenne européenne de l’époque, mais en aucun cas des « géants ». En 1840, des illustrations caricaturales de Patagons près du détroit de Magellan, de l’explorateur français Jules Dumont d’Urville confirmaient encore les observations initiales de Pigafetta, mais le mythe des Géants Patagons devait toutefois s’estomper. L’histoire de la Patagonie jusqu’au XIXᵉ siècle Depuis le XVIᵉ siècle, l’histoire de la Patagonie est intimement liée à l’histoire générale de l’Argentine et à celle du Chili. Début de la colonisation, de l’évangélisation et des explorations En 1535, les conquistadores espagnols tentent de conquérir le territoire de la vallée du Chili en combattant les Incas. Le conquistador espagnol Pedro de Valdivia en 1536 fonde une série de villages dont « Santiago del Nuevo Extremo », (l’actuelle capitale du Chili). Il poursuit sa campagne militaire contre les Amérindiens Mapuches. Ainsi commence un long conflit qui se nomme la guerre d’Arauco. Pedro de Valdivia meurt en 1553 à la suite d’une insurrection des Mapuches. Le 23 février 1554, les troupes du célèbre chef Mapuches Lautaro battent l’armée espagnole lors de la bataille de Marihueñu. Les Mapuches poussent leur avantage en détruisant la ville de Concepcion, et la plupart des positions espagnoles d’Araucanie. Les principales invasions des Amérindiens du sud du Chili interviennent de 1598 à 1655 et les affrontements vont durer jusqu’au XIXᵉ siècle. Dans la seconde moitié du XVIIᵉ siècle, la région est parcourue par des missionnaires catholiques, en particulier des membres de la Compagnie de Jésus (jésuites), venus évangéliser les Amérindiens et fondent des missions. Du XVIᵉ au XIXᵉ siècle, la Patagonie vit passer des navigateurs et explorateurs célèbres dont : Francis Drake, Thomas Cavendish, John Davis, découvreur des Malouines, John Byron, Louis Antoine de Bougainville, James Cook, Jean-François de La Pérouse… La guerre d’Arauco La guerre d’Arauco est un long conflit entre les colons espagnols et le peuple Mapuche de la région d’Araucanie au Chili dont il est difficile de dater la fin du conflit. Après 1609, chaque gouverneur du Chili a engagé des discussions avec les chefs Mapuches pour maintenir la paix entre les parties, mais les violations des différents traités étaient fréquentes. Plus tard, la république chilienne a hérité de ce conflit larvé jusqu’à la fin de la résistance mapuche qui s’est effondrée avec l’occupation de l’Araucanie (1861-1883). Elle est considérée comme l’une des guerres les plus longues de l’histoire (1536 – 1810). Le royaume d’Auraucanie et de Patagonie Delà commence une histoire parallèle, parfois appelé Royaume de Nouvelle-France, le royaume d’Auraucanie et de Patagonie est un royaume éphémère fondé en Araucanie et Patagonie (territoires du Chili et de l’Argentine depuis 1902) par deux ordonnances du 17 novembre 1860 et du 20 novembre 1860 signées sous le nom Orélie-Antoine Ier par un Français, Antoine de Tounens (1825-1878), ancien avoué à Périgueux, proclamé ou autoproclamé roi lors d’assemblées de Mapuches du 25 au 30 décembre 1860. En janvier 1862, Antoine de Tounens est arrêté par les autorités chiliennes, jugé fou par la cour suprême de Santiago et expulsé vers la France, non sans avoir promis au Mapuches des livraisons d’armes. Craintes d’une intervention française Un aviso français, le D’Entrecasteaux, a jeté l’ancre en 1870 dans le port maritime de la ville de Corral au Chili (Aurocanie historique), et a attiré des soupçons de Cornelio Saavedra Rodríguez sur une forme éventuelle d’ingérence française. La presse chilienne s’empare de l’affaire en considérant que les actions d’Antoine de Tounens pouvaient servir de précédent à une intervention en Amérique du Sud de Napoléon III, semblable à celle menée au Mexique (8 décembre 1861 – 21 juin 1867) en soutien à Maximilien de Habsbourg. Selon certaines informations, une cargaison d’armes commandée par Orélie-Antoine de Tounens aurait été saisie par les autorités argentines à Buenos Aires en 1871. Il est possible que ces craintes aient été fondées puisqu’en 1870 des informations ont été données au député chilien Abdón Cifuentes sur une intervention française en faveur du Royaume d’Araucanie et de Patagonie et discutées au Conseil d’État de Napoléon III. Un royaume de fantaisie Cinq ans avant la mort d’Antoine de Tounens, à la suite d’une plainte de sa part envers le journal « Le Droit » pour diffamation, le tribunal correctionnel de Paris avait jugé le 27 août 1873 qu’Antoine de Tounens ne justifiait pas de sa qualité de souverain. Après des années de luttes et trois tentatives de retour en Araucanie afin de reconquérir son royaume, il meurt le 17 septembre 1878 dans la misère, célibataire et sans enfants, à Tourtoirac en Dordogne. En 1882, trois ans et demi après la mort d’Antoine de Tounens, Achille Laviarde (1841-1902), son ancien secrétaire, fait état d’un testament cryptographique d’Antoine de Tounens en sa faveur, et dont le texte est publié en 1888, par lequel Antoine de Tounens l’a désigné comme son héritier et successeur au trône d’Araucanie et de Patagonie. Achille Laviarde fait signer le 26 mars 1882 un acte de renonciation à l’héritier naturel, Adrien de Tounens, boucher à Tourtoirac. Achille Laviarde se déclare en mars 1882 successeur d’Antoine de Tounens sous le nom d’Achille Ier, roi d’Araucanie et de Patagonie. Depuis la succession revendiquée en mars 1882 par Achille Laviarde, qualifié parfois de « souverain de fantaisie », différents français se sont succédé comme prétendants au trône du Royaume d’Araucanie et de Patagonie, micronation sans existence officielle, parfois qualifié de « royaume imaginaire » ou de « royaume d’opérette ». Les prétendants au trône d’Araucanie et de Patagonie Après Antoine de Tounens sont : Achille Laviarde (1841-1902), sous le nom d’Achille 1er, du 26 mars 1882 à 1902 ; Antoine-Hippolyte Cros (1833-1903), sous le nom d’Antoine II (en espagnol : Antonio II), de 1902 à 1903 ; Laure-Thérèse Cros, épouse Bernard (1856-1916), sous le nom de Laure-Thérèse Ire (en espagnol : Laura Teresa I), de 1903 à 1916 ; Jacques-Antoine Bernard (1880-1952), sous le nom d’Antoine III (en espagnol : Antonio III), de 1916 à 1951 ; Philippe Boiry (1927-2014), sous le nom de Philippe Ier (en espagnol : Felipe Ier ), de 1951 à 2014 ; Jean-Michel Parasiliti di Para (1942-2017), sous le nom d’Antoine IV (en espagnol : Antonio IV), de 2014 à 2018 ; Après la mort d’AntoineVI, le « Conseil de régence » d’Araucanie-Patagonie élit l’héraldiste français Frédéric Luz comme prince d’Araucanie. L’élection a eu lieu le 24 mars 2018 à Paris. Quinze conseillers, dont quatre Mapuche, ont participé aux élections. Malgré cela, un conflit survient alors quant à la succession, qui oppose : Frédéric Luz (1964), sous le nom de Frédéric Ier (en espagnol : Federico Ier) à Stanislas 1er (Stanislas Parvulesco), prétendant depuis 2014, auquel s’ajoute en 2018 « François de La Garde » (pseudonyme). Chacun se considérant comme le roi légitime. Décorations du royaume d’Araucanie Antoine de Tounens crée, lors de son second voyage, puis à son retour en France, les ordres de chevalerie de la Couronne d’acier (1869) et de l’Étoile du Sud (1872), ainsi que la médaille d’une association libre, la Société royale de la Constellation du Sud (1875). Selon certaines sources, il n’en tire aucun revenu et d’autres les négocieront à sa place, selon d’autres sources, il proposera contre finances de devenir grands-croix, grands officiers, commandeurs, officiers ou chevaliers de l’ordre de la Couronne d’acier. Ils sont qualifiés par la Chambre des députés d’ordres de fantaisie et par l’association nationale des membres de l’ordre national du Mérite d’ordres illégitimes. Ordre royal de la Couronne d’acier L’ordre royal de la Couronne d’acier, créé par Antoine de Tounens en décembre 1869, comprend les grades de grands-croix, grands officiers, commandeurs, officiers ou chevaliers qu’il propose aux amateurs contre finances. Ordre royal noble de l’Étoile du Sud L’ordre royal noble de l’Étoile du Sud créé par Antoine de Tounens le 24 juin 1872 comprend les grades de grands-croix, grands officiers et officiers. Les titulaires jouissent notamment à la cour du royaume d’Araucanie et Patagonie « du titre de patriciens de la Nouvelle France » et de « l’assimilation aux grades d’officiers supérieurs de l’armée ». Société royale de la Constellation du Sud La société royale de la constellation du sud est fondée par Antoine de Tounens le 8 septembre 1875. Il s’agit d’une association libre sous la protection et à la gloire de Dieu et sous le haut patronage perpétuel du roi d’Araucanie et de Patagonie. Son but premier est « d’introduire parmi les Mapuches de l’extrême sud du continent américain le christianisme, les sciences, les arts et métiers, le commerce, l’agriculture et tous les éléments de la civilisation ». Le signe distinctif de ses membres est « une médaille formée par une croix de forme grecque cantonnée par les étoiles de la constellation du Sud le tout surmonté par la couronne royale ». Modifiée avec des nouveaux statuts par Achille Laviarde en Ordre des Décorés et des Médaillés de la Constellation du Sud qui le distribue moyennant finance, l’ordre prend ensuite le nom de Société des Médaillés de la Constellation du Sud et continue sous le nom d’Ordre royal de la Constellation du Sud jusqu’en 1958. Dominique Auzias et Jean-Paul Labourdette citent dans leur ouvrage Patagonie : « Ses trois premiers présidents sont Antoine de Tounens, puis Achille Laviarde et enfin Antoine-Hippolyte Cros, les « rois de Patagonie et d’Araucanie ». Viennent ensuite Georges Sénéchal de la Grange, Gaston Dugniolles de Montnoir (1904-1907), Alphonse O’Kelly de Galway, (archiviste, mort en 1916), de Gaugler (mort en 1917), Louis Druel (mort en 1933), Isidore-Louis Dulong (jusqu’en 1945), puis Louis-François Girardot. Cette société incarne la continuité des institutions en se consacrant au souvenir et à la philanthropie ; elle est encore active au lendemain de la Seconde Guerre mondiale ». À la disparition de Louis-François Girardot, Philippe Boiry change son nom en Légion des Médaillés de la Constellation du Sud. Auspice Stella Au-delà du royaume, l’association « Auspice Stella – Souvenir franco-araucanien », dont le siège se trouve à Tourtoirac en Dordogne, célèbre le souvenir d’Antoine de Tounens et participe à la défense des droits des Mapuches à l’ONU. Créée le 30 septembre 1965 à Paris, son siège social est transféré à La Mairie 24 390 Tourtoirac, sous le nom « Auspice Stella – Souvenir franco-araucanien », par déclaration du 18 juin 2015 à la préfecture de la Dordogne. Toujours selon la même déclaration, son objet est de : « Soutenir les efforts du peuple Mapuche dans sa lutte pour son autonomie et son autodétermination et de garder vivante la mémoire du royaume d’Araucanie et de Patagonie et de son fondateur Oréllie-Antoine ». Depuis le 1er août 2013, l’association Auspice Stella a obtenu le statut consultatif spécial accordé par le Conseil économique et social des Nations unies aux organisations non gouvernementales. Depuis, Auspice Stella intervient régulièrement pour défendre la cause des Mapuches auprès du Conseil des droits de l’homme à l’ONU. L’ONG Auspice Stella procède à du lobbying et aide matériellement les Mapuches pour qu’il soit mis fin à la répression violente dont ils font l’objet. Entrées similaires: Le consul général de Patagonie (2/2) La milanesa sud américaine (3/4) [...] Lire la suite…
19 mars 2023La spoliation d’œuvres d’art par le régime nazi Dès son arrivée au pouvoir en Allemagne, le parti National Socialiste (NSDAP) met en place une politique de spoliation des biens des Juifs, mais aussi de tous ceux qui étaient considérés comme ennemis de l’État (Francs-maçons, communistes, homosexuels…). Cette politique de spoliation sera étendue à l’ensemble des pays occupés par le IIIᵉ Reich. La Seconde Guerre mondiale a été pour les nazis l’occasion de piller dans l’Europe entière tant les collections privées que publiques comme les musées, des listes ayant été établies au préalable pour chaque pays. Certains États ou particuliers prennent des mesures pour évacuer leurs chefs-d’œuvre avant l’invasion des forces de l’Axe, comme ce fut le cas pour le musée du Louvre. En 1945, le capitaine Walter Farmer considéra que 20 % de l’art en Europe fut pillé par les nazis et que 100 000 pièces ne furent pas retournées à leur propriétaire. Le recensement du nombre d’œuvres d’art spoliées est difficile et varie selon les sources entre 100 000 et 400 000, car avec la chute de Berlin, les Soviétiques, en guise d’indemnité de guerre, organisent le pillage systématique de l’Allemagne occupée et des anciens territoires de l’Est de l’Allemagne. Les nombreuses destructions de patrimoine au cours de ce conflit (à titre d’exemple, on estime que 43 % de l’héritage culturel polonais fut détruit) sont à l’origine de la Convention pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé signée en 1954. Le « Kunstschutz » Durant la seconde guerre mondiale, les Allemands justifient ces pillages par le « Kunstschutz », principe de préservation du patrimoine artistique pendant les conflits armés dans le but de protéger l’art de l’ennemi (comme cela avait été déjà le cas lors du premier conflit mondial) mais aussi dans le but de constituer des collections pour le projet de musée allemand gigantesque, le « Führermuseum ». Le concept du « Kunstschutz » (Protection de l’art) fut créé à la suite de l’incendie de la bibliothèque de Louvain (Belgique) et du bombardement de la cathédrale de Reims (France) lors de l’invasion allemande en 1914. Ces destructions ayant entraîné un vif émoi au sein de la communauté internationale où les autorités allemandes furent accusées d’avoir commis des « atrocités culturelles » et des actes de « barbarie ». L’Allemagne fut mise en cause pour non-respect des conventions internationales de La Haye sur les lois et les coutumes de la guerre sur terre qui avaient intégré, en 1899 et 1907, le principe de la protection des biens culturels. Par réaction, les autorités allemandes instaurent à l’automne 1914 le « Kunstschutz », qui a pour objectif de « protéger l’art de l’ennemi » en créant un service de protection des œuvres d’art au sein des armées, d’abord en Belgique occupée, puis en 1916 dans le nord de la France et ainsi de se racheter aux yeux des instances internationales dans le but de redorer son image de « pays de la culture par excellence ». Si en Belgique les historiens d’art allemands se consacrèrent à l’inventorisation des œuvres d’art, en France, en revanche, la mise en place du « Kunstschutz » fut plus liée à un projet de confiscation stratégique, en vue des négociations de paix. L’un des instigateurs du concept du « Kunstschutz » fut Paul Clemen, historien de l’art à l’Université de Bonn et inspecteur des monuments de la Rhénanie et qui fut à la tête de la commission artistique des forces d’occupation allemande en Belgique. Durant le second conflit mondial, le concept du « Kunstschutz » fut remis en place dans certains pays occupés (en France et en Belgique, puis en Grèce, en Serbie et en Italie), car il donnait aux autorités du IIIᵉ Reich une image altruiste lui permettant de masquer les spoliations. En France occupée De 1940 à 1942, le responsable, à Paris, de la mise en œuvre du Kunstschutz au sein de la Wehrmacht est le comte Franz von Wolff-Metternich zur Gracht. Celui-ci, diplômé de l’université de Bonn en histoire de l’art, est un élève de Paul Clemen. Bien qu’il ne soit pas membre du NSDAP, il est nommé par Adolphe Hitler pour superviser les collections d’art de la France. Il fut relevé de son poste en 1942, pour avoir contrevenu aux ordres, en fermant les yeux sur les activités de Jacques Jaujard (directeur des Musées nationaux) qui tentait de préserver du pillage les collections nationales françaises. Il reçoit la Légion d’honneur en 1952 des mains du général de Gaulle sur recommandation de Jacques Jaujard pour avoir permis la protection de nombreuses œuvres du Louvre durant l’occupation. À partir de janvier 1942, le pillage s’intensifie et se porte sur les habitations et les appartements abandonnés par les Juifs, les évadés ou les déportés. Il est organisé par de petites équipes comme en France, en Belgique et aux Pays-Bas dans le cadre de la « Möbelaktion ». Tous les appartements ont été entièrement vidés de leur contenu : vêtements, meubles, ustensiles de ménage, vaisselle, linge de maison, photos, papiers personnels (certificats, polices d’assurance…), les objets sans valeur étant brûlés, rien n’étant épargné. Initialement mis à la disposition des administrations des territoires de l’Est occupé, ces biens spoliés sont proposés à la vente aux victimes des bombardements alliés en Allemagne. Les livres quant à eux servent à alimenter la bibliothèque de l’École supérieure du NSDAP. De plus, la législation du régime de Vichy allait d’ailleurs dans le même sens, car elle prévoyait que les œuvres d’art prises aux Juifs seraient vendus « au profit de l’utilité publique ». L’Einsatzstab Reichsleiter Rosenberg (ERR) Créée en 1933 et dirigée par l’un des théoriciens du nazisme Alfred Rosenberg 1893-1946 (qui devient en 1941 ministre des Territoires occupés de l’Est), l’Einsatzstab Reichsleiter Rosenberg (Équipe d’intervention du Reichsleiter Rosenberg) était une section du bureau de politique étrangère du NSDAP en charge des spoliations. Sur un ordre d’Adolf Hitler datant du 5 juillet 1940, l’ERR est autorisé à confisquer dans les pays envahis à confisquer : Dans les bibliothèques d’État et les archives des manuscrits précieux pour l’Allemagne ; Les greffes des autorités ecclésiastiques et des loges maçonniques ; Tous les autres biens culturels de valeur appartenant à des juifs. À partir de 1941, l’ERR a créé de nombreuses antennes en Europe de l’Est. Elle était en concurrence avec d’autres institutions nazies, notamment le « Sonderkommando Künsberg » et la « Communauté de recherche et d’enseignement Ahnenerbe » sous la tutelle de Heinrich Himmler. Les trois organisations s’occupaient en collaboration avec la Wehrmacht et la SS de détecter, de classer et d’évacuer (ou de détruire) des œuvres d’art et des archives. L’ERR en France Dès le début de l’occupation, l’ambassade d’Allemagne à Paris, et son représentant, Otto Abetz, sous prétexte de « mise en sécurité », organise des saisies importantes. En septembre 1940, la responsabilité de la mise en sécurité des œuvres est confiée à l’ERR. L’ERR s’établit à Paris en juillet 1940, d’abord à l’hôtel Commodore (12, boulevard Haussmann) puis 54, avenue d’Iéna. Il est dirigé par le baron Kurt von Behr (1890-1945) assisté de Bruno Lohse (1911-2007). Les grandes collections détenues par des juifs comme celles de Paul Rosenberg, des Rothschild, ou encore des David-Weill ont été pillées. Des objets d’art ont été confisqués dans plus de cinquante lieux différents et exposés lors de sept expositions au musée du Jeu de Paume, qu’ils utilisent comme dépôt central avant d’orienter les œuvres vers différentes destinations en Allemagne. L’objectif étant de montrer à Alfred Rosenberg et Hermann Göring, avec lequel l’ERR collabore étroitement à Paris, une vue d’ensemble des objets précieux confisqués. Mi-1941, le travail de l’ERR en France était pratiquement achevé. Selon un rapport de travail, 203 collectes avaient concerné 21 903 objets. Rose Valland, attachée de conservation au Musée du Jeu de Paume, a fait l’inventaire détaillé des œuvres transférées et de leur déplacement de 1940 à 1944. Une grande partie de ce butin de guerre est transférée à la fin de la guerre dans trois mines près de Salzburg, la plus connue étant la mine de sel d’Altaussee avec plus de 2 000 pièces. The Monuments, Fine Arts, and Archives program George Leslie Stout, conservateur d’art et directeur de musée, persuade le commandement militaire allié et le président des États-Unis, Franklin Delano Roosevelt, de créer la « Commission américaine pour la protection et le sauvetage des monuments artistiques et historiques en zone de guerre ». Cet organisme américain est créé le 23 juin 1943 par le général Eisenhower, sous le nom de « Monuments, Fine Arts, and Archives program », (« programme de l’art, des monuments et des archives »), connue également sous le nom de la Commission Roberts grâce à son directeur Owen Josephus Roberts et communément surnommé les « Monuments Men ». Les monuments men Bien que le « Monuments, Fine Arts, and Archives program » soit une commission américaine, elle est composée d’environ 350 hommes et femmes originaires de 13 nations différentes : Belges, Néerlandais, Britannique, Polonais, Néo-zélandais, Norvégiens, Américains et Français. Les « Monuments Men » fournissent aux troupes américaines et alliées des informations sur le patrimoine culturel et les zones d’interventions. Ils protègent les œuvres en zone de combat, mais sont aussi chargés de rechercher les œuvres disparues et d’établir des inventaires pour pouvoir les restituer à leurs propriétaires. Les membres constituant les « Monuments Men », sont recrutés parmi les militaires ou les universitaires ayant une formation de conservateur de musée, d’historien de l’art, d’architecte, d’archiviste ou d’artiste et sont initialement chargés de préserver des combats, les églises, musées et monuments nationaux au cours de la progression des Alliés puis, à la fin de la guerre de retrouver les biens pillés par le IIIᵉ Reich et de les expertiser. Les spoliations ont été évaluées à plus de cinq millions de tableaux, sculptures, livres… et dont certaines pièces n’ont jamais été retrouvées. Parmi les membres engagés auprès des « Monuments Men » on recense un certain nombre de Français dont : Bernard Druène : militaire et historien français. Michel François : archiviste, paléographe et historien français. Jacques Jaujard : haut fonctionnaire français de l’administration des Beaux-Arts. Rose Valland : historienne d’art, une résistante et une capitaine de l’armée française. Jacques Jaujard, illustre et inconnu Haut fonctionnaire de l’administration des Beaux-Arts, ayant veillé par le passé à l’évacuation des collections du musée du Prado, durant la guerre d’Espagne, Jacques Jaujard ne croit pas aux Accords de Munich signés en 1938. Alors, en secret, il imagine un plan d’évacuation des collections des musées nationaux, en y incluant les vitraux des cathédrales dont celles de Strasbourg, Chartres, Rouen et Amiens. Si son travail au niveau national est mal documenté, on en connaît plus sur celui qu’il entreprit au Louvre où dès 1938 il teste un plan d’évacuation du Musée. Le 25 août 1939, il fait fermer le Louvre, c’est-à-dire dix jours avant la déclaration de guerre par la France à l’Allemagne, où il entreprend avec ses équipes de déménager les œuvres les plus importantes en Province, loin de la ligne de front. Dès la première soirée, 800 toiles sont retirées des cadres, dans les deux jours qui suivent, 200 personnes emballent minutieusement 4 000 Œuvres (peintures, livres, archives, antiquités grecques et romaines, dessins, les tapisseries, les meubles). Plus de 200 véhicules sont nécessaires pour le déménagement du Louvre dont le dernier chef-d’œuvre sera évacué le 3 septembre 1939, le jour même de la déclaration de guerre. En juin-juillet 1940, il organise et surveille le transport des œuvres qui avaient été cachées en 1939 au Château de Chambord vers des lieux divers de la zone libre, et ce, malgré les ordres contraires donnés par le régime de Vichy. Le 16 août 1940, il reçoit l’officier allemand Franz von Wolff-Metternich en charge du « Kunstschutz » et de prendre le contrôle des chefs-d’œuvre français. Il trouvera en ce dernier un appui imprévu. Pendant l’Occupation, il reste à Paris, où il tente sans succès de faire accepter aux Allemands l’établissement d’un inventaire des œuvres en partance. L’action de Jacques Jaujard ne s’est pas réduite à assurer la protection continue des œuvres du Louvre. Il contribue à la sauvegarde des collections d’art publiques et privées, et encourage l’action de Rose Valland au musée du Jeu de Paume. Membre du réseau NPA (Noyautage Administration Publiques), il rencontre de l’actrice Jeanne Boitel envoyée par la Résistance, qui répertorie les œuvres séquestrées par les Allemands et pour discuter du sort des œuvres qu’il a dissimulés. Grâce à leurs actions, les alliés savent où se trouvent les châteaux dans lesquels sont stockées les œuvres d’art afin d’éviter de les bombarder. Jeanne Boitel Véritable star des années 1930, elle refusa de tourner sous l’occupation et se distingua dans la Résistance sous le nom de « Mozart ». Pseudonyme qu’elle aurait choisi, en souvenir du Mozart de Reynaldo Hahn qu’elle avait joué en Amérique du Sud en 1939. Elle est recrutée avec huit autres comédiennes (surnommées les neuf « muses ») par Henri Rollan (Bach dans la Résistance), acteur de renom à la Comédie-Française et à l’Odéon, pour constituer un réseau discret. Ce réseau était en charge de l’hébergement parisien et du secrétariat des envoyés de Londres, parmi lesquels les plus grandes figures de la Résistance, de Jean Moulin à Pierre Brossolette. Jeanne Boitel a été envoyée auprès de Jacques Jaujard pour inventorier et discuter du sort des œuvres qu’il avait dissimulées. Ils tombent amoureux et se marieront après la guerre, après le divorce de Jaujard. Femme d’un grand sang-froid, Jeanne Boitel transportait tous les jours dans une serviette des documents secrets de la Résistance et avait déclaré : « C’était une volupté de me trouver dans le métro, avec cette serviette, serrée contre les Allemands ». Son courage lui a valu d’être décorée de la Croix de Guerre, de la Rosette de la Résistance et de la Légion d’Honneur. À partir de 1944, avec l’aide du service américain Monuments, Fine Arts, and Archives program, Jacques Jaujard commence la récupération des œuvres cachées depuis 1939 dans toute la France, et même en Europe pour ce qui est des œuvres volées aux Juifs français. Les collections publiques mettront près de 4 ans pour regagner les musées qu’elles avaient dû quitter. En octobre 1944, à la Libération, il est nommé directeur général des Beaux-Arts, puis, en décembre, directeur général des Arts et des Lettres. Il réforme les théâtres nationaux, crée la Caisse nationale des lettres et les centres dramatiques de province. En juillet 1959, à la création du Ministère d’État chargé des Affaires culturelles confié à André Malraux, Jaujard en devient le secrétaire général. Il a pour mission de coordonner les différents services placés sous l’autorité du ministre : Arts et Lettres, Théâtres nationaux, Monuments historiques, Cinémas, Propagande touristique, Éducation populaire. Rose Valland, une héroïne si discrète Rose Valland (1898 −1980), est une conservatrice de musée et une résistante française, qui a joué un rôle décisif dans le sauvetage et la récupération de plus de 60 000 œuvres d’art et objets divers spoliés par les nazis aux institutions publiques et aux familles juives pendant l’Occupation. À partir du 30 octobre 1940, à la demande du directeur des Musées nationaux, Jacques Jaujard, elle demeure en activité au Musée de Jeu de Paume, officiellement comme attachée de conservation, officieusement chargée de lui rendre compte des agissements des Allemands qui viennent de réquisitionner le musée pour y stocker les œuvres d’art spoliées à des collectionneurs privés. Pendant quatre ans, elle garde la trace des mouvements, de la provenance et de la destination des œuvres. Elle rédige des dizaines de fiches de manière scrupuleuse, déchiffre les papiers carbone allemands dans les poubelles du musée, écoute les conversations des officiels nazis. Elle dresse alors un inventaire précis des œuvres qui transitent par le musée et essaye de connaître leurs destinations (en tête de liste, Hitler et son musée Führermuseum ainsi que la collection personnelle d’Hermann Göring), les noms des personnes responsables des transferts, ainsi que le numéro des convois et des transporteurs. Elle fournit des informations essentielles à la Résistance sur les trains qui transportent les œuvres, afin que ces convois soient épargnés par les résistants. À l’automne 1944, elle communique aux Alliés les noms des dépôts allemands et autrichiens (Alt-Aussee, Buxheim, Neuschwanstein-Füssen, Nikolsburg, etc.) afin d’éviter les bombardements, de les sécuriser et de faciliter la récupération des œuvres. À la libération de Paris et jusqu’au 1er mai 1945, elle travaille avec le SHAEF (Supreme Headquarters Allied Expeditionary Force) donnant aux Américains des informations capitales sur les sites de stockage des œuvres transférées en Allemagne et Autriche. Parallèlement à cela, en novembre 1944, elle est nommée secrétaire de la « Commission de récupération artistique » et chef de poste central de la « récupération artistique en Allemagne et en Autriche ». Cette Commission française fut créée sur l’initiative de Jacques Jaujard le 24 novembre 1944, elle est présidée par le collectionneur Albert Henraux, et est dissoute le 30 septembre 1949. À partir du 1er mai 1945, elle est détachée du ministère de l’Éducation nationale au ministère de la Guerre, puis, du 1er avril 1946 au 1er mars 1952, détachée au ministère des Affaires étrangères, au secrétariat d’État par la suite au Commissariat général aux Affaires allemandes et autrichiennes. Elle devient « officier Beaux-arts » dans la 1re armée française, chef du Service de remise en place des œuvres d’art – Récupération artistique, division Éducation publique du Groupe français du Conseil de Contrôle où elle a le grade de capitaine. En résidence administrative à Berlin, elle est habilitée à se rendre dans les différentes zones d’occupation alliées, britannique, américaine et soviétique, d’où elle rapatrie de très nombreuses œuvres. Lors de ces déplacements en zone soviétique, elle se livre à des opérations d’espionnage, faisant des rapports sur les mouvements de troupes et leur armement. Elle coopère avec les agents américains comme Ardelia Hall, James Rorimer, S. Lane Faison, pour interroger les officiers et les marchands nazis auteurs des pillages : Günther Schiedlausky, Hildebrand Gurlitt, Bruno Lohse, etc. Elle témoigne au procès des dirigeants nazis à Nuremberg. Entre 1945 et 1954, elle aura participé au rapatriement de plus de 60 000 œuvres et objets divers spoliés aux institutions publiques (Musée de l’Armée, loges maçonniques, Bibliothèque polonaise, etc.) et aux familles juives persécutées (Bacri, Bernheim, Cassel, David-Weill, Dreyfus, Alphonse Kann, Paul Rosenberg, Rothschild, Seligmann, etc.). À son retour à Paris en mars 1952, elle réintègre l’administration des Musées de France, comme conservatrice des Musées nationaux. Elle devient chef du Service de protection des œuvres d’art (SPOA), service créé à son intention dans un but prospectif de protection des œuvres d’art en cas d’un 3ᵉ conflit mondial. Elle prend sa retraite en 1968, mais continue à travailler sur la restitution des œuvres spoliées, à la demande du Service des bibliothèques, des archives et de la documentation générale (SBADG) des Musées nationaux. Dans la littérature et de cinéma Si son travail sur la restitution des œuvres spoliées est bien reconnu par les victimes qui lui témoignent leur gratitude, il demeure toutefois peu valorisé après la guerre. Malgré tout, un certain nombre d’ouvrages rendent hommage à son travail durant cette période difficile et risquée. Le lieutenant James Rorimer, l’un des officiers américains chargés du sauvetage du patrimoine artistique européen, témoignera du travail de Rose Valland dans son livre : Survival, en 1950. En 1961, Rose valland fit connaître son action sous l’Occupation dans le livre : Le Front de l’art (réédité en 1997, puis en 2014). En 1994, l’essai « The Rape of Europa: The Fate of Europe’s Treasures in the Third Reich and the Second World War » de l’Américain Lynn H. Nicholas permet de remettre en lumière le rôle de Rose Valland dans le cadre des pillages nazis. En 2006, Corinne Bouchoux publie la première biographie consacrée à Rose Valland. En 2009, l’écrivain Sara Houghteling pour son roman « Pictures at an Exhibition » s’inspire de la vie de Rose Valland pour créer le personnage de Rose Clément. En 2009, Rose Valland est au centre de l’essai de Robert M. Edsel, « The Monuments Men ». Ce livre est adapté au cinéma février 2014 par le comédien-réalisateur George Clooney. En 2014, elle est au centre du roman de Susan Winkler, « Portrait of a Woman in White ». La vie de Rose Vallant fut également le centre de plusieurs documentaires, dont : Un réalisé en 2006 par Richard Berge et Bonni Cohen qui s’inspire de l’essai Lynn H. Nicholas « The Rape of Europa » : « The Fate of Europe’s Treasures in the Third Reich and the Second World War ». Et de plusieurs adaptations cinématographiques : Son personnage durant le second conflit mondial inspira John Frankenheimer pour son film « le Train » (1964), au scénario en partie basé sur ses mémoires Le front de l’art, publiées en 1961 : on y voit un personnage qui se nomme « Mlle Villard », interprété par Suzanne Flon. En février 2014, l’essai de Robert M. Edsel, « The Monuments Men » (paru en 2009) est adapté au cinéma février 2014 par le comédien-réalisateur George Clooney. Dans ce film, « Monuments Men », il met en scène le personnage de Claire Simone, interprété par Cate Blanchett, qui reprend les caractères de Valland. En 2015, le film « L’Antiquaire » de François Margolin évoque la figure de Rose Valland. Hommage Même si son rôle a été méconnu du grand public, depuis peu un certain nombre d’hommages lui sont rendus : À la fin des années 1990, le ministère de la Culture et de la Communication donne le nom de Rose Valland à la base de donnée des Musées nationaux récupération (MNR) répertoriant les œuvres spoliées non-réclamées. Le 25 avril 2005, le ministre français de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres dévoile une plaque commémorative à son nom sur la façade du Jeu de paume au jardin des Tuileries. Entre 2011 et 2017, deux fresques en trompe-l’œil sont réalisées à St Etienne de St Geoirs sur le mur de deux maisons (n° 5 et n° 5 bis, route de Saint-Marcellin). En particulier, la fresque du mur de droite évoque les œuvres d’art toujours en attente de restitution de nos jours et qui sont recensées par le répertoire dit « Rose Valland – M.N.R. » La promotion 2012 des conservateurs du patrimoine de l’Institut national du patrimoine porte son nom. À partir du 5 juillet 2013, au cœur de sa roseraie historique, le Musée dauphinois présente une rose en l’honneur de Rose Valland, créée par la roseraie Guillaut de Chamagnieu à l’initiative de l’Association La Mémoire de Rose Valland. En 2014, la Ville de Paris dévoile une plaque officielle à son domicile, au 5 rue de Navarre, dans le 5e arrondissement. Une statue à son effigie, inaugurée le 18 septembre 2016, a été réalisée par Guy Le Perse pour la résidence Les Rives de la Marque à Marcq-en-Barœul. En 2016, une rue du 17e arrondissement de Paris, le passage Rose Valland, prend son nom. Le 1er octobre 2018, La Poste française émet un timbre à son effigie. Le 25 juin 2019, inauguration d’une allée Rose-Valland à Grenoble. De novembre 2019 à avril 2020 : exposition Rose Valland. En quête de l’art spolié au musée dauphinois à Grenoble. Le site des Musées Nationaux Récupération, répertoriant des œuvres spoliées qui n’ont pas pu être restituées, porte le nom de Rose Valland. Musées nationaux récupération (MNR) D’après les réclamations des victimes faites après-guerre, on estime qu’au moins 100 000 œuvres d’art ont été pillées par l’occupant et sorties du territoire français. 40 000 n’ont pas été retrouvées, soit qu’elles ont été détruites, soit qu’elles ont été cachées après-guerre. 60 000 ont été retrouvées et rapatriées en France. La plupart d’entre elles ont été réclamées et restituées à leurs propriétaires (ou à leurs ayants droit) spoliés. Parmi les œuvres non réclamées, celles de moindre valeur ont été vendues par les Domaines, tandis que d’autres étaient confiées à la garde des musées nationaux. Ce sont elles qui constituent ce qu’on appelle les MNR, « Musées Nationaux Récupération », en faisant l’amalgame entre les œuvres et l’inventaire sur lequel elles sont inscrites. L’ensemble de ces œuvres sont au nombre d’environ 2 000, la plupart conservées au musée du Louvre. Sur le plan juridique, ces œuvres n’appartiennent pas à l’État qui n’en est que détenteur provisoire en attente de leur restitution à leurs propriétaires légitimes. Elles ne font donc pas partie des collections publiques des musées de France et ne sont pas répertoriées non plus dans la base Joconde des collections nationales. En revanche, elles sont dûment documentées et illustrées dans la base Atlas du Louvre. Un catalogue spécifique, portant le nom de Rose Valland, le catalogue des MNR, décrit les œuvres et leur localisation ; il est consultable en ligne. Le sigle MNR désigne les œuvres d’art (peintures, dessins, sculptures, objets d’art) provenant du pillage culturel commis par les Allemands pendant l’occupation et inscrites, à l’issue des opérations de récupération artistique (1945-1950), sur un inventaire spécifique (strictement distinct de l’inventaire des collections nationales). Les MNR provenant de spoliations sont restituables à leurs légitimes propriétaires. Ces œuvres ont la particularité : d’avoir été pillées par les Allemands sur le sol français pendant l’occupation, d’avoir été localisées en territoire étranger puis rapatriées en France par les services chargés des opérations de récupération artistique, de ne pas avoir été réclamées par leurs propriétaires légitimes pour le cas où elles auraient été spoliées, d’avoir été sélectionnées pour leur valeur artistique parmi les œuvres non réclamées (les autres étant vendues en ventes publiques par l’administration des Domaines), d’avoir été confiées à la garde des musées de France dans l’attente d’être restituées à leurs légitimes propriétaires en cas de spoliation. Site des RMN → http://www2.culture.gouv.fr/documentation/mnr/MnR-accueil.htm Entrées similaires: Les roses de Joséphine Le rosier et la rose Une histoire de la rose Les Allemands de Russie aux États-Unis (2/4) [...] Lire la suite…
14 mars 2023Durant la conquête de l’Algérie par les Français, la lingua franca locale a été francisée par un contact accru avec la langue française, mais est restée telle quelle jusqu’à la fin du XIXᵉ siècle en usage. Le pataouète ou pataoued (parler populaire des Français d’Algérie) est une des dernières incarnations du sabir (lingua franca), autrefois parlé sur toutes les côtes méditerranéennes, et il constitue un parler spécifique à l’Algérie. Initialement, le mot français pataouet ou pataouète désignait le catalan parlé en Algérie. Le mot « patouète » serait la déformation phonétique française du mot catalan « patuet », lui-même diminutif de « patuès » et ayant pour origine étymologique « patois » ; la signification exacte de pataouète (ou « pataouette ») serait donc « petit patois ». Au XXᵉ siècle, il se matérialise dans la langue des quartiers populaires d’Alger. Bien que sa structure soit majoritairement issue du français, les apports catalans, italiens, occitans et castillans, généralement importés par les colons originaires de ces régions ou directement repris du sabir, sont très présentes. Les langues locales, arabe dialectal et kabyle sont, elles aussi, présentes dans ce parlé. La bibliographie française associe le mot pataouète au quartier de population européenne de Bab El Oued, situé au nord de la Casbah d’Alger, prononcé bablouette ou paplouette. À noter toute fois, en raisons des spécificités liées à l’origine des pieds-noirs, de l’Oranais (proche de l’Espagne) par rapport à l’Algérois (proche des Baléares et de la Corse) et au Constantinois (proche de la Sardaigne, de Malte et de l’Italie), l’existence de nombreuses variations avec un parler et un accent particulier pour chacune de ces régions et une « rivalité » empreinte de chauvinisme entre Alger la capitale et Oran seconde ville la plus peuplée et avec la plus importante population d’origine européenne. Cependant, une théorie selon laquelle le pataouète aurait une origine historique plus ancienne, car la présence du catalan en Algérie et remonterait aux Juifs expulsés d’Espagne en 1492 qui parlaient la haketia et dont certains ont rejoint la communauté juive d’Oran, présente depuis l’an 1000 avec laquelle ils commerçaient auparavant. La haketia est le nom du dialecte judéo-espagnol (Djudeo Spañol) parlé par les megorachim, les Juifs séfarades installés au Maroc à la suite de l’expulsion des Juifs d’Espagne en 1492. L’une de ses caractéristiques est qu’au vocabulaire castillan du XVᵉ siècle, qui forme la base du judéo-espagnol, s’ajoutent de nombreux termes empruntés non seulement à la langue hébraïque biblique, mais aussi à la langue locale, à savoir l’arabe tel qu’il se parle en Afrique du Nord. Le foyer de la haketia se situe sur la côte nord du Maroc, à Tétouan, avec une forte implantation dans les villes de Tanger, Larache, Arcila, Alcazarquivir, Chefchaouen, à l’ouest de Meknès, Rabat, dans les villes autonomes espagnoles d’Afrique du Nord de Ceuta et Melilla. En 1860, après la guerre hispano-marocaine de 1859-1860, quatre mille juifs de Tétouan se réfugient à Gibraltar et avec l’accord des autorités françaises sont amenés en Algérie. De ce fait, la haketia se diffuse en Algérie, essentiellement dans la région d’Oran où elle prendra le nom de tetuani ou tétouanais. Ils seront rejoints par les Morisques parlant l’arabe d’al-Andalus en 1610 suite à leur expulsion d’Espagne et qui se sont installés, eux aussi, sur la côte des Barbaresques (Maghreb). L’arabe andalou, également connu sous le nom d’arabe d’al-Andalus (ou andalousien), était un dialecte de l’arabe, parlé les populations musulmanes d’al-Andalus, (péninsule Ibérique) de la conquête en 731 à leur expulsion en 1609. Bien que la langue soit éteinte, elle est encore employée dans la musique arabo-andalouse et ait sensiblement influencé les dialectes de plusieurs villes du Maghreb : Tetouan, Meknès, Salé, Tanger, Fès, Sefrou, Chefchaouen et Essaouira au Maroc ; Alger, Bejaia, Constantine, Jijel, Blida, Cherchell, Dellys, Koléa, Mostaganem, Nedroma et Tlemcen en Algérie. Il a par ailleurs exercé une certaine influence sur le castillan, le catalan, le portugais et les dialectes de l’arabe marocain, algérien et tunisien ; ainsi que sur le mozarabe. Le mozarabe désigne l’ensemble des dialectes romans parlés par les chrétiens arabisés jusqu’à leur expulsion en 1126. On lui attribue une influence sur diverses évolutions consécutives des parlers prédominants dans les royaumes chrétiens à la suite de Reconquista, léonais, castillan, navarro-aragonais, galaïco-portugais et catalan. Il aurait ainsi joué un rôle important dans la différenciation entre le valencien et le reste du domaine catalan d’autre part, ou entre le portugais et le galicien, ou encore bien entre l’andalou et le murcien par rapport au castillan standard. Plusieurs vagues de Morisques débarquent à Oran, pourtant aux mains des Espagnols (1509-1791), mais où les trois religions monothéistes cohabitaient. Les autres Espagnols présents dans la ville étaient des administrateurs, des soldats ou des « bagnards », qui purgeaient leurs peines à Oran, parmi ces bagnards, beaucoup s’enfuyaient et s’établissent dans les environs en se fondant dans la population. Comme pour Oran et d’autres villes du Maghreb, avec l’arrivée des Juifs et des Maures expulsés d’Espagne, la population d’Alger augmenta fortement. L’ensemble de ces faits permet d’en conclure à une forte présence de la langue catalane dans le nord de l’actuelle Algérie à partir du XVIᵉ siècle et quelle servie de support à la construction d’une langue sociale commune. À cette présence multi-séculaire ibèro-catalane, s’ajouta avec la conquête de l’Algérie par la France l’immigration mahonnaise qui s’est développée principalement entre 1830 et 1845 et a été favorisée par les autorités françaises. Elle s’inscrit plus largement dans une immigration espagnole qui a concerné successivement les Majorquins puis les Valenciens et les Alicantais, la plupart de langues catalanes. Il s’agissait essentiellement d’une immigration économique induite par la misère qui régnait alors dans les îles Baléares ; les Mahonnais désignent stricto sensu les habitants de la ville de Mahon, capitale de l’île de Minorque. Cette population a joué un rôle déterminant dans l’agriculture et s’est rapidement intégrée à la population française, surtout grâce à l’école publique et à l’armée. Il est à noter qu’une très forte partie des personnes venant de Minorque, et généralement des Baléares, descendaient de combattants (dont certains étaient issus de famille Mozarabes) venant de la Catalogne française (Catalogne du nord)  qui avaient chassé les Maures  des Baléares lors de leur reconquête en 1229. En 1846, le ministère de la Guerre décide d’implanter, des colons originaires de Mahon (ville située sur l’île espagnole de Minorque) à l’est d’Alger sur un lieu appelé « Ras El Outa » et sera francisé en domaine de « la Rassauta ». Le 22 août 1851, La Rassauta devient commune de plein exercice. En 1882, elle sera divisée en deux communes, Fort-de-l’Eau et Maison-Blanche. Ce qui eut notamment comme conséquence, la création, à l’est de la baie d’Alger, d’un dialecte à base de catalan de l’île de Minorque, appelé le « minorquin » de Fort-de-l’Eau (Bordj El Kiffan). Ce qui fournit un terreau pour le développement du futur du pataouète de Bab El Oued. Après la fin de ce que l’on a appelé la guerre d’Algérie, les pieds-noirs, quittent l’Algérie en 1962 pour la France et font y connaître un français exotique, en dehors des départements français d’Algérie (1830-1962), jusque-là assez confidentielle : le pataouète. Langage régional surtout pratiqué par les Européens des classes les moins favorisées, mais qui a aussi enrichi d’expression et mâtiné le langage des fonctionnaires, des militaires et des appelés du contingent présent en Algérie. Ceci promouvra la diffusion d’emprunts à l’arabe bien au-delà du cercle des initiés. Des mots arabes véhiculés par le pataouète vont se diffuser comme toubib, méchoui, merguez, youpin, gourbi, kawa, méhari, nouba, razzia, etc. Mais aussi emprunté au français le nom gazouse « limonade » (= gazeuse), à l’espagnol le mot rabia « colère », ou encore plus déstabilisant stokafitche « maigre comme un clou », une déformation de l’anglais stockfish et influencé par l’allemand Stockfisch désignant un « poisson salé et séché ». Entrées similaires: La lingua franca La Lingua franca nova Le polari ou un avatar de la lingua franca [...] Lire la suite…
14 mars 2023Le polari de l’italien parlare (aussi orthographié palari, palarie, palare ou parlary) signifiant « parler », est un argot ou un sociolecte parlé en Angleterre par des populations diverses généralement en marge de la société : des hommes et des femmes de spectacle de cirque et de foire, des lutteurs professionnels, des marins de la marchande, des criminels, des travailleurs du sexe, des homosexuels, etc. Il y a un débat sur ses origines, certains pensent qu’il aurait été apporté en Angleterre par des marins parlant la lingua franca, d’autres pensent qu’il pourrait avoir été créé par des immigrants italiens. Il serait peut-être apparu vers le milieu du XVIIIᵉ et le début XIXᵉ siècle dans les pubs et sur les docks de Londres, et utilisé par les marins à bord. Il est également attesté au XIXᵉ siècle à West-End, le quartier londonien des théâtres et du divertissement. Le polari est un mélange de « Cockney rhyming slang » (argot rimé) et d’argots des marins et des voleurs, de lingua franca et de romani (la langue des Roms) ainsi que de shelta (langue des Travellers, populations nomades d’origine irlandaise). Plus tard, il s’est élargi pour contenir des mots de la langue yiddish ainsi que des termes de l’armée de l’air américaine qui étaient stationnées en Angleterre pendant la Seconde Guerre mondiale puis, dans les années 1960, de l’argot des consommateurs de drogue. D’autres mots sont apparus en prenant en compte des jeux de rythmes et de rimes (comme pour le cockney), ou en inversant des syllabes. Le « rhyming slang »(« argot rimé », « argot à rimes ») est un argot originaire de l’est de Londres, aux expressions imagées. Comme son nom l’indique, cet argot se fonde sur des rimes, mais ces rimes sont sous-entendues dans la pratique : l’idée de départ est de faire correspondre à tout mot une paire de mots avec laquelle il rime, puis de supprimer le second mot de la paire dans le langage parlé. Par exemple, « stairs » rimera avec « apples and pears », et on dira donc « apples » pour dire « escaliers ». De même, « phone » rimera avec « dog and bone » et « dog « voudra dire « téléphone ». En pratique, le cockney n’utilise pas le rhyming slang à foison. Selon un documentaire télévisé de Channel, « il y était une fois (à Londres) », il y avait deux polari : Un polari parlé dans l’« East-End » qui mettait l’accent sur le Cockney rhyming slang (argot rimé issu de l’argot londonien de la classe ouvrière). Et un polari du « West-End » qui mettait l’accent sur les influences théâtrales et classiques. Bien qu’il y ait eut des échanges entre les deux, ils garderont leurs spécificités communautaires. Le Parlyaree Le polari pourrait dériver du Parlyaree parlé dans les champs de foire depuis le XVIᵉ siècle et continue d’être utilisé par les voyageurs de spectacles en Angleterre et en Écosse. Son origine pourrait se situer entre la période la mise en place de la Réforme en Angleterre par Henry VIII à partir de 1531 et ses successeurs et l’époque du despotisme puritain d’Oliver Cromwell (1599-1658) où il existait de nombreux interdits religieux. William Shakespeare (1564-1616) dans sa pièce de théâtre, Henri IV, écrite entre 1596 et 1598, a utilisé un mot de Parlyaree : bona (bon, attrayant) dans l’expression bona roba (une dame portant une tenue attrayante). Il existe un lien entre l’origine du Parlyaree et les spectacles traditionnels de marionnettes de rue (et de plein air) comme celui qui met en scène M. Punch et sa femme Judy et qui s’en servait pour converser. Le spectacle « Punch and Judy » trouve ses racines dans la commedia dell’arte italienne du XVIᵉ siècle et commence à apparaître, après la mort d’Oliver Cromwell (3 septembre 1658), pendant la période de Restauration Stuart qui débute en 1660 et donne lieu à une activité intellectuelle et artistique foisonnante. C’est là que le personnage qui devint plus tard M. Punch fit sa première apparition en Angleterre le 9 mai 1662, et depuis considéré traditionnellement comme l’anniversaire de M. Punch au Royaume-Uni. Le Daily Telegraph a appelé « Punch and Judy » comme « un incontournable de la scène balnéaire britannique ». Au XIXᵉ siècle, le Parlyaree/Polari est utilisé dans les marchés aux poissons de Londres, le théâtre ainsi que dans les fêtes foraines et les cirques, d’où les nombreux emprunts au Romani, ainsi qu’à d’autres langues et argots parlés par les gens du voyage. Les deux dialectes, pourtant presque identiques, partagent le même système numéral et il est donc probable que les racines du Polari et du Parlyaree soit commune. Cependant, certains linguistes distinguent cependant le parlyaree (l’argot des gens du cirque et du spectacle), du polari (parlé par les homosexuels). Un langage LGBT Bien que l’origine du polari soit antérieur au XIXᵉ siècle, il connut son âge d’or, principalement concentré à Londres, entre les années 1930 et 1970, où fut employé par la communauté homosexuelle pour s’identifier, en utilisant des mots de polari épars au fil des conversations, ou pour discuter de façon dissimulée. Il fut popularisé, dans les années 1950 et 1960, par le comédien britannique Kenneth Williams qui utilisait le polari dans ses émissions de télévision et de radio qui comptaient environ 20 millions de téléspectateurs et d’auditeurs, dont l’émission de radio de la BBC4 « Round the Horne » de 1965 à 1968 où il incarne au côté de Hugh Paddick les personnages efféminés Julian et Sandy. Le polari s’est aussi développé dans le milieu du divertissement et de la marine marchande britannique, où de nombreux homosexuels ont rejoint les paquebots et les navires de croisière en tant que serveurs, stewards et animateurs. C’était une langue en constante évolution avec un vocabulaire de base de 20 mots dont : bona, ajax, eek, cod, naff, lattie, nanti, omi, palone, riah, zhoosh, TBH, trade, vada et plus de 500 autres mots moins connus. Par exemple, « Regardez cet homme gay incroyable avec son joli visage et sa coupe de cheveux fantastique ! » pourrait se traduire en polari par : « Vada that bona omi-paloni with his dolly eek and fantabulosa ria ! » Son utilisation décline à partir de 1970, avec la décriminalisation de l’homosexualité en 1967 (Sexual Offences Act 1967), le besoin de discrétion des homosexuels devenant moins fort, tandis que le polari est jugé stéréotypé en tant que partie intégrante du camp. Le « camp », terme anglais probablement tiré du français « se camper » (prendre la pose), est utilisé par les historiens de l’art et les critiques culturels pour décrire à la fois un style, une forme d’expression et un regard propres à la culture gay et queer en général. Tentatives de sauvegarde Bien que les marins continuent à l’utiliser jusque dans les années 1980, le polari est peu utilisé depuis. Pourtant, il connut quelques initiatives de recherche et de sauvegarde dans les années 2010, comme en 2012 « Polari Mission », un projet de dictionnaire et de cours, et une traduction de la bible du Roi Jean. ; ou le court-métrage « Putting on the Dish » de Brian Fairbairn et Karl Eccleston, sorti en 2015 et dont les dialogues sont exclusivement en polari. En 2016, la chanson « Girl loves me » de David Bowie (sur l’album Blackstar) comporte aussi des paroles en polari ; en 2017 est organisé à Cambridge, dans le cadre du mois de l’histoire LGBT au Royaume-uni, un service religieux en Polari. Le service a été tenu par des étudiants en théologie, et non par des membres du clergé, ce qui a conduit néanmoins à un scandale sur lequel l’Église anglicane a dû publier ensuite un communiqué réprouvant l’initiative. Entrées similaires: La Lingua franca nova La lingua franca Le pataouète ou la lingua franca des pieds noirs Pennsylvania Dutch – les allemands des USA (1/4) [...] Lire la suite…
14 mars 2023La lingua franca, signifie littéralement en latin tardif langue franque, est historiquement un pidgin utilisé comme langue véhiculaire du Moyen Âge au XIXᵉ siècle dans l’ensemble du bassin méditerranéen, principalement par les explorateurs, les voyageurs, les marins et les marchands, mais aussi par les bagnards, les prisonniers, les esclaves et les populations déplacées de toutes origines. Le terme semble avoir été inventé d’après l’arabe d’Al-Andalus, où le géographe Ibn Chordadhbeh (820-885) atteste du terme la lingua franca (al lugha al-ifranjiyya). On l’appelle aussi sabir (qui se dit uniformément en portugais, espagnol (castillan), occitan et catalan saber, « savoir »), dérivé du latin sapere ou encore « franco » (le franco désignant plutôt le langage interethnique utilisé en Méditerranée occidentale à l’époque de la piraterie barbaresque). Dans son célèbre Dictionnaire universel, le lexicographe français Antoine Furetière (1619-1688) en donne la définition suivante de la « Langue franche ou Langage franc » : « Un jargon qu’on parle sur la mer Méditerranée, composé de français, d’italien, d’espagnol et d’autres langues, qui s’entend par tous les matelots et marchands de quelque nation qu’ils soient ». Elle est nommée en anglais, « Mediterranean Lingua Franca » marquant bien son aire géographique, même si l’on sait qu’il a été utilisé dans la mer Rouge et l’océan Indien, comme en témoigne son utilisation pour nommer le cap Guardafui dans le nord de la Somalie (qui en dialecte génois signifie « regard-fuite » : guarda « regard » et fuggi/fui « fuir »). Le sabir Le mot sabir désigne une langue née du contact entre des locuteurs parlant des langues maternelles différentes placés devant la nécessité de communiquer. Le sabir est par définition une langue véhiculaire (une langue d’appoint créée pour les besoins de communication) et non maternelle (comme les langues créoles), produit du mélange de plusieurs langues maternelles, et donc un pidgin, mais théoriquement encore plus pauvre que ce dernier. Les sabirs ont ainsi un lexique sommaire, limité aux besoins immédiats des locuteurs, et une syntaxe simplifiée par rapport aux langues d’emprunt. Historiquement, le terme sabir désigne la langue utilisée dans les milieux du commerce et la diplomatie pour communiquer en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, mélange de plusieurs langues méditerranéennes. Ce langage des ports de la Méditerranée résulte d’un mélange de français, d’espagnol, de grec, d’italien et d’arabe. Le vocabulaire et la grammaire La lingua franca étant essentiellement utilitaire, elle a laissé très peu de traces écrites directes. Le vocabulaire est très limité. Les mots utilisés étaient principalement empruntés aux langues romanes : le portugais, l’espagnol, le sarde, l’italien, le français, l’occitan, le catalan et de latin, mais ils pouvaient aussi appartenir de façon plus marginale à d’autres langues du bassin méditerranéen comme l’arabe, le berbère, le maltais, le grec, le turc… ainsi qu’à celles de voyageurs d’origine perses et slaves. Un grand nombre de mots courants en français, comme dans d’autres langues européennes, sont arrivés d’Orient par l’intermédiaire de la lingua franca. La grammaire quasi inexistante : les verbes sont utilisés à l’infinitif et sans aucune forme de mode ou de temps. Au XVIIᵉ siècle, cependant, apparaissent des distinctions rudimentaires de temps (passé, présent, futur). Les traces écrites Les documents écrits se limitent à des observations de voyageurs, comme dans le premier document connu en lingua franca qui date de 1296 : il s’agit du plus ancien livre de navigation en de la Méditerranée, intitulé « Compasso da Navegare ». Et à quelques citations ou inclusions dans des œuvres littéraires. Parmi elles on retrouve celles : d’un auteur anonyme « Contrasto della Zerbitana » vers 1284/1305, de Gigio Artemio Giancarlis « La Zigana » parue en 1548, et dans une plus large mesure, Molière (1622-1673) en France, avec la scène du Mamamouchi dans Le Bourgeois gentilhomme, Carlo Goldoni (1707-1793) en Italie, avec L’Imprésario de Smyrne (1759) et plus récemment Jacques Caillol avec celui du charlatan dans la pièce de théâtre en occitan « Le marché de Marseille vo lei doues coumaires ». L’écrivain espagnol Miguel de Cervantes (1547-1616), dans son roman Don Quichotte, où il raconte l’histoire du capitaine captif, fait une claire allusion à la lingua franca lorsqu’il mentionne l’existence d’une « langue qu’on parle entre captifs et Mores (Maures), sur toutes les côtes de Berbérie (Barbarie), et même à Constantinople, qui n’est ni l’arabe, ni le castillan, ni la langue d’aucune nation, mais un mélange de toutes les langues, avec lequel nous parvenons à nous entendre tous ». Le XVIIᵉ siècle fut considéré comme son « âge d’or » de lingua franca dont la littérature de cette époque a utilisé la lingua franca principalement comme ressort comique : entre autres, Emmanuel d’Aranda (1602-1686), espagnol victime du Corso, en donne quelques exemples à travers ses aventures personnelles et trace un portrait d’Alger de son temps où il fut esclave. Le corso Le mot italien « corso » désigne les activités de déprédations maritimes réciproques entre chrétiens et musulmans, qui ont eu lieu du XVIᵉ au XVIIIᵉ siècle en Méditerranée. Consistant en attaques de navires de commerce et en captures de villageois sur les côtes, suivies de la mise en esclavage des captifs en vue de leur exploitation ou de leur rachat, le corso a concerné les populations des côtes de la Méditerranée pendant les trois siècles de son existence, et a impliqué des acteurs exogènes à cette mer. Le corso peut être compris en deux aires d’action, la Méditerranée occidentale et la Méditerranée orientale, où les enjeux et les acteurs varient. Située entre la guerre course et la piraterie, cette forme de violence maritime est admise par les mœurs de l’époque, et qui fut l’activité principale de certains pays-corsaires, principalement méditerranéens, tels que les états des barbaresques. Ce Corso est généralement soumis à des règles de droit entre mandaté et mandataire prévoyant les règles d’engagement et la répartition des prises. Les chevaliers hospitaliers de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem avaient, au moins, quand ils étaient à Rhodes (au XIVᵉ siècle) et au début de leur présence à Malte, la volonté de faire la police des mers, c’est le « contre-corso », la contre-course. Mais assez rapidement, vers le XVIᵉ siècle, la contre-course se transforme tout simplement en corso, en pratiquant des « razzias », l’esclavage et faisant des prisonniers dans la guerre de course pour négocier leur rachat, permettant un développement économique de l’île. La lingua franca d’Alger En méditerranée, chaque régence ottomane avait sa propre version de lingua franca, de ce fait, il est donc aujourd’hui difficile de dresser un lexique exhaustif, même si en 1830, un lexique lingua franca-français, augmenté d’un guide de conversation et d’un petit vocabulaire arabe algérois-français, est édité à Marseille à l’attention des nouveaux colons arrivant en Algérie. Ce dictionnaire nous donne une vision assez claire, socio-linguistiquement, de l’état de la lingua franca dans la régence d’Alger avant la colonisation française. Charles Farine, colon de la région d’Orléansville (Chlef) en Algerie rapporte dans son livre la rencontre, que dans la seconde moitié du XIXᵉ siècle avait eu lieu une rencontre entre le général français Pierre Hippolyte Publius Renault (1807-1870) et les représentants des milices algériennes employées par la France où ceux-ci expliquaient en « lingua franca d’Alger » qu’ils préféraient se battre plutôt de creuser des tranchées pour se protéger : « Trabajar barout bono, trabajar terra makach », (Travailler le barout c’est bien, travailler la terre c’est mal). Barout vient du français « poudre » et makach est une forme de dire « rien », c’est-à-dire « non ». Baroud (bārūd) mot d’origine arabe ou chleuhe qui désignait le salpêtre, puis la poudre à canon. On le retrouve sous la forme de « Barut » en turc. Dans l’argot militaire français, il désigne un combat ou une bagarre. Mais barout (baroud) a peut être la même origine que Barouf de l’occitan barofa et de l’italien baruffa (querelle confuse, heurt, rixe, bagarre) mot qui est issu du haut allemand bihruofjan signifiant « crier tous ensemble ». On considère l’arrivée des Français en Algérie et en Afrique du Nord comme la fin de la lingua franca. La lingua franca portugaise Selon la théorie du linguiste allemand Hugo Schuchardt (1842-1927), la lingua franca était aussi connue des marins portugais. Lorsque ceux-ci ont commencé leurs explorations des côtes d’Afrique, d’Amérique, d’Asie et d’Océanie, ils ont communiqué avec les indigènes en mélangeant une version de la lingua franca avec des influences portugaises avec les langues locales. Lorsque les navires anglais et français ont commencé à rivaliser avec les Portugais, les équipages ont tenté d’apprendre ce « portugais corrompu ». Par un processus de changement, les mots issus de la lingua franca et du portugais ont été remplacés par ceux des langues des peuples en contact. Cette théorie expliquerait les similitudes entre la plupart des langues pidgins et créoles basées en Europe, telles que le tok pisin créole de Papouasie nouvelle Guinée, le papiamenton créole portugais des Antilles néerlandaises, le sranang tongo ou Taki Taki créole surinamien, etc. Ces langues utilisent des formes similaires au mot sabir pour désigner le mot « savoir » et piqueho pour « petit ». Débat autour de la lingua franca De nombreux aspects de la lingua franca font encore largement l’objet de débats du fait que c’était une langue principalement orale. Cela peut également refléter la nature non fixée et changeante de la langue. Les aspects débattus sont la classification de la langue et l’origine du terme « lingua franca ». La forme latine « linguae francae » semble suggérer qu’il puisse s’agir de la « langue des francs ». Mais d’autres suggèrent, qu’il puisse s’agir de « langue libre », car franc faisant aussi appelle à ce qui est libre, que l’on retrouve dans « franchise commerciale », « ville franche » et « port franc », faisant peut-être référence au libre-échange. Des traductions arabes iraient dans ce sens de « langue commerciale » pareillement pour signifier « vénitien » (Venise étant la grande puissance commerciale de l’époque), mais d’autres traductions musulmanes reverraient vers la « langue des francs », car ceux-ci désignaient les croisés par le terme « Francs ». Dans ce cas, cela renverrait à un synonyme de « langue latine », « langue occidentale » ou simplement pour signifier « langue française » dans certain cas. Bien que la langue soit officiellement classée comme un pidgin, certains chercheurs soutiennent que c’est inexact et pointe plutôt vers une inter-langue d’italien ou une forme de langue koiné (une langue aboutie et non un langage disparate créé à seule fin utilitaire). On présume que la première version a directement adopté des termes issus du latin, s’adaptant ensuite principalement à l’évolution de l’italien (70 % de ses mots sont liés aux dialectes italiens, notamment génois), et secondairement de l’espagnol, du portugais, du catalan et de l’occitan. Dont l’importance de ce dernier a été largement sous-évaluée dans les études sur la Lingua Franca. Plus tard furent incorporés un peu de vocabulaire arabe, turc et grec. On considère aujourd’hui, qu’à l’époque médiévale, en raison du commerce, des relations maritimes et des contacts politico-militaires étroits entre l’Occident et l’Orient, il existait déjà une série d’inter-langues romanes basées sur le gallo-roman et, surtout, l’italo-roman. Mais il s’agissait de variantes instables et grossières qui ne pouvaient être assimilées à un pidgin. Certains linguistes admettent la présence le long des côtes berbères d’une langue commune qui s’est développée à partir d’un jargon maritime essentiellement italien (génois) à base d’espagnole et qui ne s’est stabilisée, selon la documentation existante, qu’au XVIᵉ siècle dans les États berbères (Alger, Tunis et Tripoli). Au Levant, ils présentent une situation sociolinguistique différente caractérisée par une inter-langue d’origine italo-romane (vénitien) probablement déjà répandue au Moyen Âge. Conclusion La communauté des linguistes estime que la Lingua Franca a été l’une des choses qui a joué un rôle important dans le changement du monde occidental. Il semble qu’il y ait toujours eu, dans le monde, des langues de communication, ayant la même fonction que la lingua franca, servant de lien entre différents peuples. Beaucoup ont aujourd’hui disparu et de nouvelles ont pris leurs places et seront remplacées par d’autres en fonction des besoins. Au fil des siècles, malgré leurs différences religieuse et culturelle, l’Orient et l’Occident semblent s’être mis d’accord pour choisir la lingua franca comme langue commune afin de faciliter les échanges de toute nature. Donc, la lingua franca supplanta la koiné (qui était langue commune pour la communication et le commerce de l’Antiquité), tout en étendant son aire géographique à l’ensemble des rivages de la méditerranée et au-delà. Supplantée à son tour par le français dont les traités d’Utrecht (1713) et de Rastatt (1714) inaugurent sa primauté et qui fut utilisé, jusqu’à la conférence de paix de Paris en 1919, comme langue de la diplomatie occidentale en lieu et place du latin et dans des cours royales et princières européennes. Par extension, le terme de lingua franca a fini par désigner n’importe quelle langue véhiculaire, utilisée par des populations de langues maternelles différentes pour communiquer. De nos jours, l’anglais et sa version d’aéroport semble jouer le même rôle de lingua franca à l’international. De même qu’en Asie avec les chinois mandarin et cantonais, qui du fait de leurs nombres de locuteurs et de leurs diasporas seront peut-être en mesure de la supplanter à son tour. Entrées similaires: La Lingua franca nova Le pataouète ou la lingua franca des pieds noirs Le polari ou un avatar de la lingua franca Pennsylvania Dutch – les allemands des USA (1/4) [...] Lire la suite…
12 mars 2023La lingua franca nova, abrégé en LFN et connu familièrement sous le nom d’elefen, est une langue construite imaginée par le docteur en psychologie George Boeree (1952-2021) de l’Université de Shippensburg en Pennsylvanie et développée par de nombreux de ses utilisateurs. Elle est conçue comme une langue auxiliaire internationale (conçue dans un objectif de neutralité) de forme romane. La lingua franca nova possède un vocabulaire totalement d’origine latin en dehors de termes déjà internationaux et est basé principalement sur les langues romanes, à savoir le français, l’italien, le portugais, l’espagnol et le catalan. Son orthographe est phonétique et s’écrit à l’aide de 22 lettres, soit de l’alphabet latin, soit de l’alphabet cyrillique. Sa grammaire est celle d’un créole latin qui, comme la plupart des langues créoles, possède un système grammatical extrêmement simplifié et facile à apprendre. Histoire Cornelis George Boeree avait commencé à y travailler en 1965. Son but était de créer une langue internationale qui fût simple, cohérente et aisée à apprendre pour les communications internationales. Il s’est inspiré de la « lingua franca », un sabir utilisé autrefois par les marins et marchands dans le bassin méditerranéen du XIᵉ au XVIIIᵉ siècle, et par divers créoles tels que le papiamento (créole des Antilles néerlandaises et du Suriname), le créole haïtien et l’afrikaans. Il se basa sur 5 langues néo-latines déjà proches l’une de l’autre (le catalan, l’espagnol, l’italien, le portugais et le français). Ses grands principes de conception sont : l’orthographe phonémique, l’esthétique, l’harmonie, la grammaire simple et logique. La Lingua Franca Nova se place entre l’espéranto (grammaire simple) et l’interlingua (vocabulaire naturel). Le résultat se voulant être le naturel par rapport à l’Espéranto et la régularité par rapport à l’Interlingua. La LFN n’est pas breveté, mais dispose d’une licence Creative Commons (CC BY-SA) et est utilisée comme base pour d’autres projets. Une différence avec les projets précédents est qu’il ne s’agit pas d’un système fermé et que le créateur et les membres du groupe sont ouverts aux suggestions. Des présentations de la langue et à sa grammaire ainsi que d’autres textes sont disponibles en 12 langues, dont le français. N’étant pas considéré comme de bonnes traductions, des membres de ces communautés conseillent plutôt de l’étudier principalement en version anglaise ou en espagnole. On y trouve aussi plusieurs dictionnaires, un tutoriel, des textes (traductions et textes originaux). Le dictionnaire le plus complet étant en LFN – anglais, créé par Simon Davies et compte près de dix mille entrées. Il est également possible de trouver des petits dictionnaires dans différentes langues qui sont de bonne qualité. La chronologie L’elefen fit son apparition sur Internet en 1998. Le premier texte publié en LFN fut une nouvelle d’Ernest Hemingway « Colinas como elefantes blanca » (Collines comme des éléphants blancs, paru en 1927) traduit par Daniel Alegrett en 1999. Un groupe Yahoo ! fut initié en 2002 par Bjorn Madsen et a atteint environ 300 membres qui ont contribué de manière significative à la poursuite de l’évolution de la langue. Stefan Fisahn créa aussi un wiki consacré à cette langue en 2005. Le wiki est passé à Wikia en 2009, puis a été hébergé directement sur le site officiel en 2019. En 2007, Igor Vasiljevic a créé un groupe Facebook, qui compte aujourd’hui plus de 600 membres. La LFN a reçu une désignation ISO 639-3 (« lfn ») par la Société internationale de linguistique (SIL) en janvier 2008. En 2008, Simon Davies a commencé à apporter d’importantes mises à jour au dictionnaire « maître » consultable LFN-anglais. Le dictionnaire est tenu à jour sur le site officiel, avec plus de 20 000 entrées, et a même été publié sous forme imprimée en 2018. En 2012, un roman entièrement traduit en Lingua Franca Nova a été publié pour la première fois sous forme imprimée : « La aventuras de Alisia en la pais de mervelias », qui est la traduction de Simon Davies des Aventures d’Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll. En 2014, un nouveau site officiel a été lancé sur le domaine « elefen.org » : il propose différents supports pédagogiques (tels que des listes de mots pour les voyageurs, des grammaires complètes) disponibles en plusieurs langues, et héberge un wiki et le dictionnaire officiel consultable. Certaines œuvres littéraires complètement traduites en Lingua Franca Nova sont également accessibles au public sur le site officiel pour la lecture. Le 18 avril 2018, Wikipédia en Lingua Franca Nova, appelé « Vicipedia », a été officiellement lancé en tant que projet Wikipédia régulier. Le 15 mai 2020 sur le Web et le 10 mai 2021 sous forme imprimée, le premier roman littéraire original écrit en Lingua Franca Nova a été publié : « La xerca per Pahoa », de Vicente Costalago. Le 5 janvier 2021, le créateur de la langue, C. George Boeree, est décédé d’un cancer du pancréas à l’âge de 68 ans. Le drapeau de la Lingua Franca Nova. Le drapeau de la Lingua Franca Nova, conçu en 2010 par Stefan Fisahn et Beate Hornung, est le principal symbole de la Lingua Franca Nova et des Éléfenistes. Le drapeau est composé de cinq bandes de couleur (bleu, vert, jaune, orange et rouge) partant de l’angle inférieur gauche et s’étendant jusqu’aux bordures supérieure et droite. Il est similaire au drapeau des Seychelles, un pays qui a adopté le créole seychellois comme langue officielle, mais utilise les couleurs d’un arc-en-ciel symbolisant la paix. Sa forme est censée rappeler le lever du soleil. Dans le passé, d’autres drapeaux existaient : le premier, conçu à l’origine par George Boeree et appelé en plaisantant « europijon » du mot jeu de mots entre « pijon » (colombe) et « europijin » (euro pidgin), a été inspiré par le dessin de Pablo Picasso. Prononciation et orthographe Lingua Franca Nova a cinq voyelles comme l’espagnol, le grec moderne et l’hébreu moderne. Elles (a, e, i, o et u) sont prononcées comme en espagnol (soit a, é, i, o, ou). La plupart des consonnes sont prononcées comme en français, à part le c et le g qui sont toujours durs, r qui est roulé comme en espagnol et x qui est prononcé comme le ch français. La LFN est normalement écrite en utilisant l’alphabet latin et son orthographe est fortement phonémique. Voici la prononciation des lettres lingua franca nova en API. Le phonème /h/ est très marginal et peut-être muet. Les lettres k, q, w et y (ka, qua, wa et ya) sont disponibles pour les mots et les noms d’autres langues. Les variations de prononciation sont acceptables. Le Vocabulaire Si le vocabulaire de la Lingua Franca Nova est essentiellement fondé sur les langues romanes occidentales : français, italien, portugais, espagnol et catalan, le Elephen tient également compte de la beauté sonore et d’autres facteurs subjectifs. Généralement, si un mot est similaire dans la plupart des langues sources, il est adopté, si, non, il adopte une forme plus ancienne proche du latin. La grammaire La LFN est un langage SVO (sujet-verbe-complément d’objet direct). La grammaire étant basée sur la grammaire des langues créoles : Les temps sont exprimés par des particules, de nombreux verbes auxiliaires sont utilisés. Il n’y a pas d’articles sur le genre ni de pronoms personnels. Un verbe peut être utilisé comme un nom tel quel. Un adjectif peut aussi être utilisé comme nom. Les adverbes et les adjectifs sont identiques. L’ordre des mots est restrictif. La ponctuation En général, elefen laisse la ponctuation au choix de l’écrivain, les seules règles sont celles de la clarté et de la cohérence. Cependant, il existe certaines conventions de base, qui sont les mêmes que celles de la plupart des langues européennes. La première lettre d’une phrase doit commencer par une majuscule. Les guillemets apparaissent au début et à la fin des mots qui sont présentés comme une citation directe. Il existe plusieurs formes de guillemets : ’ “ ‹…› «…». Des points de suspension (…) suggèrent une pause ou indiquent que certains mots ont été laissés en suspens. Des traits d’union ( – ou — ) et des parenthèses ( (…) ) entourent les commentaires insérés dans le déroulement normal d’une phrase. L’apostrophe (’) indique que la voyelle est omise. Cela ne se produit normalement que dans la poésie. Dans l’elefen, les symboles de la monnaie (€, ¥, £, $, etc.) peuvent être placés avant ou après les chiffres, selon la coutume du pays en question. Exemple Article 1 de la Déclaration universelle des droits de l’homme En elefen : « Tota umanas es naseda como persones libre e egal en dinia e diretos. Los ave razona e consiensa e debe trata lunlotra con la spirito de fratia ». En français : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité ». Entrées similaires: La lingua franca Le polari ou un avatar de la lingua franca Le pataouète ou la lingua franca des pieds noirs Pennsylvania Dutch – les allemands des USA (1/4) [...] Lire la suite…
6 mars 2023La salade Waldorf est une salade de fruits à base de pommes et de céleri, coupés crus en fines lanières (julienne) ou en cubes et marinés avec un peu de jus de citron et de poivre de Cayenne ainsi que de noix et de raisin, nappée d’une sauce mayonnaise ou de sauce Chantilly (mayonnaise à la crème) et traditionnellement servie sur un lit de laitue. Les pommes, le céleri et les raisins peuvent tous être verts, ce qui harmonise la palette de couleurs du plat. Variantes Au fil des ans, différentes variations de la salade Waldorf ont été créées, avec des ajouts tels que des raisins secs, des dates, de la grenade, de l’avocat ou encore du poulet, de la dinde. Des versions mises au goût du jour changent parfois la vinaigrette en une mayonnaise assaisonnée ou une vinaigrette au yogourt. La salade Waldorf moderne peut également inclure des zestes d’oranges et/ou de citrons, et certaines incluent une base de beurre de cacahuète et de yogourt, et une autre qui remplace le céleri par du chou-fleur. Beaucoup de ces variantes sont destinées à s’adapter aux goûts actuels. Aujourd’hui, deux variantes sont proposées au Waldorf-Astoria, dont l’une propose des noix caramélisées et une vinaigrette à la truffe noire, tandis que l’autre parfume les noix au sirop de coriandre. Petite histoire Elle fut créée vers 1893 à l’hôtel Waldorf de New York (qui devint le Waldorf-Astoria en 1931) par le chef de cuisine de l’hôtel, Oscar Tschirky, qui cherchait à créer un nouveau plat pour le menu. Il a été inspiré par une salade de pommes qu’il avait mangée en Suisse, mais a ajouté du céleri et des noix pour donner une texture et un goût différents. Rapidement, la salade Waldorf est devenue populaire auprès des clients de l’hôtel et a été servie officiellement la première fois pour le bal de charité donné en l’honneur du « St. Mary’s Hospital for Children » le 13 mars 1896. La recette initiale était juste des pommes, du céleri et de la mayonnaise, mais c’est la recette avec l’ajout de noix, apparue au plus tard en 1928 dans « The Rector Cook Book », qui est maintenant considérée comme classique. En 1896, la recette de la salade Waldorf a été incluse dans un livre de cuisine publié par le chef de cuisine Waldorf d’Oscar Chirki qui revendique la création d’autres plats servis au Waldorf, dont les œufs Bénédicte, prétendait être l’auteur de la recette, mais ce fut remis en question. Selon une autre version, la salade Waldorf est apparue pour la première fois dans la chaîne de restaurants « Waldorf Lunch System » fondée par Henry S. Kelsey à Springfield, Massachusetts en 1903, dont le symbole était une pomme rouge. La variante industrielle La salade Waldorf est généralement produite industriellement en utilisant des parts égales de sauce mayonnaise (max. 25 %, valeur recommandée 20 %), des noisettes (min. 8 %, valeur recommandée 10 %), de l’ananas et de la mandarine (max. 10 % ensemble) ainsi que de la pomme et du céleri. Entrées similaires: La salade César Les œufs Bénédicte La Pennsylvania Dutch cuisine 4/4 Les Allemands de Russie aux États-Unis (2/4) [...] Lire la suite…
6 mars 2023‘L’Aviator’s saladLa salade César (en anglais : Caesar salad ; en espagnol : ensalada César ; en italien : Caesar salad) est une salade composée de la cuisine américaine (proche de la salade méli-mélo), composée traditionnellement de laitue romaine, d’œuf dur, de croûtons, de parmesan et de sauce César à base de parmesan râpé, huile d’olive, pâte d’anchois, ail, vinaigre de vin, moutarde, jaune d’œuf et sauce Worcestershire. Cesare Cardini Selon la version la plus répandue, la salade César a été créée en 1924 par le chef cuisinier italo-américain Cesare Cardini (dit Caesar Cardini) dans son restaurant Caesar’s de Tijuana au Mexique et baptisée de son prénom ou de celui de son restaurant qui le porte. Cesare Cardini né en Italie en 1896, était originaire de la région du lac Majeur en Italie et avait sept frères et sœurs : Bonifacio, Annibale, Nereo, Alessandro, Carlotta, Gaudenzio et Maria. Trois de ses frères ont émigré en Amérique ; Nereo a ouvert un petit hôtel près du casino de Santa Cruz, en Californie ; Alessandro et Gaudenzio dans la restauration à Mexico. Alessandro, appelé Alex aux États-Unis, aurait été le partenaire de César à Tijuana, au Mexique. Cesare a navigué en tant que passager d’entrepont à bord du RMS Olympic qui arriva au port de New York le 1er mai 1913. Après inspection à Ellis Island, il embarqua dans un train à destination de Montréal. Cesare retourna finalement en Italie, mais retourna aux États-Unis en 1919. Avec son partenaire William Brown, il dirigea le restaurant « Brown’s » à Sacramento, puis déménagea à San Diego pour créer un restaurant. En raison de la prohibition aux États-Unis (1920-1933), il s’établit à Tijuana et à Ensenada à la frontière entre les États-Unis et le Mexique où il fonde les hôtels-restaurants Caesar’s. L’établissement « Caesar’s » durant la prohibition, sera très fréquenté par les touristes américains et les stars hollywoodiennes telles que Clark Gable, Jean Harlow et William Claude Dukenfield, dit W. C. Fields. Ou encore des célébrités comme Wallis Simpson, maîtresse du prince de Galles, futur Édouard VIII, était une véritable pasionaria du plat signature de Cardini et faisait régulièrement toute une histoire pour qu’elle lui soit servie par le chef lui-même. C’est à elle qu’on devrait l’introduction de la César sur les tables européennes. Afin de promouvoir sa recette, il se déplaça à Bahia située dans le comté de Solano, en Californie, pour participer à un concours gastronomique où sa salade fut primée. Après l’abrogation de la loi Volstead en 1933, qui interdisait les boissons alcoolisées et l’introduction d’une interdiction de jeu par le gouvernement mexicain, l’activité touristique de Tijuana a fortement chuté. Cesare Cardini a mis fin à ses affaires mexicaines en 1936 et est retourné à San Diego pour établir le « Caesar Cardini Café ». Pendant plusieurs années, il a dirigé la « Tavern Hacienda à San Diego », le « Beacon Inn » à Cardiff-by-the-Sea et sa propre villa « Caesar Cardini » à Chula Vista. La famille a déménagé à Los Angeles vers 1938, Cesare Cardini s’est concentré sur la fabrication et la commercialisation de sa vinaigrette, qu’il a enregistrée en 1948. À son décès en 1956, sa fille Rosa Maria Cardini (1928-2003), qui a continué à diriger l’entreprise familiale « Caesar Cardini Foods Inc » après sa mort et faute d’héritier, l’a vendue en 1988 à la société T. Marzetti, une entreprise de vinaigrettes. La sauce César La famille Cardini dépose en 1948 la marque américaine de sa recette originelle de sauce César en bouteille « Sauce César américaine Cardini’s » (Cardini’s Original Caesar Dressing) toujours disponible à ce jour à la vente en grande distribution, suivie de nombreuses variantes et déclinaisons et autres marques concurrentes. Bien que la recette originale ne contienne pas d’anchois, les recettes modernes incluent souvent les anchois comme ingrédient clé, et ils sont souvent émulsionnés dans les sauces en bouteille, qui sont produites et commercialisées par de nombreuses entreprises, telles que Heinz. Les origines de la salade César Il existe plusieurs variantes d’histoires de la création de cette recette, sans qu’aucune d’elles ne puisse être confirmée. La plus commune, racontée par sa fille Rosa Cardini (née en 1928) dit que cette création est le résultat d’une rupture d’ingrédients du restaurant lors d’un important nombre de clients du Jour de l’Indépendance des États-Unis du 4 juillet 1924. Selon différentes versions, la clientèle du restaurant ce jour-là était composée d’un groupe de vedettes du cinéma ou du prince de Galles ou encore d’un groupe d’amis de Cardini. Son père improvise alors, avec un immense succès immédiat, sa salade inspirée d’une recette familiale de cuisine italienne de son enfance, avec les ingrédients disponibles en cuisine. Débordé par le nombre de clients, il prépare ses salades sur le côté des tables avec un certain sens du spectacle « à la César » qui rende son plat immédiatement populaire et célèbre. Certains détracteurs affirment que cette recette est antérieure et qu’on la doit à un autre Italien : Giacomo Junia qui servait vraisemblablement déjà une salade semblable, à Chicago en 1903, en mélangeant du parmesan à d’autres ingrédients pour se rappeler les saveurs de son pays natal. Et il l’aurait appelée ainsi en hommage à Jules César, tout simplement. L’Aviator’s salad D’autres, pour la plupart des employés de Cardini, ont contesté en vain l’attribution de la paternité à Caesar Cardini. Comme le chef d’origine italienne Livio Santini, cuisinier du restaurant de l’hôtel Caesar’s de Tijuana ou d’Ensenada, propriété de Cesare Cardini. Il raconte qu’il l’avait composé lorsqu’il avait 18 ans pour des pilotes américains arrivés à l’hôtel et qui avaient demandé une salade composée. En l’absence de tomates ou d’autres ingrédients typiques, il a suivi une vieille recette de famille, du sud de l’Italie, qu’il tenait de sa mère : une salade romaine, des œufs, des petits morceaux de pain frits à l’huile d’olive, du fromage sec, huile d’olive d’huile d’olive, quelques gouttes de sauce Worcestershire et jus de citron. La salade, ayant plu aux pilotes, s’appelait initialement « salade des aviateurs » ; au fil du temps, César Cardini l’a enregistré comme sa création et l’a publié. Cette salade des aviateurs est elle-même revendiquée par Alex (Alessandro) Cardini (1899-1974), le frère de Cesare, qui avait rejoint l’entreprise familiale en 1926 et a affirmé avoir inventé la salade d’aviateur « Aviator’s salad » (nommée en l’honneur des pilotes dans une base voisine de San Diego, où la famille dirigeait également un restaurant). Et selon certains qu’il aurait déjà réalisé une salade très similaire au célèbre hôtel Peñafiel de Tehuacán dans l’État de Puebla, lorsqu’il y était chef de cuisine qui le considèrent comme co-auteur de la fameuse recette. Il a ensuite fondé le célèbre restaurant Cardini à Mexico. La recette originale (ou ses variantes) peut encore être savourée au restaurant New Orleans de Mexico, où le chef Alex Cardini III continue d’appliquer la sagesse familiale dans la préparation de la délicieuse salade. De même pour Paul Maggiora, un partenaire de Cardini, dit quant à lui avoir créé la fameuse salade en 1927 pour des pilotes américains de San Diego et l’avoir appelée la « Aviator’s Salad ». En tous les cas, cette « Aviator’s Salad », allait devenir la salade César. Les échos de la presse Dans un article de 1946 de la journaliste Dorothy Kilgallen a décrit une salade César contenant des anchois, différante de la version de Cardini : « La dernière folie hollywoodienne, la salade César, sera présentée aux New-Yorkais par Gilmore’s Steak House. C’est une concoction complexe qui prend des années à préparer et contient beaucoup d’ail, des œufs crus ou légèrement mimés, des croûtons, de la laitue romaine, des anchois, du parmesan, de l’huile d’olive, du vinaigre et beaucoup de poivre noir » . Dans une interview de 1952, Cesare Cardini a déclaré que la salade César est devenue célèbre en 1937, quand Manny Wolf, rédacteur en chef et chef du département des écrivains de Paramount Pictures, a fourni la recette aux restaurants de Hollywood. Dans les années 1970, la fille de Cardini a déclaré que la recette originale comprenait des feuilles de laitue entières, qui devaient être soulevées par la tige et mangées avec les doigts; œufs cocotte ; et huile d’olive infusée à l’ail. Plusieurs sources ont témoigné que la recette originale n’utilisait que de la sauce Worcestershire sans aucun anchois, que Cardini considérait comme trop audacieuse en saveur. Le Caesar’s de Tijuana Le restaurant Caesar’s de Cesare Cardini à Tijuana, existe toujours, il est situé sur l’Avenida Revolución et est maintenant dirigé par le chef Javier Plascencia, principale chef de file de la cuisine « Baja Med » ou « Baja Mediterranean » (sorte de cuisine fusion à la mexicaine, mettant en valeur les produits frais et les fruits de mer de la Basse-Californie). Le bar et restaurant Caesar’s original a été ouvert pour la première fois dans une ruelle de Tijuana en 1923, et est devenue célèbre l’année suivante après l’invention de sa salade. L’animatrice et chef de cuisine Julia Carolyn Child (1912-2004) a déclaré y avoir mangé une salade César pendant sa jeunesse en 1925 ou 1926 alors qu’elle était en vacances. En 1926, le restaurant a déménagé dans la 2ᵉ rue, et un an plus tard, il a déménagé à son emplacement actuel à l’hôtel Caesar’s sur Avenida Revolución entre les 4ᵉ et 5ᵉ rues. Cesare Cardini a acheté l’hôtel et le restaurant en 1932 et l’a revendu en 1936. Suite à une énorme réduction du nombre de touristes américains à Tijuana après les attentats du 11 septembre et aux longs délais d’attente en raison des contrôles à la frontière pour retourner aux États-Unis, le restaurant a fait faillite et a fermé ses portes en 2009. Le père de Javier, Juan José Plascencia (dit Don Tana) propriétaire du restaurant, a rénové le restaurant et l’a rouvert en juillet 2010, avec un luxueux intérieur art déco rappelant les années 1920. En 2017, le San Diego Reader l’a qualifié de « joint le plus chic de Tijuana ». Les serveurs préparent les salades César « originales » à table. Les concours De nombreux concours de réalisation de salade César sont organisés aux États-Unis et au Mexique pour célébrer la recette et dont les plus connus sont : le Concours de la Meilleure Salade César à Tijuana, Mexique, qui est organisé chaque année depuis 1928 en l’honneur de Caesar Cardini, le créateur de la salade César ; le Concours de la Salade César du Festival Culinaire de San Diego, qui attire des chefs de tout le sud de la Californie ; le Concours International de la Meilleure Salade César à Chicago, Illinois, qui est organisé chaque année depuis 2010 et attire des chefs du monde entier. Recette originale Ingrédients originaux : laitue romaine (feuilles entières) ; croûtons à l’ail, pain à l’ail ; jus de citron ; de plus en plus remplacé par du citron vert ; huile d’olive (ou plus exactement d’huile d’olive à l’ail) ; parmesan (Parmigiano Reggiano) ; œufs durs ou mollets (la recette initiale comporte un œuf cru) ; sel, poivre noir ; sauce Worcestershire. Les ingrédients suivants peuvent également être ajoutés : ail ; moutarde ; Grana Padano (peut remplacer le Parmesan) ; anchois, pâte ou filets. La recette originelle n’en avait pas, sa légère senteur d’anchois provenait de la sauce Worcestershire. La majorité des recettes modernes contiennent des anchois, en morceaux ou en pâte, même la vinaigrette. Les variantes contemporaines peuvent aussi contenir des avocats, des tomates, des oignons, des câpres, des lardons, du bacon et même du poulet, du saumon, des crevettes, grillées ou non. 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4 mars 2023Les œufs à la russe sont des œufs cuits durs, farcis, généralement coupé en deux et dont les blancs reçoivent une farce. Traditionnellement, les œufs farcis étaient servis chauds et comportaient de nombreuses recettes. Ils pouvaient être cuits durs ou mollets, au four, à la poêle, à la casserole, ou en friture et le plus souvent accompagnés d’une sauce. Le grand classique est les œufs farcis à la Chimay où les blancs d’œufs durs sont farcis de champignons sur lit d’épinard. Ou encore les œufs farcis Lavallière dont la farce est composée de purée de volaille et nappés de sauce Mornay et de parmesan et dont les jaunes sont tamisés dessus après passage au four et servir sur ris de veau. Depuis la fin du XIXᵉ siècle, sur le modèle de la cuisine russe, les œufs farcis servis froids et dont les jaunes ont été remplacés par une farce, une sauce type tartare, gribiche… ou du caviar, de l’anchoïade, voir du fromage sont appelés « œufs à la russe ». Ils ont donné lieu à de nombreuses variantes comme l’œuf mayonnaise, l’œuf mimosa ou encore l’œuf en gelée. Le changement de consommation des œufs farcis, passant de chaud à froid, entraîne un changement de leur place dans le repas, ils passent de plat ou d’entremets, au milieu du repas, à celui d’entrée froide, de hors d’œuvre, de brunch, d’apéritifs, d’amuse-gueule, de tapas. Les œufs à la diable sont une variante épicée d’œuf mayonnaise ou d’œuf mimosa. Le terme « à la diable » désigne simplement une préparation épicée, comme dans la « palette à la diable » où la viande est marinée puis cuite avec de la moutarde. Le terme « œuf à la russe » ne doit pas être confondu avec celui « œuf de Fabergé » qui désigne les pièces de joaillerie en forme d’œuf créé par le Pierre-Karl Fabergé pour la fête de Pâques, notamment à l’attention des Tsars de toutes les Russies et de leurs épouses. En Australie existe une variante d’œuf farci à base d’œuf d’émeu (sorte d’autruche) de la taille d’un pamplemousse. Les œufs lourds et de couleur noir verdâtre nécessitent 70 minutes de cuisson et leur coquille épaisse nécessite un maillet ou un couteau de cuisine pour l’ouvrir. Le blanc d’œuf cuit est ensuite découpé en petits morceaux et assaisonné d’une crème pâtissière classique à base de jaune. Histoire des œufs farcis L’œuf farci remonte à l’Égypte et à la Rome antique, où les œufs dur étaient assaisonnés de sauces épicées et servis en entrée lors de rassemblements et de festins. Servir des œufs à leurs invités était si courant pour les riches Romains qu’ils avaient même un dicton pour cela, « ab ova usque ad mala », qui signifie « des œufs aux pommes », ce qui signifie du début d’un repas à la fin. Apicius célèbre gourmet du Ier siècle, nous donne une recette d’œufs farcis : « farcir les blancs d’œufs durs d’un mélange des jaunes et de marjolaine, safran, clous de girofle, un peu de fromage et d’œuf cru. Les frire avec du lard, les manger avec des légumes au verjus ». Au Moyen Âge, des recettes d’œufs durs farcis aux herbes, au fromage et aux raisins secs se trouvent dans de nombreuses recettes de la cuisine européenne. En 1085, on trouve des eyeren ghevaerest (jaune pilé avec du lait, farci puis frit). Au XIIIᵉ siècle, l’Anonyme Andalou donne 2 recettes d’œufs durs farcis, mais elles sont loin de la finition et grains jaunes mimosa et persil vert : L137 Œufs farcis (demi œufs durs, farcis de leurs jaunes pilés avec graine de coriandre, jus d’oignon, garum, de l’huile d’olive, puis attachés ensemble, saupoudrés de poivre noir) L240 même recette épicée à la cannelle, badigeonnés de safran et frits, servis sous une sauce au nard et à la cannelle. Ces deux recettes d’œufs farcis semblent être les plus proches de l’œuf farci des temps modernes. L’humaniste, écrivain et gastronome italien de la Renaissance Bartolomeo Sacchi, dit « Platine » (il Platina) nous donne en 1462 une recette d’œufs farcis chauds « Farcir les œufs… avec un peu de menthe et du persil découpés menu bien peu de raisin, deux œufs crus. Les cuire avec du lard, servir avec du jus d’orange et du gingembre ». Au XVᵉ siècle un livre de recette en bas allemand parle de halve eygere de ghevullet sym (demi œufs farcis), au XVIIᵉ siècle (1662), le recueil « le Cuisinier méthodique » fait une farce de cochon aux œufs durs farcis. D’autres œufs farcis, souvent sucrés et toujours chauds, se rencontrent au XVᵉ siècle. Ce sont encore des œufs farcis chauds que donne l’auteur de livres de cuisine Pierre de Lune (1656), œufs farcis mollets et œufs farcis frits, puis le cuisinier français Pierre-François La Varenne (1655) et l’officier de bouche François Massialot (qui a travaillé comme chef cuisinier pour diverses cours)(1691) et ainsi pendant les XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles, les œufs farcis sont systématiquement frits, gratinés ou passés au four chaud. Les œufs farcis sont au XIXᵉ siècle un entremets chaud. Ceux d’Archambault (1825) sont des œufs reconstitués, remplis d’une farce à base de leurs jaunes cuits et de panade, passés au four et servis chauds, dans ceux de Catherine de Bonnechère (1895) la panade est remplacée par du riz. Alphonse Allais en 1921 ne les connaît que chauds : « Connaissez-vous les œufs farcis ? C’est excellent. Vous faites durcir vos œufs, vous les coupez en long et vous retirez le jaune. À ce jaune, vous ajoutez de la viande hachée menue, du persil, du cerfeuil, etc. ; vous faites une farce que vous mettez à la place du jaune. Vous faites ensuite mijoter le tout dans un plat couvert sur un feu doux. Je le répète : c’est exquis ». Les influences de la cuisine russe Aux XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles, l’agrandissement de l’Empire russe, la proximité de la route de la soie, du Caucase, de la Perse, de l’Empire ottoman et des puissances Européenne ont apporté des techniques culinaires et des nourritures plus raffinées. C’est durant cette période que furent introduits dans la cuisine russe, au moins pour l’aristocratie urbaine et l’élite provinciale, les viandes et poissons fumés, la pâtisserie, les salades et légumes verts, le chocolat, les desserts glacés, les vins et les liqueurs. Cela fut le point de départ d’une intégration créative de ces nouvelles techniques alimentaires avec les plats russes traditionnels. Cela déboucha sur une grande variété de techniques, d’assaisonnements et de combinaisons d’ingrédients. À l’époque de Catherine II (1762 – 1796), chacune des grandes familles influentes russes faisait venir des produits et du personnel, essentiellement d’Allemagne, d’Autriche et de France, pour fournir à sa table les plats les plus raffinés, les plus rares et les plus créatifs. C’est particulièrement évident dans la cuisine pratiquée par les chefs franco-russes, excitante, élégante, toutes en nuance et décadente. De nombreux plats qui sont considérés en Europe occidentale comme faisant partie de la cuisine russe traditionnelle sont en réalité la création de la cuisine franco-russe des XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles et comprennent des plats aussi répandus que le veau Orloff, le bœuf Stroganov et la charlotte russe. Le service à la russe Si depuis le Moyen Âge, en Europe, les dîners de l’aristocratie étaient servis « à la française » où tous les plats étaient tous présentés en même temps, il en fut de même en Russie pour les repas de réception formels jusqu’au XIXᵉ siècle. En Russie, avec l’agrandissement de l’Empire et l’accroissement financière des grandes familles amenèrent à faire évoluer le service à la française vers un service plus raffiné où les convives, assis autour d’une table, sont servis à la portion et peuvent manger chaud, ce que le service précédent ne permettait pas d’atteindre réellement. Ce nouveau type de service est appelé « à la russe ». Le service à la russe préfigure la restauration en salle moderne et ses rites de consommation où tout est convenu. Bien qu’un cafetier, imitant les rites nouvellement mis en usage dans l’aristocratie, inaugure le premier restaurant ouvert à Paris vers 1765, selon La Revue de Famille (1893) Le service à la russe a été introduit en France en juin 1810, à Clichy, par le prince Alexandre Kourakine, ambassadeur de Russie en France entre 1808 et 1812. Depuis, le service à la russe a remplacé le service à la française en France et dans toute la partie occidentale de l’Europe. Les Œufs farcis froids ou à la Russe Dès le XIXᵉ siècle, la Russie est connue pour sa grosse production de volailles et ses exportations d’œufs, mais aussi pour son énorme consommation d’œufs durs à la Pâques orthodoxe où ces œufs durs sont servis et consommés froids. A. Petit (1860), chef de cuisine du Comte Viktor Panine écrit : « l’usage dans toutes les familles russes en général, et n’importe dans quel pays elles se trouvent, d’avoir au retour de la messe de minuit qui se célèbre dans la nuit du samedi saint au dimanche de Pâques, une table toute dressée et couverte en ambigu, de plats froids , pâtisseries, dessert, etc. et quelquefois aussi d’un ou deux plats chauds de volaille, veau ou gibier ». Mais il faut attendre 1845, qu’Henriette Davidis, auteur de livre en langue allemande, donne la première recette d’œufs à la russe dans son livre Praktischem Kochbuch (livre de cuisine pratique) : « Les œufs durs sont mis à refroidir dans de l’eau froide, puis écalés et placés entiers dans un saladier, où ils sont arrosés d’une sauce tartare assaisonnée de ciboulette ». 1872, pour que le nom « d’œufs à la Russe » apparaisse sous la plume du cuisinier français Urbain Dubois qui pour la première fois en français donne une recette d’œufs durs farcis d’un salpicon de homard sauce à la russe (moutarde, vinaigre, huile d’olive) présentés debout, qu’« on sert comme hors-d’œuvre froid ». Et en langue anglaise, 1896, que Fannie Farmer, experte culinaire américaine, publie la première recette d’œufs farcis (avec une mayonnaise à la volaille) servis froids, les deviled egg. Très rapidement, les œufs à la russe connaissent le succès et les recettes évoluent rapidement : en 1903, Tante Rosalie dans « Le petit Troyen » donne des œufs durs froids farcis de mayonnaise, jaunes cuit, et jambon, avec estragon, cerfeuil et persil hachés. L’expression « Œufs à la russe » est utilisée dans la presse francophone de 1871 à 1935, ensuite, elle tombe en désuétudes. C’est seulement en 1912 que se répandent des recettes d’œufs farcis froids (et non plus à la russe) : Œufs farcis Maintenon (Jaune pilé avec du foie gras), Œufs farcis aux crevettes (mayonnaise, crevettes). Entrées similaires: Les œufs mimosa Les œufs Bénédicte L’œuf mayonnaise L’œuf dur L’œuf en gelée [...] Lire la suite…
4 mars 2023Les calmars frits ou calamars frits, appelés aussi calamars alla romana est une préparation typique de différentes cuisines du monde, comme les cuisines italienne, espagnole, grec, turque, philippine ou encore argentine. Au Portugal, presque invariablement, le terme fait référence au plat espagnol, également connu sous le nom calamares ou lulas à sevilhana (Calamars à la sévillane). Il s’agit de calmars coupés en bandes ou en anneaux qui sont trempés dans la farine ou plus rarement dans de la chapelure et frits dans une grande quantité d’huile, puis servies, éventuellement assaisonnées de citron. Espagne En Espagne, ils sont connus sous le nom de calmars frits, calamares a la romana, rabas ou calamares a la andaluza. Ils sont généralement considérés comme une tapa (entrée) et on les trouve facilement dans les bars et les restaurants, surtout dans les régions côtières. Comme certains autres plats de fruits de mer, ils sont traditionnellement servis avec une tranche de citron, à presser sur la portion. Une variante consiste à les paner dans de la farine de pois chiches, ce qui modifie leur texture, et leur saveur les rendant plus croustillants. Cette recette est typique des poissons frits et enrobés de pâte à frire du sud de l’Espagne. Philippines Aux Philippines, les calmars frits sont appelés simplement kalamares, ou parfois pritong pusit (littéralement, « calmar frit » en philippin). Ils sont un aliment de rue populaire dans tout le pays et sont vendus accompagnés d’une sauce comme l’aïoli, la mayonnaise ou le vinaigre épicé. Turquie Les calmars frits sont courants dans les cuisines de nombreux pays du pourtour méditerranéen ; par exemple en Turquie, où ils sont très populaires sous le nom de kalamar tava (calmar frit en turc). Cette variante se déguste avec de la sauce tarator. La sauce tarator (ṭaraṭūr en arabe ; ṭarāṭūr en Égypte et en Syrie) désigne également une sauce à base de tahini (crème de sésame), persil, citron, huile, lait, ail et noix. Elle est notamment servie avec les kalamar tava (calmars frits), les midye tava (moules frites à la turque), les falafels. La sauce Tarator ou tzatziki est composé à partir de chapelure, de yaourt épais (de chèvre ou de brebis en Grèce et en Turquie), de concombres (râpé, en purée, ou en fines tranches préalablement mises à dégorger), d’oignons, d’ail et assaisonnée de quelques gouttes de jus de citron et un peu d’huile d’olive. Il est conservé au froid et au moment de servir, garni de feuilles de persil, de noix et d’olives noires. Si la sauce Tarator a un nom similaire avec la sauce tartare, elle n’a pas grand-chose à voir avec elle ou la soupe froide dénommée également tarator ou tzatziki en grec, bien qu’elle ait inspiré son nom, d’origine bulgare, très appréciée en été et consommée en Bulgarie, en Macédoine du Nord, en Turquie et en Albanie. Une sauce ou une soupe semblable existe en Irak et en Arménie, appelé djadjik. On trouve une autre variante, appelée ovdukh, dans le Caucase, où le kéfir remplace le yaourt. Celle-ci peut servir de boisson rafraîchissante en été ou bien être versée sur un mélange de légumes, d’œufs et de jambon, ce qui donne une variante de la soupe russe, okroška. Le tzatziki peut être comparé à la raïta indienne, qui sert aussi d’accompagnement à d’autres plats. Autres pays Dans d’autres pays, ils servent généralement un plat préparé de manière très similaire, mais servi avec les sauces nationales ou les plus populaires de la région. De cette façon, au Mexique, il est généralement pris avec du Tabasco ou d’autres sauces piquantes et au Pérou, ils sont généralement préparés et servis avec : de la salsa criolla, sauce latino-américaine, composé d’oignons émincés, de vinaigre, de tomates, d’ail, de piments, de poivrons, d’huile d’olive, de sel, de poivre et d’herbes comme le persil ou la coriandre. Elle possède des similitudes avec la sauce chien. de rocoto, piments particulièrement forts, classés entre 100 000 et 200 000 sur l’échelle de Scoville. yucca étuvé, (sancocho de l’espagnol sancochar) une soupe traditionnelle dans plusieurs pays d’Amérique latine, variante du plat espagnol appelé cocido. Dans la cuisine chinoise, le calmar est habituellement haché puis recouvert de sel et de farine avec beaucoup de piment, ce qui en fait un plat très semblable à celui décrit. Entrées similaires: Les panés industriels Les gaufres, les variantes mondiales Les variétés de crêpes dans le monde Les Œufs à la russe [...] Lire la suite…
4 mars 2023Le cordon bleu Le cordon bleu, ou parfois cordon-bleu, est un plat préparé avec une escalope (de veau, de porc, de poulet ou de dinde) roulée autour de jambon et de fromage, puis panée. L’origine du nom est sujette à discussions, « Cordon bleu » était, sous l’Ancien Régime, le surnom donné aux chevaliers de l’ordre du Saint-Esprit et pourrait avoir pour origine l’habitude prise, au début du XVIIᵉ siècle, par plusieurs hauts personnages, tels Gilles de Courtenvaux ou Gilbert de La Trémoille, tous porteurs du ruban bleu de l’ordre du Saint-Esprit, de se réunir régulièrement autour d’un succulent déjeuner. La renommée de ces repas fut telle qu’on employa l’expression « Faire des festins de cordons bleus ». Le qualificatif passa ensuite des organisateurs aux réalisateurs, pour s’appliquer aux cuisiniers eux-mêmes. Appliquée à la cuisine, l’expression apparaît en 1814. On retrouve une origine du cordon bleu en Espagne, dans la principauté des Asturies, à travers le San Jacobo (el cachopo), dans une variante courante en Uruguay et en Argentine la milanesa rellena et en Suisse, à Brigue, dans la Schweizerschnitzel, farcie au fromage, en tant qu’escalope à la viennoise, probablement dans les années 1940 et mentionné pour la première fois l’escalope cordon bleu dans le livre du célèbre barman suisse, professeur d’école hôtelière, et considéré comme un pionnier de la culture du cocktail en Suisse, Johann Heinrich Chira « Harry » Schraemli-Bühlmann (1904 – 1995) Von Lucullus zu Escoffier de 1949. Dans le canton de Vaud, le cordon bleu est essentiellement fait avec du porc. Depuis 2018, l’invention du cordon bleu de veau est célébrée à Brigue à l’occasion de l’Alpenstadtfest. La première mention faite au « veal cordon bleu » (cordon bleu de veau) date de 1955 dans le Los Angeles Times. Elle figure parmi les plats à la mode, servis dans le monde des affaires. La première référence dans le New York Times est une publicité pour United Airlines parue dans le numéro du 21 février 1962 (p. 39) : « Votre plat pourrait être un filet mignon tendre, une poitrine de poulet farcie ou un cordon bleu de veau, accompagné de légumes et de pommes de terre cuisinés selon une de nos douze recettes. ». On trouve une référence à un « cordon bleu de poulet » dans le même magazine en 1967. D’après l’auteur culinaire Patricia Bunning Stevens, le Chicken Cordon Bleu (« cordon bleu de poulet ») serait une invention américaine assez récente s’appuyant sur deux recettes traditionnelles européennes : le poulet à la Kiev, authentique plat ukrainien fait de blancs de poulet aplatis, garnis de beurre assaisonné, panés et frits. Le poulet à la Kiev devint populaire aux États-Unis dans les années 1960 après avoir été une spécialité des restaurants raffinés. Des variations ont alors proliféré avec le « Veal Cordon Bleu » de Suisse ou le « Schnitzel Cordon Bleu » d’Autriche. Dans ces deux cas, il s’agit d’escalopes de veau aplaties entourant de fines tranches de jambon et d’emmental ou de gruyère, puis panées. Les Chicken Cordon Bleu résulteraient ainsi d’un mélange du cordon bleu de veau et du poulet à la Kiev. Bâtonnet de poulet Les bâtonnets de poulet (en anglais : chicken fingers), appelés aussi tenders de poulet (chicken tenders), sont une préparation culinaire à base de viande de poulet, généralement à partir des muscles pectoraux de l’animal. Les bâtonnets de poulet sont préparés en enrobant la viande dans de la chapelure, avant d’être frits, d’une manière similaire à la préparation d’escalopes panées. Les bâtonnets de poulet sont servis dans de nombreux fast-food américain, européen ou australien. Ils sont le plus souvent servis avec des frites, une salade ou dans un sandwich, un wrap accompagnés d’une sauce. Il est communément admis que les bâtonnets de poulet furent inventés en 1974 au Puritan Backroom à Manchester au Royaume-uni, bien que leur création soit revendiquée par des restaurants de Savannah (Géorgie) et à Baton Rouge (Louisiane) aux États-Unis. Au cours de la seconde moitié des années 1980, les bâtonnets de poulet ont gagné en popularité et étaient considérés comme une alternative aux nuggets de poulet, car ils contenaient plus de viande. Nugget de poulet Un nugget de poulet (de l’anglais nugget, « pépite » soit littéralement, « pépite de poulet ») ou croquette de poulet est un plat cuisiné composé d’une pâte de chair et de peau de poulet finement hachées, qui est ensuite roulée dans une pâte à beignets ou une panure avant cuisson. En restauration rapide, ils sont généralement préparés à la friture, alors qu’ils sont le plus souvent préparés au four chez les particuliers. Le nugget de poulet fut inventé dans les années 1950 par Robert C. Baker, un professeur en sciences de l’alimentation de l’université Cornell (dans l’État de New York) et publié sans dépôt de brevet, en tant que travail académique. La découverte du Dr Baker rendit possible la préparation de nuggets de toutes formes. On accorde souvent à tort la paternité des nuggets de poulet à McDonald’s qui ne créa cependant ses Chicken McNuggets qu’en 1979 et ne les commercialisa qu’en 1980. La composition des nuggets est généralement préparée à base de viande séparée mécaniquement (une pâte de viande) et contiennent en général une importante proportion de peau de poulet et cartilages qui permettent une meilleure cohésion de la préparation et un coût inférieur. Poisson pané Le poisson pané est une préparation culinaire consistant en un morceau de poisson recouvert de panure ou de chapelure et qui est par la suite frit à la poêle ou au four. Les morceaux peuvent être carrés, ovales, en forme de poisson. Il peut aussi simplement s’agir d’un filet de poisson levé. La panure peut être additionnée de persil ou d’épices. Le poisson pané est très répandu dans les rayonnages surgelés des supermarchés occidentaux ou orientaux, et est souvent considéré comme un aliment pour enfant. Le poisson utilisé est habituellement du colin ou du cabillaud. Historiquement, la première mention du terme « fish finger » fut donnée dans une recette dans un magazine britannique en 1900. Les restrictions alimentaires pendant et après la Seconde Guerre mondiale en Grande-Bretagne ont accru la consommation de bâtonnets de poisson, bien que les entreprises aient eu du mal à maintenir un niveau de qualité suffisant. Aux États-Unis également, la consommation de poisson augmenta du fait que le bœuf était rationné, car les producteurs de viande se concentraient sur l’effort de guerre. C’est à partir de cette époque que les chaînes de fast-food qui vendait des hamburgers se mirent à réfléchir afin d’élaborer de nouveaux produits comme le chop suey et les galettes de poisson. Après la Seconde Guerre mondiale, il y avait une abondance de harengs au Royaume-Uni. Clarence Birdseye qui était considéré comme le père des techniques de conservation des aliments par le froid, testa à Southampton et dans le sud du Pays de Galles, des bâtonnets de poisson au hareng, un produit qu’il avait découvert aux États-Unis, connus sous le non de « herring savouries » et des bâtonnets de poisson à la morue, un produit relativement fade utilisé comme témoin et contre toute attente les consommateurs préfèrent les bâtonnets de poisson à la morue. Initialement appelé Battered Cod Pieces, jusqu’à ce qu’un sondage opte pour le terme Fish Fingers. La commercialisation des poissons panés a commencé en 1953 lorsque la compagnie américaine Gorton-Pew Fisheries, maintenant connue sous le nom de Gorton’s of Gloucester, a produit des poissons panés surgelés appelés Gorton’s Fish Sticks qui ont remporté le prix d’approbation du magazine Parents. Le développeur de ces bâtonnets de poisson était Aaron L. Brody. Ce poisson est alors trempé dans du jaune d’œuf et recouvert de farine. Ensuite, le poisson est jeté dans de l’huile bouillante. À la fin de la cuisson, la panure est de couleur marron clair ou dorée. Bien qu’il existe différentes formes, la plupart des langues européennes désignent ce produit par allusion à la forme oblongue la plus courante, et non à sa composition (comme en français) ; ainsi, la langue anglaise le qualifie de fish finger, la langue allemande de Fischstäbchen, la langue espagnole de palito de pescado, la langue néerlandaise de visstick et langue polonaise de paluszki rybne, soit respectivement, littéralement « doigt de poisson », « baguette de poisson » et « bâtonnet de poisson ». Entrées similaires: Les calamars frits [...] Lire la suite…
4 mars 2023L’escalope à la viennoise ou escalope viennoise (Wiener Schnitzel en allemand) est un mets traditionnel de Vienne en Autriche, constitué d’une fine tranche de viande enrobée de chapelure et frite. L’origine Ce type de préparation serait apparu à Vienne au cours des XVᵉ et XVIᵉ siècles, mais la première mention connue du terme Wiener Schnitzel se trouve dans un livre de recette praguois de 1831. La Wiener Schnitzel d’Autriche est une tranche de veau, souvent servie avec une tranche de citron, de la confiture d’airelle et soit de la salade de pommes de terre, soit des pommes de terre avec du persil et du beurre. On peut remplacer le veau par du porc, même si, dans ce cas, il est fréquemment appelé le Schnitzel Wiener Art en Allemagne ou Wiener Schnitzel vom Schwein (littéralement « escalope viennoise de porc ») en Autriche, pour le différencier de l’original. En Roumanie, cette variante avec du porc qui très courante, est appelée « șnițel ». En Israël, les schnitzel sont constituées de volaille. Les variantes du monde entier L’escalope à la viennoise est servie très différemment d’un pays à l’autre et il en existe de nombreuses adaptations avec différents accompagnements. Le terme schnitzel désigne en général tous les types de morceaux de viande plats panés et frits. En raison de la similitude entre le schnitzel et l’escalope, dans de nombreux pays énumérés ci-dessous, les gens se réfèrent parfois aux schnitzels comme escalope, et vice versa. Europe occidentale En Espagne, tout comme en Styrie en Autriche, on consomme l’escalope au naturel (Naturschnitzel) c’est-à-dire non panée avec un simple sauce. L’Escalopa San Jacobo ou cachopo (dans le nord de l’Espagne) est généralement fait avec du veau ou du porc farci au jambon et au fromage. C’est une sorte de cordon bleu. Au Portugal, la schnitzel est appelé bife panado ou simplement panado (pané). Différentes variétés de panado peuvent être réalisées avec du poulet (panado de frango), de la dinde (panado de peru), du porc (costeleta panada pour la côtelette de porc, febra panada pour le porc sans os), ou du veau (escalope de vitela panado). La viande est habituellement assaisonnée de poivre noir, d’ail et de jus de citron. Il est souvent servi avec des spaghettis, des pommes de terre frites ou du riz (nature ou avec des haricots). Il est également apprécié en sandwich, servi dans un petit pain avec de la laitue (sandes de panado). En France, l’escalope parisienne (Pariser Schnitzel) est variante de la Wiener Schnitzel sans chapelure de l’escalope viennoise. Il s’agit d’une préparation de viande panée censée être originaire de Paris, n’utilisant pas de chapelure. Cet apprêt a été présenté à l’Exposition universelle de Paris de 1889. La composition de ce plat comporte de la viande de veau salée, trempée dans de l’œuf battu et de la farine. L’escalope est cuite dans de l’huile de colza ou du beurre jusqu’à ce que les deux côtés soient dorés. Contrairement aux versions allemandes du schnitzel, il est servi sans sauce et, selon la tradition viennoise, avec un cercle ou une tranche de citron, parfois avec une salade de pommes de terre. Aux Pays-Bas et en Belgique, la schnitzel est principalement composée de porc et servie avec des frites et une salade de légumes. La Zigeunerschnitzel (servi avec du paprika) et le Cordon bleu y sont très populaires. Une variante hollandaise typique est la « gehaktschnitzel », une schnitzel à base de viande hachée. Aux Pays-Bas, chaque boucher a ses propres variantes. Au Royaume-Uni, la parmo, ou la Teesside Parmesan, est une schnitzel populaire à Middlesbrough et dans le Teesside, et un plat à emporter populaire dans le nord-est de l’Angleterre. Il se compose d’une escalope panée de poulet ou de porc nappée d’une sauce béchamel blanche et de fromage, généralement du cheddar. En Allemagne, il en existe plusieurs variantes dont : la Hamburger Schnitzel (Schnitzel à la Hambourgeoise) auquel on ajoute un œuf au plat. l’Holsteiner Schnitzel (Escalope façon Holstein), panée et garnie d’un œuf au plat, d’anchois, de câpres, et de quelques quartiers de citron. Cette recette est proche de l’escalope à la suédoise. La Surschnitzel est une escalope pannée à basse de viande salée (Surfleisch – salaison). En Suisse, la Schnitzel et la Wienerschnitzel peuvent être accompagnés de sauce béarnaise et de rondelles de tomates. La viande est traditionnellement une tranche de veau, d’environ 1 cm d’épaisseur. La Schnipo, une combinaison de schnitzel et de pommes de terre frites et la Rahmschnitzel constituée avec du veau ou du porc et nappée d’une sauce à la crème, incluant parfois des champignons, y sont aussi trés populaires. La version avec du fromage et du jambon s’appelle Schweizerschnitzel (schnitzel suisse), variante cordon bleu constituée de deux tranches de schnitzel de fromage (typiquement Emmental ou Gruyère) et d’une tranche de jambon. Le « Walliser Schnitzel » est également une variante dans laquelle la viande n’est pas panée, mais frite dans l’huile puis enrobée de sauce tomate et de fromage à raclette. Europe de l’Est En Estonie, les schnitzels sont généralement fabriqués à partir de fromage pané et frit, généralement servi avec une salade. En Ukraine, dans l’ouest (ancien royaume des Habsbourg de Galicie et de Lodomérie), elle est connue sous le nom de shnitsel’ ; Dans le reste du pays, on l’appelle vidbyvna, mais aussi bytky. Elle est habituellement faite de porc, ou parfois de poulet. En Pologne, la Kotlet schabowy est une côtelette désossée ou de filet de porc panée (avec ou sans os) ressemblant à un schnitzel viennois. Il peut également être fait à partir de poulet. C’est l’un des plats les plus populaires de la cuisine polonaise d’aujourd’hui. Les ingrédients typiques comprennent : les œufs, le saindoux ou l’huile, les épices, longe de porc avec ou sans os, chapelure et farine. En Russie, le plat s’appelle otbivnaya, ce qui signifie littéralement un morceau de viande qui a été battu. La cuisine russe comprend des recettes de schnitzel préparées à partir de porc, ainsi que de bœuf, de veau et de poulet. En russie inl exiqte une variante de la Zigeunerschnitzel, servi tranché avec du paprika. Europe centrale En Autriche, la Wiener schnitzel fait partie du patrimoine culinaire national et il est considéré comme inacceptable l’adjonction de sauce. Il existe aussi de variante non pannée comme : la Jägerschnitzel, généralement servie avec une sauce au poivre noir et aux champignons. la Rahmschnitzel (schnitzel à la crème) servi avec une sauce à base de crème fraîche, contenant souvent des champignons. la Zigeunerschnitzel (Romani schnitzel) est un schnitzel avec une sauce tzigane contenant des tomates, des poivrons et des tranches d’oignon. Le Vanillerostbraten est un plat traditionnel de la cuisine autrichienne et surtout viennoise, qui s’apparente dans sa préparation au Zwiebelrostbraten (rosbif à l’oignon). Il est constitué d’escalopes de bœuf préparé avec de l’ail, du sel, du poivre, du beurre, des oignons et du bouillon brun et normalement servi avec des pommes de terre frites. Contrairement à son nom, il n’est pas parfumé à la vanille en raison de son coût à l’époque mais à l’ail, que l’on surnommait à cette même époque la vanille du pauvre. En Hongrie, en raison de la forte influence autrichienne durant l’époque austro-hongroise, la Wiener schnitzel y est restée très populaire et connu sous le nom de bécsi szelet (tranche viennoise), borjú bécsi (veau viennois) ou rántott hús (viande panée). Elle est servie dans les restaurants et courament dans les foyers hongrois, souvent préparé le dimanche ou pour les festivités avec des spätzle (préparation culinaire de pâtes), des frites, de la purée de pommes de terre ou du riz. Alternativement, des petits poids ou d’autres légumes sont utilisés comme plat d’accompagnement. Du pain et de la salade (ou des cornichons) accompagnent fréquemment le repas. Certains restaurants proposent la variante cordon bleu, une tranche de schnitzel roulée et farcie de fromage et de jambon. En Tchéquie, le schnitzel est très populaire où il est connu sous le nom de smažený řízek ou simplement řízek et est composé de porc, de poulet ou de veau. Il est habituellement servi avec une salade russe de pommes de terre, carotte, persil, céleri, oignon, cornichons, mayonnaise (œufs et saucisse). C’est aussi le plat typique du panier-repas, préparé sous forme de sandwich. Pendant la période communiste, un fromage à pâte dure pané et frit appelé smažený sýr (littéralement, fromage frit) est devenu populaire, principalement auprès des jeunes et des étudiants, surtout servi avec de la sauce tartare, une tranche de citron et des pommes de terre cuites à l’eau, agrémentées de beurre fondu et de persil. En Slovaquie, pays frontalier avec l’Autriche, la schnitzel y est très populaire où elle est appelée vyprážaný rezeň, ou juste rezeň (dans les parties occidentales du pays, en particulier à Bratislava, familièrement aussi schnitzel, ou šniceľ). Elle est souvent composée de porc ou de poulet et est généralement servi avec des frites (notamment dans les cantines), de la purée, des pommes de terre cuites à l’eau, une salade de pommes de terre ou du riz. En Roumanie, le șnițel (de l’allemand Schnitzel, « escalope ») est devenu un mets traditionnel de Roumanie et Moldavie, constitué d’une fine tranche de veau (șnițel de vițel), de porc (șnițel de porc) ou de poulet (șnițel de pui) enrobée de chapelure et frite. Il est servi habituellement avec du mujdei (sauce épicée roumaine et moldave, composée de gousses d’ail concassé et broyé en une pâte, salées et mélangées énergiquement avec de l’huile végétale) et de la mămăligă (littéralement « bouillie de farine de maïs » c’est l’équivalent de la polenta italienne). Normalement servie simple et sans fioritures, la version fast-food se différencie en étant servie en sandwich/burger. Le cordon bleu șnițel (à base de longe de porc farcie de fromage et de jambon) est également très populaire. Une spécialité de l’ouest de la Roumanie est la mosaic șnițel composée de deux fines tranches de viande (généralement chaque tranche d’une viande différente) et d’une garniture de légumes (généralement des champignons). Une recette de șnițel de ciuperci, un beignet aux champignons, est par ailleurs courante. Traditionnellement, la cuisine roumaine et moldave, tout comme celle des autres pays chrétiens des Balkans tributaires de l’Empire ottoman, utilise majoritairement des viandes de porcs (haram dans la cuisine islamique, donc refusée par les Turcs) et de volailles, du fait que les troupeaux de vaches et de moutons ont été envoyés comme tribut pendant des siècles à la Sublime Porte. En Bulgarie, appelée shnitsel, elle est fabriquée à partir de veau haché, formé comme une fine galette, assaisonnée de sel et de poivre noir, puis panée et frite. Le plat est habituellement servi avec un choix de pommes de terre en purée ou rôties, de frites ou simplement d’une salade de tomates. Il est courant aux relais routiers, et il est généralement commandé à la carte, accompagné d’un quartier de citron, mais on peut également le trouver dans les rayons surgelés des supermarchés ou préfabriqué et prêt à cuisiner. Europe des Balkans En Serbie, il existe une variante roulée avec du fromage traditionnel de la région (Kajmak) et du jambon, dénommée la Karadjordjeva snicla (schnitzel de Karađorđe), et servie avec des pommes de terre rôties et une sauce tartare. Le plat est parfois appelé trivialement « rêve des jeunes filles » en raison de sa forme phallique. Le plat est une création du chef Mića Stojanović en 1959 qui, devait confectionner un poulet à la Kiev pour un visiteur distingué de l’Union soviétique et qui se trouva confronter à manque de poulet et le remplaça par du veau. Cependant, pas entièrement satisfait du résultat, il y versa de la sauce tartare et le décora d’une tranche de citron et de morceaux de tomate, qui à la fin ressemblait à la médaille de l’Ordre de l’Étoile de Karađorđe, et fut ainsi nommé Karadjordjeva snicla en hommage au prince serbe Karađorđe, chef de la révolution de 1804. Une légende urbaine locale affirme que le plat est originaire de Serbie et non d’Autriche, mais personne ne peut dire pourquoi. En Serbie, le mot Schnitzel est utilisé pour décrire n’importe quelle côtelette et pas seulement de la viande panée. En Slovénie, la Wiener Schnitzel s’appelle dunajski zrezek et comme en Autriche, une vraie dunajski zrezek est constituée de veau, bien que de nombreux restaurants en proposent fabriquée à partir de porc ou de poulet. La dunajski zrezek est généralement servi avec une pomme de terre frite ou rôtie et une tranche de citron. Moins populaire est le pariški zrezek qui est préparé de la même manière, mais sans chapelure. En Slovénie, un Cordon Bleu s’appelle ljubljanski zrezek (d’après Ljubljana, la capitale du pays). Zrezek peut également être grillé, frit, braisé ou braisé. En Croatie, le plat s’appelle bečki odrezak (ou šnicl) ( bečki = « viennois » ; šnicl = translittération de l’allemand Schnitzel) et il est fait de veau (parfois remplacé par du porc moins cher) et servi avec des frites ou une salade de pommes de terre et une tranche de citron. Un plat similaire est appelé zagrebački odrezak (šnicl) (une variante du cordon bleu). En Bosnie-Herzégovine, le plat s’appelle bečka šnicla ou bečki odrezak ( bečki = « viennois » ; šnicla = translittération de l’allemand Schnitzel) et est fait de veau ou de bœuf et généralement servi avec une purée de pommes de terre. Les garnitures courantes incluent une tranche de citron ou de la laitue. En République de Macédoine du Nord, le plat appelé shnitzla est un morceau de porc assaisonné de sel et de poivre noir, pané et frit. Typiquement, il est servi avec une purée ou des pommes de terre frites avec une garniture de salade verte. Europe du Nord Au Danemark, le plat est appelé skinkeschnitzel lorsqu’il est fait avec du porc et wienerschnitzel lorsqu’il est fait avec du veau, et est habituellement servi avec des frites, des petits poids, des haricots verts, de la sauce, et d’un « dreng » (un garçon en danois) composé d’une tranche de citron surmontée de câpres, de raifort et une tranche d’anchois. En Suède, le plat s’appelle schnitzel ou Wienerschnitzel, et est fait le plus souvent avec du porc et est généralement servi garni de filets d’anchois et de câpres, agrémenté d’un quartier de citron et d’un beurre parfumé au persil. Elle est servie avec du riz, des frites ou des pommes de terre cuite à l’eau et des petits pois. En Finlande, le plat est appelé Wieninleike (escalope viennoise), est presque toujours à base de porc, pané et frit comme l’original. Il est souvent servi avec des frites, de la purée de pommes de terre ou des pommes de terre en quartiers. Une tranche de citron, une tranche d’anchois et quelques câpres sont posées sur le dessus de l’escalope. Habituellement, le plat comprend une petite quantité de salade à base de légumes frais. Le plat était populaire entre la fin de la Seconde Guerre mondiale et les années 1990, quand on le trouvait dans la plupart des restaurants bas de gamme en Finlande. Au cours des dernières décennies, il a été dépassé en popularité par la restauration rapide. Wieninleike et ses variantes restent un incontournable des menus de nombreux restaurants populaires finlandais. Wieninleike (escalope viennoise) servie généralement avec une tranche de citron, des anchois et des câpres Floridanleike (escalope floridienne) servie avec une pêche frite et une sauce béarnaise Havaijinleike (escalope hawaïenne) servi avec de l’ananas frit Holsteininleike (escalope Holstein) servie avec un œuf, des anchois et des câpres Metsästäjänleike (escalope du chasseur) servi avec sauce aux champignons Oskarinleike (escalope d’Oscar) servi avec une sauce choron, des crevettes ou du homard et des asperges Oopperaleike (côtelette d’opéra) servi avec un œuf au plat Sveitsinleike (escalope suisse) est rempli de jambon fumé et de fromage Emmental Généralement, les plats ci-dessus sont préparés à partir de porc. Proche et Moyen-Orient En Iran, la Schnitzel est connu sous le nom de shenitsel. Probablement introduite en Perse pendant les guerres mondiales, le shenitsel est généralement plus épais, plus gros, plus épicé et frit avec une panure plus croustillante que le schnitzel standard. Il est habituellement servi avec du citron, des frites et une variété de légumes bouillis. Un autre plat iranien, le kotlet, ne doit pas être confondu avec le shenitsel. Ce sont de petites galettes de forme ovale faites en faisant frire un mélange de viande hachée, d’oignon, de pomme de terre et d’herbes. En Israël, le schnitzel a été introduit en Palestine par des émigrants juifs ashkénazes venus d’Autriche et d’Allemagne dès le début du XIXᵉ siècle pour devenir aujourd’hui l’un des mets phares de la cuisine israélienne. Cette version plus économique et conforme aux prescriptions juives de la cacherout ou kashrout (le code alimentaire prescrit aux enfants d’Israël dans la Bible hébraïque) est composée de volaille (poulet principalement ou dinde), frite à l’huile végétale et est consommée en plat ou en sandwich dans un pain pita par toute la population israélienne quelle que soit son origine ou sa religion. Traditionnellement, cette escalope israélienne est assaisonnée avec du citron et du persil, mais les Juifs yéménites d’Israël « utilisent du cumin, du poivre noir, des graines de sésame et un mélange d’épices ». Une chaîne de restauration rapide appelée HaShnitzelia, ce qui peut être traduit par « La Schnizelle » ou « Le pays du Schnitzel », a ouvert dans le pays en 2004. Israël étant le pays au monde possédant la plus forte proportion de végétaliens au monde, une version végane du schnitzel existe. La Schnitzel est également vendu dans un pain à pita avec de l’houmous, des frites et de la salade, de la même manière que le falafel (Boulettes de viande frites). Jusqu’à nos jours, en Israël, ce mets garde son nom d’origine allemande : schnitzel (שׁנִיצֶל). Au Liban, la Schnitzel est appelé en français escalope. En Turquie, le plat s’écrit schnitzelm, şinitzel ou şnitzel et se prononce de la même manière que l’allemand. Il est fait de poulet et est généralement servi avec du riz, des frites ou des pâtes. Parfois, il peut contenir du fromage grillé. Il est souvent cuisiné à la maison, car c’est un aliment facile à faire, mais certains restaurants l’ont à la carte. Amérique du Nord Au Canada, la Schnitzel est fréquemment appelée escalope de veau ou de poulet, panée et frite. Habituellement accompagnée de sauce tomate italienne, de fromage parmigiana ou de mozzarella. Elle est souvent garnie de poivrons rouges et est très couramment servi en sandwich. Aux États-Unis, le Chicken fried steak est un plat américain de steak de veau attendri, roulé dans la farine et frit à l’instar de la Wiener Schnitzel et représentatif de la Southern cuisine. Il est semblable au country fried steak. Son origine est incertaine, mais il est probable que ce plat est un apport des immigrants allemands, autrichiens et tchèques au Texas durant le XIXᵉ siècle. Lamesa, le siège du comté de Dawson dans les plaines du sud du Texas, revendique la paternité du chicken fried steak, et le célèbre tous les ans. Asie et Océanie Au Japon, le tonkatsu est un plat japonais à base de porc pané et frit. « Ton » signifie « porc » et « katsu » est l’abréviation de l’anglais cutlet, provenant du français côtelette. Il est accompagné de sauce Worcestershire, ainsi que de chou émincé et du karashi. On le sert souvent avec du riz et de la soupe miso. Il fut inventé dans les années 1930 et est devenu depuis l’un des plats les plus populaires au Japon. Lorsqu’il est servi sur un bol de riz avec une petite quantité de sauce à base de sauce de soja à laquelle on mélange des légumes (oignons émincés en principe) et des œufs battus, on parle de katsudon. Le tonkatsu servi sur l’assiette avec du riz et du curry est appelé katsukarē. Parmi les étudiants japonais, il existe la coutume de manger un tonkatsu avant un examen à cause d’un calembour avec le verbe japonais katsu qui signifie « gagner » ou bien « réussir ». En Corée, les escalopes de porc (donkaseu, du japonais tonkatsu), de poulet (chikinkaseu) et de bœuf (bipkaseu) sont les plus répandus. Les types les plus courants de donkaseu sont « kyeongyangsik » (de style occidental) et « ilbonsik » (de style japonais). En Australie, l’escalope de bœuf (qui peut être du veau) et l’escalope de poulet sont deux plats très appréciés, en particulier dans les pubs dans lesquels ils sont généralement accompagnés de frites, de salade et parfois de bacon. La schnitzel en Australie est souvent servie sous forme de parmigiana, qui est un schnitzel garni de sauce tomate italienne, de fromage et de temps en temps de jambon. Les schnitzels nature et parmigiana sont occasionnellement respectivement connus sous les noms familiers « Schnitty », « Schnitter », « Parme » ou « Parmi ». Afrique En Égypte, il existe deux plats similaires au schnitzel, l’un à base de veau appelé « boftik » et l’autre à base de poulet appelé « frakh pané » très apprécié avec des frites, en sandwich, ou consommé seul à l’apéritif. En Namibie, en raison de l’histoire coloniale allemande du pays, la schnitzel, de poulet et de porc, sont courantes. La majorité des restaurants de Windhoek, Walvis Bay et Swakopmund en proposent sur leurs menus, fréquemment garnis d’un œuf au plat et accompagnés d’une salade de pommes de terre. Il est souvent consommé dans un Brötchen (rouleau sandwich allemand) avec des tomates, du fromage et d’autres vinaigrettes. En Afrique du Sud, la Schnitzel est populaire, en raison de l’héritage européen du pays. Les escalopes de poulet et les escalopes de cordon bleu sont un élément commun sur la plupart des menus des restaurants et des hôpitaux, et ces dernières années, les escalopes de bœuf et de porc sont également devenues largement disponibles. Entrées similaires: Schnitzel, cotoletta et escalope panée (1/4) L’escalope milanaise (2/4) La milanesa sud américaine (3/4) [...] Lire la suite…